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le 22 septembre 2011
Entrez dans le paradis des voix d'anges et essayez de devenir l'un de ces anges pour être en osmose parfaite avec cet art qui n'a d'égal que la voix de dieu lui-même, mais on dit que c'est alors une basse russe. Et parmi toutes ces voix d'anges Philippe Jaroussky est la première de toutes et, dieu, qu'il est masculin dans l'usage qu'il en fait, de cette voix d'ange.

On me dira que c'est le compositeur, dans ce cas, Antonio Caldara, qui savait que ces voix n'étaient ni de la pacotille de foire, ni des cacahuètes pour les singes du parterre. Il était l'un des grands compositeurs de son dix-huitième siècle qui savait utiliser les castrati comme des héros, chrétiens ou païens, peu importe, mythologiques ou bien simplement mythiques, et ils étaient les héros de ces opéras de Haendel, de Vivaldi, de Monteverdi, de Caldara et de bien d'autres. Mozart semble ne pas suivre cette tendance forte et ses héros ne sont pas des castrati, bien que certains rôles masculins tenus par des sopranos aujourd'hui dans une certaine tradition post-mozartienne, devaient être tenus par des voix d'hommes et donc des alti, des castrati en ce temps là.

Il faut enfin comprendre que les grands moments de bravoures de ces opéras et de ces castrati étaient les arias solos qu'ils faisaient régulièrement, et c'est ce que nous avons ici, et les duos qu'ils faisaient avec des soprani. Ces arias et ces duos étaient largement laissés à l'improvisation du chanteur ou du chanteur et de la chanteuse qui s'en donnaient à cœur joie. Apparemment cela ne se fait plus. Il est vrai que les opéras de ce temps là sans ces improvisations durent déjà assez souvent deux heures et demie ou trois heures. En ce temps là un opéra pouvaient atteindre cinq heures sans problèmes. Les célèbres « masks » ou « masques » (pour faire français) de Purcell et autres après la Glorieuse Révolution ajoutaient souvent deux heures de musique à trois heures de théâtre. La « Fairy Queen » ou « Dido and Aeneas » doivent être compris comme cela. Les opéras de Haendel ne faisaient pas exceptions.

Ici nous n'avons que des arias qui suivent une partition de façon stricte et fidèle. Dommage car en plus il semble savoir improviser, ou du moins répondre de façon flexible à des contextes musicaux, notre alto angélique. Mais ces arias sont d'une telle beauté musicale et vocale que ce CD devrait être déposé dans les abris anti-atomiques de la Librairie du Congrès pour qu'ils survivent à tous les cataclysmes.

La grande force de Philippe Jaroussky est bien sûr sa voix qui évolue dans le registre le plus pur d'une soprano sans la moindre difficulté, et pourtant il a aussi un registre de ténor qu'il n'utilise apparemment que très rarement et comme une sorte de gag de concert. Sa voix est si pure qu'il peut suivre les sopranos les plus aventureuses sans accrocher aux rochers ni trainer des pieds dans le sentier de muletier qui monte vers les sommets rarement atteints par un homme, car il garde en même temps toutes ses harmoniques vocales d'homme et c'est pour cela qu'il est si fort dans un duo avec une soprano car on sait qui est qui alors qu'ils chantent exactement dans le même registre et pourtant on entend chaque passage de l'une à l'autre, de l'un à l'autre, je vais me repndre les pieds dans ces genres grammaticaux. Cette voix mérite qu'on la mette en boucle pendant des heures et si vous vous endormez dans la longueur bous vous pardonnerons car vous en rêverez jusqu'au réveil où vous la retrouverez encore dans sa boucle. On ne peut pas se lasser de cette voix.

La seconde grande qualité, peut-être aussi la première ex-aequo c'est sa flexibilité expressive. Il est capable d'exprimer avec la même perfection, la même profondeur, la même passion et la même empathie communicative à peu près tous les tons, toutes les atmosphères, toutes les colorations, toutes les émotions. Ce CD commence avec de la colère et se poursuit avec de la nostalgie, de la souffrance, du chagrin, et tous les sentiments de la palette humaine. Bien sûr ici nous n'avons que du Caldara, mais il est capable de se couler dans la musique de très nombreux compositeurs, y compris des compositeurs modernes, et des genres modernes, jazz ou même plutôt rock quelque chose. Je rêve de l'entendre un jour avec une soprano noire du jazz New Orleans si un compositeur est capable d'imaginer une telle rencontre. On pourrait demander à Bernstein peut-être ou bien Britten. Mais hélas, Philippe Jaroussky est venu un peu tard. Mais il doit bien y avoir encore quelqu'un capable de relever ce défi d'un nouveau West Side Story pour Philippe Jaroussky.

On me dira que tout cela c'est du verbiage et je dirai que cela en est pour sûr car on ne peut pas exprimer avec des mots la beauté de cette voix ni la force de ce chanteur. On ne peut que parler autour. J'entendais dans la montagne ce soir même des chevreuils brâmer avec les aboiements des chiens sur leurs talons. La douleur et la force, la souffrance du cerf, du chevreuil ou du daim, qu'importe le nom, c'est les mêmes pleurs et les mêmes sanglots au fond des bois, et le bonheur animal canin se mêlaient comme se mêle dans cette voix et ces arias le plaisir d'entendre une voix angélique qui a la douceur de l'angélique et la force de l'absinthe, la tendresse de la sauge et la finesse du romarin, sans compter les délicates saveurs du thym doré et de la lavande.

Si vous écoutez cette voix et cette musique avec tous vos sens en éveil vous vous trouverez vraiment et pour de bon dans un jardin de paradis pleins de senteurs et de douceurs, de frivoles impressions qui vous caresseront les ouïes, les tympans, les papilles gustatives et les cônes visuels de vos rétines de tout le bonheur d'une expérience sans égale. Et si vous avez demain la chance de rencontrer Philippe Jaroussky confirmez lui que je considère sa voix comme un des chefs d'œuvre de l'humanité qui devrait être protégée par un label UNESCO au nom du patrimoine humain universel et cosmique.

Dr Jacques COULARDEAU
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500 PREMIERS RÉVISEURSle 30 octobre 2010
... des oeuvres oubliées du Vénitien Antonio Caldara, contemporain de Jean Sébastien Bach, Haendel et Vivaldi. Soulignons d'ailleurs la grande qualité du livre joint, parfaite introduction à Antonio Caldara et à son univers.

Le CD est constitué exclusivement d'inédits et ce sont donc des premières mondiales. Tous les airs que Philippe Jaroussky nous interprète de sa superbe voix de contre-ténor proviennent d'opéras écrits sur des livrets de Pietro Metastasio. C'est ainsi notamment que Caldara avait composé un opéra « La Clemenza di Tito », que l'on retrouve ici sur 3 extraits, un peu plus de 50 ans avant celui que nous connaissons mieux (Mozart), sur ce même livret.

L'ardente Emmanuelle Haïm et le Concerto Köln sont une nouvelle fois les complices de Philippe Jaroussky pour nous délivrer ce programme avec une qualité émotionnelle remarquable.
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le 17 février 2014
Fan de Andréas Scholl, j'ai acheté ce cd pour voir si mon avis sur Jaroussky ne devait pas évoluer.
Outre le fait que je trouve ce cd un peu "facile" pour un contre-ténor qui prend des risques, j'ai quand même trouvé que la voix anciennement nasillarde de Jaroussky avait bien évoluée et que il commence à avoir un timbre de voix plaisant.
Je suis impatient d'écouter ses prochaines productions.
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le 6 février 2011
"Le produit" Jaroussky de Noel 2010 est pourtant à la hauteur de mes espérances. Un livre-cd magnifique, la passionnante redécouverte de la carrière viennoise de Caldara et une réalisation musicale de grande qualité où la voix et l'orchestre sont à leur meilleur, même si l'écriture vocale brille finalement assez peu, car très souvent conçue à égalité avec celle des instruments de l'orchestre.
Et pourtant, je me suis étonné à m'ennuyer maintes fois... Même à la troisième écoute, peu de réelle émotion et guère davantage d'émerveillement devant les trouvailles mélodiques de Caldara ! Est-ce ce style viennois en rupture d'italianita qui sied assez mal à mes oreilles et/ou à Jaroussky lui-même qui, malgré toutes ses qualités intactes, peine parfois à donner du corps à des personnages de théâtre ? Après la merveille Bach de l'an dernier, ce disque est pour moi une petite déception musicale, d'où cette note personnelle sévère beaucoup plus en rapport avec mon appréciation de la musique que de son interprétation. Bref, vous l'aurez compris, je ne suis pas très pressé de découvrir une éventuelle intégrale viennoise de Caldara et préfère rêver d'un possible "Bononcini à Londres" !
Nobody's perfect !
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le 30 octobre 2010
Jarussky a vraiment gagné en présence et en mordant dans les airs de tempète... Que de chemins parcourus depuis le pourtant trés bon Heroes et les airs mélancoliques sont extraordinaires avec des effets instrumentaux étonnants..Caldara est en outre un des plus grands.. à quand une intégrale? ...
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Ce livre-CD de chez VIRGIN - nouveauté 2010 - nous fait d'abord découvrir des Arias "oubliées" pour castrats extraites d'opéras (il en avait composés 87 !) d'Antonio Caldara - compositeur italien, né à Venise en 1670, et mort à Vienne en 1736. Ce contemporain de Vivaldi et de Haendel était très prisé à son époque. Il travailla auprès de la Cour impériale autrichienne ; d'où le titre de cet album remarquable : "Caldara in Vienna". L'équipe des interprètes ici présente est impressionnante : notre contreténor national (et international) Philippe Jaroussky, le Concerto Köln, et notre si douée et si belle Emmanuelle Haïm. Ces Arias "oubliées" ("Forgotten Castrato Arias"), faisant découvrir un répertoire inconnu, sont toutes plus belles les unes que les autres, présentant une grande unité dans la diversité (ce qui est le signe du talent, voire du génie). Faut-il insister sur la voix et la maîtrise technique de Jaroussky ? Que de chemin parcouru depuis le pionnier Alfred Deller ! Avec l'allemand Andreas Scholl, le croate Max Emanuel Cencic, et les américains David Daniels ou Lawrence Zazzo, plus quelques autres, notre Philippe est un des plus grands contreténors actuels (peut-être même le plus grand) - comme le montre notamment ici son chant "fleuri". L'accompagnement orchestral est, évidemment, impeccable (dans l'énergie ou la douceur), et le packaging particulièrement soigné. Soit, au total, un des grands disques de l'année 2010.
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le 27 décembre 2014
Un disque magnifique, avec un son instrumental très authentique, et la voix de Jaroussky, impressionnante de nuances et de puissance. Un délice!
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le 10 août 2014
Je suis fan de Jarrousky alors que je déteste le baroque et le chant. Je trouve son premier disque nettement meilleur et passionné!
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le 9 août 2012
Un enchantement. Que du bonheur en écoutant cette voix parfaite. Je" ne peux que le recommander à celles et ceux qui aiment ce genre de musique.
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le 19 novembre 2010
Rien à redire. Trois raisons pour ce procurer ce disque: plaisir de la découverte, musicalité et finesse de l'interprète. Bravo Philippe!
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