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5.0 étoiles sur 5 Capitalisme sauvage & récession économique, 14 avril 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : 14 Years of Loyal Service in a Fabric-Covered Box: A Dilbert Book (Broché)
Ce tome regroupe les strips parus du 13 octobre 2008 au 25 juillet 2009. Il s'agit de blagues en 3 cases pour celles du lundi au samedi, et de blagues en 8 cases (4 rangées de 2 cases) pour celles du dimanche. Ce recueil est en couleurs (minimalistes, comme les dessins). Tout a été réalisé par Scott Adams, le créateur de Dilbert. Le tome précédent s'intitule Freedom is just another word for people finding out you're useless.

Comme pour les précédents recueils, il n'y a pas d'histoire principale. Il y a parfois une situation qui dure le temps de 2 ou 3 strips qui comprennent chacun une chute à l'issue des 3 cases. Dilbert, technicien supérieur a priori compétent, se heurte aux frustrations inhérentes au travail dans une grande entreprise. Il commence par devoir se garder de l'individu écureuil voleur d'idées qui sévit dans son service : un homme déguisé en écureuil qui vole les idées exprimées par les employés à haute voix pour aller s'en accorder la paternité auprès du Boss. Il doit ensuite collaborer avec 2 sections séparées ayant pour mission de concevoir des habillages graphiques. À force de les harceler il finit par obtenir un logo pour son projet, mais malheureusement ce n'est pas parce qu'on obtient ce qu'on veut, qu'on est content pour autant (ils lui ont concocté un visuel en forme de déjection). Pendant 4 strips, Dilbert devient le bouc émissaire de l'entreprise, et il est obligé de se déguiser en bouc. Il touche le fond lorsqu'il se rend à un dîner pour une rencontre avec une femme, avec son déguisement. Tout au long de ce tome, plane aussi le spectre de la récession économique, et Dilbert doit endurer de multiples avanies liées aux restrictions budgétaires. La plus terrifiante est peut être lorsqu'il ne peut plus voyager par avion et doit être pris en stop par un sociopathe criminel (règle interne de l'entreprise).

Franchement, pourquoi lire un nouveau recueil de Dilbert ? Le lecteur retrouve les personnages habituels : Dilbert bien sûr, le Boss avec sa coupe de cheveux en pointe, Asok le stagiaire, Wally l'expert en évitement de travail, Alice la bosseuse compétente, Dogbert le chien cynique profitant de toutes les occasions pour s'enrichir grassement sur le dos des autres, Catbert le directeur des ressources humaines, Carol la secrétaire irascible, Dilmom (pour un gag encore très noir).

Le lecteur retrouve les différentes formes d'humour maniées avec une précision chirurgicale par Scott Adams. Sa principale source provient de l'absurde des situations professionnelles. La force d'Adams provient du fait qu'il ne ressasse jamais les mêmes gags ou les mêmes situations. Il a l'art et la manière de monter en épingle les limites des systèmes de management mais aussi de fonctionnement des grandes entreprises (ou des grandes administrations). La complexité de l'organisation du travail déconnecte l'individu du sens de ce qu'il accomplit. L'instauration d'objectifs personnalisés, mais aussi par service aboutit à une course du chacun pour soi, plutôt qu'à l'amélioration du service rendu ou du produit fabriqué. La mise en scène avec les 2 services d'infographie démonte les mécanismes qui permettent aux services ou bureaux de se mettre des bâtons dans les roues tout en gardant les indicateurs de suivis divers et variés au vert. La récession touche tous les employés, à commencer par les commerciaux. Adams en profite pour illustrer comment les quotas de vente qui leur sont fixés leur permettent (ou non) d'obtenir des primes sans rapport direct avec le travail fourni. Par exemple si le produit présente des qualités exceptionnelles, il se vendra comme des petits pains, même pour un commercial fainéant qui atteindra et dépassera ainsi ses quotas assignés sans trop d'effort. À l'opposé, en période de récession, quels que soient les efforts fournis il sera impossible d'atteindre des quotas fixés dans un contexte économique plus favorable.

Le lecteur retrouve les limites de Scott Adams en tant que dessinateur. Il a su transformer ses piètres talents de dessinateur en force, en simplifiant ses illustrations pour rapprocher les personnages de l'icône, et faciliter ainsi la projection du lecteur dans ces silhouettes construites de quelques traits élémentaires. Pour autant, il sait attribuer à chaque personnage une spécificité visuelle ou deux qui le rend immédiatement identifiable tels Dilbert avec ses lunettes rondes et sa cravate qui rebique, Wally avec ses lunettes carrées e ses 3 cheveux, Alice avec sa jupe et sa coupe en triangle. Comme dans chaque recueil, le lecteur découvre quelques innovations telles que le costume d'écureuil voleur d'idées, ou le bouc émissaire. Il utilise également l'image des cheveux dressés sur la tête pour figurer l'intensité de l'émotion qui étreint un personnage, par exemple Dilbert comprenant qu'il est licencié.

Et puis le lecteur découvre les nouvelles idées de Scott Adams, son intégration de nouvelles tendances, de nouveaux comportements pour en tirer des gags. En particulier, Adams aborde le phénomène des employés se servant des ressources informatiques de l'entreprise pour développer leur propre site internet sur le temps de travail. Qu'est ce qui ressemble à plus quelqu'un en train de travailler sur un ordinateur, que quelqu'un en train de travailler sur son ordinateur pour son propre compte ?

Le lecteur retrouve également ces moments d'une noirceur difficilement soutenable. Dilmom (la maman de Dilbert) n'a droit qu'à une seule apparition mais elle suffit pour rappeler l'inéluctable solitude de l'individu face aux autres. La récession est l'occasion pour Catbert de constater que son poste de directeur des ressources humaines vicieux a perdu beaucoup de son attrait depuis que les employés sont contents de subir une baisse de 10% de leur salaire (au lieu d'être licenciés).

Alors pourquoi lire un nouveau recueil de Dilbert ? Parce que Scott Adams est toujours aussi drôle, que son regard est toujours aussi pénétrant, que sans désigner personne du doigt, sans exclure une catégorie de personne il est capable de démonter en 3 cases l'inanité du capitalisme sauvage, les limites imbéciles de tout système de management générique, etc. Ce tome de Dibert fournit sa dose garantie de rire, permet de prendre du recul sur sa vie de bureau, et de réfléchir à quelques aspects du sens de la vie.

Le tome 34 s'intitule Problem identified and you're not part of the solution est une compilation d'anciens strips. La réédition des nouveaux strips se poursuit dans le tome 35 intitulé I'm tempted to stop acting randomly (strips du 26/07/09 au 02/05/10).
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