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15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Summer time, 21 juin 2012
Par 
Fritz Langlois - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ten Freedom Summers (CD)
Depuis son association avec Cuneiform en 2004, Wadada Leo Smith a publié un simple (Tabligh, 2008), quatre doubles (Sky Garden, 2004 ; upriver, 2005 ; Spiritual Dimensions, 2009 ; Heart's reflection, 2011), et maintenant ce quadruple album, enregistré en novembre 2011, dont la générosité (4 heures et 27 minutes d'écoute), voire l'apparente démesure - en ces temps où l'on dit le support physique menacé d'extinction - est totalement justifiée, conceptuellement et musicalement. Enregistré en trois jours, l'album recèle dix-neuf compositions toutes signées de Smith et conçues de 1977 à aujourd'hui. Chacune de ces compositions est une oeuvre à part entière, aucune n'est destinée à faire partie d'une « suite » au sens où l'entendait Duke Ellington. Sur une idée de Leroy Jenkins, Smith a entrepris voici 35 ans la rédaction d'un corpus de pièces conçues pour célébrer la mémoire de divers héros et événements ayant suscité des changements importants dans la société Etats-Unienne des années 50-60, les revendications progressistes de la communauté afro-américaine y occupant la part du lion. La photo de Warren K. Leffler qui illustre la pochette représente la Marche pour les droits Civiques du 28 août 1963 à Washington, dont le retentissement a permis l'adoption du Civil Rights Act (1964) et du Voting Rights Act (1965). Les morceaux, aux titres à rallonge pour la plupart, référencent les noms de John F. Kennedy, Lyndon B. Johnson, Fannie Lou Hammer, Emmett Till, Malik Al Shabazz, Medgar Evers, Rosa Parks et Martin Luther King, tandis que défile une succession de moments historiques : conquête spatiale et 11 septembre 2001, avancées de la Justice et bataille pour l'égalité entre les peuples, brutalités policières et démocratie, liberté de la presse et errements politiques, progrès dans l'éducation et mise en valeur de diverses étapes dans la reconstruction de la dignité des opprimés. D'autres artistes de la même trempe ont consacré des disques aux luttes de leurs pairs : Max Roach (plusieurs albums aux titres explicites, tels We Insist! Freedom Now Suite), John Coltrane ("Alabama"), Sonny Rollins (Freedom suite) James Brown ("Say it loud", "Hell", "King heroin"), Archie Shepp ("Malcolm, Malcolm, semper Malcolm"...), Billie Holiday ("Strange fruit"), The Impressions ("We're a winner"...), Curtis Mayfield (There'S No Place Like America Today à la pochette d'une ironie mordante...), Syl Johnson ("Is it because I'm black?")... Dans le jazz, la soul et au-delà, des musiciens ont élevé la voix, entretenu la flamme, éveillé les consciences et relayé des revendications sociales et politiques légitimes face à de flagrantes inégalités et mauvais traitements réservés aux minorités.

Le compositeur natif du Mississippi, membre fondateur de l'Association for the Advancement of Creative Musicians (avec Henry Threadgill, Joseph Jarman etc.), pionnier de la production indépendante (documentée dans l'indispensable coffret The Kabell Years 1971-1979), fasciné par les spiritualités orientales et rasta comme par la période électrique de Miles Davis, celui enfin que John Zorn qualifie de « trésor national » (dans son discours pour les 70 ans du trompettiste) s'exprime ici sans contrainte aucune, livrant ce qu'il considère comme lui-même comme l'une des oeuvres-clé de sa vie. On ne le contredira pas. "Ten freedom summers" est un disque-fleuve, touffu mais accessible, riche et minimaliste à la fois, qui ne peut s'appréhender d'un seul tenant. Compagnon de la première heure d'Anthony Braxton, Smith est le créateur d'un système musical et philosophique qui lui permet d'imbriquer la part de la composition et celle de l'improvisation (il enseigne cette dernière dans une université californienne) en veillant à ne pas laisser les coutures apparaître aux oreilles de l'auditeur. A l'instar d'Ornette Coleman avec ses "harmolodics", de Butch Morris avec ses "conductions" ou de Zorn avec ses "file card pieces", il n'ignore pas le rôle primordial du casting dans cette affaire et s'échine à mettre ses musiciens sur la bonne voie pour faire advenir sur scène comme en studio sa musique intérieure. Rien de révolutionnaire là-dedans, il s'agit finalement d'une approche traditionnelle dans le free jazz de ces 50 dernières années, chaque leader/créateur y allant de sa sensibilité propre, remaniant quelque peu les règles en fonction de ce qui convient le mieux à l'obtention du résultat souhaité.

Deux formations (et demi) sont ainsi de la partie, avec plusieurs traversées du miroir au programme, les membres du Golden Quartet/Quintet pouvant devenir solistes sur telle ou telle plage interprétée par le Southwest Chamber Music, ensemble « contemporain ». Instrumentations jazz et classique une fois de plus confrontées-combinées-réconciliées, sous l'impulsion d'un Smith radical et bienveillant, et déjà auteur d'un America en duo avec Jack DeJohnette (le titre est repris ici, sous les baguettes de Pheeroan akLaff, dont la délicatesse et la sonorité cristalline se muent parfois en glissements de terrain à la Ronald Shannon Jackson, autre remarquable batteur Smithien). Si ses interventions sont foudroyantes, Leo le soufflant laisse volontiers le piano au centre des opérations. S'il retrouve ici son vieux complice Anthony Davis, il s'est depuis attaché les talents d'Angelica Sanchez, succédant à Vijay Iyer.

La musique se déploie avec une ampleur majestueuse et une absence d'empressement qui accorde une large place aux solistes (souvent sans accompagnement). Peu de rythmes marqués, remplacés par une abstraction de bon aloi. Si les amateurs de swing ont déjà quitté le navire, ceux qui n'avaient apprécié que les albums de funk avant-gardiste du monsieur et qui se tâteraient devant ledit objet en seront également pour leurs frais. C'est pourtant du Leo Smith pur jus, synthèse des différentes préoccupations de son auteur, qui convoque ici toutes les facettes de son travail, depuis son opus « à cordes » paru chez Nessa en 1979 (trois harpes et déjà, akLaff aux cymbales) jusqu'aux épures ultérieures (Kulture Jazz, 1993 ; Red Sulphur Sky, 2001 ; Luminous Axis, 2002...). Et, tapi là quelque part, ce blues dont il ne s'est jamais départi.

Le livret contient des photos des musiciens et des liner notes signées du musicologue Matthew Sumera.

Southwest Chamber Music :
Jeff von der Schmidt (direction), Alison Bjorkedal (harpe), Jim Foschia (clarinette), Lorenz Gamma & Shalini Vijayan (violon), Peter Jacobson (violoncelle), Larry Kaplan (flûte), Jan Karlin (violon alto), Tom Peters (contrebasse), Lynn Vartan (percussions).

Golden Quartet/Quintet :
Wadada Leo Smith (composition, trompette), Anthony Davis (piano), John Lindberg (contrebasse), Pheeroan akLaff & Susie Ibarra (batterie).
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Wadada sur son clairon, 30 décembre 2012
Par 
STEFAN (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ten Freedom Summers (CD)
Il fallait bien la petite note d'humour du titre pour détendre l'atmosphère parce que même s'il possède d'énoooormes qualités, c'est entendu, le Ten Freedom Summers de Wadada Leo Smith est tout sauf une ode à la légèreté...

En l'occurrence, le thème (les droits civiques) comme la manière (du free jazz flirtant avec la musique contemporaine) et la durée (4 cds glorieusement roboratifs) vous embarquent dans un monde pas forcément très facile d'accès mais extrêmement gratifiant pour celui qui saura y pénétrer et, donc, en appréhender la profondeur, la puissance, la beauté.

Pas facile parce qu'il aura mieux valu avoir été roué à une gamme mélodique, à une manière compositionnelle sortant notablement de l'ordinaire par des explorations précédantes pour ne pas se sentir un tout petit peu perdu. Pas facile, aussi, parce que ces longues plages tortueuses et passionnées, enchaînant improvisations échevelées et passages "en contrôle", ne se livrent pas comme la première chanson pop venue ; elle s'amadouent, s'apprivoisent telles les créatures sauvages et complexes qu'elles sont et en dérouteront plus d'un dans l'entreprise. Pas facile, enfin, parce qu'à l'évidente qualité s'ajoute l'impressionnante quantité, parce que ces quatre heures et demie sont d'une rare densité expliquée sans peine par le fait que Wadada livre ici une oeuvre somme qu'il gamberge depuis plus de drois décennies.

Pour toutes ces raisons, Ten Freedom Summers est une oeuvre terrifiante autant que passionnante, d'abord ardue et finalement valorisante qu'on ne conseillera certes pas à toutes les oreilles mais qui ravira, sans l'ombre d'un doute, tant les amateurs de musique contemporaine libre que ceux qui s'adonnent volontiers à un jazz qui ne l'est pas moins. Pour ceux-ci, ainsi que pour tous ceux pour qui la musique est plus qu'un bruit de fond rythmant la routine du quotidien, l'objet aura une conséquente force d'attraction et méritera toutes les louanges.

En un mot comme en mille : vertigineux !

Tracklist:
Disc 1 (72:21)
1. Dred Scott, 1857 11:48
2. Malik Al Shabazz and the People of the Shahada 5:15
3. Emmett Till: Defiant, Fearless 18:02
4. Thurgood Marshall and Brown vs. Board of Education: A Dream of Equal Education, 1954 15:05
5. John F. Kennedy's New Frontier and the Space Age, 1960 22:08

Disc 2 (66:06)
1. Rosa Parks and the Montgomery Bus Boycott, 381 Days 12:43
2. Black Church 16:35
3. Freedom Summer: Voter Registration, Acts of Compassion and Empowerment, 1964 12:34
4. Lyndon B. Johnson's Great Society and the Civil Rights Act of 1964 24:12

Disc 3 (67:59)
1. The Freedom Riders Ride 16:40
2. Medgar Evers: A Love-Voice of a Thousand Years' Journey for Liberty and Justice 10:07
3. The D.C. Wall: A War Memorial for All Times 12:17
4. Buzzsaw: The Myth of a Free Press 15:03
5. The Little Rock Nine: A Force for Desegregation in Education, 1957 13:49

Disc 4 (67:32)
1. America, Pts. 1, 2 & 3 14:11
2. September 11th, 2001: A Memorial 9:39
3. Fannie Lou Hamer and the Mississippi Freedom Democratic Party, 1964 8:36
4. Democracy 14:30
5. Martin Luther King, Jr.: Memphis, the Prophecy 20:34

Personnel:
- Wadada Leo Smith: trompette
- Jim Foschia: clarinette
- Larry Kaplan: flute
- Anthony Davis: piano
- John Lindberg, Tom Peters: basse
- Pheeroan AkLaff, Susie Ibarra: batterie
- Lynn Vartan: percussions
- Alison Bjorkedal: harpe
- Lorenz Gamma, Shalini Vijayan: violon
- Peter Jacobson: violoncelle
- Jan Karlin: viola
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5.0 étoiles sur 5 Grand très grand., 16 août 2014
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Wadada leo Smith la grande classe et ce concert et bien il fait parti des plus grands disques à posséder dans sa discothèque.
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Ten Freedom Summers de Wadada Leo Smith (CD - 2012)
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