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5.0 étoiles sur 5 Un jalon discographique, 5 août 2011
Par 
Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart : Sonate K448 - Andante & Variations K501 - Schubert : Fantasia D940 (CD)
En 1984 Murray Perahia et Radu Lupu signent leur premier album de musique à deux pianos ou à quatre mains, avec une oeuvre de Mozart et de Schubert : ce sera un véritable jalon discographique.

Mozart ne composa que deux oeuvres pour deux pianos seuls : la Fugue en ut mineur K426, et cette Sonate pour deux pianos en ré majeur K448. Les deux musiciens y atteignent une complicité quasi osmotique, mêlant goût exquis et intelligence poétique, digitalité parfaite et élégance raffinée. Un Mozart lumineux et jubilatoire, dont le contraste avec le Schubert qui suit est comme une mise en perpective grandiose.
Schubert composa sa Fantaisie en fa mineur D940 en 1828, l'ultime année de sa trop courte vie. Les deux pianistes y font montre d'une unité véritablement exceptionnelle, car s'il y a bien quatre mains il n'y aura jamais qu'une seule intention, un seul esprit, et en définitive on pourrait presque dire un seul pianiste. Dès les premiers accords, les musiciens poètes semblent se partager le secret d'une indicible tristesse, et il paraît bien impossible à l'auditeur de ne pas adhérer avec compassion à cette aura mélancolique. Un Schubert introverti, intime et intense, sensible et pudique; une merveille dont on ne peut se lasser.

Lors de la plupart de ses rééditions, le seul petit reproche que d'aucuns pouvaient faire à l'encontre de ce programme était d'être un peu court pour l'ère du CD. Il est ici étendu (avantageusement ou non, c'est selon les goûts, car que peut-on encore ajouter après une telle Fantaisie de Schubert ?) par deux captations de Mozart publiées à l'origine en complément des Concertos pour 2 et 3 pianos, enregistrées en 1990. La Fantaisie pour orgue mécanique en fa mineur K608 est présentée dans l'arrangement pour deux pianos de Busoni, revu par Perahia et Lupu, qui y réintroduisent notamment quelques passages de la partition de Mozart qui avaient été supprimés par Busoni. Enfin, l'album se cloture avec l'Andante et Variations pour piano à quatre mains en sol majeur K501.

Un disque de musique pure, unanimement acclamé, maintes fois réédité, et toujours aussi indispensable.
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