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5.0 étoiles sur 5 Drôle et très noir, 6 juin 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : I'm Tempted to Stop Acting Randomly: A Dilbert Book (Broché)
Ce tome de Dilbert (le trente cinquième de la série) reprend les strips parus du 26 juillet 2009 au 02 mai 2010. Les strips précédents se trouvent dans 14 years of loyal service in a fabric-covered box (du 13/10/10 au 25/07/09), le tome 33. Le tome 34 Problem identified est un pot-pourri de strips antérieurs.

Comme dans tous les autres tomes, celui-ci regroupe des strips en 3 cases (ceux parus du lundi au samedi), ainsi que des strips en 8 cases (4 rangées de cases) correspondant aux strips du dimanche.

Au fil des pages, le lecteur aura le plaisir de découvrir les nouvelles consignes mises au point par Catbert, le méchant directeur des ressources humaines (une savoureuse expertise de débouchés de carrière en fonction des compétences de l'employé page 9). Dilbert prouve par l'exemple qu'il ne faut jamais laisser du personnel technique parler directement à un client (le personnel technique est trop honnête, il ne sait pas enjoliver). Dilbert tente à nouveau d'approcher 3 ou 4 représentantes de la gente féminine, avec son succès habituel. Le chef à la coupe en pointe prouve à maintes reprises son incapacité à comprendre quoi que ce soit, et à gérer du personnel. Mais une fois de temps en temps (statistiquement, c'est possible) il a raison ce qui a un effet encore plus désastreux sur Dilbert. Dogbert continue sur sa lancée de président directeur de l'entreprise avec un mépris tout capitaliste pour tout ce qui n'entre pas dans le domaine de ses rémunérations, à commencer par les employés et la déontologie. Le temps de 4 strips, Dilbert acquiert des ailes d'ange (ça ne l'aide pas tant que ça lors de son dîner amoureux suivant). Dilbert et Dogbert fêtent l'arrivée de la nouvelle année tous les deux chez eux à 22h00. Wally exerce avec un succès parfait son expertise en évitement du travail. Asok perd son âme. Divers employés doivent apprendre à cohabiter avec un logiciel de gestion du temps.

Chaque nouveau tome de Dilbert est l'occasion pour Scott Adams d'utiliser les mêmes recettes que précédemment et d'innover en brocardant de nouvelles tendances de management. Le monde vu par la lorgnette déformante qu'est cette série de strips est à la fois très noir et rassurant.

Il me semble qu'au fil des tomes, Scott Adams développe une relation de plus en plus privilégiée avec Wally. Au fur et à mesure la rhétorique de Wally s'améliore et ne connaît plus qu'un seul objectif : glander en toute impunité. Toute son énergie est dévolue à paresser et à préparer ses excuses, à chaque fois d'une efficacité redoutable. À la fois ce personnage est rassurant car il matérialise la possibilité de ne pas se donner corps et âme à son travail, voire de profiter du système. À la fois il s'agit d'une vision des plus noires car cet individu devient une charge pour tous ses collègues qui se partagent ses missions. Adams accentue le ressort comique qu'est Wally manipulant tout le monde et atteignant son objectif. Avec du recul, la sympathie dégagée par ce personnage cautionne l'individu qui profite du système sur le dos de ses collègues et crée une forme de malaise chez le lecteur.

Une deuxième tendance décelable dans ce tome est la critique du capitalisme sauvage. Il ne s'agit plus simplement de conspuer le chef incompétent (ou en tout cas qui ne comprend pas la technologie sur laquelle travaillent ses salariés), mais le niveau supérieur, celui des actionnaires et des PDG. La critique du comportement apparent de cette catégorie de cadres tombe parfois à plat parce que Scott Adams se limite à mettre en images les critiques premier degré de la presse quotidienne des journaux gratuits. Il retrouve par contre tout son mordant quand il revient sur les stratégies de groupe industriel n'ayant comme fonction que le profit et la perpétuation du groupe. Par exemple, le boss donne la possibilité à Dilbert de choisir entre rapporter qu'il a réussi à convaincre 83 entreprises d'adopter comme standards techniques les spécifications du produit de son entreprise (spécifications à court terme et vouées à développer un produit rapidement obsolète), ou reconnaître qu'il est un raté professionnel parce qu'il n'a pas réussi à le faire. Par cette simple boutade, Scott Adams joue sur le registre de comique imposant un choix impossible à l'employé, mais aussi dans un registre très noir basé sur le fait qu'une entreprise n'a pas d'autre éthique que celle du bénéfice et de la pérennité.

Parmi les nouveautés purement managériales, Scott Adams tourne en dérision les logiciels de gestion du temps. Toujours à la recherche de productivité, la tentation pour une organisation de production est forte de revenir au bon vieux taylorisme, avec des outils neufs. Dans des tomes précédents, Adams avait relevé avec verve que lorsqu'un employé explique à son superviseur qu'il est en retard sur son projet, le chef va commencer par demander un rapport détaillé sur l'ampleur du retard et ses causes, ce qui prendra inévitablement encore du temps supplémentaire, allongeant ainsi le retard d'autant. Ici, il reprend ce concept de solution pire que le mal, mais en insistant plus sur le décalage entre l'individu et ce type de produit qui formate les performances en les ramenant à des ratios. À nouveau le lecteur peut percevoir l'horreur pour l'individu de se conformer à un standard identique et uniforme quel que soit l'âge, la fatigue, les goûts, etc. Heureusement Wally est là pour prouver qu'il est possible de s'adapter à tout et de détourner les machines comme les individus.

Ce tome propose une nouvelle plongée dans le monde impitoyable de l'entreprise où survivent des employés, sans espoir de jamais s'épanouir. Le rire est au rendez-vous, mais l'aliénation par le travail n'est jamais très loin. Un seul regret : pas de Dilmom dans ce tome. Le tome 36 Your accomplishments are suspiciously hard to verify est un pot-pourri de strips antérieurs. Le tome 37 How's that underling thing working out for you ? contient les strips du 03 mai 2010 au 12 février 2011.
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