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4,3 sur 5 étoiles
Pastorale américaine
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36 sur 38 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 20 novembre 2004
Je dois avouer que toutes ces éloges faites par les critiques ici ou là m'auraient plutôt encouragé à ne pas lire un seul bouquin de Philip Roth de toute ma vie et puis, je ne sais pas vraiment pourquoi, j'ai acheté ce fameux "Pastorale américaine". Je l'ai non seulement acheté mais je l'ai lu, que dis-je, je l'ai dévoré, je l'ai englouti, aspiré que j'ai été par cette écriture dynamique, imagée, vivante, inspirée, en un mot époustouflante. Je n'avais pas lu un roman avec autant de plaisir et d'appétit littéraire depuis que j'avais tourné la dernière page de "Middlesex" de Jeffrey Eugenides. Le style narratif des deux auteurs est d'ailleurs très proche. Un vrai bonheur.
Ce roman est aussi plus qu'un roman puisque le contexte historique (fin des 60's - début des 70's : la guerre du Vietnam) dans lequel l'action évolue, associé à l'engagement critique de Philip Roth, politisent ce "Pastorale américaine".
Je le dis à nouveau, j'ai aimé, j'ai adoré ce bouquin et je m'en vais de ce pas acheter un ou deux autres livres... de Philip Roth bien sûr. J'en suis devenu accro!
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6 sur 6 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 2 août 2006
Bizarre comme on s'ennuie et comme on trouve cela beau. Roth reste un mystère de narration longue comme un jour de pluie et détaillée comme un livre de comptabilité. La fabrication des gants de qualité n'aura plus de secret pour le lecteur. Je me suis parfois demandé si ces longueurs ne noyaient pas le propos (très fort) de cet écrivain. Est-ce de la suprême insolence que de conseiller à Roth ou à son éditeur de couper ?
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12 sur 14 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Le narrateur, Nathan Zuckerman, écrivain juif américain, rencontre par hasard et déjeune avec le Suédois, frère d'un copain et idole sportive locale de son enfance, au début des années 1940 à Newark, New Jersey.
Le déjeuner est décevant car le Suédois s'avère lisse et superficiel. Nathan pense qu'il vit sur des souvenirs idéalisés et stériles, jusqu'au jour où il découvre que la vie du Suédois récemment décédé a été marquée par un drame intime qui l'a brisé.
Ce roman aux descriptions très détaillées, formidable dissection d'une relation parent-enfant, est le testament de la génération de l'après-guerre, qui a connu une ascension sociale fulgurante dans les « trente glorieuses » et des relations si instables avec ses enfants baby boomers et soixante-huitards; tant d'illusions et tant de désillusions. Bref, une page de l'histoire des Etats-Unis et de l'occident à travers le destin d'un père, de sa fille.
L'écriture est riche et captivante, l'histoire dirigée lentement mais surement par un auteur au sommet de son art.
Les thèmes de la nostalgie de l'enfance et de la jeunesse, de l'incompréhension des générations, de l'idéalisme dévoyé, de la vanité de l'accomplissement dans le travail, de l'amour paternel inconditionnel, de l'échec dans la réussite, de la déchéance du couple, des petites trahisons entre amis sont traités avec une rare intelligence.
Cette « pastorale » est tout simplement un roman énorme et explique pourquoi de nombreux américains attendent pour Philip Roth le prix Nobel...
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13 sur 16 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 10 octobre 2002
On ne peut que rester accroché à la lecture de ce livre. Le héros, dit le Suédois, est tout d'abord pris pour un homme naïf et simple, mais l'on constate au fil du récit sa profondeur et son humanité, pour enfin l'admirer dans son humilité et son courage face à la situation dans laquelle le plonge sa fille. Du reste, une description minutieuse du monde de la ganterie et un bel aperçu du monde américain à travers les yeux d'un amoureux des Etats-Unis, ce qui est rare de savourer de nos jours.
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le 24 juin 2014
Très très bien écrit. Le roman ne se dévore pas mais se savoure. On le lit davantage pour le plaisir des mots que pour l'histoire en tant que telle, un peu trop même. Le point négatif est donc peut-être que l'histoire n'est pas assez prenante. Pourtant on n'est pas pressé d'arriver à la fin. Un peu contradictoire non?

Mais je ne suis pas seul à avoir pensé ça. J'ai lu un autre commentaire d'Amazon qui disait "Bizarre comme on s'ennuie et comme on trouve cela beau". Ça résume un peu mon impression à moi aussi.

Ne le prenez peut-être pas cet été pour lire sur la plage.
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8 sur 10 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 27 août 2006
L'envers du décor du mythe américain.

Une plongée vertigineuse au plus profond de l'âme des personnages.

Quelques longueurs qui se font vite pardonner par la puissance de l'écriture ... un régal !
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2 sur 3 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 24 novembre 2006
Seymour Levov, surnommé «le Suédois» à cause de son physique, est le modèle type de la réussite à l'américaine. Petit-fils d'immigrés juifs, il reprend l'entreprise familiale de ganterie qu'il fait prospérer et devient le plus gros employeur de Newark. Il incarne ainsi à merveille le rêve américain, celui d'une intégration et d'un succès social tout à fait réussis.

Mais derrière cette prospérité, ce bonheur d'apparat, se dissimule l'envers du décor, «l'Amérique du chaos et de la fange», représenté ici par sa fille Merry. Après une enfance faite de douceur, de tendresse et de calme apparent un violent esprit de révolte la gagne sur fond de guerre du Vietman et c'est une véritable guérilla qu'elle entreprend contre son propre milieu. Devenue farouchement hostile à cette famille de bien-pensants, elle s'oppose à tout ce que cette communauté peut représenter en réussite sociale. Considérant son père comme un capitaliste oppresseur, elle le rend responsable, tout comme ses semblables, de bien des maux de la société. Et ses élans de dénégation de plus en plus virulents finissent par passer à l'acte et atteindre parfaitement la cible.

Seymour ne se relèvera pas.

À partir de là, le «Suédois» vivra une double vie : d''une part celle des apparences, à sauvegarder coûte que coûte dans la société, et d''autre part celle de tenter de récupérer sa fille du cauchemar dans lequel elle s''est fourvoyée, persuadé qu''elle était manipulée.

D''accord, Philippe Roth écrit vraiment bien et sait être passionnant. Par contre, il a du mal à faire dans la concision et dans cet ouvrage là, peut-être davantage encore que dans les autres. J''avoue que j''ai trouvé de nombreux passages d''une longueur ennuyeuse qui, à mon avis, auraient pu être écourtés sans poser de préjudices à l''ensemble. C''est sûr, l''univers de la ganterie mérite certainement que le lecteur en connaisse les subtilités, mais enfin à ce point'

Puis tous ces personnages de second ordre qui gravitent autour du «Suédois» et dont on pénétre largement les joies et les tourments n''étaient pas toujours utiles dans la narration.

Ce qui est certain, c''est que ce livre, trop long par moments, écorche indiscutablement le mythe du «rêve» américain.
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le 13 août 2015
j'ai beaucoup aimé, adoré ce roman qui nous fait suivre la vie d'une famille américaine juive, de ses contacts avec une autre famille catholique, de l'influence de la situation politique sur une jeune fille et de ses conséquences. C'est psychologiquement dur mais palpitant.
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le 6 septembre 2014
Génial,comme presque tous les autres livres de P.Roth.Un témoignage passionnant sur la société aux États-Unis.Le rêve américain revu et corrigé de façon effroyable! Pas symphonique.
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4 sur 6 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Il y'a du Balzac chez Philip Roth pour la précision des décors, la diversité des portraits, l'observation des modes de vie - 20 pages d'explication sur la fabrication des gants, accrochez-vous!- Mais il y'a aussi le cynisme de Flaubert et le souffle de Zola. Bref, un Enooorme écrivain qui à travers la saga d'une famille de Juifs américains de Portland nous dévoile tout un pan de l'Histoire des USA, du début des années cinquante, l'âge d'or, jusqu'à la fin des années 70, la fin de la confiance dans cet "american way of life" qui a tant fait rêver l'Europe. Et comme souvent,c'est Nathan Zuckerman, le double de l'auteur qui nous raconte l'histoire de Seymour Levov,dit "le Suédois", l'invincible, le généreux, le héros absolu pour sa beauté et ses talents de sportifs. Histoire poignante d'un fils d'immigrés juifs qui avait cru au rêve américain et qui se retrouve floué par l'Histoire. Réflexion sur les postures de la bourgeoisie et des intellectuels face à la guerre du Viet-nam, endoctrinement d'une jeunesse qui n'hésite pas à plonger dans le terrorisme, conformisme et hypocrisie de la plus grande partie de la population. Et au milieu du chaos que devient sa vie, le Suédois, debout, tente de garder la voie de la justice, du bon sens et de l'humanité. La Pastorale américaine c'est la photo sépia d'une amérique fière d'elle même, sûre de ses valeurs, forte de sa bonne conscience et qui ne résistera pas aux convulsions des années 70. Quand on est tombé dans un roman de cette envergure on ne peut plus s'arrêter, et on en sort à bout de souffle!
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