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5.0 étoiles sur 5 Bouleversante confidence, 25 mars 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chopin : Nocturnes, Préludes (CD)
L'île déserte : jamais poncif n'aura semblé plus légitime qu'ici. Ces Nocturnes peuvent sembler si mièvres, si affectés, si salonnards, même, sous d'autres doigts, même prestigieux ! Samson prend le parti de PARLER aussi, là où d'autres chantent seulement, et cette suprême éloquence n'est là que pour servir le ton de la plus nue, de la plus sincère et bouleversante confidence, celle de l'infinie douleur d'être seul. L'âme écorchée vive de Chopin se dévoile ici, seule à seule avec celle de Samson, et tout aussitôt avec la nôtre, dans une intimité d'une telle sincérité et d'une telle immédiate simplicité qu'elle ne bascule jamais dans le laisser-aller narcissique, informe et obscène.
On ne peut pas être plus seul qu'en composant cette musique, plus seul qu'en la jouant ainsi, plus seul qu'en écoutant ces deux-là échanger leurs âmes. Mais on ne peut pas non plus être plus viril qu'en maintenant ainsi, dans la plus grande souffrance, les hautes et nobles exigences de l'articulation et de la diction, qu'en faisant de l'absolue douleur l'élan même de sa mise en forme créatrice, la matière même, transfigurée, de la beauté. Pas une note ici qui ne se brise et ne tâche pourtant de se relever, pas une faute de goût ni surtout de sens, pas une chute d'animation (ça avance tout le temps) : jamais Samson n'est banal, et jamais Chopin n'a été touché d'aussi près. Cela fait 30 ans que j'écoute ces disques, et pas une fois sans avoir la gorge serrée à en pleurer, ni sans penser aux deux vers inoubliables d'Apollinaire : « L'angoisse de l'amour te serre le gosier / Comme si tu ne devais jamais plus être aimé ».
Ecoutez le début du premier, avec cette mélodie qui s'étire pour aller chercher ses notes aiguës au prix d'une tension extrême, comme pour les attraper au bout des doigts et déjà à bout de forces, "in extremis", vraiment, comme une mâchoire crispée par un cri qui ne sort pas. Samson disait : « c'est une musique qu'on entend depuis la rue, dans un immeuble, et l'on monte l'escalier pour tâcher de savoir d'où elle vient ». Peut-on mieux dire ? Cela ne révèle-t-il pas tout du génie poétique de ce pianiste absolument hors-normes ? Ecoutez encore, entre mille exemples, les traits de mandoline désolée du 5ème. Ecoutez enfin le 13ème, ses 6-7 minutes parmi les plus belles de la musique de piano enregistrée, où pas un accord de la main gauche n'est joué sans une invention de tous les instants (partition en mains, c'est tout bonnement incroyable)... Si le retour du thème initial ne vous brise pas de douleur et de compassion, c'est à n'y rien comprendre.

Quant à l'enregistrement des Préludes, de presque 10 ans antérieur, et si caractéristique de la période « noire » de Samson (expressionniste, arrachée, hurlante et rageuse : ah ça, ce Chopin-là n'est pas pour les tièdes !), ce fut mon premier disque de musique classique : cadeau un peu étrange offert à un gamin "pianoteur" de 10 ans... et expérience foudroyante, qui me fit découvrir d'un coup ce que c'était qu'"interpréter" une partition, "jouer" la lettre et avec la lettre pour engendrer quelque chose d'absolument VIVANT, lui donner du sens et même des sens, en tous les sens du terme. Ici, les sens à la fois capiteux et mortifères de quelque oeuvre au noir baudelairienne, de quelque eau-forte de Goya : dans les 3 derniers préludes - comme il le fit encore dans les 3 dernières études de l'opus 10, enregistrées à la même époque - Samson révèle une lumière terrible d'au-delà en même temps exactement que les gouffres de l'enfer (difficile alors de savoir ce qui est le plus effrayant, ni même si c'est vraiment distinct...), le spleen et l'idéal dans une vision hallucinée d'apocalypse, celle peut-être encore de Hugo dans "Ce que dit la bouche d'ombre".

C'est bien simple : j'ai toujours mis ces Chopin-là de Samson (Nocturnes, Préludes, et les Etudes aussi) encore au-dessus de ses autres Chopin (quoique... Concertos, Valses, Ballades, Scherzos, Polonaises, tous sidèrent par leur génie intuitif et leur expressivité incandescente), alors que je mettais déjà son Chopin au-dessus de tous les autres Chopin joués par d'autres, même ceux que j'adore (Cortot, Lipatti, Perlemuter, Michelangeli, Pogorelich).
Ile déserte ? Sans hésiter une seule seconde : avec l'album Bach de Lipatti, les 2ème Goldberg de Gould (s'il n'en fallait qu'un parmi ses Bach), le Haydn et le Brahms de Pogorelich, le dernier récital Beethoven « live » de Serkin et sa « la majeur » de Schubert, et les Kinderszenen de Clara Haskil. Oui, c'est de ce niveau-là : de réussite artistique, et d'exploration des abysses de l'âme humaine.
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5.0 étoiles sur 5 Excellant. Romantique, 15 mai 2013
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Si Horowitz est le meilleur à la technique raffinée, Arrau a un jeu plus romantique, raffiné, plus modulé,lus de pianissimo.
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5.0 étoiles sur 5 Les Nocturnes de Chopin étaient faits pour l'interprétation de S. François, 18 mai 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chopin : Nocturnes, Préludes (CD)
Un interprète de légende, un enregistrement de qualité bien préservé.
Bonne présentation du CD
Très belle affaire vu le prix
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Chopin : Nocturnes, Préludes
Chopin : Nocturnes, Préludes de Frédéric Chopin (CD - 2012)
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