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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Oh mes yeux trompeurs" (L'opéra italien, après Turandot), 3 juin 2012
Par 
Denis Urval (France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Luci Mie Traditrici (DVD)
Pour une fois, je suggérerais presque de commencer le visionnage de ce DVD par le supplément, qui revient sur la préparation de ce spectacle, chef, metteur en scène, compositeur, chanteurs intervenant tour à tour.

Je connaissais cet opéra de Salvatore Sciarrino, Luci mie traditrici (créé en 1998), par un disque StradivariusSciarrino : Luci mie traditrici (opéra). Saito. (il a aussi été enregistré chez KairosLuci mei traditrici - Opéra in due atti). Mais à la différence d'autres de ses partitionsAspern Suite, j'étais resté sur le seuil. Et comme je regrette amèrement que le Macbeth du même Sciarrino dans la mémorable mise en scène d'Achim Freyer n'ait jamais été commercialisé en DVD, je suis particulièrement heureux de pouvoir redécouvrir ici Luci mie traditrici (à noter pour être complet qu'il existe aussi une édition en CD de cette mêm production, qui du fait du DVD, n'est pas ou plus prioritaireSciarrino : Luci mie traditrici. Tarandek, Miedl, Schneider, Bode, Angius.). L'opéra selon Sciarrino est vraiment une fusion du chant, du texte et du théâtre, et il faut pouvoir suivre ce qui se passe en temps réel pour apprécier pleinement ce que fait le compositeur et pourquoi.

Vu de très loin, rien de plus traditionnel que cet opéra : un trio amoureux (l'époux, sa femme, et celui dont elle s'éprend), une intrigue linéaire, une source historique identifiable (le destin du compositeur et aristocrate Carlo Gesualdo) ; une citation de Claude Lejeune qui donne à certains passages une couleur archaïsante.

Mais ce serait compter sans l'univers inouï du compositeur (né en 1947 à Palerme)Sciarrino : Studi per l'intonazione del mare. Van Goethem., la manière dont les voix, toutes en retenue, suivent les inflexions du texte, et la manière dont la formation orchestrale fait fourmiller les micro-événements, souffles, bruissements, comme si elle enregistrait à chaque instant les perturbations de l'atmosphère, les changements d'affects, les emballements du coeur, les modifications physiologiques dues à l'émotion qui saisit les personnages. Cette musique de l'impondérable, de l'éphémère, ne ressemble à aucune autre, et impose une autre écoute. Ici elle peint comment l'ombre descend sur les amants, la tension s'accumule, jusqu'au geste fatal.

Sciarrino reste un des compositeurs qui ont compris le mieux les ressources d'un instrument comme la flûte, ici encore très présente et sollicitée.

Le plus beau chez Sciarrino, c'est qu'en renonçant à presque tout ce qui fait le pain quotidien du compositeur, son univers soit tout de même si riche et autosuffisant.

La pièce de Claude Lejeune apparaît trois fois, peu à peu altérée, comme une peinture qui coule ou un objet qui se désagrège, symbolisant la manière dont le temps et la mort défont toute chose.

Saluons les chanteurs, au premier rang desquels Nina Tarandek dans le rôle de La Malaspina, qui fait le spectacle au premier acte dans sa robe à collerette, toute en volubilité, en délicatesse et en grâce, et Christian Miedl en aristocrate dont le monde se dérobe sous ses pieds. Saluons aussi la mise en scène sobre et belle de Christian Pade, ici filmée au plus près des corps, stylisée et éloquente dans sa simplicité. Et admirons la prestation de l'ensemble Algoritmo que dirige Marco Angius.

En Italie, il y a dans les lieux marqués par l'histoire des heures magiques où le passé et le présent se rejoignent, le passé donnant sa coloration au présent. C'est ce qui se passe ici, la musique la plus avancée fusionnant avec le temps jadis.

(Capté en 2010, coproduction de l'opéra de Francfort et des Cantiere internazionale d'Arte in Montepulciano).
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le compositeur contemporain a écouter en priorité même si vous êtes rétif à la musique contemporaine., 13 juin 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Luci Mie Traditrici (DVD)
Originaire de Sicile, Salvatore Sciarrino étudie les arts visuels avant de se consacrer à la musique. Il se forme essentiellement en autodidacte, par l'étude des œuvres des compositeurs anciens et modernes, mais reçoit aussi les conseils de Antonio Titone et Turi Belfiore. La première création publique d'une de ses œuvres a lieu en 1962. Il complète ses études à Rome et à Milan et s’initie à la musique électronique avec Franco Evangelisti, qu’il considère avec Stockhausen comme l’un de ses « pères » artistiques.

Il enseigne ensuite la composition aux conservatoires de Milan, Pérouse et Florence, et dirige des masterclasses. Il reçoit de nombreux prix, dont le prix de la Société internationale de musique contemporaine en 1971 et 1974, le prix Dallapiccola (1974), celui de l’Anno discografico (1979), le Psacaropoulos (1983), le prix Abbiati (1983), le Premio Italia (1984). De 1978 à 1980, il est directeur artistique du théâtre communal de Bologne.

En 1982, il se retire dans la petite ville d’Ombrie Città di Castello pour se consacrer à la composition, autant que lui permette son importante activité de pédagogue.

Bien qu’affirmant sa filiation avec des figures de l'avant-garde musicales, Stockhausen en particulier, Salvatore Sciarrino revendique pour son travail une forte continuité avec l’histoire. Son abondant catalogue ne présente pas de ruptures nettes mais une évolution vers une conception de la musique parfois désignée comme « écologie » de l’écoute et du son. On a parlé dès ses débuts, dans les années soixante, d’un « son Sciarrino ».

Sa musique est intimiste, concentrée et raffinée, construite sur des principes de microvariations de structures sonores constituées de timbres recherchés et de souffles. Il élabore un monde sonore transparent, raréfié et proche du silence (ou du « son zéro » qui, pour le compositeur, est déjà musique), un monde fait d’une multitude de sons microscopiques, d’un flot continu de bruits infimes, un monde sonore réduit à l’essentiel. Les titres de ses œuvres sont éloquents à cet égard : Esplorazione del bianco (1986), Cantare con silenzio (1999).

Le compositeur organise ses œuvres comme on trace les lignes d’un dessin, utilise des techniques d’estompage du son, de fusion des couleurs, de jeux de lumière dans le modelage du timbre : un univers proche des arts plastiques dont Morte di Borromini (1988), Omaggio a Burri (1995) font l’éloge.

Dans le catalogue de Sciarrino, la voix occupe une place majeure, des expériences sur l’émission vocale de Lohengrin, à une pièce pour flûte et orchestre où elle est seulement évoquée et représentée par des instruments, le Libro notturno delle voci (2009) et dans des œuvres dont l’écriture est centrée sur une continuité mélodique liée à la psychologie des personnages : Luci mie traditrici (1998), Macbeth (2002), et surtout Infinito nero (1998), sur les visions mystiques de Maria Maddalena dei Pazzi.

Le travail sur l'unité de la poésie et la musique reste un « chantier » majeur du compositeur comme l'évoque le titre même de Cantiere del poema (2011) sur des textes de Pétrarque et Foscolo. Il peut, en outre, mettre en valeur avec humour une poétique de la vie ordinaire, avec l'usage, par exemple, des annonces de gares dans Senza sale d'aspetto (2011), qui ornaient déjà le livret (écrit par le compositeur) de l'opéra en un acte Superflumina (2010).
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Luci Mie Traditrici
Luci Mie Traditrici de Salvatore Sciarrino (DVD - 2012)
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