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23 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 QUATRE MAX OPHULS RESTAURES : RIGOUREUSEMENT INDISPENSABLE
Ce coffret présente les quatre dernières réalisations de Max Ophüls, depuis son retour en France. Le metteur en scène, pourchassé par les nazis, avait trouvé refuge à Hollywood. Ophüls est LE cinéaste du mouvement. Tout était prétexte, dans ses films, à faire bouger et virevolter sa...
Publié le 7 février 2010 par Luc B.

versus
4 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Son médiocre
Comme dans pas mal de productions DVD française, le son est vraiment médiocre, souvent incompréhensible. On n'a manifestement négligé d'améliorer le son sur un film qui date.Dans le cas de La Ronde, il est de très bonne qualité dans la version pour sourds et malentendants,mais il faut supporter les sous-titres qui...
Publié le 11 juillet 2010 par Gustave Swaelens


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23 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 QUATRE MAX OPHULS RESTAURES : RIGOUREUSEMENT INDISPENSABLE, 7 février 2010
Par 
Luc B. - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Max Ophuls : Lola Montès - Madame de - La Ronde - Le Plaisir. (DVD)
Ce coffret présente les quatre dernières réalisations de Max Ophüls, depuis son retour en France. Le metteur en scène, pourchassé par les nazis, avait trouvé refuge à Hollywood. Ophüls est LE cinéaste du mouvement. Tout était prétexte, dans ses films, à faire bouger et virevolter sa caméra, dans des mouvements d'appareils aussi complexes que gracieux. Un homme qui marche, bouge ? Donc je bouge avec lui. Un couple qui danse bouge ? Alors je bouge avec eux...

Quatre films, quatre chefs d'oeuvres, quatre classiques, dans des versions restaurées, et cadrages d'origine.

La place impartie au commentaire empêche de développer un texte sur chacun de ces films. Les liens ci après conduiront à des chroniques précédemment écrites sur les trois premiers films.

La Ronde
Le Plaisir
Madame De...

S'agissant du dernier, LOLA MONTES, un problème se pose. Ce métrage ne fut restauré et remonté tel qu'Ophüls l'avait prévu, que récemment. On ne trouve cette version que dans ce coffret. L'autre édition DVD disponible Lola Montes [Import Zone 1] , d'après le commentaire d'un autre internaute (et je le crois sur parole) offre des couleurs et une définition exécrable. Je fais donc paraître ma chronique de LOLA MONTES sur ce support, avec un lien vers la seconde édition.

Ce coffret présente aussi un entretien de 80 minutes avec Marcel Ophüls, découpé en quatre parties, visibles après chaque film. Agrémenté d'interview de Danièle Darrieux, Daniel Gélin, techniciens et chefs opérateurs. Intéressant, instructif, mais sans doute pas aussi fouillé qu'on aurait pu l'espérer. Plusieurs anecdotes de tournages relatées dans mes chroniques sont issues de ces entretiens.

LOLA MONTES (1955) :

Après la réalisation de MADAME DE, différents projets occupent Ophüls, dont MAM'ZELLE NITOUCHE, qui a été écrit et découpé, mais dont Ophüls fut écarté à trois semaines du tournage, par la vedette Fernandel, et remplacé par Yves Allégret.

Ophüls reçoit alors une proposition venue d'obscurs producteurs, aussi douteux que les valises de billets qu'ils apportent. Le budget est conséquent, mais le cahier des charges strict : le film devra mettre en valeur l'actrice Martine Carol (vedette de la série CAROLINE CHERIE) d'après un livre de Cécil Saint-Laurent sur la courtisane Lola Montez (déjà auteur de la série des CAROLINE), devra être en couleur, filmé en scope, en stéréo, et tourné en trois langues : français, anglais et allemand.

Ophüls prépare le tournage en Suisse, et réinvente complètement son film, malgré les visites des avocats et huissiers envoyés par la production. Contrarié de voir son autorité mis en cause, le metteur en scène multiplie les tours de force, se lance dans un projet ambitieux et exigeant. A partir d'une intrigue relativement simple (ascension et déchéance d'une courtisane, danseuse, journaliste, maîtresse de Liszt, Wagner, ou Louis Ier de Bavière) Ophüls bâtit un film complexe, en flash-back non chronologiques, et en tournant un bon tiers de son film sous chapiteau.

Lola Montès, contrainte à l'exil, conspuée après sa liaison avec Louis de Bavière, ruinée, se retrouve engagée dans un cirque, où les spectateurs paient pour écouter les exploits de sa vie tumultueuse. Ophüls règle ainsi des plans séquence et travellings dont il a le secret, avec des centaines de figurants, acrobates, animaux, musiciens, trapézistes, et au milieu de ce capharnaüm, Lola, sous un spot, comme une bête de foire, contrainte de rejouer les moments forts de son existence. « Posez-lui les questions les plus intimes, pour 25 cents » annonce le maître de cérémonie, joué par Peter Ustinov.

Sorti fin 1955, le film est un échec. Le public hurle au scandale. On ne comprend rien à l'histoire, alambiquée, ni aux images tordues, ni à ce format de film qui change selon les scènes, ni à ces personnages qui parlent toutes les langues (de l'allemand en plus !), et surtout, comble de l'horreur, Martine Carol ne se déshabille pas une fois en 1h35 ! Qu'a-t-on fait de la Caroline Chérie pulpeuse, frivole, légère, devant qui on s'affolait quand elle apparaissait à demi nue ? Qui est cette Lola, si indépendante, cultivée, sombre, qui plane si haut, pour retombée si bas ? Le film sera remonté de manière linéaire, re-postsynchronisé en français, recadré, coupé, charcuté... Il faudra attendre 40 ans pour que la Cinémathèque rende à ce film, la forme souhaitée par son réalisateur.

Et quelle forme ! Des couleurs chatoyantes, des jeux de lumières, travelling vertigineux (le dernier plan est hallucinant), des cadrages baroques, une construction libre, ouverte. Et ce paradoxe : condamner le marchandage du corps, des images, de la sexualité, en filmant la cruauté et l'hypocrisie de spectateurs de cirque prêts à payer pour toucher une femme en cage... en utilisant l'actrice qui fait justement fantasmer les hommes, sur les écrans, dans des productions bons marchés. Le miroir tendu aux spectateurs renvoie un reflet qu'ils n'ont pas envie de voir.

Il plane sur ce film une impression étrange, angoissante, cruelle, malsaine. Ce n'est pas un grand spectacle familial. Ce n'est pas un film facile. C'est une aeuvre d'autant plus noire, qu'elle sera la dernière de Max Ophüls, qui a jeté ses dernières forces dans ce tournage pénible, et dont le caeur fatigué lâchera deux ans plus tard. Une aeuvre maudite, mais heureusement réhabilitée.
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19 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A mettre au pinacle de sa dévédéthèque, 8 janvier 2010
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LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Max Ophuls : Lola Montès - Madame de - La Ronde - Le Plaisir. (DVD)
Quel cinéaste magnifique! Dire qu'il aura fallu attendre autant d'années pour avoir une édition digne de ce nom de ce qui reste un ensemble de films parmi les plus cohérents du cinéma français. Au vu du coffret, disons tout de suite que cela valait le coup d'attendre. Si l'on ajoute à cela certains de ses films américains, dont certains ont déjà été édités ou sont à rééditer, à commencer par son chef-d'oeuvre hollywoodien d'après Stefan Zweig Lettre d'une inconnue (ici pour le blu-ray) mais aussi le beau Les Désemparés, on commence enfin à voir documentée la partie la plus saillante de l'oeuvre du plus allemand des réalisateurs français - il est né dans la Sarre, pas à Vienne, comme pourrait le laisser entendre certains de ses tropismes littéraires. Il est vrai qu'il manque au moins Liebelei, le plus beau de ses films allemands, tourné dans les années 30 et peut-être la matrice d'un grand nombre de ses films suivants.

On retrouve bien entendu dans ces quatre films ce qu'on appelle souvent le style baroque de Max Ophuls, terme que lui rejetait (ou feignait de ne pas comprendre). On peut discuter le terme, mais il est vrai que les volutes de sa mise en scène - à commencer par ses fameux mouvements d'appareil - le font venir assez naturellement. Cela signifie-t-il pour autant qu'un film d'Ophuls fasse dans la surcharge et dans l'ostentation? Si le style ne se fait jamais oublier, il sert tellement une vision, qui porte un regard et un sens puissants, que cela n'est pas le cas.

Les quatre films présents dans ce coffret, tous tournés après le retour d'Ophuls des Etats-Unis, dans les années 50 et le début des années 60, forment donc un tout cohérent. Adaptations d'auteurs français (Maupassant pour Le Plaisir, Louise de Vilmorin pour Madame De...) ou retour à Vienne avec Schnitzler (La Ronde), ces films sont à la fois marqués par leur origine littéraire et éminemment cinématographiques. Les mots - portés par les voix off autant que dans les dialogues - et les plans expriment du sens, et parfois plusieurs sens, concurrents. Car le propre d'Ophuls, c'est aussi la distance critique, et parfois l'ironie, avec laquelle il commente des situations ou regarde ses personnages évoluer. Mais Ophuls n'épingle pas ses personnages comme des insectes, il les regarde se fourvoyer, ou souligne par la composition de ses plans ou ses mouvements d'appareil une action ou un destin (cf. le fameux mouvement dans l'escalier répété à plusieurs reprises dans Lettre d'une inconnue, aussi évident qu'impitoyable).

Impitoyables, ces films le sont. Pour les femmes comme pour les hommes, pour la société qu'ils dépeignent, pour l'hypocrisie des uns et les petites combines des autres, et, in fine dans le génialement contemporain Lola Montes, pour ce qu'il est maintenu convenu d'appeler la société du spectacle. Je peux dire que Madame De... est sans doute mon film préféré d'Ophuls avec Lettre d'une inconnue, et d'ailleurs au-delà de leurs différences de ton, ils partagent bien des thèmes et des figures. Mais la vision de la version restaurée de Lola Montes, au cinéma puis en dvd, a dû me faire avouer qu'il s'agit bien d'un film de génie, moderne autant qu'on voudra, et pour toutes les époques. On comprend que le film ait été rejeté aussi violemment par beaucoup (enfin, en fait, on ne comprend pas, ils n'avaient qu'à bien regarder et écouter pour comprendre): son jusqu'au-boutisme esthétique (couleurs, décors, mouvements, traitement du son) n'a d'égal que la virulence du propos. Le sort réservé à cette femme, indépendante puis déchue, asservie volontairement et pourtant contrainte et forcée, est d'une cruauté absolue. Mais la cruauté est aussi dans la façon dont Ophuls organise son barnum, disséquant ainsi ce que la soif de spectacle a toujours eu de cruel et à quel point cette soif cruelle a été érigée au rang de nécessité sociale.

La copie de Lola Montes est donc celle de la restauration de 2008, et elle est exceptionnelle - rappelons que le film avait été mutilé, et que le son, si travaillé, était précaire. Les autres films en noir et blanc ont été remastérisés et les copies sont dans l'ensemble très bonnes - je ne suis de toute façon pas toujours convaincu de la qualité de la numérisation du noir et blanc, qui respecte rarement parfaitement les contrastes et pose des problèmes pendant les transitions. Techniquement, le travail sur les films est donc très réussi, à défaut d'être absolument parfait (mais cette perfection existe-t-elle avec la numérisation?). Au titre des bonus, un entretien avec le fils de Max Ophuls, le réalisateur Marcel Ophuls, découpé et réparti sur les quatre dvd: souvent passionnant et pertinent, parfois trop court (Madame De... n'a pas droit à grand-chose, ce qui m'a chagriné).

Qui, parmi tous ceux que le cinéma classique intéresse tant soit peu, s'entend, imaginerait ne pas posséder ce joyau?

NB La 1ère édition de ce coffret est à présent épuisée, mais Gaumont le réédite, apparemment à l'identique, à l'automne 2012 : Max Ophuls - Coffret.
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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A mettre au pinacle de sa dévédéthèque, 17 août 2012
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Max Ophuls - Coffret (DVD)
NB La 1ère édition de ce coffret (Max Ophuls : Lola Montès - Madame de - La Ronde - Le Plaisir) est à présent épuisée. Gaumont le réédite, apparemment à l'identique, à l'automne 2012 : Max Ophuls - Coffret. Je reproduis ci-dessous mon commentaire, publié après visionnage de la 1ère édition. Si jamais il y a des différences, je ne manquerai pas de le modifier en fonction, mais cela ne devrait a priori pas être le cas. Par ailleurs, certains de ces films vont faire l'objet d'une édition en blu-ray : Madame de... [Blu-ray] et Le Plaisir [Blu-ray].
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Quel cinéaste magnifique! Dire qu'il aura fallu attendre autant d'années pour avoir une édition digne de ce nom de ce qui reste un ensemble de films parmi les plus cohérents du cinéma français. Au vu du coffret, disons tout de suite que cela valait le coup d'attendre. Si l'on ajoute à cela certains de ses films américains, dont certains ont déjà été édités ou sont à rééditer, à commencer par son chef-d'oeuvre hollywoodien d'après Stefan Zweig Lettre d'une inconnue (ici pour le blu-ray), on commence enfin à voir documentée la partie la plus saillante de l'oeuvre du plus allemand des réalisateurs français - il est né dans la Sarre, pas à Vienne, comme pourrait le laisser entendre certains de ses tropismes littéraires. Il est vrai qu'il manque au moins Liebelei, le plus beau de ses films allemands, tourné dans les années 30 et peut-être la matrice d'un grand nombre de ses films suivants.

On retrouve bien entendu dans ces quatre films ce qu'on appelle souvent le style baroque de Max Ophuls, terme que lui rejetait (ou feignait de ne pas comprendre). On peut discuter le terme, mais il est vrai que les volutes de sa mise en scène - à commencer par ses fameux mouvements d'appareil - le font venir assez naturellement. Cela signifie-t-il pour autant qu'un film d'Ophuls fasse dans la surcharge et dans l'ostentation? Si le style ne se fait jamais oublier, il sert tellement une vision, qui porte un regard et un sens puissants, que cela n'est pas le cas.

Les quatre films présents dans ce coffret, tous tournés après le retour d'Ophuls des Etats-Unis, dans les années 50 et le début des années 60, forment donc un tout cohérent. Adaptations d'auteurs français (Maupassant pour Le Plaisir, Louise de Vilmorin pour Madame De...) ou retour à Vienne avec Schnitzler (La Ronde), ces films sont à la fois marqués par leur origine littéraire et éminemment cinématographiques. Les mots - portés par les voix off autant que dans les dialogues - et les plans expriment du sens, et parfois plusieurs sens, concurrents. Car le propre d'Ophuls, c'est aussi la distance critique, et parfois l'ironie, avec laquelle il commente des situations ou regarde ses personnages évoluer. Mais Ophuls n'épingle pas ses personnages comme des insectes, il les regarde se fourvoyer, ou souligne par la composition de ses plans ou ses mouvements d'appareil une action ou un destin (cf. le fameux mouvement dans l'escalier répété à plusieurs reprises dans Lettre d'une inconnue, aussi évident qu'impitoyable).

Impitoyables, ces films le sont. Pour les femmes comme pour les hommes, pour la société qu'ils dépeignent, pour l'hypocrisie des uns et les petites combines des autres, et, in fine dans le génialement contemporain Lola Montes, pour ce qu'il est maintenu convenu d'appeler la société du spectacle. Je peux dire que Madame De... est sans doute mon film préféré d'Ophuls avec Lettre d'une inconnue, et d'ailleurs au-delà de leurs différences de ton, ils partagent bien des thèmes et des figures. Mais la vision de la version restaurée de Lola Montes, au cinéma puis en dvd, a dû me faire avouer qu'il s'agit bien d'un film de génie, moderne autant qu'on voudra, et pour toutes les époques. On comprend que le film ait été rejeté aussi violemment par beaucoup (enfin, en fait, on ne comprend pas, ils n'avaient qu'à bien regarder et écouter pour comprendre): son jusqu'au-boutisme esthétique (couleurs, décors, mouvements, traitement du son) n'a d'égal que la virulence du propos. Le sort réservé à cette femme, indépendante puis déchue, asservie volontairement et pourtant contrainte et forcée, est d'une cruauté absolue. Mais la cruauté est aussi dans la façon dont Ophuls organise son barnum, disséquant ainsi ce que la soif de spectacle a toujours eu de cruel et à quel point cette soif cruelle a été érigée au rang de nécessité sociale.

La copie de Lola Montes est donc celle de la restauration de 2008, et elle est exceptionnelle - rappelons que le film avait été mutilé, et que le son, si travaillé, était précaire. Les autres films en noir et blanc ont été remastérisés et les copies sont dans l'ensemble très bonnes - je ne suis de toute façon pas toujours convaincu de la qualité de la numérisation du noir et blanc, qui respecte rarement parfaitement les contrastes et pose des problèmes pendant les transitions. Techniquement, le travail sur les films est donc très réussi, à défaut d'être absolument parfait (mais cette perfection existe-t-elle avec la numérisation?). Au titre des bonus, un entretien avec le fils de Max Ophuls, le réalisateur Marcel Ophuls, découpé et réparti sur les quatre dvd: souvent passionnant et pertinent, parfois trop court (Madame De... n'a pas droit à grand-chose, ce qui m'a chagriné).

Qui, parmi tous ceux que le cinéma classique intéresse tant soit peu, s'entend, imaginerait ne pas posséder ce joyau?

P.-S. Pour ce qui est des films de la période américaine d'Ophuls disponibles en vidéo, Carlotta a eu la bonne idée de sortir le sans doute plus mineur mais très beau Les Désemparés (voir mon commentaire).
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De plus en plus haut !, 30 novembre 2012
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Max Ophuls - Coffret (DVD)
L’ancien acteur et metteur en scène de théâtre juif allemand Maximilian Oppenheimer, devenu Max Ophuls, né en 1902, monta de nombreux spectacles en Autriche et en Allemagne avant de se lancer dans une carrière cinématographique et de signer en 1932 ‘Liebelei’ avec Magda Schneider (la mère de Romy) -déjà d’après Arthur Schnitzler-, qui le rendit immédiatement célèbre et lui permit de fuir la montée du fascisme en Allemagne et en Autriche en venant s’installer en France, où il mit notamment en scène ‘De Mayerling à Sarajevo’ avec Edwige Feuillère, avant de partir, au moment où la guerre éclata, pour les Etats-Unis, où il réalisa plus spécialement ‘Lettre d’une inconnue’ avec Louis Jourdan d’après Stefan Zweig et ‘Caught’ avec James Mason. Mais c’est bien en France, que, dans les années 50, il devint un immense artiste, parfois incompris sur le moment, mais dont les films (‘La ronde’, ‘Le plaisir’, ‘Madame de’ et ‘Lola Montes’) sont entrés depuis dans la légende. Maître du mouvement comme des plans-séquence et des travellings somptueux, connu pour les décors luxuriants et la splendeur baroque de ses longs-métrages, ce Prince de l’élégance, mort en Mars 1957, après avoir encore coécrit le scénario de ‘Montparnasse 19’ de Jacques Becker, laisse une œuvre qui relève de l’enchantement et du rêve, dans laquelle la joie n’est que l’écho de la souffrance.

Ce coffret regroupe ses 4 films français des années 50 :

La ronde - 1950 - 97mn - en N&B - scénario de Max Ophuls et Jacques Natanson, dialogues de celui-ci, d’après une pièce d’Arthur Schnitzler - images de Christian Matras (un spécialiste des films historiques) - décors de l’immense Jean d’Eaubonne - costumes du russe Georges Annenkov - musique de l’autrichien Oscar Straus (célèbre pour ses nombreuses opérettes)

A Vienne en 1900, ou n’importe où ailleurs à quelque époque que ce soit, Cupidon (l’autrichien Anton Walbrook) mène la danse et jamais la ronde de l’amour ne s’arrête (sur la scène, en studio et dans la vie) et réunit la fille de joie (Simone Signoret) et le soldat (Serge Reggiani) -le couple mythique de ‘Casque d’or’, ici réuni 2 ans avant-, le soldat et la femme de chambre (Simone Simon), la femme de chambre et le jeune homme (Daniel Gélin), le jeune homme et la femme mariée (Danielle Darrieux), la femme mariée et son mari (Fernand Gravey), l’homme marié et l’ouvrière entretenue (Odette Joyeux), l’ouvrière entretenue et l’auteur dramatique (Jean-Louis Barrault), l’auteur dramatique et la comédienne (l’italienne Isa Miranda), la comédienne et l’aristocrate (Gérard Philippe), l’aristocrate et la fille de joie...

Film à sketches sur la ronde infernale du bel et grand amour qui tourne toujours, ‘La ronde’ est un joyau dont les sublimes décors, les magnifiques costumes, les brillants dialogues, les superbes images (quel splendide noir et blanc) étonnamment cadrées, l’admirable musique et la prodigieuse distribution sont les multiples facettes qui continuent de briller au firmament du 7° art. L’amour est une malédiction : si nous passons ainsi d’un amour à l’autre, c’est évidemment parce que nous ne sommes jamais vraiment satisfaits : l’amour est un troublant mystère qui ne peut se trouver que dans la vérité et la pureté, qui, en général, nous échappent. Et si le bonheur n’existait pas ? Et s’il n’y avait que l’ivresse et la jouissance ? Si, de temps en temps, vous trouvez du plaisir à regarder un film comme on regarde un tableau de maître, n’hésitez pas à vous plonger dans cette tragédie du désir, ce mariage entre la frénésie et l’organisation : zéphyr ou tempête, l’amour nous emporte tous et nous brise régulièrement sur ses récifs. D’ailleurs, vous-même, vers quel amour vous dirigez-vous en ce moment ? Et si nous nous croisions un jour sur le manège de l’amour, qui tourne et tourne, à nous en faire perdre la tête ? Universel et intemporel, ‘La ronde’ est un champagne sur les blessures de l’âme dont l’effervescence ne saurait masquer l’amertume !

A noter : ‘La ronde’ a été également été adapté au cinéma par le viennois Richard Oswald en 1920, l’allemand Alfred Weidenmann en 1963 (‘Das grosse Liebesspiel’), le français Roger Vadim en 1964, l’allemand Otto Schenk en 1973 (‘Le baiser’) et l’américain Simon Nuchtern en 1983 (‘New-York nights’)

Le plaisir - 1952 - 95mn - en N&B - scénario de Max Ophuls et Jacques Natanson, dialogues de celui-ci, d’après 3 contes de Maupassant - images de Christian Matras (sketches 1 & 2, un spécialiste des films historiques) et Philippe Agostini (sketch 3)- décors de l’immense Jean d’Eaubonne - costumes du russe Georges Annenkov - musique de Jo Hajos et Maurice Yvain d’après des thèmes d’Offenbach

Suite à l’énorme succès international de ‘La ronde’, les producteurs du film commandèrent un autre film à sketches à Ophuls qui, du coup, décida d’adapter cette fois-ci un grand écrivain français, qu’il avait lui-même lu et qu’il appréciait tout particulièrement, en l’occurrence Guy de Maupassant, signant ainsi un échec tout aussi retentissant que ‘La ronde’ avait été un triomphe...

Composé de deux sketches courts (le premier et le troisième) et d’un long, ‘Le plaisir’ bénéficie d’une voix off (celle de Maupassant, interprété par l’acteur Jean Servais) qui nous promène du ’Masque’ (Claude Dauphin, médecin de son état, est amené à s’occuper d’un danseur épuisé qui s’effondre durant une soirée dansante particulièrement mouvementée et qui s’avère porter un masque...) au ‘Modèle’ (qui voit le peintre Daniel Gélin s’éprendre du modèle Simone Simon -tous deux furent déjà en couple dans ‘La ronde’-, puis s’en lasser...), en passant par ‘La maison Tellier’ (sketch consacré à une sortie dominicale à la campagne, pour cause de communion, de Mme Tellier -Madeline Renaud- et ses pensionnaires -Mathilde Casadesus, Danielle Darrieux, Paulette Dubost, Ginette Leclerc et Mila Parely-, reçues dans sa ferme par le menuisier Jean Gabin, le frère de Madame). Un homme qui tente désespérément d’échapper aux outrages du temps afin de pouvoir continuer d’avoir du plaisir, un autre homme qui trouve la rédemption dans le malheur, et surtout ces dames de la ville qui impressionnent tant les villageois qui ignorent tout de leur nature de péripatéticiennes, des femmes vouées au plaisir, qui ne le trouvent toutefois qu’à la campagne au contact de gens simples et vrais, dont Gabin (qui demande pardon à Darrieux, étoile inaccessible pour lui, que de lui avoir manqué de respect), sous le chaud soleil (qui ne pénètre guère dans le boxon qui leur sert de domicile) et au milieu des fleurs des prés, sont les principaux éléments des trois panneaux d’un triptyque sur la recherche du bonheur. L’innocence est loin et les larmes coulent, rien n’est plus rose ni grandiose, tourner comme une toupie donne le tournis, tout s’effondre, tout succombe : l’amour n’est que faux-semblant et le bonheur est éphémère. Le moins que l’on puisse dire de ce long-métrage, c’est qu’il n’est pas gai : chez Ophuls, la tragédie affleurait toujours sous les dessous affriolants. Et c’est précisément ce qui fait le poids de son cinéma, si élégamment cynique et torturé, à la Stefan Zweig, le peintre des coups de grâce que donne la vie. S’il vous arrive de vous sentir comme des fleurs privées de couleur dans la lumière du soir, peut-être trouverez-vous un peu de réconfort à vous pencher sur l’épaule amie d’un cinéaste un peu maudit, car beaucoup incompris, dont les films n’ont pas fini de nous faire vibrer !

Madame de - 1953 - 100mn - en N&B - scénario de Max Ophuls, Annette Wademant et Marcel Achard, dialogues de celui-ci, d’après un roman de Louise de Vilmorin (1951) - images de Christian Matras (un spécialiste des films historiques) - décors de l’immense Jean d’Eaubonne - costumes du russe Georges Annenkov - musique de l’autrichien Oscar Straus (célèbre pour ses nombreuses opérettes) et du français Georges van Parys

Après le bide -retentissant- du ‘Plaisir’, le producteur d’origine roumaine Henri Deutschmeister, le grand patron de la ‘Franco-London Films’, qui avait fait l’acquisition des droits d’adaptation du roman, proposa à Ophuls de réaliser celle-ci. Dans un monde d’escaliers, une obsession du Maître, qui lui permirent ces légendaires travellings qui devinrent sa marque de fabrique, celui-ci met en scène une version ‘Belle-Epoque’ de ‘Winchester 73’ (on suit un objet de propriétaire en propriétaire, l’objet trahissant les sentiments de ceux-ci) tout en restant fidèle au principe de ‘La ronde’ comme à l’essence du ‘Plaisir’ : l’amour est une malédiction et le bonheur n’existe pas ; et pourtant, nous ne cessons de courir après.

A Paris en 1900, le Comte et Général Charles Boyer (Monsieur de) offre à son épouse, Danielle Darrieux (Madame de), une paire de boucles d’oreille en diamants, que celle-ci revend par nécessité financière, tout en faisant croire à son époux qu’elle les a perdues. Comme elle a la très mauvaise idée que d’aller jusqu’à faire croire que les boucles lui ont peut-être même été volées, le bijoutier (Jean Debucourt) qui les a rachetées et qui ne veut surtout pas passer pour un receleur, contacte discrètement Monsieur de et les lui revend. Celui-ci les offre alors à sa maîtresse (Lia di Leo) qui le quitte pour s’installer à Constantinople où elle aussi doit se résigner à les vendre pour une question d’argent...

Avec aussi le séduisant Vittorio de Sica dans le rôle du Baron et ambassadeur Fabrizio Donati par qui le scandale va arriver.

C’est l’histoire d’une femme frivole qui ignore ce qu’est l’amour et fait mourir d’espérer ses nombreux soupirants jusqu’à ce que l’amour lui fasse signe et qu’elle le suive, pour son plus grand malheur. Le plaisir n’étant pas toujours compatible avec la dignité et la perte du prestige étant inacceptable, c’est un poison dont les ingrédients s’appellent mensonge et dissimulation, humiliation et cruauté, maladie, silence et mort, que Madame de va devoir déglutir. L’histoire est grave, comme toujours chez Max Ophuls, et ses trois interprètes principaux -magnifiques- distillent cette gravité avec tout leur talent d’acteurs d’expérience (Charles Boyer avait alors 54 ans, Vittorio de Sica en affichait 52 et Danielle Darrieux jouait depuis l’âge de 14 ans). Morale de l’histoire : si le bonheur devait vous faire signe un jour, fuyez-le ! Et si cette morale ne vous convient pas, fuyez le film (mais ce serait dommage) !

Lola Montès - 1955 - 113mn - en Eastmancolor et Cinemascope - scénario de Max Ophuls, Annette Wademant et Jacques Natanson, dialogues de celui-ci, d’après un roman de Cecil Saint-Laurent - images de Christian Matras (un spécialiste des films historiques) - décors de l’immense Jean d’Eaubonne - costumes du russe Georges Annenkov - musique du grand Georges Auric

Réalisé pour 670mio de francs de l’époque, cette fresque fut le dernier film de Max Ophuls, son premier film en couleur et en scope, en fait un travail de commande : des producteurs mafieux désireux de blanchir leur argent sale, en surfant sur le succès d’alors de Martine Carol dans des adaptations de Cécil Saint-Laurent, avaient décidés de financer ce nouveau ‘Caroline chérie’ qui n’en fut pas un : tourné en 3 versions (en français, allemand et anglais, ce qui ne se faisait plus depuis les débuts du parlant), cette production extrêmement coûteuse fut sifflée et huée à sa sortie et remontée/massacrée ensuite par ses producteurs, devenant ainsi un film maudit (Ophuls est mort 2 ans après) qui ne sera ressuscité par la Cinémathèque française que très récemment (c’est pourquoi vous n’en trouverez la version restaurée et remasterisée, mais surtout complète et remontée tel qu’Ophuls avait fait monter le film au départ, les personnages s’exprimant tous dans leur langue d’origine, que dans le coffret de la Gaumont regroupant les 4 chefs-d’œuvre français d’Ophuls des années 50) . Pourquoi ce malentendu ? Tout simplement parce que ce long-métrage ambitieux, qui est avant tout l’œuvre d’un artiste, n’a évidemment rien à voir avec les films de Christian-Jaque dans lesquels Martine Carol, qui fut avant tout un sexe-symbole (balayé d’ailleurs dès l’année d’après par Brigitte Bardot), triomphait ; or c’est dans ces films-là (‘Caroline chérie’, ‘Les belles de nuit’, ‘Adorables créatures’, ‘Lucrèce Borgia’, ‘Madame Du Barry’ ou ‘Nana’) que le public vénéra Martine Carol et donc, le fait de la voir brusquement dans un film téméraire qui a pu paraître prétentieux et qui se permettait de critiquer violemment le voyeurisme du public (une mise en pièces qui vaut encore aujourd’hui par rapport à la téléréalité) n’avait aucune chance de passer la rampe : allier Martine Carol et le cinéma d’art releva du suicide professionnel (c’est le seul film de la star qui trouva crédit auprès de la critique ; mais comme ce fut avant tout un bide retentissant, il signifia également la fin de sa carrière de vraie vedette : elle se suicida 12 ans et 16 productions cinématographiques mineures plus tard).

Vers 1850, à la Nouvelle-Orléans, le cirque Mammoth présente, animé par le Grand Ecuyer en personne (Peter Ustinov), son nouveau spectacle : la vie de la danseuse et courtisane Lola Montès, racontée en plusieurs tableaux (de Calcutta à Vienne, en passant par l’Ecosse ou Paris), dans le plus complet désordre, avec à chaque fois un total changement de décor et de costumes (et pour nous les spectateurs du film, un flash-back plus ou moins long illustrant cette même tranche de vie ‘in situ’). Son enfance et adolescence auprès d’une mère qui fut elle-même une artiste et courtisane, son mariage -malheureux, évidemment- avec un ancien amant de celle-ci (Ivan Desny), qui lui a surtout permis de devenir indépendante, et ses amours -nombreux- avec un chef d’orchestre italien (le futur réalisateur Claude Pinoteau), Franz Liszt, le Roi Louis 1° de Bavière -le grand-père de Louis II- (Anton Walbrook), un étudiant allemand (l’autrichien Oskar Werner, devenu un peu plus tard le Jules de ‘Jules et Jim’) et tant d’autres, sont jetés en pâture à un public avide de scandale...

Portrait d’une femme fatale, terriblement belle, insouciante et sûre d’elle, à qui les hommes n’auront cessé de faire payer le désir qu’elle leur inspira et qui n’aura donc jamais connu le bonheur (comme il se doit chez Ophuls), ‘Lola Montès’ est un film somptueux de plus sur ces femmes qui provoquent les vertiges de l’amour et auxquelles Max Ophuls aura consacré l’essentiel de son œuvre. Sa caméra virevoltante se promène dans des décors fabuleux (ceux du cirque bien sûr, mais aussi ceux de tous les lieux dans lesquels Lola vécut les moments les plus marquants de sa vie), évidemment dotés d’un maximum d’escaliers étonnants, et donne le vertige au travers de splendides travellings qui font des longs plans-séquences du film des moments de magie. Tragédie funèbre, ‘Lola Montès’ est tout sauf un divertissement. Dans une ambiance fellinienne, le Maître du jeu (Peter Ustinov devant et Max Ophuls derrière la caméra) fait briller de ses derniers feux un diamant souillé qui n’a pas fini d’étinceler sur les écrans blancs des nuits noires des cinéphiles de la planète !

Bonus du coffret : un passionnant documentaire sur Ophuls et son travail, découpé en 4 tranches de 26mn, 13mn, 7mn et 33mn qui accompagnent chacun des films
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5.0 étoiles sur 5 Sublimes joyaux !, 23 novembre 2011
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Jamais un cinéaste n'aura autant sublimé les femmes ! Magnifique Danielle Darrieux ! Le génie à l'état pur ! La quintessence de l'Art Cinématographique : celui qui rend les spectateurs esthètes et intelligents !
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le coffret, 21 juillet 2011
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Voila un coffret que tout bon cinéphile se doit de posseder.
4 films plus magnifique les uns que les autres, réalisation et histoire époustouflante
Du gran, grand, grand, grand cinéma
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11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 enfin Ophuls !!!!, 11 août 2009
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on l'espère dans une édition digne de ce génie : "La ronde" et sa distribution sublime..."Le plaisir" ,sans doute les plus belles adaptations de Maupassant pour le cinéma...spécialement celle de la Maison Tellier,40 minutes de pur ...plaisir ; "Madame de..." magnifiée par l'immense talent de Danielle Darrieux....et "Lola Montès" ,dans sa version réhabilitée grace à Martin Scorsese...50 ans après la disparition du maître ,enfin ce qui lui était dû...restera à attendre "Liebelei"
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un bel écrin pour 4 chefs-d’œuvre, 17 février 2013
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LE COFFRET
Ce magnifique coffret ressemble à un beau livre avec, en couverture, une typographie élégamment gaufrée.
Cet objet est ainsi un bel hommage à un cinéaste, amateur éclairé et passionné de littérature.
A l’intérieur, il rassemble les 4 derniers films de Max Ophüls. Chaque DVD est rangé dans un boitier indépendant avec un design vintage adapté à l’univers du cinéaste.

LES DVD
La copie du film «La Ronde» est plutôt correcte. La restauration est bonne même si, lors des mouvements de caméra, l’image n’est pas toujours stable.
Le DVD du film «Le Plaisir» est de grande qualité. La restauration est sans faille, l’image est propre et les contrastes de noir et blanc sont d’une belle finesse.
Le DVD du film «Madame de…» est également de grande qualité: c’est la meilleure restauration du coffret.
La copie du film «Lola Montès» est de bonne facture. La restauration réalisée par la Cinémathèque française date de 2008 avec un montage proche de l’original de 1955: le film avait été saccagé par les producteurs qui en avaient fait une histoire chronologique contre la volonté de Max Ophüls. Les couleurs sont excellentes sauf pour les scènes nocturnes où les contrastes manquent de finesse, les scènes tirant vers le noir si bien que l’on ne distingue pas toujours bien les arrière-plans.

MAX OPHÜLS
Après la défaite de l’armée française en 1940, alors qu’il vient d’obtenir la nationalité, il s’exile aux USA car il était d’origine juive. Après une courte carrière à Hollywood (8 années pour 4 films), il revient en France et met en scène, entre 1950 et 1955, ces quatre chefs-d’œuvre (n’oublions pas, bien sûr, «Lettre à une inconnue», film américain de 1948).
Réalisateur souvent incompris par ses contemporains critiques de cinéma, il sera adulé par la génération de la Nouvelle Vague, Truffaut en tête. Celui-ci a été profondément influencé pour la mise en scène de ses films (notamment pour "Jules et Jim", "Domicile conjugal", "Les Deux Anglaises et le Continent", "L'Homme qui aimait les femmes" et "L'Amour en fuite").

LES FILMS
LA RONDE (1950)
Le «meneur de jeu», narrateur du film qui fait tourner un manège, s’adresse au spectateur en lui présentant des histoires de rencontres amoureuses. C’est une ronde de désirs, de passions et d’illusions qui passe d’une prostituée à un soldat, du soldat à une femme de chambre, de la femme de chambre à un jeune homme de bonne famille, de celui-ci à une femme mariée, de cette femme à son mari, du mari à une ouvrière galante, de cette grisette à un poète, de ce lettré à une comédienne, de cette actrice à un comte, et, du noble à la prostituée, fermant ainsi la ronde du carrousel.
Le film est adapté d’une pièce de l’autrichien Arthur Schnitzler. Mais la mise en scène, virtuose et tourbillonnante de travellings, dépasse l’aspect théâtrale de la pièce, elle est en parfaite osmose avec la succession de saynètes endiablées.
Les duos d’acteurs qui s’enchaînent comme une farandole espiègle reposent sur une distribution extraordinaire (par ordre d’apparition, Simone Signoret, Serge Reggiani, Simone Simon, Daniel Gélin, Danielle Darrieux, Fernand Gravey, Odette Joyeux, Jean-Louis Barrault, Isa Miranda, et pour finir, Gérard Philipe).
La construction filmique de La Ronde n’est pas sans rappeler celle de "Short Cuts", film de Robert Altman tourné en 1990: les destins de chaque personnage y sont aussi liés par les plaisirs, les drames, les surprises et les hasards de la vie. Et la structure du montage ressemble à un cercle, non plus malicieux, mais vicieux et fatal. Le cinéaste américain revendique cet héritage: il aime comme Ophüls les plans qui durent et les mouvements de caméra. Dans "The Player", tourné en 1992, Altman rend d’ailleurs un hommage appuyé à Ophüls avec son long plan-séquence de 8 minutes au début du film.

LE PLAISIR (1952)
Ce film est l’adaptation du "Masque", de "La Maison Tellier" et du "Modèle", trois nouvelles de Guy de Maupassant.
La première nouvelle (15 minutes) raconte l’histoire d’un danseur lors d’une fête masquée dans un grand palais. Ce danseur, malhabile et lent, finit par s’écrouler: le médecin, accouru à son chevet, se rend compte, en enlevant son masque, que c’est un vieil homme. Raccompagné chez lui, la femme du vieillard dévoile au médecin les extravagances libertines de son mari. La fin ne se raconte pas…
La deuxième nouvelle (une heure) dépeint une maison close qui accueille tous les notables de la ville. Un soir, les clients familiers trouve la maison vraiment porte close. Madame Tellier et ses demoiselles sont parties en escapade à la campagne pour une première communion de la nièce de Madame. C’est la confrontation de la pureté avec la luxure. La fin ne se raconte toujours pas…
La troisième nouvelle (15 dernières minutes) brosse une histoire d’amour qui tourne mal entre un peintre et sa jeune modèle. La fin se raconte encore moins…
La mise en scène est une sorte de mosaïque morcelée, loin du film à sketches où chacun est distinctement séparé. L’ensemble ressemble à un triptyque réalisé par un peintre du Moyen-âge, triptyque dont les volets latéraux se répondent symétriquement par rapport au tableau central. Le temps qui passe correspond à l’espace et la construction éblouissante en travellings de transition permet de relier les nouvelles sur les thématiques du plaisir et du bonheur, et de leurs différences.
Cette manière d’articuler les séquences influencera significativement des auteurs américains comme Martin Scorsese ("Le Temps de l'innocence") ou Paul Thomas Anderson ("Magnolia").
Ici, encore, la distribution est irréprochable (Claude Dauphin, Gaby Morlay, Madeleine Renaud, Danielle Darrieux, Pierre Brasseur, Jean Gabin, Henri Crémieux, Paulette Dubost, Daniel Gelin, Simone Simon…)

MADAME DE… (1953)
En 1900, la comtesse Louise de… est très endettée parce qu’elle jette son argent par les fenêtres. Pour se renflouer, elle vend secrètement les cadeaux qui lui offrent son époux, le général André de…, qui travaille au ministère de la Guerre. Celui-ci, très peiné car sa femme lui a fait croire qu’elle avait perdu ses boucles d’oreille au cours d’une soirée à l’opéra, multiplie les recherches à tel point que la presse publie un article. Le bijoutier, intrigué d’avoir racheté à Madame ses bijoux, se rend chez le général et lui raconte tout. Le mari rachète les boucles mais les offre à sa maîtresse en cadeau de rupture. Au fil du récit, les parures vont devenir le symbole de la jalousie, de la trahison et de la tragédie.
La fin ne peut être dévoiler sans que celui qui la raconte ne soit crucifié.
Encore une fois, la mise en scène est constellée de mouvements incessants de caméra, de longs travellings qui embarquent les comédiens dans le tourbillon du plaisir triste, de la vie tragique et de l’amour mortifère.
Le trio d’acteurs (Danielle Darrieux, Charles Boyer, Vittorio De Sica) est là encore magistralement dirigé.
S’il fallait faire un choix, difficile, entre ces quatre films, «Madame de…» l’emporte d’une courte tête. C’est en tout cas le plus accessible.
Par ses mouvement complexe et sans heurt de caméra et ses nombreux travellings, le film aura aussi une influence notable sur Stanley Kubrick. Il utilise dans "Barry Lyndon" de lents travellings qui correspondent parfaitement au rythme du film. Dans "Full Metal Jacket", deux longs travellings arrière se répondent symétriquement dans les deux parties du film.

LOLA MONTÈS (1955)
Le récit est inspiré de la vie de la célèbre danseuse et courtisane du XIXe siècle Lola Montez, qui fut la maîtresse de Franz Liszt et de Louis Ier de Bavière.
Vers 1880, à la Nouvelle-Orléans, un cirque représente la vie extraordinaire de Lola Montès, femme fatale et scandaleuse. C’est Lola Montès elle-même qui joue sa propre vie sous la direction d’un écuyer devant les spectateurs-voyeurs. Elle est malade et amoindrie mais, contre l’avis des médecins, elle continue à mimer son passé glorieux et tragique, exhibée comme "Elephant Man".
La fin ne peut à nouveau pas être dévoiler sans que celui qui la raconte ne soit supplicié.
La mise en scène est somptueuse et le montage si raffiné que les scènes en flash-back s’enchaînent sans que l'on s’en aperçoive.
Cruel et baroque, le film répond à la Ronde, espiègle, débonnaire et plus classique. Le cirque, symbole de la tragédie, répond au carrousel, symbole de la tragi-comédie. Ces deux éléments circulaires permettent à Max Ophüls de construire un récit en forme de boucle. La Ronde est conçue comme un tourbillon spatio-temporel avec de nombreux duos de personnages tandis que Lola Montès est une tempête temporo-spatiale avec de nombreux allers-retours prenant la forme de flash-backs.
Très expérimental, ce film est à voir après les trois autres, notamment pour mieux appréhender l'univers riche et complexe du cinéaste.
Jacques Demy, en réalisant son premier film "Lola", rend hommage au dernier film de Max Ophüls. Ce magnifique film qui lui est dédié devait au départ être tourné en Cinémascope comme Lola Montès, et prendre la forme d’une comédie musicale. Finalement, sous la pression de son producteur, Demy abandonne l’idée de comédie musicale et filme en noir et blanc. En visionnant "Lola" après les quatre films du coffret Ophüls, on découvre aussi de nombreuses références à "La Ronde" et de nombreuses allusions au "Plaisir". Jacques Demy, cinéaste cinéphile, emprunte beaucoup à Ophüls, mais pas seulement: on y décèle des influences de Robert Bresson et aussi des citations de metteurs en scène Outre-Atlantique comme Billy Wilder ou Howard Hawks.

LES SUPPLÉMENTS (79 minutes)
Un film exclusif sur les œuvres du coffret est réparti sur chacun des DVD.
Il s’agit essentiellement d’entretiens réalisés par Marcel Ophüls, fils de Max et grand cinéaste de documentaire.
Passionnant et très instructif.

CLAP DE FIN
On attend avec impatience une sortie de ces quatre chefs-d'œuvre en Blu-ray.
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5.0 étoiles sur 5 un coffret pour cinephiles passionnés, 27 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Max Ophuls - Coffret (DVD)
Tout cinéphile qui se respecte se doit de posséder ce petit bijou de coffret !
Chaque DVD apporte un plaisir accru, au fur et à mesure que l'on visionne ces films dans l'ordre des dates.
Max Ophüls se bonifie avec le temps ! Certains disent que ce réalisateur est difficile : je ne trouve pas. Au contraire, on peut regarder ces films à des degrés différents. Pour le plaisir, simplement,ou pour la réflexion plus poussée. Chacun y trouve son compte. Il faut reconnaître que c'est du travail ciselé, proche de la perfection, et cela sans lourdeur. Une gageure !
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4 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Son médiocre, 11 juillet 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Max Ophuls : Lola Montès - Madame de - La Ronde - Le Plaisir. (DVD)
Comme dans pas mal de productions DVD française, le son est vraiment médiocre, souvent incompréhensible. On n'a manifestement négligé d'améliorer le son sur un film qui date.Dans le cas de La Ronde, il est de très bonne qualité dans la version pour sourds et malentendants,mais il faut supporter les sous-titres qui soutiennent cette version.
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Max Ophuls - Coffret
Max Ophuls - Coffret de Max Ophuls (DVD - 2012)
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