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Leon Fleisher avait une trentaine d'années lorsqu'il fut choisi par George Szell pour interpréter les cinq concertos de Beethoven, complément indispensable de l'intégrale des symphonies du même Beethoven enregistrée par Szell avec son orchestre de Cleveland, devenu par ses soins l'une des phalanges les plus affûtées du continent américain. Entre 1959 et 1961, les cinq partitions furent donc enregistrées par le virtuose américain. Celui-ci était alors un peu dans l'ombre de deux de ses contemporains, les stars Byron Janis et Van Cliburn, et le resta d'ailleurs, à tort : Fleisher les dépasse d'une bonne tête pour ce qui est du répertoire germanique. Le concerto n° 25 de Mozart vient d'ailleurs démontrer combien cette appropriation du langage classique et du premier romantisme pianistique était large. On ne peut que regretter de ne pas avoir plus d'enregistrements de sa part, la faute à une vilaine paralysie de la main droite que seuls les progrès de la médecine parvinrent à résorber quarante ans plus tard, ce qui nous permet d'entendre depuis quelques années seulement Fleisher rejouer de ses deux mains.
Puisque l'on jauge toute intégrale des concertos de Beethoven face à la concurrence, il faut certes bien admettre que l'on reste ici, par la profondeur du discours, l'entente entre le pianiste et le chef, la qualité orchestrale (excellente mais pas absolue, comme d'ailleurs pour les symphonies par Szell, cycle que je trouve assez désuet), en-deçà de quelques références. Du moins de deux d'entre elles, le fameux cycle Claudio Arrau - Colin Davis (avec la Staatskapelle de Dresde) et la première intégrale de Maurizio Pollini, avec Böhm et Jochum la tête du Philharmonique de Vienne. Mais au-delà de ces deux monuments, Fleisher se place sans souci parmi les premiers prétendants, au même niveau que Barenboim avec Klemperer, Kempff dans ses deux intégrales (très surévaluées à mon sens), et bien au-dessus d'une Uchida.

Fleisher compléta de façon cette collaboration avec Szell par les deux concertos de Brahms, le premier enregistré en 1958 et le second en 1962. Et là, on ne discutera plus la suprématie discographique de ces enregistrements, du moins pour tout ce qui a pu être réalisé en stéréo. Grand admirateur de Schnabel, Fleisher se pose en héritier d'un discours à la fois solide et fluide, et son piano domine ces partitions comme bien peu de pianistes y sont parvenus avant comme après lui. Certes, des lectures isolées sont incontournables (Curzon dans le 1, Richter, Backhaus dans le 2) mais Fleisher a un discours bien à lui, admirable, et par ailleurs admirablement soutenu par la furia du Cleveland de Szell, plus tranchant encore qu'à ses habitudes.

Enfin, les compléments valent leur pesant d'or. En particulier les variations sur un thème de Haendel, dans un excellent mono, et qui demeurent à mon sens la référence absolue dans cette partition.

5 CDs qui condensent l'essentiel (hélas !) de l'héritage de Leon Fleisher avant qu'il perde l'usage de sa main droite, mais quel héritage !
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12 sur 14 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Sony réédite à tout petit prix (5CD au prix d'un seul) des trésors de son répertoire : ici, low cost ne rime pas avec low quality (on regrettera l'absence totale de tout livret, même en langue anglaise). Ces lectures nous révèlent le prodige obtenu lorsqu'un soliste et un chef parlent un seul et même langage : leur amour de la musique. Cette réédition des oeuvres enregistrées au cours de la trop courte carrière de Leon Fleisher est un bonheur pour tous les mélomanes. On ne s'étonnera pas de trouver Beethoven, Mozart et Brahms présents dans le même coffret.
1. Leon Fleisher n'est jamais démonstratif, sa sonorité pleine et chaleureuse (le concerto n°4 me semble être l'une des plus grandes réussites discographiques) laisse la musique respirer.
2. George Szell fait montre d'une réelle entente avec son pianiste : il rend à chaque oeuvre le sens des bonnes proportions, son côté expressif.

Ces rééditions Sony sont un réel bonheur pour tous les mélomanes : on signalera les concertos du même Beethoven augmentés des sonates par Rudolf Serkin. Espérons que Sony nous rendra prochainement les interprétations mozartiennes de Rudolf Serkin autrefois publiés dans la collection The Art Of Interpretation devenus inabordables financièrement.
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le 7 octobre 2013
Son interprétation de Brahms et particulièrement du premier concerto est exactement dans l'esprit de l’œuvre. Mais son jeu est naturel et on sent chez lui ce qui manque à beaucoup d'interprètes, la fusion du jeu avec la musique qu'il interprète.
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5 sur 7 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 16 novembre 2012
Fleisher avec Szell dans Brahms ont fait l'objet d'une diffusion particulière avec le numéro spécial HIFI de diapason cette année. Un diapason d'or pour cette interprétation !
Le coffret est recommandable, pour cela et tout le reste, pas de doute. Mais je suis plus réservé que les critiques sur les qualités d'enregistrement du 1er concerto de Brahms. J'ai pu le comparer, dans la foulée, à deux autres enregistrements un peu anciens, le premier par Rubinstein avec le CHicago dirigé par Fritz Reiner, en 1954, quelle puissance, quel engagement ! un disque que l'on trouve dans la même collection, chez Sony, dans un coffret Rubinstein/Brahms à très petit prix : 9 disques magnifiques.
Par ailleurs et quelques années après, il y a l'interprétation sublime de Giulini avec Arrau, très lyrique et, je trouve, toute en finesse, bien servie par le philharmonia Orchestra... Un disque lui aussi au milieu d'un coffret Giulini/Brahms presque donné. Voilà pour les amateurs qui voudraient varier le plaisir d'écouter Brahms bien servi par ses interprètes à la portée de presque toutes les bourses. Et le plaisir de choisir certains soirs la version admirable qui conviendra le mieux sans en négliger aucune.
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le 26 mai 2014
Dommage que la carrière de ce musicien ait été si vite écourtée par la maladie car on entend bien que ces interprétations sont de référence et le prix est imbattable comme pour tous ceux de cette collection du reste.
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le 19 octobre 2014
Fleisher is splendid. The quality of the recordings is sometimes not quite top niveau, but the quality of the interpretations overcomes any (very minor) defects in this respect.
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le 21 mai 2013
...et de la maturité !

Les 5 concertos de Beethoven et les 2 de Brahms, avec la complicité d'un Georges Szell au top :

nous sommes devant un trés bel album souvenir !!!
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le 1 novembre 2013
Les dates d'enregistrement n'étant pas communiquées par Amazon (qui a autre chose à faire), on découvre un son impossible, notamment dans les morceaux de virtuosité pianistique où des notes sont "bouffées" par la correction analogique à digital. On se prend pour Tournesol écoutant dans son cornet acoustique !
Dommage pour Fleisher qui fait ce qu'il peut.
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