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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un roman envoûtant sur la magie, le deuil et le pouvoir des livres
Je n'avais jamais entendu parler de Jo Walton, ni de ce roman qui a pourtant remporté les prix Hugo et Nebula, avant de le recevoir en cadeau pour mon anniversaire. Il s'agit du journal intime d'une fille de quinze ans, tenu entre septembre 1979 et février 1980, à une époque où internet et les médias sociaux ne gouvernaient pas...
Publié il y a 11 mois par Armalite

versus
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Ennuyeux
Je n'arrive même pas a finir. Il ne se passe rien. Un livre bien ennuyeux. Très déçue ou juste ce n'est pas pour moi.
Publié il y a 9 mois par Judit Siklosi


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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un roman envoûtant sur la magie, le deuil et le pouvoir des livres, 28 mars 2014
Par 
Armalite - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Among Others (Broché)
Je n'avais jamais entendu parler de Jo Walton, ni de ce roman qui a pourtant remporté les prix Hugo et Nebula, avant de le recevoir en cadeau pour mon anniversaire. Il s'agit du journal intime d'une fille de quinze ans, tenu entre septembre 1979 et février 1980, à une époque où internet et les médias sociaux ne gouvernaient pas encore la vie des adolescents. Morwenna est en deuil de sa soeur jumelle, tuée par une voiture alors que toutes deux tentaient d'empêcher leur sorcière de mère de faire... quelque chose de terrible. On ne saura jamais vraiment quoi, tout comme, pendant les quatre cinquièmes du bouquin, on ne saura pas si la magie existe vraiment dans le monde de Morwenna ou si elle est juste le fruit de l'imagination fertile de la jeune fille - car de son propre aveu, elle fonctionne de manière si subtile qu'il est toujours possible de la nier. Cette ambiguïté est l'un des aspects les plus intéressants de "Among others". Morwenna dialogue-t-elle avec des fées, ou croit-elle seulement voir de mystérieuses créatures dans les collines, les marécages et les ruines industrielles qui l'entourent? Manipule-t-elle les gens et les circonstances au moyen des sorts qu'elle lance instinctivement, ou ne s'agit-il que d'une relation de causalité très ordinaire bien qu'invisible à ses yeux? Liz est-elle bien une folle maléfique ou juste une mère égoïste et abusive? Tente-t-elle effectivement d'attaquer sa fille durant son sommeil, ou Morwenna est-elle paralysée par ses propres cauchemars? Les charmes qu'elle se crée fonctionnent-ils, ou leur efficacité perçue ne relève-t-elle que d'un effet placebo? J'ai adoré que les deux hypothèses se côtoient jusque très tardivement dans le livre; c'est extrêmement bien joué de la part de l'auteur.

Outre le fait qu'elle a perdu la moitié d'elle-même, Morwenna se voit confiée à un père qu'elle n'a jamais connu, et qui est entièrement sous la coupe de ses trois soeurs aînées - lesquelles se dépêchent de se débarrasser de l'intruse en l'envoyant dans un pensionnat huppé. Morwenna a l'accent du pays de Galles où elle a grandi; elle marche avec une canne depuis l'accident et nourrit des préoccupations bien différentes de celles de ses camarades. Elle peine donc à se faire des amies. Mais peu importe, parce que sa grande passion, ce sont les livres, et plus particulièrement ceux de fantasy et de science-fiction qu'elle dévore en quantités phénoménales. Ils sont non seulement son moyen de s'évader d'un monde qui n'en finit pas de la blesser, mais le déclencheur de toutes ses réflexions, le socle sur lequel elle bâtit sa vision des choses - et la raison qui l'empêche, en une occasion précise, de se suicider pour rejoindre sa soeur: elle veut connaître la fin de "Babel 17". Dans son journal, Morwenna ne cesse de commenter l'attitude des personnages comme s'ils étaient plus réels à ses yeux que tous les gens qui l'entourent. Intelligente et sensible, très mûre par certains côtés et assez naïve par d'autres, elle rumine des questions et des pensées bien différentes de celles des autres filles de son âge. Sa voix intérieure si terriblement franche - y compris lorsqu'il est question de sujets embarrassants tels que le sexe - m'a attrapée dès les premières pages et ne m'a plus jamais lâchée jusqu'au mot fin. Elle devrait parler à tous les amoureux des littératures de l'imaginaire, ceux dont les bibliothèques et les librairies sont l'habitat naturel, ceux qui connaissent mieux la géographie des Terres du Milieu que celle de l'Europe, ceux dont les histoires de Vonnegut ou de Heinlein ont forgé la réflexion. Et que les non-anglophones ne désespèrent pas: "Among others" devrait paraître en français dans le courant de l'année.
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5.0 étoiles sur 5 Un roman addictif, 1 mai 2014
Par 
Jean-loup Sabatier - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Among Others (Format Kindle)
Une histoire fantastique, qui se déroule pour l'essentiel en 1979 et en 1980, écrite sous forme de journal intime. L'héroïne est Mori (diminutif de Morwenna), une jeune adolescente galloise, dont la vie n'a pas toujours été facile mais qui affronte tout ça avec un caractère bien trempé. L'ambiance est insaisissable mais puissante, il y a du mystère et de la poésie, indéniablement, mais il y a des choses plus sombre aussi, le deuil et l'aliénation.

Elle est persuadée qu'elle voit des fées. Elle pratique (comme toute sa famille) une magie qui n'a en apparence rien de magique, et qui est pourtant puissante, elle en est convaincue. Elle avait une jumelle, morte dans un accident à 14 ans, et elle garde elle-même des séquelles de cet accident qui l'empêchent de marcher normalement. Sa mère est démente.

Son interprétation (fantasmatique?) c'est que sa jumelle et elle ont contrecarrés les plans de sa mère pour prendre le contrôle du peuple des fées et devenir une sorte de "Reine Noire". Mais sa soeur en est morte, et elle même en garde des traces douloureuses dans sa chair. Maintenant, elle est persuadée que sa mère maléfique, du fond de son antre, fait de la sorcellerie pour la retrouver et l’envoûter et se venger.

La jeune héroïne est également férue de science-fiction (le texte abonde de références et de remarques à propos d'un grand nombre de textes de science fiction classiques, et de beaucoup de livres). Le journal intime abonde de références à des textes classiques de SF: Heinlein, Asimov, Le Guin, Tiptree Jr, Zelazny, Delany, etc, etc, etc... Elle lit également des tas d'autres choses en dehors de la SF (Platon, T.S. Eliot, ...). Bref, elle passe ses journées à dévorer des livres. Du coup, n'ayant pas grand chose à dire sur ses mornes journées d'école, son journal parle souvent de livres, vu qu'il ne se passe pas grand chose autour d'elle...

Sa mère étant officiellement et légalement folle, la jeune fille se retrouve aujourd'hui entre les mains de son père qu'elle n'avait jamais vu (puisqu'il avait quitté le domicile familial peu après sa naissance), et qui vit avec ses trois demi-tantes. Toute la fratrie trouve la jeune galloise bien embarrassante. Elle sera donc envoyée très vite dans un pensionnat de jeunes anglaises, où elle n'aura ni l'occasion (ni l'envie) de s'intégrer à ces "jeunes anglaises modèles" bien superficielles et si différentes.

Il ne se passe pas tant de choses que ça dans ce roman. Mais les parties magiques et "féeriques" de l'action sont très bien vue et très bien rendues. Elle a même une façon unique de voir la magie, et la décrit avec un point de vue qu'on n'avait pas entendu encore. Dans sa version, on ne peut même pas être sûr qu'il y a vraiment eu de la magie: on peut toujours se dire que ce sont des fantasmes ou des visions de sa part, les résultats de la "magie" (s'il y en a) se manifestent toujours par des coïncidences et des hasards, heureux ou malheureux, et pouvant être interprétés dans le monde réel comme quelque chose de pas du tout magique... Le fait que la magie a peut être modifié le passé (changeant le résultat de phénomènes aléatoires qui se sont déjà produits) pour en arriver au présent qu'on a "magiquement forcé" est inquiétant: on ne sait pas ce qui a changé entre 'le monde d'origine' et le monde 'tel que la magie l'a fait', et on ne pourra rien prouver, puisqu'on se retrouve dans la 'nouvelle version' avec les nouveaux souvenirs et la nouvelle chaîne de causalité. On pourra seulement se faire un avis plus ou moins affirmé en fonction de l'improbabilité de certaines coïncidences.

La scène d'ouverture du livre est énorme, quand Mori s'attaque avec sa soeur jumelle à un "antre maléfique". Ça a l'intensité de Frodo Baggins et Sam Gamgee qui entrent dans le Mordor, avec une action magique d'ampleur épique ; mais sur un autre plan, on est dans notre monde quotidien avec des choses finalement peu étonnantes, et un dénouement de leur "magie" qui nous est familier...

Il y a aussi une scène de fin qui répond à la scène de début, qui referme le cercle et conclue l'histoire. Elle n'est malheureusement pas tout à fait aussi forte que la scène d'introduction, même si elle reste vigoureuse et enlevée.

Ce livre est bourré de charme. Il ne se passe pas tant de choses que ça en réalité, mais il est d'une grande lisibilité, l'héroïne et son histoire sont addictives, et c'est un grand plaisir de lire cette histoire. Pour ça, si vous aimez vous laisser embarquer dans un texte et vous imprégner des ambiances et du ton unique de l'histoire, n'hésitez pas à prendre ce livre, il serait dommage de vous en priver. Si vous avez lu beaucoup de SF classique, les références de l'héroïne vous garderont en bonne compagnie, et vous rappelleront plein de bons souvenirs, et vous communiquerons un peu de nostalgie, au fil des pages.

((Ce livre me rappelle un peu Jonhatan Strange & Mr Norrell, de Susanna Clarke. Non pas par le style qui est tout à fait différent, mais par le fait qu'on est bien dedans, qu'on passe un bon moment en sa compagnie, et qu'on regrette de devoir le quitter quand il est fini, même si en fait, la narration n'est pas si intense que ça dans la plupart des parties du livre)).

Pour les geeks: les références incessantes aux textes et auteurs classiques de SF (qui correspondent à la période où moi aussi j'en lisais beaucoup) aident le fan de SF à s'y sentir "comme dans ses pantoufles". Bon, à côté des inévitables Asimov, Heinlein, Silverberg, (etc...) elle penche du côté de Le Guin, Zelazny, Delany et Tiptree (alors que dans mon "panthéon" personnel, Delany et Tiptree occuppent une place tout à fait marginale). On retrouve des auteurs presque confidentiels que j'aime autant qu'elle (Michael Coney par exemple). Et elle penche vers les (relativement rares) femmes auteure de SF à cette époque, à l'exception notable de Octavia Butler qui n'est pas mentionnée en dépit d'une oeuvre à mon avis remarquable.
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5.0 étoiles sur 5 Geneviève, 22 mai 2014
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Je remercie vivement les précédents rédacteurs de critiques qui m'ont décidée à découvrir ce livre.
Je ne peux que leur donner raison. Je l'ai lu d'une traite même si mon niveau d'anglais n'est pas des meilleurs.
J'ai une grande envie de découvrir les auteurs de S F qui sont tellement appréciés par Morwenna , par contre avec Tolkien et Lewis je me sentais en terrain connu. J'aimerais aussi que l'héroïne ait pu découvrir Gaiman mais il y aurait eu anachronisme...
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5.0 étoiles sur 5 Belle histoire, un peu mélancolique, 15 avril 2014
Par 
E. SEGUI (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
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Une belle histoire, un peu mélancolique, sur l'enfance et le bonheur de la lecture... de SF. C'est très bien écrit et se lit facilement, les références littéraires citées dans l'histoire sont toujours pertinentes, et m'ont donné l'occasion de me rappeler de quelques livres lus il y a longtemps.
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1.0 étoiles sur 5 Ennuyeux, 24 mai 2014
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Je n'arrive même pas a finir. Il ne se passe rien. Un livre bien ennuyeux. Très déçue ou juste ce n'est pas pour moi.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 un roman insaissable, 12 août 2013
Par 
Lady Lama (Paris) - Voir tous mes commentaires
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"Among Others" est censé être un roman fantasy, d'ailleurs il a été nominé pour le Nebula. Mais le lecteur espérant se plonger dans un monde imaginaire clinquant de personnages extraordinaires et de faits héroïques en sera pour ses frais. Il ne se passe RIEN dans le roman, il n'y AUCUN rythme et paradoxalement je l'ai lu sans difficulté. Ce roman raconte une année dans la vie d'une jeune fille. Cela parle-t-il de l'adolescence? de la famille? de l'amitié? du deuil? du système éducatif? de la société? Un peu de tout cela, et même des romans de science-fiction (l'héroïne, si on peut l'appeler ainsi, Morwenna, est fan de SF), de la littérature en général et accessoirement de la magie et des elfes.

C'est un roman épistolaire, retranscrivant le journal intime de la jeune fille, arrachée de la famille qui l'a élevée (un grand-père et une grand-mère) pour être élevée par un père inconnu, sous le joug financier de ses trois soeurs. Elle va être envoyée en pension dans une école privée, où son accent gallois, son handicap (un vaguement mystérieux accident) et son air revêche vont l'isoler.

C'est un roman d'athmosphère, étouffant, sombre et vaguement glauque, où les seuls moments lumineux sont liés à la nature, quand Morwenna va à la recherche des elfes, et au club de lecture. Bref il n'y a qu'en s'échappant dans l'imaginaire qu'il y a du réconfort, déprimant... L'école est oppressante avec ses codes et ses élèves, elle n'offre pas une seconde d'intimité et la pression sociale est constante. La nouvelle famille de Morwenna est castratrice avec le père prisonnier de ses addictions et de ses soeurs. Quant aux soeurs, elles sont étranges, engluées dans un passé et dans des tâches récurrentes. Même l'ancienne famille de Morwenna véhicule une certaine pesanteur, avec ses rituels qui semblent d'un autre temps. Et ne parlons pas de la mère, menaçante et maléfique.

La première éclaircie dans son monde apparaîtra avec un homme dans un système culturel complètement inconnu à la jeune fille ("le père de son père", qui est juif et vit à Londres, éloigné de la famille, d'une manière "normale" et non pas "gothique" comme le reste de la famille), la seconde avec un groupe de jeunes gens eux aussi éloignés d'elle culturellement. Est-ce que finalement ce roman n'est pas plutôt sur l'identité (se perdre pour mieux se trouver?) que sur la magie, de toute manière inexplicable comme le raconte la jeune fille?
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5.0 étoiles sur 5 would make a great movie, 15 février 2015
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Wonderful writing. Amazingly detailed so that the whole story seems real world possible. Looking forward to seeing what else Jo Walton has written.
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Superbe !, 28 octobre 2012
Par 
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Ce roman a reçu le prix Nebula en 2011 et, bien que ce ne soit certainement pas un livre qu'un large public puisse apprécier (surtout au sein du lectorat SF/Fantasy, hélas, car ce livre leur est en quelque sorte dédié), je comprends absolument pourquoi il a été ainsi récompensé : c'est tout simplement un VRAI roman. Une histoire simple, sobre, mais aussi puissante, très personnelle et qui a un parfum d'authenticité rarement rencontré.

Le récit est écrit à la première personne du singulier, par le personnage central du livre, Morwenna. La jeune fille écrit son journal (à l'envers de façon à ce qu'il ne puisse pas être lu facilement !) et ce fait ne parait jamais comme un artifice pour faire passer émotions et informations. L'écrivain disparait complètement, seule Morwenna reste. Morwenna et le lecteur, qui comprend petit à petit ce qui a conduit à la situation présente.

La qualité d'écriture de ce roman, intime et fluide, est exceptionnelle. J'ai parfois pensé à un autre livre, Sunshine (sans les digressions toutefois) ou aux livres de Victoria Clayton, qui aime semer ses romans de références littéraires avec beaucoup d'enthousiasme et sans aucune pédanterie.
Dans un même genre, très intime, envoûtant et avec une part limitée de surnaturel - pas parce qu'on doute de son existence, mais plutôt parce qu'il est si bien intégré à l'histoire qu'il n'est pas le centre de l'intrigue, même s'il en est le moteur - la série de Septenaigue de Juliet Marillier est du même excellent tonneau (Soeur des cygnes, Tome 1 :, Soeur des cygnes, Tome 2 :, Fils de l'ombre 1, Fils de l'ombre 2).

L'histoire se passe en Angleterre, dans les années 80. Ce choix n'a rien d'anodin, illustrant le souhait de l'auteur d'échapper à la tyrannie des récits actuels, où rien ne peut être envisagé sans internet et téléphones portables. De plus, le récit est un ode permanent à l’essor de la "ScienceFi" pendant cette époque et présente, peut-être avec une certaine malice, les difficultés d'alors à se procurer les livres ainsi qu'à partager sa passion avec d'autres lecteurs. Nul doute que bien des lecteurs de ma génération se reconnaîtront dans cette quête fébrile, à l'époque où rien n'était jamais acquis immédiatement.

Mori a dû quitter le pays de Galles où elle a grandi, entouré de sa soeur jumelle, de ses grands-parents, de ses oncles et tantes, de ses amis, pour aller vivre chez son père, qu'elle ne connaît pas. Celui-ci vit chez ses trois soeurs, qui semblent le dominer entièrement, et Mori est envoyée sans délai dans la pension so british du coin où toute la famille paternelle féminine a défilé.

Quelque chose de terrible s'est passé. On ne sait pas quoi exactement, si ce n'est qu'il y a, bizarrement (bizarrement car le récit est si pragmatique, et que Mori est une scientifique dans l'âme) une histoire de de "fées", une mère inquiétante (folle ? mauvaise ? sorcière ?), un accident qui a coûté la vie à la soeur jumelle et laissé Mori avec une patte folle et douloureuse, et enfin des services sociaux indifférents au fait que Mori n'ait pas été élevée par sa mère mais par tout le reste de sa famille : Mori n'a que quinze ans et doit être remise à la garde de son père.

Mori devrait être terriblement malheureuse, mais elle semble faire contre mauvaise fortune bon coeur, malgré la situation qui n'a rien de réjouissant : elle souffre beaucoup de sa jambe et hanche accidentées, elle n'a plus personne d'aimant à ses côtés, l'école où elle atterrit la rebute complètement et, brusque et solitaire, elle n'a rien pour attirer la sympathie. On devine rapidement qu'elle se remet peu à peu d'un choc violent, aussi psychologique que physique, que l'accident qui a coûté la vie à sa soeur n'était pas un hasard, mais un risque encouru volontairement pour sauver le monde du mal et que Mori, malgré la situation si douloureuse, ne regrette rien.

Mori est courageuse, stoïque même. Elle supporte la vie de la pension, se réfugiant dans ses livres, ayant au moins le confort d'être une excellente élève et de pouvoir échapper aux nombreuses activités sportives du fait de son état de santé. A la place elle lit. Elle lit aussi le matin, avant le réveil général du dortoir, durant la demi-heure du soir avant l'extinction des feux, elle lit pendant les cours ennuyeux, elle lit pendant les pauses, bref elle lit en permanence, enchaînant sans coup férir lecture sur lecture !
Les connaisseurs auront ainsi le plaisir de croiser des auteurs connus (ce n'a presque jamais été mon cas, mais je n'en ai pas été gênée). Mori adore Ursula le Guin, Delany, Zelazny and Heinlein (même si elle trouve sa fantasy nulle), découvre les premiers livres de Pern d'Anne McCaffrey.

La vision de cette école très typée, avec son règlement non écrit qui régit subtilement le classement interne des élèves, le manque total d'intimité, les dons significatifs de gâteaux, les points donnés ou retirés par les préfets ou les professeurs, rappellera à bien des lecteurs français la vision donnée par la lecture des Harry Potter !

Plus qu'être une élève brillante, Mori est précoce, peut-être même sur-douée. Et le rendu d'une personne à la fois très jeune et très intelligente est exceptionnel. Mori n'est pas naïve, a l'esprit large, mais garde une certaine candeur très touchante malgré son ton, toujours ferme, pragmatique et passionné. On entend réellement penser une jeune fille brillante de quinze ans, sans jamais aucune fausse note, c'est incroyable d'authenticité.

Le pan "magique" de l'histoire, quoique fondamental, est assez peu développé et ne peut pas constituer un élément d'appel pour le lecteur. L'idée de fond est pourtant très intéressante : la magie présentée ici (une magie non reconnue, jamais publique) est telle qu'il n'est jamais possible de savoir si l'acte magique a porté ses fruits au non ! J'ai trouvé cette idée excellente et bien mise en scène.
Comme le dit si bien un commentateur du côté anglais d'Amazon, Federhirn : "It is a story featuring fairies and magic, but not in any way I've ever encountered them before. This book is set in our world, not any other, and you may soon find yourself wondering whether it is really a book about believing in fairies and magic, rather than a book about actual fairies and magic. Things are so subtly interwoven and so grounded that I was not sure of my narrator, which made the novel very interesting."

Ce livre, qui part dans une ambiance très sombre, est pourtant très positif : c'est l'histoire d'un deuil, du deuil d'une soeur pour sa soeur jumelle, du deuil de l'enfance. L'aspect "magique" est plus un à-côté, un des paramètres de ce qu'est Mori. Le courage stoïque de cette jeune fille, qui refuse de se laisser submerger par le désespoir et qui arrive, par un moyen ou un autre, à supporter son nouveau cadre de vie, à se faire des amis qui partagent sa passion et qui réapprend à aimer la vie, à lui faire confiance, est remarquable.

Il est bien difficile de mettre en valeur ce roman dont les qualités sont dans la sobriété, je vais donc rajouter quelques passages que j'ai trouvés frappants :

"One of the things I've always liked about science fiction is the way it makes you think about things, and look at things from angles you'd never have thought before.
From now on, I'm going to be positive about sexe"

[à propos de sa mère]
"I've seen her wear a wedding dress to go shopping, and a winter coat in July, and be barely covered in January. Her hair is long and black and even combed and tamed it looks like a nest of snakes. If she wore a burberry and a silk scarf it would like a disguise, a cloth dragged over an altar where something had been sacrified"

[à propos de son grand-père paternel, qu'elle vient de rencontrer pour la première fois]
"I like Sam. I was sorry to say goodbye. I wrote down his adress and gave him mine in school. I wanted to talk to him about being Jewish and what Sharon had said, and about my thought about being a rich Jew, but I didn't want to with my father there. He made it awkward. It's easier with Sam. For one thing I don't have to feel grateful to him, and for another, he doesn't have to feel guilty about me".

[reportant l'une des frustrantes conversations avec l'une des "fées", Glorfindel]
"'Half way', Glorfindel said, and he didn't mean I was half hald dead without her [sa soeur] or that she was halfway through or any of that, he meant that I was halfway throught 'Babel 17' and if I went on I would never find out how it came out.
There may be stranger reasons for being alive.
There are books. There's Auntie Teg and Grampar. Thre's Sam, and Gill. There's interlibrary loan. There are books you can fall into and pull up over your head. There's the distant hope of a karass sometime in the future. There's Glorgfindel who really cares about me as much as a fairy can care about anything".

"I miss the mountains. I didn't miss them before, except in thinking how unattractively flat it was here. But now I have been home and had them around me for a while, I miss them actively, more than my living family, more than being able to shut the toilet door. It's not really flat here, it rolls, and I can see the mountains of North Wales in the distance when it's clear. But I miss having the hills tucked up around me".

"It makes me melancoly to remember, but a little bit of the security and excitement commes through from the way I was feeling in the memory. Memories are like carpets, I keep them piled up in one big pile in my head and don't pay much attention to them separately, but if I want to, I can get back in and walk on them and remember".

"(I do not miss my toys. I wouldn't play with them anyway. I am fifteen. I miss my childhood)".

[à propos de magie, mais qui s’adapte très bien au contexte actuel de la “bagarre” livre numérique/livre papier]

“And with books especially, books as objects are not what books are, it’s not what’s important about them”.

[un passage amusant alors qu'elle est à l'hôpital pour une extension très douloureuse de sa jambe accidentée et qu'elle cogite sur l'état d'esprit et les compétences de son médecin, qui a forcément, se dit-elle, un certain niveau d'étude, non ?]
"Only one more day in the rack. I'm starting to wonder if sadists could get three 'As' at A Level, but if Dr. Abdul was a sadist he'd come around and gloat more. It's clear he's entirely indifferent. He didn't look at my face at all, and barely even at my leg, it's just the x-rays that interrested him. I'm trying to see this as a good thing. Three 'As' at A Level is starting to seem like a very small thing to hold so much weight of trust".

(Remarque : d'après Wiki, ce roman paraîtra en français en 2014, aux éditions Denoël, collection "Lunes d'encre").
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Nothing really happens, 18 mai 2014
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Nothing happens in this book. I like books with action and plot twists. To be reserved for inconditionnal fans of the author only.
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