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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 troublant, mais passionnant, 5 août 2012
Par 
NMN le discophage "LE DISCOPHAGE" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eugene Oneguin (DVD)
Il y a beaucoup de morceaux connus dans Eugène Onéguine : la Valse, la Polonaise, l'air de la lettre de Tatiana, l'Air des Adieux à la vie de Lenski, l'Air de présentation de Tatiana à Onéguine par Grémine et la grande scène finale. Toute cette production du Nederlandse Opera ne mérite qu'éloges. Les voix, la scène et l'orchestre sont merveilleux. Bo Skovhus accapare la scène, parfaitement crédible, jamais en force, d'un grand naturel.. Krassimira Stoyanova, même si elle n'a plus l'âge du rôle, exprime très bien la jeune fille amoureuse, écartée et pleine de regrets désespérés. Andrej Dunaev campe un Lenski sans outrances, bie ntimbré en voix, investi sans outrances. L'air le plus touchant de l'oeuvre, celui de Gremin, malgré son peu d'importance en durée musicale au regard de ses collègues, est imposé sans difficulté par Mikhail Petrenko, basse d'une grande amplitude et d'une puissance contenue dans ce chant à mi-voix tout à fait extraordinaire. Les seconds rôles ne laissent rien à redire, et l'on regrettera de n'entendre et de ne voir que trop peu la superbe Elena Maximova, alto exceptionnelle. Guy de Mey apporte la touche comique qu'il sied dans le seul air de Triquet, mais en français ! Maris Jansons est chez lui dans ce répertoire, et avec le Concertgebouw d'Amsterdam il ne met pas "du sucre sur du miel", comme il le dit si bien.
Reste la mise en scène.
Eugène Onéguine est un opéra sans action dont l'existence même s'appuie sur la psychologie des personnages, leurs relations sociales et le poids du temps. Stefan Herheim construit son travail autour d'un voyage temporel. L'espace devient temps, les idéaux varient avec lui et s'inscrivent dans une histoire de la Russie. Les décors sont splendides et reflètent ce travail sur le temps qui passe et nous fait changer. L'espace scénique en contient deux, le second étant un plateau vitré tournant, placé au milieu d'un hall d'hôtel. Ce second lieu symbolise très efficacement le temps qui passe, la roue de la fortune ou de l'histoire. L'action de l'opéra commence en 2011, revient aux débuts du 20è siècle avant la Révolution Russe, puis quelques décennies plus tard en pleine période communiste pour finalement revenir à notre époque. Ce bouleversement de la chronologie traditionnelle peut dérouter, mais les costumes suivent les époques et brassent à un moment l'Histoire en une sorte de bal costumé. L'idée de base du metteur en scène est de nous illustrer concrètement les rêves, les idéaux et les pensées. Ce qui nous déroute par moment, notamment dans la scène de la lettre pendant laquelle Tatiana n'écrit pas elle-même à Onéguine mais fait écrire par un Onéguine rêvé sa propre lettre ! Les personnages deviennent des projections mentales, des apparitions oniriques qui cohabitent à des époques différentes et n'apparaissent parfois qu'en rêve. Les espaces garnis de vitres reflètent une action à la logique spacio-temporelle et à l'unité théâtrale bouleversées. Sans pesanteur ni gratuité, la mise en scène joue sur tous ces niveaux et livre bien des surprises. Les rêves peuvent-ils se réaliser sans pervertir ou détruire les idéaux ? Vous le saurez en regardant cette réussite totale. En bonus, un making-off pour une fois intéressant ! [synthèse de mon article complet paru sur Tutti magazine]
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3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une réussite, à relativiser toutefois, 17 novembre 2012
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eugene Oneguin [Blu-ray] (Blu-ray)
Comme Nicolas Mesnier-Nature a déjà fort bien décrit les principes qui président à la conception et à la réalisation de cette version d'Eugène Onéguine captée à Amsterdam en 2011, je vais me contenter d'ajouter quelques petits points, et d'exposer mes divergences (relatives).

Pour ce qui est de la mise en scène, ce n'est pas seulement qu'elle soit troublante, c'est que comme il est devenu assez fréquent, elle tente de dépasser le stade de la représentation traditionnelle en essayant autant de se démarquer de mises en scène du passé que de solliciter le livret pour trouver des idées fraîches et non convenues. Avec Stefan Herheim, on n'est pas du côté de ces metteurs en scène qui cherchent le contrepied quoi qu'il arrive, mais il reste que le brouillage des cartes spatio-temporelles auquel il se livre pourra laisser plus d'un spectateur qui ne connaît pas bien le livret sur le carreau. Sans demander à tout prix des repères évidents, on pourra trouver par exemple que tout ce qui précède l'ouverture est une coquetterie qui n'apporte pas grand-chose à la compréhension que l'on peut avoir de l'oeuvre. Placer Onéguine au centre dès le départ n'est pas une mauvaise idée, mais outre que l'espèce de flashback que cela entraine n'est qu'en partie probant, lui trouver des choses à faire sur le plateau jusqu'à l'entrée effectivement assignée par Tchaikovsky et son librettiste Chilovsky est une question résolue avec une pertinence toute relative. Quant au mélange des époques, j'ai tendance à la voir comme un commentaire sur l'historique des mises en scène tout autant que sur la façon dont Eugène Onéguine, entre bien sûr le poème de Pouchkine - Eugène Onéguine - et cet opéra, a été un repère inamovible et essentiel dans la culture russe, que tous se sont approprié et qui s'est prêté peu ou prou à toutes les visions. Son romantisme, les types qu'il a su créer ou parfaire, l'aspect pré-tchekhovien selon lequel ici (la province) ou ailleurs (la grande ville) l'on peut passer à côté de sa vie, voire la perdre, tout cela semble être pris pour argent comptant par Stefan Herheim. Sa mise en scène ne se contente donc pas de faire advenir et évoluer des personnages et de poser les jalons afin de dessiner le sens. Au lieu de cela, il fait s'entrechoquer des visions diverses d'Eugène Onéguine, qui pourraient dater de périodes diverses. Si sa boîte en plexiglas tourne en allant d'un temps à un autre, si elle fait parfois se rencontrer des temps et des représentations qui ne devraient rien avoir à faire ensemble - le choeur de paysans en costumes traditionnels dialogue en miroir avec un choeur de Russes contemporains sur leur 31, comme un public de nouveaux Russes qui se rendraient eux-même à l'opéra (voir Eugène Onéguine?) - n'est-ce pas par volonté de vouloir faire dialoguer des visions apparemment inconciliables mais que lui choisit de ne pas opposer et bien plutôt de faire se rencontrer? Par ailleurs, on a même droit à quelques signes qui ne trompent pas (un ours sur scène, un petit livre et une étoile rouges, des uniformes soviétiques, etc.) sur le fait qu'il y a également une manière de commentaire qui est proposé sur les transformations de la Russie et les évolutions des formes de l'idéalisme russe. Est-il si pertinent que cela? Je laisse les spectateurs se faire leur opinion sur la question et me bornerai à dire qu'il y a toujours un risque avec de tels signes - et avec la volonté de faire d'une telle oeuvre une espèce d'étude de l'homme russe dans l'histoire (celle des 130 dernières années en tout cas) - que l'on n'arrive pas à leur faire dire quelque chose de bien complexe dans le cadre d'une mise en scène d'opéra...

Cette tentative a ses ratés selon moi, et ne me convainc que théoriquement, et par endroits pour ce qui est de la réalisation à proprement parler. Je trouve bien plus réussie - dans le genre revisitation qui sollicite le livret en essayant de lui apporter une fraîcheur que n'ont plus beaucoup de mises en scène plus conventionnelles d'une oeuvre archi-rebattue du répertoire - la mise en scène de Dimitri Tcherniakov avec le Bolchoi (captée à l'Opéra de Paris en 2008) : Eugène Onéguine. Avec Tcherniakov, c'est un peu quitte ou double, et dans certaines de ses mises en scène, il est difficile de se passionner précisément pour une revisitation qui sent surtout son contrepied sans grand intérêt. Dans cet Eugène Onéguine, une de ses plus grandes réussites - en tout cas pour celles de ses mises en scène que j'ai vues - il y a bien quelques parti-pris discutables et deux moments qui frisent le contresens (en particulier la scène du duel entre Lensky et Onéguine), mais le reste est de fait servi par quelqu'un qui a une direction d'acteurs qui confère une vibration non feinte à des scènes très difficiles à animer - en particulier la fameuse scène de la lettre - et qui par ailleurs a trouvé une scénographie ingénieuse, dont il sait tirer parti.

Musicalement, mon adhésion est plus grande. Je suis en particulier conquis par la prestation de l'Orchestre Royal du Concertgebouw sous la direction de Mariss Jansons. On connaît la réputation de cet orchestre, qui n'est certes pas usurpée, et celle du chef, qui le dirige avec succès depuis déjà quelques années. On a pu goûter d'autres de leurs prestations à l'opéra, en particulier une de celles des années précédentes : Lady Macbeth de Mtsensk / Lady Macbeth de Mtsensk - Blu-ray de Dimitri Chostakovitch (même si j'ai pu exprimer une réserve sur la direction de Jansons dans mon commentaire, je l'apprécie beaucoup). Dans Onéguine, je les trouve très à leur affaire. Dès l'ouverture, où les cordes graves font entendre leur profondeur caractéristique, et plus encore dans tous les passages où les bois sont très sollicités - c'est-à-dire très souvent, comme dans toutes les partitions orchestrales de Tchaikovsky - ils sonnent magnifiquement. Jansons semble toujours savoir quoi accentuer, sans tomber dans le surlignage (à la Bychkov : Eugène Onéguine) ou la mélasse sentimentaliste (à la Levine : Eugène Onéguine). Dynamique, sans appesantissements et sans clinquant inutile, dans tous les styles musicaux explorés par la partition (en particulier la valse, souvent bien alourdie), sa direction n'est pas loin d'être idéale.

Le plateau vocal me semble de très bon niveau, mais le couple vedette manque peut-être d'un petit quelque chose. En ce qui concerne Bo Skhovus, je dirais que cela est dû à l'évolution récente de sa voix : elle est moins riche en couleurs qu'autrefois, et il est en outre desservi par un petit manque de souffle. Ses qualités d'acteur me semblent par ailleurs quelque peu prises en défaut à certains moments. Krassimira Stoyanova - outre qu'elle n'a plus du tout l'âge du rôle et qu'elle a, à sa façon, autant de mal qu'une Renée Fleming à nous faire croire à la jeune fille rêveuse et exaltée qu'elle est censée être au début - convainc vocalement sans toutefois marquer comme une des grandes interprètes du rôle. Ce n'est d'ailleurs pas pour moi uniquement une question de moyens vocaux, car quelqu'un comme Tatiana Monogarova dans la version du Bolchoi, sans être vocalement exceptionnelle, réunit tellement d'atouts - tout ce qui passe aussi, et peut-être avant tout, par le jeu - qu'elle m'a laissé un souvenir bien plus fort que d'autres mieux vocalement dotées. Reste que les deux chanteurs sont au diapason dans la dernière scène, assez intense. On comprend qu'Andrei Dunaev tienne le rôle de Lensky dans ces deux versions, tant son timbre vif-argent et son héroïsme maîtrisé sont ce qui fait souvent défaut, au moins en partie, aux interprètes du personnage. La Olga d'Elena Maximova ne m'a pas particulièrement plu, mais elle ne dépare pas une distribution il est vrai dans l'ensemble très équilibrée (voir par ailleurs Grémine, Monsieur Triquet, etc.).

Pour résumer, je dirai que je ne compte pas dissuader quiconque d'aller y voir. Si ce spectacle me semble une réussite relative, il n'en est pas moins une réussite. Plusieurs captations d'Eugène Onéguine ont été proposées en vidéo ces dernières années. Je conseille aux amateurs de mises en scène plus traditionnelles, qui ne veulent pas être parasités par des idées qu'ils risquent de trouver au moins en partie déplacées, de se porter sur ce qu'a fait Robert Carsen pour le Met. Carsen, que j'aime en règle générale beaucoup, me semble avoir signé là une mise en scène sans réelle nécessité ni profondeur, mais qui a ses qualités et qui en tout état de cause ne distraira pas de l'essentiel, tandis que le plateau et la direction sont eux aussi très bons même si là aussi pas parfaits (Renée Fleming / Dimitri Hvorostovky / Valery Gergiev) : Tchaïkovsky - Eugene Onegin (Metropolitan Opera 2007) / Eugene Onegin - Blu-ray. Pour amateurs de mises en scène plus aventureuses, ou comme versions d'approfondissement, je conseille, pour leurs qualités diverses et variées et avec les réserves déjà exposées, la version du Bolchoi en lien ci-dessus (uniquement en dvd), et cette version quant à elle disponible en dvd (Eugene Oneguin) et en blu-ray (Eugene Oneguin - Blu-ray). Musicalement, toutes ces versions ont quelque chose à proposer, les faiblesses que je vois et entends ne prenant pour moi jamais le pas sur les forces.

Les qualités audio et vidéo sont fort bonnes : le dvd, et plus encore le blu-ray, donnent toute satisfaction. Bon équilibre de la prise de son; réalisation très honnête même s'il se passe parfois trop de choses sur scène pour que les choix frappent tous par leur justesse; qualité vidéo excellente. Le making-of est en effet de quelque intérêt contrairement à l'habitude, même si l'on n'évite pas quelques platitudes d'usage de la part de certains participants.
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