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4.0 étoiles sur 5 Le végétarisme comme évidence et comme nécessité, 6 janvier 2012
Par 
KRIK "Last night a DJ saved my life" (Tulle, Corrèze (19)) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le végétarisme comme réponse à la violence du monde (Broché)
J'ai l'habitude de dire que tout mène (ou devrait mener) à devenir végétarien. L'intérêt de cet ouvrage est de développer les quatre raisons : l'éthique, la santé, l'écologie, la solidarité humaine.

Le premier aspect est très personnel et d'autres livres s'y sont consacrés. L'auteure y réserve son premier chapitre, et, par une démonstration rationnelle, met à bas les objections (la nature, la tradition, la sensiblerie) auxquelles doivent faire face les personnes végétariennes. Ces critiques usent en effet d'arguments grossiers permettant « de justifier et de défendre nombre de pratiques injustifiables et indéfendables. » (p. 36)
Le deuxième aspect, la santé, argument largement égoïste mais non moins valable, n'est pas à prendre au pied de la lettre. En effet, une alimentation incluant une faible part de chair animale n'est pas nuisible à la santé ; c'est la consommation excessive de cet aliment en Occident qui l'est (entraînant maladies cardio-vasculaires, cancers notamment). Le végétarisme, quant à lui, n'est pas à l'origine de ce problème, et constitue un bienfait pour la santé. Cette question fait l'objet du deuxième chapitre.
Les deux dernières raisons devant conduire chacun à devenir végétarien, à savoir l'écologie et la solidarité humaine, viennent moins aisément à l'esprit. On entend cependant de plus en plus mettre l'accent sur les effets écologiques déplorables de la pratique de l'élevage : émissions de gaz à effet de serre (plus que les transports !), déforestation des forêts primaires du sud pour cultiver le soja alimentant le bétail du nord, consommation extrêmement importante d'eau, etc. Cette question est très liée à celle de la solidarité humaine, puisque les effets néfastes cités ci-dessus ont des conséquences sur la capacité des peuples à se nourrir eux-mêmes. Avec par exemple les cultures destinées à l'exportation au détriment des cultures vivrières. S'ajoute le gigantesque gaspillage de nourriture végétale que constitue l'élevage. La pratique de l'élevage, notamment intensif, s'accompagne donc de misère et de malnutrition voire de dénutrition dans certaines régions de la planète. Le lien entre la consommation d'animaux au nord et la famine au sud ne saute pas aux yeux, mais il est réel (même si d'autres raisons existent).

Bien que « le végétarisme [...] se fonde avant tout [...] sur une expérience émotionnelle » (p. 117), sa pratique n'en demeure pas moins le fruit d'une réflexion objective, qui mêle divers aspects. Cet éventail couvert par ce livre constitue un des intérêts de celui-ci.
L'approche de l'auteure est foncièrement écologiste et, dans un certain sens, humaniste ; et finalement, à son échelle, révolutionnaire. Elle lie la question du végétarisme à l'écologie et celle-ci à la croissance économique.
Ce livre change des réflexions trop cloisonnées, osant parfois traiter d'écologie et de respect de la nature sans même évoquer le sort réservé aux animaux.

Les personnes végétariennes « redonnent de l'importance aux plus opprimés et aux plus oubliés de notre société, les animaux », écrit l'auteure. En cela, « le choix [...] du végétarisme porte une révolution effective, fait barrage à la capitulation et à l'indifférence générale. Il n'est rien de moins que la mise en pratique du désir d'inventer un mode de vie non-violent [...] ». Le choix du végétarisme d'inscrit dans une démarche consistant à minimiser la souffrance autour de soi. « La souffrance des animaux, d'apparence secondaire, est en réalité très significative de notre rapport à la vie en général, et singulièrement, à nos semblables. » « Aussi longtemps que l'homme restera incapable de ressentir de l'empathie pour des créatures différentes de lui, il ne pourra pas avancer dans la connaissance de ses semblables, il sera condamné et aveugle. » (citations p. 123 à 126) Ce à quoi la citation d'Alphonse de Lamartine selon laquelle « On n'a pas un cœur pour les hommes et un cœur pour les animaux, on a un seul cœur ou pas du tout » apporte une juste conclusion.

Je sens instinctivement que la violence faite aux animaux (et sa banalisation) ne nous permet pas de réduire celle faite aux humains. J'espérais que l'auteure mette des mots sur ce ressenti, ce qu'elle fait partiellement, et surtout décrive précisément comment choisir le végétarisme ouvre la voie à un comportement plus pacifique et plus solidaire vis-à-vis des humains (sommes-nous ce que nous mangeons ?), par une approche philosophique plus approfondie et psychologique. Je suis déçu sur ce point et le titre me paraît quelque peu prétentieux.

Ce livre est cependant très intéressant. Par ailleurs très accessible, il semble idéal pour toute personne tentée par la pratique du végétarisme mais doutant encore de la justesse de cette orientation ; elle y trouvera toutes les raisons de ne pas se défiler plus longtemps.

(Krik, amazon.fr, 06/01/12)
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