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le 17 février 2014
Dans ce livre, Yvane Wiart nous offre un aperçu détaillé de la théorie de l’attachement initiée par John Bowlby.Elle nous permet de saisir toutes les subtilités de cette approche originale du développement de l’enfant.
Le débat avec la psychanalyse
Dans l’immédiat après guerre, John Bowlby dirige le service pédiatrique de la « Tavistock Clinic de Londres ». De par son histoire et sa formation il se montre très attentif aux liens entre les symptômes des enfants et les relations familiales perturbées qu’ils vivent. Dès ses débuts de psychanalyste, il se propose de traiter conjointement l’enfant et la mère afin de modifier la base de leur relation.
S’appuyant sur l’éthologie, il soutient auprès de ses collègues psychanalystes, qu’une des fonctions de l’attachement est de permettre au jeune enfant de se sentir en sécurité pour partir à la découverte de ce qui l’entoure. Les comportements d’agrippements et de suite (visuel, puis moteur), ainsi que les pleurs, le sourire, le babil sont des réactions innées du bébé pour assurer la proximité de la figure principale d’attachement et non pas le résultat d’un apprentissage. Cette vision sera rejetée car elle mettait en cause le principe freudien d’un enfant attaché à sa mère parce qu’elle l’alimente.
Mary Ainsworth et « la situation étrange »
Cette psychologue canadienne rencontre Bowlby en 1950 à Londres et s’intéresse aux effets, sur la personnalité de l’enfant, des séparations précoces. Elle va mener ses recherches sur les réactions à la séparation des bébés au moment du sevrage. Elle met en place son dispositif expérimental de « la situation étrange » pour essayer de mesurer les réactions du bébé au stress.
Après l’entrée du bébé et de sa mère, en compagnie d’une assistante de recherche, mère et bébé sont laissés seuls dans un environnement comportant de nombreux jouets. Cet environnement non familier reproduit un contexte alarmant, mais la présence de la mère doit rassurer l’enfant et lui permettre d’explorer et de jouer. Un élément insécurisant est apporté par l’entrée dans la pièce d’une personne inconnue, à la suite de quoi la mère quitte la pièce .Le plus souvent l’enfant s’alarme, commence à pleurer et à chercher sa mère. La mère revient, et l’étrangère s’en va et à ce moment là, la plupart des bébés se rapprochent de leur mère, mais rassurés par sa proximité se remettent à jouer.
Ce qui surprend Mary Ainsworth est ce qui se passe au retour de la mère. Certains bébés se montrent très en colère, ils pleurent et recherchent le contact avec leur mère mais ne se laissent pas câliner, ils s’agitent et parfois frappent leur mère. Un autre groupe d’enfants au contraire semble indifférent à son retour, même lorsqu’ils l’ont activement cherchée après son départ.
Ces deux groupes d’enfants avaient les mères les moins sensibles à leurs signaux, contrairement à ceux qui recherchent sans difficulté, la proximité, l’interaction et le réconfort après la séparation. A partir de ses observations, Mary Ainsworth distingue les bébés à l’attachement sécure qui pleurent peu et explorent volontiers leur environnement en présence de leur mère, les bébés à l’attachement « insécure anxieux », qui pleurent beaucoup, même dans les bras de leur mère et qui explorent peu et les bébés « insécures évitants » qui ne manifestent pas de comportements différenciés envers leur mère. Elle met alors en évidence les répercussions sur le développement de l’enfant, des modes de réponse de la mère à ses signaux.
L’attachement et les découvertes en neurobiologie
Yvane Wiart nous apporte l’éclairage des neurosciences pour valider les travaux de Bowlby. En insistant sur le rôle des émotions, elle indique combien la structure même du cerveau est modelée par les interactions avec autrui. Elle propose l’exemple du bébé qui a faim, pour qui une première association de neurones va se mobiliser et transmettre l’information en provenance du corps que l’homéostasie est rompue et qu’il faut la rééquilibrer par l’alimentation. Une deuxième association de neurones à l’origine du déclenchement des pleurs va être mobilisée pour attirer l’attention de quelqu’un susceptible de résoudre le problème.
Si la figure d’attachement arrive dans un temps raisonnable et nourrit l’enfant avec tendresse en prenant du plaisir dans la relation à son bébé, cette séquence sera codée par la dopamine. (neurotransmetteur qui entre en jeu lorsque la personne éprouve du plaisir).
Mais si la figure d’attachement remplit sa mission mécaniquement, avec irritation, le codage émotionnel sera marqué par la noradrénaline. (neurotransmetteur qui crée l’état d’alerte, augmente l’attention et la vigilance.)
Au stress de la faim et des pleurs, s’ajoute un autre stress, celui du contact relationnel qui lui indique un corps maternel tendu et peut-être aussi un visage et un regard irrités. Tous ces éléments vont, pour le bébé, être synonymes d’insécurité et de menace.
Si par ailleurs son cerveau enregistre que l’on vient régulièrement le nourrir même s’il ne pleure pas, son système cérébral va automatiquement privilégier la source de stress la moins grande et le bébé cessera de pleurer quand il a faim et mangera même s’il n’a pas faim pour s’adapter à la satisfaction des adultes et se préserver d’une interaction stressante.
Le cerveau enregistre deux informations très importantes, la première est que pour qu’on s’occupe de lui il vaut mieux ne pas réclamer et la seconde est que s’il réclame, ça ne va pas bien se passer pour lui. Il vaut mieux se taire et se débrouiller par ses propres moyens.
Enfin, un type d’information va disparaître en provenance du corps, celui signalant au cerveau qu’il a faim et qu’il doit être nourri car cette information ne sert plus à rien.
À partir de cette situation simple autour de l’alimentation, l’auteur montre bien comment le bébé va adapter le fonctionnement de son organisme en fonction du type de réponse qu’il va recevoir de son environnement. « Nourri » de cette expérience le bébé va s’en servir pour toute situation source potentielle de stress et va, dans certains cas être amené à contenir, voire annuler, toute information émotionnelle.

La théorie de l’attachement met bien en évidence les compétences d’empathie et de socialisation innées du très jeune enfant. Elle montre combien l’environnement de l’enfant est déterminant pour son développement.. Elle insiste sur l’impossibilité de choix de l’enfant face aux réponses apportées par sa figure principale d’attachement. Sa seule possibilité est de s’adapter à ce que lui apporte l’adulte qui est censé prendre soin de lui.
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le 21 septembre 2011
Venant de lire et grandement apprécier ce livre qui vient de sortir (septembre 2011) je vous le conseille très vivement....il ne laisse pas indifférent et entraîne une réflexion constructive sur soi , ses relations avec ses parents, son conjoint , ses enfants, les autres. La théorie développée est par ailleurs étudiée en neuroscience.
Au sens de l'auteur (ce que j'approuve des deux mains) il faudrait la faire vivre afin de prévenir plutôt que n'intervenir que pour guérir.
La lecture est facile bien que le livre ait été écrit par un psychologue mais pas à la manière grand public infantilisante.
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le 29 avril 2012
Je suis en pleine lecture et trouve ce bouquin et son procédé d'une présentation méthodique et progressive des études et découvertes sur les mécanismes d'attachement, fascinants
A lire absolument et à faire lire pour une meilleure compréhension de sa relation aux autres et de sa manière de réagir à toute situation (Y)
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100 PREMIERS RÉVISEURSle 31 juillet 2015
L'attachement à nos "care-takers" lorsque nous étions bébés, enfants puis adolescents, et la manière dont ils se sont comportés avec nous, conditionnent TOUTES nos relations futures, notamment nos relations sentimentales, et aussi notre estime de nous-mêmes et notre confiance en nous. C'est pour moi une telle évidence, absolue, que je suis sidérée que l'on puisse encore remettre en question les recherches du pédopsychiatre et psychanalyste John Bowlby, qui s'est battu toute sa vie pour faire entendre ces réalités souvent douloureuses (car il peut être difficile d'admettre qu'on n'a pas bien aimé et sécurisé émotionnellement son enfant, ou qu'on n'a pas été soi-même bien aimé et sécurisé en tant qu'enfant. Alors beaucoup continuent à se voiler la face et à transmettre aveuglément ces patates chaudes transgénérationnelles névrotiques voire psychotiques, et qui font des dégâts dans la société en général).

Loin de certaines théories abstraites et très mentales de Freud et ses partisans, Bowlby s'est basé sur l'observation de la nature, l'éthologie et les études cliniques et terrain pour observer les relations parents-enfants.

Yvane Wiart, chercheuse au laboratoire de psychologie clinique et de psychopathologie de l'université Paris-Descartes, lui rend un bel hommage dans ce livre, en retraçant de manière historique et scientifique les recherches sur l'attachement depuis Bowlby au XXème siècle, et de nos jours avec les études sur le cerveau en neurobiologie. Elle remet ainsi courageusement au cœur du débat ce difficile problème de l'attachement et de l'éducation, les effets néfastes de la vie moderne, les enfants ballotés de crèche en crèche ou de nounou en nounou, avec des parents souvent peu disponibles, alors qu'ils font le choix d'avoir un enfant, mais en fait ne font que répéter les mêmes erreurs de leurs parents envers eux. Et toutes les conséquences psychiques et psychosomatiques de ce manque d'introspection individuelle. J'ai eu la chance d'être lucide très jeune sur mon attachement insecure anxieux, et je suis en passe d'arriver à l'attachement secure acquis, grâce à de loooongues années de travail sur moi et grâce à l'aide et au soutien que j'ai obtenus. Donc oui c'est l'enjeu d'une vie mais le jeu en vaut la chandelle :-). Et la bonne nouvelle, c'est que les insecure sont souvent plus résilients et plus forts pour affronter la vie que les secure.

L'ouvrage peut paraitre un peu ardu à certains moments, mais il reste passionnant et très instructif. Il est très bien écrit, très détaillé, très complet, et Yvane Wiart a le don de rendre simples des choses parfois complexes.

Je regrette néanmoins qu'il soit très orienté "clinique", "recherche" (d'où parfois une impression de froideur), et pas assez proche du lecteur lambda qui se pose des questions sur lui-même, donc pas assez "thérapeutique" ou tout simplement pratique; j'aurais aimé avoir des questionnaires d'auto-diagnostic pour se repérer soi-même; ainsi que des exemples de cas concrets de patients adultes soignés en thérapie. Car au delà des 4 grandes catégories (sécure, insécure anxieux, insécure distant-évitant, insécure craintif-évitant), on imagine bien que tout n'est pas aussi tranché pour un individu et qu'il y a des passerelles entre les catégories. Je regrette aussi qu'il n'y ait pas des encarts en résumé, pour rendre la mémorisation et la lecture plus facile et moins "compacte". Idem, il n'y a aucune statistique sur les % actuels de chaque catégorie dans la population, c'est dommage.

Et pour en finir avec les raisons qui font que je n'ai mis que 4 étoiles au lieu de 5: je n'ai pas aimé la préface écrite par le chef de service de l'hôpital Necker, je ne l'ai pas trouvée en phase avec le livre, inutilement compliquée et parfois si abstraite et confuse que ça en devenait incompréhensible.

Yvane Wiart ponctue le texte d'extraits tirés des livres de Bowlby, en version originale et en version française, ce qui était très judicieux, et je salue l'excellente traduction faite par elle-même sous nos yeux.
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le 17 juillet 2014
Livre un poil complexe si on n'est pas coutumier des lectures de psychologie.
Très bien rédigé, approche historique qui permet de bien comprendre la théorie de Bowlby et le mécanisme complexe de l'attachement.
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le 10 juillet 2015
Contrairement à ce qui est suggéré dans un autre commentaire, ce livre n'est pas une traduction. Tout au plus, les propos de Bowlby y sont traduits. Par ailleurs, le livre m'est apparu agréable à lire et intéressant à plus d'un titre.
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le 12 juin 2012
Dommage que ce livre soit un peu trop difficile d'accès pour un lecteur lambda. Trop historique,trop technique, j'aurais aimé plus de cas concrets
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le 27 août 2013
Le livre est très mal traduit, dans un Français chaotique. Par ailleurs, c'est un ouvrage peu intéressant pour moi car il parle davantage de généralités sans exemples précis et je suis au milieu de ce livre qui me coûte à lire, peu intéressant, répétitif... Plus une biographie qu'un ouvrage majeur... à mon sens!
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