Commentaires en ligne 


2 évaluations
5 étoiles:
 (1)
4 étoiles:
 (1)
3 étoiles:    (0)
2 étoiles:    (0)
1 étoiles:    (0)
 
 
 
 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 mal waldron en quintette tout acoustique..., 4 mars 2012
Par 
oiseau de nuit (Quelque part dans le Sud Ouest...) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mal waldron quintets 4 albums originaux (CD)
Mal Waldron! Rien que d'évoquer ce nom, et je suis parcouru de frissons. Sa musique évoque pour moi l'un des plus beaux miracles qui soit arrivé au jazz. Ce pianiste (très influencé par Thelonious Monk) possède un jeu d'une profondeur et d'une élégance inouïes (une main gauche phénoménale accentuant les graves, jouant aussi bien sur les silences que sur de puissants ostinatos, avec cette façon très personnelle de creuser la thématique jusqu'à la posséder), un jeu sombre, très identifiable, et ce dès les premières notes (la marque des plus grands) de par un style introverti et malgré tout boisé et fortement charpenté. Car Mal Waldron, comme Monk, c'est une empreinte. Une empreinte terrienne. L'argile est malaxée, retournée, évitant tout dessèchement aux pourtours. Pas de graisse superflue dans la musique du grand Mal. Ce petit coffret comprenant quatre albums met donc en lumière ce que le pianiste a enregistré à la fin des années 80 pour le label Soul Note, label historique quand on voit la quantité de disques précieux enregistrés en ces années-là. Soul Note, comme le rappelait LD pour le coffret consacré à Charlie Haden fut également un label refuge pour tous ces jazzmen américains dont les projets n'aboutissaient pas forcément outre-atlantique, faute de vision de la part des producteurs US.

Le présent coffret consacré à ce pianiste phare (beaucoup se souviendront de lui comme le dernier pianiste de Billie Holiday, mais ce serait oublier qu'il a aussi joué avec Trane, Mingus, Eric Dolphy et qu'il a été l'interlocuteur privilégié de la chanteuse Jeanne Lee...) est donc un événement en soi. Enfin et surtout, Waldron a été l'un des meilleurs partenaires de Steve Lacy (se souvenirs de ce concert monstrueux au Dreher de Paris immortalisé par le label HatHut), s'inscrivant dans un jazz avant-gardiste et faisant fi de toute politique éditoriale ou commerciale. Il jouait ce qu'il était foncièrement: un artisan du son, un diable de sculpteur à nul autre pareil. On retrouve donc dans ce coffret quatre albums (voir détails ci-dessous), sortis entre 1986 et 1989, dans deux types de contextes. Tout d'abord, deux "live", deux sets issus du même concert (donné au Village Vanguard en juin 1986, en quintette tout acoustique, le premier set que l'on retrouvera dans "The Git-Go" et le second, de loin le meilleur, dans "Seagulls of Kristiansud"). Les deux autres galettes furent enregistrées en studio avec la même configuration (le quintette tout acoustique, et le seul musicien qu'il retrouvait alors était l'immense Reggie Workman). Dans ces quatre galettes, l'on trouvera peu de thèmes, Waldron et ses comparses privilégiant l'interaction et l'improvisation libre. On appréciera cette liberté qu'ils ont eu à développer leurs idées (les pièces s'étirent parfois jusqu'à 20 minutes et plus). Un coffret qui comblera les amateurs.

L'on regrettera peut-être l'absence de quelques galettes commises par le pianiste pour le même label, notamment l'excellentissime Update (son plus grand enregistrement en solo). Quant à ses duos avec Steve Lacy, on ne manquera pas le sublime coffret dédié au sopraniste)... En attendant, ne gâchons pas notre plaisir. Après tout, le travail d'édition est somme toute cohérent: quatre albums en quintette pour deux mêmes sessions pour un prix assez dérisoire, ça ne se refuse pas. Le label italien Cam Jazz continue donc dans sa lancée et ressort en coffret tous les enregistrements enregistrés en leader par certains de leurs grands noms (un coffret de Don Pullen vient également de sortir). Comme d'habitude, le coffret en lui-même est tout ce qu'il y a de plus minimaliste: en carton, avec des pochettes carton pour chaque disque reproduisant la pochette d'origine. Pas de livret, les notes de pochettes au dos étant en outre parfois illisibles. Cela étant, en dehors du prix concurrentiel pour des albums qui étaient souvent épuisés de toute façon, il faut noter que tous les albums ont été remastérisés de façon remarquable. L'excellente qualité sonore l'emporte très nettement sur le fait que la présentation est un peu au rabais.
_________________________________________________________________________________
1) Le premier enregistrement que l'on trouve est The Git Go (Live At The Village Vanguard). Chaleur moîte à New-York. C'est bientôt l'été. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, l'on ne ressent pas toujours dans ce disque, comme dans le suivant d'ailleurs, l'atmosphère urbaine ni l'ambiance du club... La configuration est celle du quintette tout acoustique. Mal Waldron au piano, Reggie Workman à la contrebasse, Ed Blackwell à la batterie, Charlie Rouse au sax ténor (ancien compagnon de route de Monk) et Woody Shaw à la trompette. D'emblée, ce qui frappe, c'est le style (pour ceux qui ne connaitraient pas): échaffaudage thématique basé sur les ostinatos du Maître, créant un suspense que l'on pourra toujours retrouver dans quelques films noirs. Tension, improvisation sont les deux mots qui me viennent à l'esprit en réécoutant cette galette. Deux thèmes seulement, toutes deux composées par le pianiste ("Status Seeking" et "Git Go"). Le jeu de Charlie Rouse reste très accessible (hardbop). Dans ce contexte, il ne verse pas dans le free, comme ont pu le faire Ricky Ford et Sonny Fortune dans les sessions studio ("Where Are You" et "Crowd Scene"). Le jeu de la rythmique et celui du pianiste se font parfois timides dans ce premier set, notamment dans ce premier morceau ("Status Seeking"). Woody Shaw offre toutefois de beaux soli, ses idées sont carrément bienvenues, essayant de motiver ses partenaires. Pour le deuxième thème ("The Git Go"), l'on ne manquera pas l'ouverture de Reggie Workman, qui fait geindre sa contrebasse de façon remarquable. C'est le thème le plus intéressant de la galette. La sauce commence à prendre. Durée de l'album 45 minutes. 4 étoiles.

2) Seagulls Of Kristiansund (Live At The Village Vanguard). Même configuration, même personnel que dans The Git-Go. Ce second set s'ouvre sur "Snake Out", thème passionnant de bout en bout (la marque de fabrique du pianiste, un thème qu'il reprendra souvent lors de ses concerts, une composition que Mal Waldron a bien des fois enregistré avec Steve Lacy). La puissance de ce thème en mettra plus d'un sur le carreau et constitue un témoignage des qualités de compositeur du pianiste. Les lignes mélodiques de Woody Shaw sont tout simplement phénoménales. Le jeu de Waldron toujours aussi roboratif. Le tempo est endiablé (on est sur du 11/4), donnant à l'auditeur un sentiment d'urgence (les progressions harmoniques, avec ses paroxysmes sont tout simplement monstrueuses). Se basant toujours sur des accords de blues et de jazz, Mal donne le meilleur de lui même, sans jamais discourir de façon superflue. L'essentiel de son art est bel et bien dans cet album, longtemps épuisé et en rupture de stock. Charlie Rouse est passionnant de bout en bout, comprenant parfaitement l'essence de cette compo obsédante. "Judy", le deuxième thème est de toute beauté (un thème qu'il avait joué aux côtés d'Eric Dolphy au Five Spot Café). Un thème très hardbop, qui swingue et donne ce sentiment de bonheur, parce que là encore, les musiciens jouent vraiment avec plaisir, cela s'entend... Les conditions du live aidant. Enfin "Seagulls of Kristiansund" est là encore un chef-d'œuvre en terme de composition. Mal offre ici l'une de ses plus belles interprétations. Au final, l'album s'incarne en un chef-d'oeuvre absolu. 5 étoiles largement méritées.

3) Crowd Scene. Album studio. Date d'enregistrement: 10 juin 1989. Autre décor, autres musiciens. Bizarrement, les sessions studio me paraissent plus passionnantes que les sessions live. Sonny Fortune est au sax alto, Ricky Ford au sax ténor, Reggie Workman à la contrebasse et Eddie Moore à la batterie. Le disque ne comprend que deux pièces ("Crowd Scene", durée: 26' et "Yin and Yang", durée: 25'). Interaction au sommet. Puissance des solistes. On a là une musique foncièrement virile, démarrant sur les ostinatos ultra puissants et répétitifs du pianiste. On se situe entre jazz modal (les harmonies) et free jazz (pour l'abstraction et l'incandescence des parties improvisées). Ricky Ford que l'on connaît pour sa puissance n'est pas en reste. Ses prises de risques sont à proprement parler hallucinantes. Il ne craint pas de donner dans le free et de donner tout ce qu'il a dans les tripes (dérapages, complexité, choix d'improvisation, tout en restant sur les harmonies du pianiste). Même constat pour Sonny Fortune, qui se démarque d'Ornette Coleman, et se rapproche davantage d'un Eric Dolphy. La rythmique est charpentée, qui s'en étonnerait, produisant une pulsation et une polyrythmie d'une forte intensité. Attention, on est loin d'une musique de fond. Loin de tout repos. Mais quelle assise, quelle férocité! Le deuxième thème, autre composition du pianiste, est tout autant roboratif (insistant parfois lourdement sur les ostinatos). 5 étoiles.

4) Where Are You?. Date d'enregistrement: le 10 juin 1989. La session date donc du même jour que celle que l'on trouve dans "Crowd Scene". Aux côtés du pianiste, l'on retrouve les fidèles Sonny Fortune et Ricky Ford, l'immense Reggie Workman et Eddie Moore (c'était là l'un de ses derniers enregistrements avant de nous quitter subitement, victime d'un arrêt cardiaque). La session débute sur un solo absolu du pianiste ("Where Are You", une composition de Mal s'étirant sur cinq minutes) où l'on mesure toute la poésie et la puissance de jeu de ce géant du piano. Les thèmes suivants sont "Waltz For Marianne" (21'56), "Wha's Nine" (22'12) en quintette et "Where Are You", qui fait écho à la première prise, Mal joue à nouveau en solo absolu. L'album me semble plus accessible et moins rugueux que le précédent. Mais l'on éprouve toujours autant de plaisir. 4,5 étoiles.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Intéressante réédition, 5 août 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mal waldron quintets 4 albums originaux (CD)
Une intéressante réédition de deux sessions , l'une Live et l'autre en studio plus orientée "Free" ; personnellement je préfère les sessions plus anciennes enregistrées au Village Vanguard avec l'apport de Woody Shaw et Charlie Rouse ; un bon rapport qualité-prix qui permettra à certains de redécouvrir ce pianiste dont la participation au quintette d'Eric Dolphy en particulier lors des enregistrements Live au Five Spot ont marqué l'histoire du jazz...
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

Ce produit

Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit