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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une voix en acier trempé, 27 août 2013
Par 
Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Voice of a Century (CD)
Comme ses compatriotes Flagstad ou Varnay, Birgit Nilsson fut l'une des plus grandes sopranos wagnériennes de son siècle. Si elle débute après la guerre, en 1946, sur sa terre natale (à l'Opéra de Stockholm, dans le Freischutz; elle a 28 ans), c'est en 1953 (l'année de ses débuts wagnériens à Vienne, avec Fritz Busch) qu'elle va fouler sa terre de prédilection : Bayreuth (pour une 9ème de Beethoven sous la direction de Paul Hindemith, puis l'année suivante en Elsa). Il faudra pourtant attendre encore 1957 pour qu'elle vienne définitivement y planter ses fanions conquérants : elle y règnera alors pendant 14 ans en Brünnhilde et Isolde. Toutefois, si elle brillait de manière incontestable au firmament de la Colline sacrée, Nilsson n'en délaissait pas pour autant d'autres répertoires, aussi bien allemand (citons Salomé, Elektra, Léonore, Agathe) qu'italien (Turandot, Tosca, Aïda).

Douée d'une voix dramatique à la fois puissante et souple, à l'aigu saisissant, d'un timbre d'une beauté pleine et entière, et d'une technique vocale sans faille, Birgit Nilsson est souvent taxée de froideur par ses détracteurs, ce qui n'est que partiellement vrai et loin d'être une généralité au long de sa carrière. Quoiqu'il en soit, cette voix en acier trempé qui impressionne et subjugue à la fois, a laissé au disque nombre de témoignages indispensables, dont on retrouvera un certain panel ici.

Un coffret évidemment éclectique, avec un son globalement acceptable mais variable, et quelques aberrations d'éditeur (comme d'habitude, quoi ! ;). Le contenu détaillé est donné ci-dessous, avec quelques commentaires par disque. Abréviations utilisées : PO = Philharmonia Orchestra; WP = Wiener Philharmoniker.

CD1 [55:12] : Wagner, environ 42 minutes de Lohengrin, l'air d'Elsa d'abord (enr.1957, PO, Léopold Ludwig). Ensuite deux scènes complètes avec le Lohengrin de Wolfgang Windgassen et l'impressionnante Ortrude d'Astrid Varnay, tirées de l'intégrale réalisée à Bayreuth en 1954 avec Eugen Jochum. En complément, Tannhäuser avec Nilsson d'abord en Elisabeth (1957, PO, Leopold Ludwig) puis en Vénus (avec Rudolf Lustig, capté live en 1956 au Teatro di San Carlo à Naples, sous la direction de Karl Böhm).

CD2 [77:05] : En guise d'entrée en matière, deux airs de Weber (Der Freischütz et Obéron; 1957, PO, Heinz Wallberg). Ensuite Richard Strauss; deux extraits d'Ariadne à Naxos (25 minutes au total), chantés en suédois (ce qui est tout de même moins gênant ici que dans Verdi ;), montrent une Nilsson trentenaire réellement fantastique, et remarquablement entourée (avec le Bacchus de Set Svanholm, et les voix féminines de Stockholm, parmis lesquelles Elisabeth Söderström). L'évocation live d'une belle soirée à l'Opéra de Stockholm en 1949, sous la direction de Herbert Sandberg, avec un son très correct compte tenu des circonstances. Après Strauss, Wagner, et une rareté : la trop courte scène "Guten Abend, Meister" des Maîtres Chanteurs qui permet de retrouver Sigurd Björling en Sachs de grand luxe (l'Orchestre Symphonique de la NDR est dirigé par Herbert Sandberg en 1953). Ensuite deux extraits du Vaisseau Fantôme, tirés du légendaire album studio réalisé en 1957 avec Leopold Ludwig à la tête du Philharmonia et la complicité d'un immense Hans Hotter : la Ballade de Senta, et un 'Wie aus der Ferne' magique, sans doute le plus beau jamais enregistré.

CD3 [72:50] : entièrement consacré aux témoignages verdiens de la suédoise, nous retrouvons ici mêlés deux récitals studios, l'un avec le Philharmonia de Léopold Ludwig en 1957, l'autre en 1959 avec l'Orchestre de Covent Garden sous la baguette d'Argeo Quadri. Des airs de Nabucco, Un Ballo in Maschera, La Forza del Destino, Macbeth, Don Carlo, et enfin Aïda (28 minutes au total, avec le Radamès de Pier Miranda Ferraro et l'Amnéris fameuse de Giulietta Simionato).

CD4 [73:19] : Si Nilsson s'est illustrée dans l'opéra italien à travers de grands rôles verdiens, elle a surtout atteint des sommets dans Puccini, incarnant notamment une Turandot insurpassable et vocalement idéale. En 1959 elle enregistre pour RCA une intégrale studio dont on retrouve ici une sélection (environ 35 minutes), avec l'inoubliable Calaf de Jussi Björling (et l'irremplaçable Liu de la Tebaldi !), les forces de l'Opera de Rome étant dirigées par Erich Leinsdorf. L'année précédente, Nilsson avait gravé une Fanciulla del West également fameuse, avec un étonnant Jack Rance (Andrea Mongelli) et surtout le remarquable Dick Johnson de Joao Gibin. Les choeurs et l'orchestre de la Scala de Milan sont ici sous la baguette de Lovro von Matacic.

CD5 [71:53] Verdi : environ 45 minutes d'une bouillonnante Aïda, malheureusement chantée en suédois, mais un témoignage confondant de la santé vocale de ces voix venues du Nord : autour de la splendide et impressionnante Aïda de Nilsson (qui en terme d'engagement vocal ne la cède qu'à la Callas !), le Radamès de Set Svanholm est solide comme un Wälsungen, et l'Amonasro du "wotanesque" Sigurd Björling nous fait regretter que cette grande voix ne nous ait pas légué plus de témoignages. Une représentation captée live à Stockholm en 1956, avec les Choeurs et l'Orchestre du Royal Opera House de Stokholm sous la baguette de Sixten Ehrling.
En complément, Verdi toujours avec des extraits du Bal Masqué captés en 1955 (et chantés cette fois en allemand !), avec les voix bavaroises de l'époque (Sebastian Feirsinger, Erika Köth, Max Proebstl, Hans Herman Nissen), et le Renato d'une vieille gloire de l'opéra allemand : Josef Metternich. L'Orchestre et les Choeurs de la Radio Bavaroise sont dirigés par Alberto Erede (une petite touche italienne ;).

CD6 [66:25] : Comme on pouvait s'y attendre dans les 3 extraits de Don Giovanni (deux en 1958 et le Wiener Philharmoniker sous la baguette de Leinsdorf, avec Cesare Valletti; un air en 1957 avec le Philharmonia dirigé par Heinz Wallberg), Nilsson se montre moins à l'aise pour enflammer le coeur d'Ottavio qu'elle ne peut l'être pour enflammer le Walhalla ! Même si on louera ses efforts, ce Mozart chanté comme avec une sourdine ne convainc pas totalement.
Elle se montre par contre bien plus à son affaire dans Beethoven, dès le "Ah, Perfido" op.95 (en 1957, PO, Heinz Wallberg) et les deux superbes airs d'Egmont op.84 (1957, PO, cette fois avec un excellent Klemperer). Mais c'est sans aucun doute dans la Léonore du Fidelio qu'elle trouve sur ce CD toute sa mesure, d'autant qu'elle est très bien entourée, et que les quelques 30 minutes d'extraits présentés ici bénéficient de la fabuleuse baguette d'Erich Kleiber (en 1956, avec l'Orchestre de la Radio de Cologne, Hans Hopf, Gottlob Frick, Ingeborg Wenglor et Gerhard Unger).

CD7 [77:55] : Il faut bien se rendre à l'évidence, malgré une discographie bien fournie, les deux plus indispensables Isoldes des catalogues sont scandinaves : Kirsten Flagstad (voir notamment en studio avec Furtwängler), et bien sûr Birgit Nilsson. On la retrouve ici dans de larges scènes (environ 53 minutes) extraites de la légendaire version de Wolfgang Sawallisch, à Bayreuth en 1957, avec le Tristan de Wolfgang Windgassen et la Brangäne de Grace Hoffman. En complément, un extrait studio avec Solti en 1960 (WP, avec cette fois Regina Resnik), un extrait du Tristan à la Scala sous la baguette de Karajan (live, en 1959), et enfin la mort d'Isolde extraite du récital studio avec Hans Knappertsbusch (WP 1960).

CD8 [63:02] : Wagner. Si Nilsson fut l'incontournable Brünnhilde que l'on sait, elle fut aussi Sieglinde. Nous retrouvons ici le 1er acte complet de la Walkyrie, dans l'enregistrement studio réalisé en 1953 avec l'Orchestre de la Radio de Hambourg et Hans Schmidt-Isserstedt (avec Set Svanholm et Josef Greindl, disponible chez Bellavoce).

CD9 [66:35] : Wagner, des extraits de La Walkyrie, avec cette fois Nilsson dans le rôle de Brünnhilde; un disque qui présente un souffle assez présent et quelques sons parasitaires (surtout dans les extraits avec Kempe). Avec l'incontournable Wotan de l'immense Hans Hotter (mais aussi un trop court extrait avec celui de Sigurd Björling), et le remarquable Siegmund de Ramon Vinay;l'urgence du direct et la direction très théatrale de Kempe achèvent de rendre bien trop courts ces moments formidables. Enfin, la conclusion du 3ème acte, dans la légendaire captation studio 1957 avec Leopold Ludwig, dans un excellent son mono (voir le récital complet chez EMI). Hélas, horreur et farce d'éditeur, madame Nilsson n'ayant plus voie au chapitre, on n'aura pas droit à l'incantation du feu ! (ce qui est tout de même scandaleux, quand on sait qu'il reste près de 14 minutes disponibles sur le cd !).

CD10 [59:32] : Les deux autres Brünnhilde de la Tétralogie, en live. Dans Siegfried tout d'abord, sous la baguette de Rudolf Kempe, d'abord en 1957 avec Wolfgang Windgassen, puis à Bayreuth en 1960 avec Hans Hopf. Dans le Crépuscule ensuite, en 1955 avec Hans Knappertsbusch à la tête de l'Orchestre de Bavière (avec le Siegfried de Bern Aldenhoff), puis de nouveau à Bayreuth en 1960 avec Rudolf Kempe (et la Gutrune d'Ingrid Bjoner).
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The Voice of a Century
The Voice of a Century de Birgit Nilsson (CD - 2011)
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