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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 C'est par ce disque que je découvre Vasily Petrenko, et je dois dire que son talent m'a impressionné, 13 juin 2011
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 1 et n° 3 (CD)
Le Diapason d'or décerné dans le magazine de juin 2011 vient d'attirer mon attention sur cette cinquième étape de ce qu'on espère devenir une intégrale, avec son Liverpool Philharmonic qu'il devrait diriger en tant que « chief conductor » de 2009 à 2015, et qui atteste ici non de sa docilité mais de sa virtuosité.
Aux commandes de ce doyen des orchestres britanniques, l'impétrant obtient une précision prosodique, un contrôle omnipotent qui annoncent probablement une des futures grandes baguettes du XXI° Siècle, et en tout cas un exceptionnel rythmicien.

Une Symphonie n°1 écrite en 1925 pour épater les professeurs du Conservatoire de Saint Petersbourg (fût-ce par un pied-de-nez), une Symphonie n°3 comme devoir de propagande : on se sentirait autorisé à briquer le brio ostentatoire, grossir le trait, gonfler les effets racoleurs.
C'est tout le contraire ici.

Petrenko passe l'opus 11 au crible d'une absolue netteté, millimètre les phrasés, contrôle impérieusement la dynamique.
A la fin du premier mouvement (mesure 279, 7'17), écoutez ainsi comment il dompte la marche des trombones et tuba scandée par timbales et altos.
« Plus c'est rapide, mieux c'est, tant qu'il n'y a pas de confusion. Mais pas plus lent que noire à 176 » conseillait Chostakovitch en 1927 comme consigne métronomique pour le foudroyant début de l'Allegro. Comme maints confrères, Petrenko y déroge (noire à 154 jusque 0'57), pour mieux clarifier l'articulation. Mais il respecte la noire à 84 du Meno mosso (-3'18) où flûte et clarinette doivent se contraindre à l'inexpressivité : une atmosphère lugubre fort bien restituée ici. En revanche, je trouve la transition (mesure 75, 3'53-) jouée un peu trop lentement.
Contrairement à un Kurt Sanderling qui y souligne l'influence wagnérienne, le chef russe raréfie l'air du Largo qu'il parcourt comme un paysage fantomatique, prisonnier d'un attentiste statisme qui préfigure la "Place du Palais" de la Symphonie n°11. A 1'51, le trompettiste arbore sa sonnerie non comme une semonce mais comme un vestige de gloire militaire, comme un clairon au crépuscule du champ d'honneur.
Après la mesure 51, que le compositeur décrivait comme une marche funèbre, les cordes anglaises exhalent des relents éthérés, percés par un hautboïste qui résonne dans un horizon blafard. Mesures 101-110 (7'47-8'32), le chant de trompette revient hanter tel un spectre les décombres du terrain de bataille.
Une ambiance glacée que le jeune maestro maintient dans l'amorce du Finale, au lieu d'y aiguiser le suspense, ce qui singularise l'irruption de l'Allegro molto à 1'50. On mesure l'irréaliste prestesse qu'y réclamait Chostakovitch (noire à 208 !) quand on constate le tempo déjà très rapide que réussissent ici les troupes de Liverpool : noire à 155 jusque la mesure 101, où les archets triple-crochent un « sul ponticello » particulièrement gerçant.
A 2'21, on doit admirer le staccato forcené des cuivres fortissimo, que Leonard Bernstein recommandait de mitrailler comme au marteau-piqueur.
Pour le Meno mosso (2'57), le violoniste solo exprime sa partie en évitant le contresens de la romantisation excessive.
Pour le climax du Molto meno mosso (5'54-6'25), saluons la rigueur et la pureté d'intonation, d'une confondantes stabilité et lisibilité, sans foucade. Dans le Largo (6'50), le violoncelliste ouate sa cantilène de douceur sans trop creuser le sentimentalisme : un juste équilibre émotionnel.
A 8'34, les violons abordent la coda prudemment (et très legato), puis accélèrent progressivement, selon une coordination agogique qu'on sent très étudiée. Toutefois, leur Piu mosso (9'14-9'32) se limite bien à blanche =96 (comme précisé en 1927, et non plus 132 comme dans la rédaction initiale) ce qui accentue le contraste avec le véhément Presto conclusif. On n'y blâmera pas l'orchestre de ne pouvoir atteindre cette inhumaine blanche=168, mais on se lèvera pour applaudir l'aboutissement d'une exceptionnelle maîtrise instrumentale et stylistique, aussi intelligible qu'intelligente : débarrassant cette oeuvre de tout vaniteux héroïsme néotchaïkovskien, et préfigurant le langage épuré, désabusé qui culminera dans la Symphonie n°15, dans laquelle on attend impatiemment Petrenko car il devrait parfaitement la réussir.

Je connais peu d'interprétations convaincantes de la Symphonie n°3, triviale, désultoire et affublée d'un choeur célébrant le 1er Mai -hormis celle de Kondrachine qui parvenait à lui conférer une salutaire unité par une diction autoritaire.
Petrenko emprunte une autre voie : dans le Piu mosso, il scénarise, raconte avec la vitalité d'un reportage, focalise le détail descriptif comme des bribes de paroles populaires qui fusent un jour de liesse.
Il serre à bloc l'anxieuse scansion de l'Allegro, comme une foule pressée d'entendre le discours de son tribun. A 4'05, le voilà en chaire ! Il harangue, lance des anathèmes, lève le poing, exhorte ses militants. Une étonnante véhémence maintient la tension vers la conclusion chorale qui ne peut être sauvée que par un chef à poigne, ce qui est le cas ici : fulgurant !
J'emploie rarement cet adjectif galvaudé, mais j'avoue que dans tous ces épisodes, Petrenko exploite des intuitions tout bonnement... géniales.

Enfin du neuf dans la discographie chostakovienne, voilà qui vient bousculer les références du passé.
Bravo, vraiment.
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le sens de la perfection, 21 novembre 2011
Par 
Cetalir "Cetalir" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 1 et n° 3 (CD)
Coupler la première et la troisième symphonies constitue déjà en soi une gageure tant leur style et leur intérêt varient.

Avec la première symphonie, écrite alors que Shostakovich n'était encore qu'un étudiant - génial certes - du conservatoire de Moscou et qu'il n'avait que dix huit ans, le compositeur chercha l'épate. Un style contrasté, des altérations rythmiques constantes, le surgissement du piano, l'utilisation - déjà - massive des cuivres et des vents font de cette symphonie peu jouée une pièce au charme indéniable.

La troisième symphonie, composée cinq ans plus tard, le fut alors que l'auteur effectuait une croisière de six semaines sur la Mer Noire et que d'étudiant, il était passé à une vitesse fulgurante au statut de star ayant entretemps et entre autres composé son opéra Le Nez, une de ses oeuvres les plus fondamentalement personnelles. Cette fois, il s'agissait d'ouvrir la voie à un cycle de symphonies sur des dates et des thèmes révolutionnaires (on était en 1929), d'où le titre du "Premier Mai". Un cycle que les tourments de l'Histoire se hâtèrent de faire avorter et c'est tant mieux tant la musique manque ici de cohérence. Sans doute, la symphonie la plus faible du compositeur.

Il faut un toupet incroyable pour qu'un jeune chef ose braver les sommets discographiques bien en place. Il faut un talent certain, aussi, pour réussir son pari ce qui est indéniablement le cas ici. A cela deux raisons fondamentales. Tout d'abord, Petrenko joue sur les contrastes. Si l'on compare son enregistrement de la Première à l'une des références (Gergiev), les mouvements rapides y sont beaucoup plus rapides et les lents beaucoup plus lents. De même avec la troisième. Comparée avec l'enregistrement encensé de Neeme Parvi, il y a presque quatre minutes de plus ! Du coup, c'est une atmosphère beaucoup plus lyrique qui se dégage de ces oeuvres souvent jouées de façon trop austère. Et cela change tout. La deuxième raison tient à l'élégance de la direction. Ici, point d'emportement. Les gestes sont d'une extrême précision, les attaques franches, parfaitement nettes, les changements de tempi respectés à la lettre par l'orchestre tout entier aux ordres d'un chef qui sait ce qu'il veut et le fait effectuer par conviction pas par imposition.

Quand, en plus et c'est trop rare pour être omis, Naxos nous gratifie d'une prise de son exceptionnelle, alors on se met à genoux devant la beauté d'une interprétation qui se situe tout en haut, inaccessible, d'une discographie pourtant fort bien pourvue. Bravissimo !
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Shostakovitch en fête!, 13 novembre 2011
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 1 et n° 3 (CD)
Valily Petrenko, jeune chef (35 ans) et Liverpool faisant un carton dans Shosta?
Impossible!
Mais vrai!
Certes, ce jeune Vasily est russe, surdoué et il dirige le Royal Philarmonique de Liverpool depuis 2004, ce qui lui a permis de mettre au point son projet. Mais l'écoute de ce disque, comme d'ailleurs celle de tous les disques de son intégrale de Shostakovitch en cours, est un enchantement!

Cette intégrale soutient la comparaison avec les versions historiques de Mravinsky et Kondrashin Chostakovich : Intégrale des symphonies(que les puristes en recherche d'authenticité continueront probablement de préférer), mais j'ai été saisi par "l'évidence" de l'interprétation de Petrenko. Même l'excellent Barshai (Brillant Classics)Intégrale Des Symphonies, égalé en petit prix par Naxos/Petrenko, est battu!

Dans la symphonie N°1, il faut bien sûr avoir vu et entendu Bernstein (Bernstein in Rehearsal & Performance: Shostakovich Symphony No. 1 [DVD Video] Schleswig-Holstein Musik Festival Orchester in 1988) taquiner la jeune clarinettiste pour "forte! forte!) et nous faire apprécier cette oeuvre de jeunesse écrite pour provoquer les maîtres et l'autorité en général.

Ici, la qualité de l'enregistrement superlatif par rapport aux grands anciens et l'enthousiasme de l'orchestre et du chef font de ces disques une expérience ... fulgurante?
Voilà des disques que l'on a envie de réécouter immédiatement.. et de réécouter juste après!

A consommer sans modération (ainsi que les symphonies 5-9, 6-12, 8, 10, 11 - vivement la suite!)!
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Petrenko magnifie des symphonies peu connues, 11 juin 2011
Par 
Henrard "ivan henrard" (france) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 1 et n° 3 (CD)
Les grands interprètes de Chostakovitch que sont Mravinski, Kondrashin ou Kitaenko sont passés dans la légende du disque. Mais le jeune chef russe Vassily Petreko, né en 1976, qui dirige l'orchestre royal de Liverpool depuis 2006 a réussi un coup de maître en enregistrant ces deux symphonies pourtant les moins jouées au répertoire.
Dans la symphonie n°1, il rend tout la jeunesse du compositeur, tendue et pleine de hargne juvénile révolutionnaire. Le chef creuse la masse orchestrale, soigne des dynamiques véritablement tragiques et orageuses avec un souhait de mettre en avant la radicalité instrumentale d'un jeune homme qui croyait, comme beaucoup, en l'avenir de l'homme
La symphonie n°3 reste une curiosité et s'affirme souvent comme un passage obligé des intégrales. Petrenko expurge la pièce de toute pompe et tout esprit de fête révolutionnaire (l'oeuvre est dédiée au 1er mai), mais il tisse des liens, avec une partition, que seuls 4 ans séparent de la symphonie n°1. La pièce, monobloc orchestral, devient un scherzo acide, constructiviste et grimaçant d'une virtuosité ironique et diabolique. C'est assurément la grande lecture moderne de l'aeuvre.
Petrenko n'a pas usurpé le titre d'Artiste masculin de l'année lors de la cérémonie du Classical Brit Award 2010.
Tout en bénéficiant d'une plus-value sonore incontestable - les techniciens du son ont eux aussi bien travaillé -, d'un bout à l'autre de ce disque Vasily Petrenko témoigne d'un niveau de performance qui pour le prix du disque est tout bénéfice !
Dans ces deux partitions, l'Orchestre de Liverpool est impressionnant de virtuosité et de précision. Ses teintes assez mates et grisées servent la vision radiographique et intense du bouillant chef qu'est Vasily Petrenko.
On a hâte de se procurer toute l'intégrale !
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5.0 étoiles sur 5 Parfait !, 3 mars 2014
Par 
Sinoué (Thumeries, Nord France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 1 et n° 3 (CD)
Pas grand chose à ajouter au risque de faire déborder le fleuve des louanges...

Toujours aussi passionnant ce voyage dans les symphonies de Chostakovitch avec l'orchestre de Liverpool et Petrenko, voyage qui est en train de devenir un chemin vers le Graal des intégrales.

Que du bonheur...et de bonnes prises de son ici pour la première et la troisième.
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3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 grande réussite, 11 juillet 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 1 et n° 3 (CD)
Confirmation pour ce jeune chef des réussites précédentes. Avec un orchestre et un chœur qui ne figurent pas parmi les plus grandes phalanges, Pétrenko maîtrise la 3è, ce que peu de chefs renommés ont réussi avant lui. Grande cohérence dans le discours pour une œuvre difficile et pas du meilleur Chostakovitch.
La première, œuvre de jeunesse, sonne avec beaucoup de clarté.
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Chostakovitch : Symphonies n° 1 et n° 3
Chostakovitch : Symphonies n° 1 et n° 3 de Dimitri Chostakovitch (CD - 2011)
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