undrgrnd Cliquez ici KDP nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos cliquez_ici Cliquez ici Acheter Fire Achetez Kindle Paperwhite cliquez_ici Jeux Vidéo

Commentaires client

5,0 sur 5 étoiles2
5,0 sur 5 étoiles
5 étoiles
2
4 étoiles
0
3 étoiles
0
2 étoiles
0
1 étoile
0
Format: CD|Modifier
Prix:7,00 €+ Livraison gratuite avec Amazon Premium

Votre évaluation :(Effacer)Evaluez cet article
Partagez votre opinion avec les autres clients

Un problème s'est produit lors du filtrage des commentaires. Veuillez réessayer ultérieurement.

le 13 avril 2012
Mieczyslaw (Moishei) Weinberg (Vainberg) est né en 1919 à Varsovie. Fils d'un violoniste et compositeur travaillant pour un théâtre juif de la capitale polonaise, il étudia le piano au conservatoire avec Josef Turczynski. L'occupation allemande le força à fuir la Pologne en 1939, et il se réfugia en URSS. Weinberg vécut tout d'abord quelque temps à Minsk, où il étudia la composition avec Vassili Zolotarov (1872-1964), un élève de Balakirev et de Rimski-Korsakov. En 1941, il fut évacué à Tachkent, d'où il envoya le manuscrit de sa première symphonie à Dmitry Chostakovitch (1906-1975), qui réagit avec enthousiasme et l'invita à Moscou, où Weinberg résidera de 1943 jusqu'à sa mort, survenue en 1996.

Son style musical est très varié, et sous sa palette, nous pouvons aussi bien trouver des éléments de musique populaire (polonaise ou russe, mais aussi tirés du folklore juif ou moldave) que l'utilisation de techniques dodécaphoniques ou « minimalistes ». A titre anecdotique, on peut signaler que Weinberg est, notamment, l'auteur de la musique du film de Mikhail Kalatozov « Quand passent les cigognes ».

La Rapsodie sur des thèmes moldaves, Opus 47 N° 1, composée en 1949, est une oeuvre inventive, d'une facture convaincante et élégante. Elle est en fait basée sur des thèmes provenant principalement de la musique de la communauté juive de cette région, la République Socialiste Soviétique de Moldavie, annexée par la Roumanie en 1941, venant de réintégrer l'URSS en 1944. Elle ne peut être pleinement comprise qu'en se replaçant dans le contexte de l'époque à laquelle elle a été écrite, période qui suit immédiatement l'extermination d'une grande partie de la population juive des territoires occupés par l'armée allemande, période pendant laquelle un antisémitisme violent se développe de façon à peine voilé à travers toute la Russie, alors que les autorités soviétiques promeuvent la diversité nationale des langages musicaux et qu'Andreï Jdanov vient de dénoncer publiquement le « formalisme » en musique, une accusation d'autant plus pernicieuse qu'elle est indéfinie, et peut à tout instant être portée à l'encontre de n'importe quel artiste que le régime souhaite écarter de la vie artistique. Sergey Prokofiev (1891-1953), Aram Khatchatourian (1903-1978), Nikolai Miaskovsky (1881-1950), Vissarion Shebalin (1902-1963), Gavriil Popov (1904-1972), Dmitri Kabalevski (1904-1987) et Dmitri Chostakovich furent ainsi publiquement attaqués avec violence, et un décret officialisa la mise au banc de ces compositeurs - à l'exception de Kabalevski qui avait fait une autocritique publique, ce que ses confrères ne lui pardonnèrent jamais. Le statut de Weinberg, d'origine juive et proche de ces compositeurs, était à ce moment incertain. Dans ces conditions, loin d'être une oeuvre de complaisance à l'égard de l'esthétique stalinienne, la Rapsodie apparaît avant tout comme un hommage, courageux dans le contexte où elle a été écrite, rendu par le compositeur (qui avait par ailleurs appris que ses parents et sa soeur cadette, restés en Pologne, avaient été victimes des nazis) aux victimes du Génocide. L'oeuvre fut créée sous la direction d'Alexander Gaouk le 30 novembre 1949 à l'Union des compositeurs à Moscou. Lors du débat qui suivit cette audition, les appréciations portées semblent avoir été en majorité plutôt négatives, à l'exception notable de Dmitri Kabalevski qui défendit l'oeuvre de Weinberg, affirmant « que la Rapsodie contient des sentiments pénétrants, exprimés par des couleurs orchestrales éclatantes, et que cet éclat n'a rien de blâmable ». Celle-ci acquit par la suite une réelle popularité en Russie, et il en existe trois versions : la version pour orchestre enregistrée ici, une version pour violon et orchestre (Opus 47 N° 3 : « Moldavian Rhaspsody »), et une version pour violon et piano (Réduction pour violon et piano de la version pour violon et orchestre) créée par David Oïstrakh et le compositeur au piano à la Grande Salle du Conservataire de Moscou le 6 février 1953. Cette même nuit, Weinberg fut arrêté chez lui par la police secrète. L'intervention de Dmitri Chostakovich et la mort de Staline, le 5 mars de la même année, lui permettront de retourner chez lui peu après, libre...

La Symphonie N° 6 Op. 61 pour Choeur d'enfants et Orchestre Symphonique fut composée par Weinberg en 1962-63, tout comme la Symphonie N° 13 de Dmitry Chostakovitch. Alors que le poème « Babi Yar » d'Yevgeny Yevtushenko (né en 1933) utilisé par Chostakovitch stigmatise avec force la dictature et l'antisémitisme, les poèmes de Lev Kvitko (1890-1952), Samuil Galkin (1897-1960) et Mikhaïl Lukonin (né en 1918) utilisés par Weinberg mettent en leur centre, de façon intimiste, la tragédie des orphelins et de l'infanticide. Cette approche est la même que celle qu'il utilisera dans la Cantate « A Diary of Love » Op. 87, écrite en 1965 à la mémoires des enfants morts à Auschwitz, ou dans d'autres oeuvres plus tardives. De façon générale, Weinberg fut toute sa vie hanté par la guerre et tous ceux qui en furent victimes ; son Quatuor à cordes N° 16 Op.129/130, dédié à sa soeur et écrit alors qu'elle aurait eu soixante ans, et ses symphonies N°17-19, écrites entre 1981 et 1986, forment une trilogie au titre commun : « Au seuil de la guerre ». Dans cette sixième Symphonie, la judéité des victimes est évoquée bien qu'elle ne soit jamais nommée, mais, pour les deux premiers poèmes, Weinberg a tenu à mentionner sur la partition : « Traduit du yiddish ».

Le premier et le troisième mouvement sont purement symphoniques, alors que les second, quatrième et dernier mouvements font appel au choeur d'enfants. Le premier et cinquième mouvement forment une grande arche, alors que les second et quatrièmes en forment une plus petite. Le mouvement central, sorte de combinaison de scherzo et de rondo, est d'une virtuosité extrême : canon, imitation, poly-rythmes, assemblage peu conventionnel en 3/8, pizzicatos et sons orgiaques se succèdent ; ce « vacarme », peut-être un symbole de la cruauté des envahisseurs, finit aussi vite qu'il avait commencé. Mikhail Segelman a écrit que cette symphonie avait deux Finals : un premier, « tragique » (le quatrième mouvement), et un second (le cinquième mouvement), « relativement optimiste » ou, tout au moins, apaisé, avec le thème de la fanfare du second mouvement joué maintenant par le violon solo, suivi, dans une contemplation calme, du thème joué au cor tiré de l'introduction de la symphonie.

La création de la sixième Symphonie de Weinberg eut lieu le 12 novembre 1963 à Moscou, par l'Orchestre Symphonique de la Société Philharmonique de Moscou et le Choeur d'enfants de la Chorale des Ecoles de Moscou, sous la direction de Kirill Kondrashin. Chostakovitch déclara peu de temps après cette création qu'il avait été « très impressionné » par cette oeuvre, qu'il « aurait souhaité pouvoir signer de son nom cette symphonie », et il en reprendra quelque temps plus tard des éléments dans son second Concerto pour violoncelle Op.126 (1966), dans son second Concerto pour violon Op. 129 (1967), ainsi que dans sa quatorzième Symphonie Op. 135 (1969).
11 commentaire|11 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 4 novembre 2012
Contemporain et ami de Chostakovitch, Weinberg est peu connu. Sa discographie est peu abondante. Aussi ne manquez pas ce disque, à tout point remarquable. La rapsodie est enlevèe, tonique, mais c'est surtout la symphonie N°6 pour grand orchestre et choeur d'enfants que l'on retiendra. Elle est à mon sens d'un niveau égal aux meilleures productions de son renommé contemporain. Et à ce prix, il ne faut pas hésiter une seconde
0Commentaire|5 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

Les client ont également visualisé ces articles

7,00 €

Liens Sponsorisés

  (De quoi s'agit-il?)