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16 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La Gitane.,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Il Trovatore (DVD)
C'est ainsi que Giuseppe Verdi voulait rebaptiser Le Trouvère tant il attachait de l'importance au rôle d'Azucena, à la puissance dramatique de ce personnage aux prises avec un dilemme torturant, entre son amour pour sa mère qui lui a fait jurer de la venger et son amour pour son "fils" Manrico, le troubadour, qui est en réalité le fils du vieux Comte de Luna, celui qui a fait périr sa mère.Même si le titre de l'œuvre n'a pas été modifié, il reste que le personnage d'Azucena est indéniablement majeur sinon principal, vocalement et psychologiquement : une Azucena médiocre suffirait à disqualifier un enregistrement ou une représentation scénique de cette œuvre fabuleuse, fabuleusement verdienne. Ici, Dolora Zajick pourrait à elle seule justifier la vision de ce DVD (Metropolitan Opera, captation du 30 avril 2011). Mezzo-soprano impressionnante de beauté et d'intensité vocales dans toute l'étendue de la tessiture, impressionnante de véracité théâtrale aussi, elle est aujourd'hui "La Gitane" comme le fut hier Fiorenza Cossotto, avec un supplément d'âme m'a-t-il semblé. Mais elle n'est pas seule. Ainsi que le rappelle Renée Fleming avant le lever de rideau, fameuse est la boutade de Caruso qui disait que pour une représentation réussie du Trouvère, "il suffisait de réunir les quatre plus grands chanteurs du monde"... Après avoir regardé ce DVD, je suis tentée d'en ajouter un cinquième... Parce que la première révélation, dans une distribution dominée par des voix slaves (de naissance ou d'origine) rivalisant de beauté, fut pour moi l'admirable Stefan Kocan dans le rôle de Ferrando, celui qui introduit l'œuvre avec l'un des trois récits qu'elle comporte, procédé clarifiant très habilement le maquis de l'histoire. Le personnage de Ferrando, capitaine de la garde du Comte de Luna, est certes mineur dans l'intrigue mais il est soliste à part entière dans la partition de Verdi et Stefan Kocan, avec une voix de basse grandiose et une classe imposante, est un tel soliste que l'on en vient à regretter qu'il n'ait pas plus de notes à chanter et à espérer le rencontrer ailleurs, dans un rôle majeur. Deux autres révélations que je salue. Dmitri Hvorostovsky est un Comte de Luna qui mérite une place dans l'anthologie verdienne, il délivre un chant magnifique, voix et style, tout en donnant l'incarnation cruelle et impitoyable de son rôle, sans aucun artifice, il joue de sa haute stature, de son aisance corporelle et de son visage expressif pour camper naturellement le caractère martial et la rage forcenée de l'aristocrate qui n'est pas aimé par celle qu'il veut posséder, celle qui ose lui préférer un troubadour, celle qui choisira de mourir plutôt que de lui appartenir. Sondra Radvanovsky possède en son entier la voix de Leonora, une voix qui doit allier pureté, délicatesse, velours, virtuosité bel cantiste et héroïsme, rares sont les cantatrices auxquelles rien ne manque mais rien ne lui manque, sa Leonora est idéale. C'est Marcelo Alvarez dans le rôle titre qui m'est apparu souffrir quelque peu de la performance exceptionnelle de ses partenaires, petite réserve de ma part qui ne sera peut-être pas partagée par d'autres spectateurs mais je m'en explique. Ce ténor m'a semblé pécher par un manque d'élégance, de distinction et de charisme, vocalement et théâtralement. Certes, Manrico est plutôt fruste, il ne se signale pas par la profondeur ni la complexité, et il a grandi dans l'ignorance de ses origines seigneuriales. Mais Verdi a composé pour Manrico une musique qui n'évoque pas un caractère primaire ni monolithique. On l'attend élégiaque dans le lyrique "Ah si ben mio" et guerrier dans l'impétueux "De quella pira", Marcelo Alvarez l'est, certes, mais en deçà de ce que l'on espère, surtout si l'on a en tête le Manrico de Carlo Bergonzi, qui reste le plus grand de la discographie, je ne vois que Jonas Kaufmann aujourd'hui pour être son successeur. Mais cette légère réserve que j'exprime ne minore en rien mon admiration pour l'excellence générale de cette représentation du Trouvère, d'autant moins que la mise en scène de David McVicar est parfaite, elle rend exactement compte du climat ambivalent de l'œuvre, flamboyant et funèbre, avec un très beau travail sur les couleurs tantôt fauves, tantôt crépusculaires, une œuvre embrasée par la passion, la jalousie, la fureur et la soif de vengeance qui n'ont pas d'autre issue que la mort, les héros sont consumés par leurs sentiments violents et paroxystiques. Ce qui ne doit pas laisser oublier que Verdi, si lucide sinon goguenard, a placé des touches de légèreté et de dérision dans son récit musical d'un désastre collectif qui n'épargne personne : la mise en scène de David McVicar ne l'oublie pas. La direction de Marco Armiliato, enfin, est pleinement à la hauteur d'une partition brûlante comme le feu du supplice, ce chef au sourire des plus sympathiques s'approche de la direction mémorable de Herbert Von Karajan dont il a été dit, bonheur d'expression, qu'elle "faisait couler une liqueur ardente dans nos verres". Au total, une représentation captivante et irrésistible de la "La Gitane". Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Inégal,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Il Trovatore (DVD)
Cette oeuvre occupe une place à part pour moi , car c'est avec elle que, adolescent, j'ai découvert et commencé à aimer l'opéra qui auparavant me rebutait. Pourquoi? Parce que Le Trouvère est une mélodie continue de 2 heures que l'on mémorise facilement. Il en a été produit des interprétations exceptionnelles auxquelles chaque nouvelle publication va inévitablement se comparer.Au premier plan, et pour toujours, Karajan dont la Direction musicale touche au sublime, laquelle ici, fait pâle figure malgré le talent de F. Armiliato dont le tempo parait exagérément lent, notamment au début. Il me semble même gêner les chanteurs par moments, surtout Léonore. Et puis il y a aussi l'enregistrement Pavarotti avec J.Levine et déjà D. Zajick, que le temps n'a pas altéré et qui demeure ici une superbe Azucena, égale mais différente de F. Cossoto. J'y découvre en en S. Radvanovski une excellente Léonore mais qui est bien loin du rayonnement de R. Kabaivanska et une bien belle voix de basse dans le rôle de Ferrando, mais J. Van Dame avait aussi une présence magnifique. Reste les 2 rôles principaux: D.Hvorostovski est magnifique même si à certains moments il ne parait pas tout à fait à l'aise avec son chant qui parait souffrir de son activité scénique débordante. Mais il fait un triomphe finalement mérité pour celui qui est probablement le meilleur baryton actuel. Je garde tout de même une préférence pour S. Milnes dans ce rôle. Enfin, M.Alvarez m'est apparu d'une médiocrité affligeante dans le rôle titre, il est à 100 lieues de Pavarotti ou de Domingo, là est la grosse faiblesse de cette représentation. La seconde faiblesse : le décor est réduit à sa plus simple expression, c'est à dire rien, dans une ambiance sombre et triste qui certes sied bien à l'oeuvre, mais le visuel est pour moi important. Cependant la mise en scène est de qualité. Si cette représentation mérite d'être connue, si finalement elle s'écoute et se regarde agréablement, elle ne remplacera pas mes références que sont Karajan/Domingo/Kabaivanska et Levine/Pavarotti/Milnes. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
La couleur du Mélo,
Par Mr. Daniel Zehnacker "Rimbaud "Dan" F... - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Il Trovatore [Blu-ray] (Blu-ray)
Sur une scène pivotante, on remarque surtout les grands murs, le grand escalier, et la couleur terreuse qui environne les protagonistes. La production s'inspire des années 1810, en Espagne. Pour une fois (est-ce dommage?) le fameux metteur en scène David McVicar délaisse le grand-guignol de Faust, ou la perversité de Salomé. Pour une fois, on entend le choeur des gitans avec le son percutant des enclumes, maniées par des bras vigoureux. Pour une fois, également, le costume de la gitane reste sobre, sans la brocante qu'on lui attribue d'habitude.Côté chanteurs, c'est le sacre d'Horostovsky, dont la voix s'est assombrie depuis son Conte d'il y a 10 ans, au Covent Garden. Sa mâle assurance est équilibrée face au viril Manrico d'Alvarez qui projette une voix chaleureuse et bien timbrée, en essayant de trouver le bon équilibre entre l'émotion et la vaillance. La soprano Sondra Radvanovsky, qui n'est pas slave comme son nom pourrait l'indiquer, mais américaine (née en Illinois en 1969) captive par son legato, son sens du phrasé et la beauté de sa voix. L'Azucena de Dolora Zajick est sans surprise : plus à l'aise que dans le rôle d'Amneris, elle campe une solide gitane, avec des accents rauques dans la voix qui la rendent efficace à défaut de lui insuffler le feu sacré. Ajoutons à celà la très belle basse de Stefan Kocan (Ferrando) et la musicalité de Marco Armiliato, et l'on aura un Trouvère de bon aloi, sans jamais surpasser celui de Karajan qui, malgré les coupures, restera inégalé. Il suffit d'écouter et de voir l'extatique Raina Kabaivanska dans le rôle de Leonora pour comprendre ce que "diva" veut dire. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
REMARQUABLE,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Il Trovatore (DVD)
Une fois encore "il Trovatore" nous ravit car l'ensemble des chanteurs y sont remarquables ; en y regardant de près, Dmitri Hvorostovsky n’est pas vraiment belcantiste, Dolora Zajic est excellente mais Marcelo Alvarez et Sondra Radvanovsky sont tous deux extraordinaire.
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