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le 28 novembre 2012
Vous êtes allergique à Chopin ? Vous le prenez pour un compositeur « sentimental » ? Oubliez la laideur et la vulgarité de la pochette - qui évoque irrésistiblement l'emballage de quelque produit de beauté de supermarché, à des années-lumière de l'esthétique défendue tant par le compositeur que par l'interprète ! - et écoutez donc ce double album, qui rassemble, à prix d'ami, tous les enregistrements audio officiels que lui a consacrés pour l'instant Pogorelich en solo (on trouve en DVD d'autres merveilles, 3ème Sonate et 4ème Polonaise, par exemple).

Tous les 10 ans ou presque, en effet, en 30 ans, ce pianiste unique et génial a enregistré un Chopin qui changeait tout, qui dépassait de loin tout ce qui était imaginable en termes de contrôle et de beauté du son (depuis l'effacement progressif de Michelangeli), de radicalité formelle, et de hauteur de vue. Qui dépassait largement, techniquement parlant, tout ce que les autres pianistes étaient capables de produire : parce qu'ils "jouaient du piano" ou voulaient jouer du piano, parce que le piano était leur but et leur finalité, alors qu'il s'agit pour lui, comme autrefois pour Gould, d'"utiliser" le piano pour créer des oeuvres d'art, de produire de l'inouï à partir du piano, et peut-être même autre chose que de la musique (des aperçus métaphysiques ?). Là où les autres veulent aboutir, il commence : le piano n'est pas un horizon supérieur "à atteindre" et à "servir", il en domine au contraire si absolument les possibilités et les paramètres qu'il l'utilise comme point de départ et comme outil pour autre chose - et quelque chose qui n'est pas de l'ordre de la psychologie ou de l'affect, mais de bien plus théorique et conceptuel : de l'ordre de la philosophie plutôt, de l'analyse de ce que c'est que "penser" ou "exister" en général (qu'est-ce qui fait la différence entre être et néant, entre quelque chose et rien, pourquoi y a-t-il quelque chose et non pas rien, comme disait Leibniz ? Le son ne pourrait-il constituer cette différence si mince, cet interstice ténu, entre être et n'être pas ?).

Aucune sentimentalité ici, donc : c'est de la musique pure - longueurs d'onde, spatialisation, mouvement, volume, temps ramené à une immobilité supérieure et extatique - présentée avec un tranchant, une autorité et une virtuosité insurpassables : Pogorelich produit constamment et exactement le son qu'il veut, non celui que l'instrument lui impose (en concert comme au disque, d'ailleurs), et ce son, reconnaissable entre tous, n'appartient vraiment qu'à lui. Et pourtant, dans cette abstraction ou cette quintessence rien n'est sec, et tout est poignant : cette perfection miraculeuse du son, ce contrôle intellectuel phénoménal atteignent en effet un tel degré, abyssal vraiment, que c'en est mélancolique et douloureux (Quoi ? Il faudrait donc que tout cela cesse un jour ?). Ce n'est pas la « douleur » de Chopin ou celle de son interprète, ici, qui vous briseront le cœur : c'est l'immense solitude de la beauté pure, éternelle et pourtant sans cesse vouée à disparaître. Parce que je vous garantis bien que vous l'aurez brisé, le cœur - mais d'une manière étrange, paradoxale, plus intellectuelle qu'affective, en quelque sorte : par le « trop » insupportable de la perfection (comme toujours chez Lipatti, et très souvent chez Gould). Le cœur brisé d'intelligence, voilà.
Ce n'est pas de la musique d'homme, en tout cas : ce sont de mystérieuses et pourtant évidentes sculptures sonores, taillées dans l'acier (les basses !) et le verre (les aigus !), semblant surgies d'un ailleurs absolu et ne reposer que sur elles-mêmes, non sur l'art d'un « créateur » ou d'un « interprète » - un peu comme le monolithe noir initial du 2001 de Kubrick.

Vous l'aurez compris : c'est à une visite dans un grand Musée d'Art Moderne que vous êtes convié. Là, dans un silence d'une blancheur aveuglante, sur un fond immaculé, quelques objets sont posés, altiers, impérieux, indifférents à votre présence parce qu'ils sont manifestement occupés et exclusivement destinés à communiquer avec quelque chose de mystérieux, qui vous échappe. Voilà le Chopin de Pogorelich.
C'est donc bien simple, au fond : dans 100 ans il sera toujours plus moderne, plus en avance que tous les Chopin et peut-être toute la musique qu'il sera encore donné d'entendre alors. Vous imaginiez ça, vous, une avant-garde musicale qui ne se démoderait jamais, comme la peinture de Piero ou de Van Eyck, comme celle de Rembrandt, comme celle de Hopper ou de Picasso, comme les sculptures de Brancusi ou Giacometti ? Allez-y, les yeux grand fermés.
99 commentaires|11 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 22 mars 2014
La note est celle que je donne a un virtuose qui sait faire oublier sa parfaite technique pour exprimer toute l invention et l emtion du prince des compositeurs romantiques
0Commentaire|4 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

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