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Probablement une des seules découvertes dans le cinéma russe (qui soient parvenues sur nos écrans, malheureusement pas toujours aussi accueillants qu'ils devraient l'être) depuis Andrei Zviaguintsev. "Le dernier voyage de Tanya" - titre original: "Les bruants" - n'est sans doute pas un film immense, mais il est aussi beau qu'intrigant, et a sa bonne durée (1h15).

Le titre français éclaire parfaitement le récit: il s'agit bien d'accompagner Tanya, défunte épouse de Miron, vers sa dernière demeure et d'accomplir un rite funéraire propre aux Méria, peuple disparu depuis des siècles dont tous les personnages sont lointainement issus. Miron demande à Aïst, un de ses employés, de l'accompagner dans un périple qui les emmènera dans une contrée sacrée pour les Méria, où la morte reposera (voir synopsis ci-dessus si vous tenez à en savoir un peu plus).

Les rites liés à cette culture, tels que montrés ou évoqués dans le dialogue, sont bien au coeur du film et sont une part de ce qui le rend singulier. Au moment de sa présentation au festival de Venise, les spectateurs se sont évidemment demandé si les Méria avaient une existence autre que cinématographique. Depuis, Aleksei Fedorchenko a vendu la mèche, ainsi qu'en atteste un texte reproduit sur la jaquette du dvd: "Si l'action du film et les personnages sont contemporains, l'histoire puise sa source dans la culture d'un peuple mystérieux, celui des Méria. Ils ont aujourd'hui disparu, leur culture a depuis longtemps été assimilée par les Russes, mais le film part de l'idée que leur présence est toujours palpable. Ils n'ont pas vécu d'une manière singulière: ils s'habillaient, parlaient et se nourrissaient comme nous. Néanmoins, leurs racines sont davantage finno-ougriennes que slaves. Ils se reconnaissent entre eux à des signes subtils qui échappent à notre perception. Lorsqu'ils ont à surmonter des épreuves, ils se tournent vers leurs rituels ancestraux. Par exemple, ils ne croient en aucun Dieu mais considèrent l'amour et l'eau comme sacrés. A partir d'éléments historiques avérés, j'ai imaginé la mythologie des Méria, ancrée dans la région de la Volga. C'est ma façon de montrer une autre Russie, celle où les traditions païennes et la conception des rapports humains, antérieures à la domination orthodoxe, s'affranchiraient de la trivialité moderne. J'ai voulu réinventer un monde délicat guidé par la pureté, la sincérité des gens; un monde qui est à la portée de chacun d'entre nous, même s'il n'existe pas concrètement. Dans ce monde-là, la vie, l'amour et la mort sont des concepts séduisants."

Tout ceci explique que Fedorchenko puisse définir son film (dans le court entretien livré en bonus) comme "un requiem, un road-movie, un adieu à l'être aimé", un conte qui se passe dans un monde qui n'est pas tout à fait le nôtre mais n'en est pas pour autant éloigné. J'ajouterais, car cela est partout sensible, que ce film est peut-être avant tout une réflexion sur le rituel, et sa nécessité dans un monde qui en est de plus en plus dépourvu. Par contraste avec les scènes de rituel - amoureux, funéraire - une scène dans un centre commercial vient souligner toute la vacuité d'un monde absolument déraciné. De toute évidence, celui-ci a déjà gagné, et le film de Fedorchenko ne fait que recréer des traces pour mieux les faire disparaître. Au fil de l'eau, aussi sacrée et éternelle que l'amour lui-même.

Mais le cinéma n'existe-t-il pas aussi pour (re)donner vie, pas seulement pour la capter? Dans ce film porté par des croyances, la moindre n'est pas celle de son metteur en scène, dont le geste est aussi vain que nécessaire, à la belle mélancolie.

On mentirait en affirmant que le film est formidablement prenant. Il intrigue et intéresse plus qu'il ne fascine. Mais il a bien des qualités au-delà même de son scénario, à commencer par le sens du plan de son metteur en scène. Mais aussi celui des espaces traversés. Fedorchenko partage avec Andrei Zviaguintsev, que l'on pense au Retour comme au Bannissement, l'amour des lieux insolites ou de la lisière (bord de l'eau, marges des villes, etc). La ressemblance ne s'arrête pas là, car c'est l'excellent chef-opérateur Mikhail Kritchman qui officie auprès des deux cinéastes, ce qui n'est pas pour rien dans leur réussite visuelle.

Cela tombe bien, la copie proposée par le dvd Memento Films est de très belle qualité et rend fort bien la photo, dans ses tons froids comme dans ses couleurs plus chaudes. VF, VOSTF, et aussi VO non sous-titrée. Au titre des bonus, rien de plus à se mettre sous la dent que le court entretien mentionné plus haut et la bande-annonce. C'est maigre, mais l'essentiel est bien d'avoir sorti ce film en dvd dans une belle copie.

Il mérite amplement la découverte. Avis à tous les amoureux du cinéma russe, et plus largement à tous les curieux qui aiment sortir un peu des sentiers battus.

Profitons-en pour saluer et souhaiter longue vie à Memento films, qui distribue des films de qualité et se met à exploiter son fond de catalogue en sortant ses propres éditions dvd (par exemple l'excellent 10 canoës, 150 lances et 3 épouses de l'Australien Rolf de Heer).
0Commentaire11 sur 11 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 19 avril 2014
Pour ceux qui aiment le langage cinématographique russe, qui aiment aller au-delà de la surface des choses.
La bande son est superbe et le lien entre la musique et le son-ambience est très profond.
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