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5.0 étoiles sur 5 Hors normes et passionnant, 29 juillet 2013
Par 
Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Glenn Gould plays Beethoven and Wagner (CD)
Peut-être plus encore que le reste de son oeuvre pour piano, les transcriptions de Liszt réclament un musicien capable de transcender la pure technique pour apporter un grain de géniale folie dans ce qui ne serait autrement que des amoindrissements des pièces orchestrales originales. C'est certainement d'autant plus vrai dans le cas des Symphonies de Beethoven, pour lesquelles d'ailleurs Liszt effectue bien des transcriptions et non des paraphrases ou autres réminiscences qui seraient propices à un mettre en lumière des aspects purement pyrothechniques. Et puisque le pianisme de Liszt s'y montre autant ingénieux que respectueux, il faut donc pour leur donner vie un interprête à la hauteur de ces exigences.

La Symphonie n°5, captée par Glenn Gould autour de décembre 1967, a déjà fait couler beaucoup d'encre, et est souvent citée en référence. Il est vrai que le sens rythmique infaillible du canadien y fait merveille, comme son habilité à soutenir la tension malgré des tempos parfois extrêmes. Mais l'essentiel n'est pas à mon sens ici dans la virtuosité pure, que l'on pourrait encore trouver ailleurs. Par dessus tout, cette débauche virtuose est mise au service d'un pointillisme cérébral qui ne souffre pas le moindre effet gratuit, dans une sonorité où est évidemment proscrite cette pédale qui pourrait ombrager les lumières sèches de la digitalité gouldienne. Ce faisant, Gould réussit pleinement à créer une sorte de théatralité de la minimalité, qui constitue certainement un apport que l'on peut qualifier de génial. Une performance remarquable et unique, mais impossible à reproduire en concert, puisque Gould usa (tricha, diront certains) à quelques endroits d'astuces studios, enregistrant certains passages en deux "passes" superposées par les ingénieurs, afin d'obtenir l'effet musical précis qu'il désirait atteindre.

Quoiqu'il en soit, ce type de (re-)lecture quasi picturale convient particulièrement à la 6ème Symphonie (déjà par sa thématique). Capté fin juillet 1968, le 1er mouvement de la Pastorale se montre en outre encore mieux maîtrisé que dans sa captation "live" radiophonique six semaines plus tôt, et fait clairement regretter que le canadien n'ait pas gravé la suite... Car même s'il semble que Gould ait envisagé au début de graver le cycle entier des Symphonies, les caprices et les humeurs changeantes du canadien étaient à la hauteur de son talent singulier, et il n'y aura finalement pas de suite à ces étonnantes gravures studios.

Le second disque regroupe les enregistrements wagnériens gouldiens (à moins que ce ne soit le contraire ?). Il s'ouvre avec le seul enregistrement de Gould à la direction d'orchestre : Siegfried-Idyll, dans sa version originale pour 13 instruments. Une captation qui peut en outre être qualifiée de testamentaire, puisque les enregistrements réalisés les 27 et 29 juillet 1982 (et dont il n'est pas sûr qu'ils étaient bien destinés à être publiés) furent finalement complétés par une ultime session le 8 septembre (entretemps Gould avait enregistré son disque consacré à Richard Strauss). Moins de trois semaines plus tard, et juste après son cinquantième anniversaire, le canadien sera terrassé par une crise cardiaque.

D'une extrême lenteur, et d'une grande intimité (et ce dès le début en forme de quatuor), Glenn Gould tire la musique vers cette modernité qu'il affectionnait particulièrement; on trouvera de manière très claire du Strauss, du Schoenberg et du Debussy dans ce Wagner. Le canadien oblitère complètement le romantisme et l'iconographie liés à la généalogie de l'oeuvre; il joue la musique pour elle-même, comme une oeuvre de chambre à part entière, dissociée d'un quelconque apparentemment avec un Ring théatral. Cette Idylle se montre ainsi plus proche de la Nuit Transfigurée ou des Métamorphoses que de Niebelheim ! Gould se refuse d'ailleurs à se contenter du seul équilibre des sons; il recherche plutôt leur confrontation, en une sorte de quête des racines de la musique contemporaine. Ce faisant, il propulse Wagner dans un modernisme sonore peu courant, certes un peu inhabituel, mais en tous les cas superbe !

Les pièces pour piano ne sont pas celles de Liszt, mais des transcriptions dues à Glenn Gould lui-même, qu'il enregistra en 1973. La démarche est d'ailleurs toute autre, car Gould refuse ouvertement de s'inféoder à la version orchestrale; ce qu'il transcrit c'est donc avant tout l'idée musicale, dépouillée également de son ombre théatrale, mais avec pour obsession l'éclairage de la structure interne. Cela nous donne de petites perles autant wagnériennes que gouldiennes, à savourer en tant quel telles : Meistersinger (Prélude de l'Acte 1, capté le 30 juin), Götterdämmerung (Lever du Jour et Voyage de Siegfried sur le Rhin, capté en mai-juin), et Siegfried-Idyll (capté début février).

Quelques anecdotes encore sur ces pages, reprises dans la notice. Signalons tout d'abord que Gould avait initialement prévu d'enregistrer le Prélude et la Mort d'Isolde, qu'il remplaça en dernière minute par le Götterdämmerung. Il parlait en outre lui-même de dé-orchestration plutôt que de transcription, et insistait notamment sur le fait que son Siegfried-Idyll était clairement orienté "Idylle" et non "Siegfried" (ce qui confirme les sensations décrites plus haut). Enfin, signalons encore que le canadien eut à nouveau recours ici à l'enregistrement en "deux passes", notamment pour les premières minutes des Meistersinger (il y a donc bien quatre mains, toutes de Gould !).

Avec un Siegfried-Idyll "orchestral" impressioniste, des Beethoven/Liszt picturaux, et des transcriptions Wagner originales, voilà un double-album à petit prix qui collectionne les atouts ! Hors normes et passionnant; du Gould, dans ce qu'il a de meilleur.
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5.0 étoiles sur 5 Très intéressant, 1 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Glenn Gould plays Beethoven and Wagner (CD)
Ce disque propose la vision d'oeuvres écrites pour orchestre.
La version pianistique De G. Gould pour Beethoven est intéressante :
Il essaie au mieux de rendre la symphonie avec des changements de sons
qui traduisent fidèlement les différentes entrées d'instruments. La partie Wagner,
qui repose sur les transcriptions de Liszt, est vraiment réussie
et la version orchestrale à cordes est à découvrir.
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5.0 étoiles sur 5 La 5ème de Beethoven "réduite" au piano... Une expérience inédite!, 24 janvier 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Glenn Gould plays Beethoven and Wagner (CD)
Tout le talent de Gould au service de partitions assez rares. Un achat obligatoire à mon avis!!
Disque incontournable, indispensable!
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Glenn Gould plays Beethoven and Wagner
Glenn Gould plays Beethoven and Wagner de Ludwig van Beethoven (CD - 2012)
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