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Difficile d'écrire sur un classique de la comédie à l'italienne comme le Fanfaron (Il Sorpasso). Redécouvert et réévalué dans les années 80, alors qu'il fut plutôt boudé par la critique et le public lors de sa sortie en salles en 1962, ce film de Dino Risi a vraiment tout pour plaire. Il ravira aussi bien l'amateur que le plus exigeant des cinéphiles. Basé sur un scénario d'Ettore Scola et de Dino Risi, Le Fanfaron est peut-être bien le premier road-movie de l'histoire du cinéma. Une bande son remarquable, des acteurs qui prennent leur pied, et un voyage en Italie comme on en a rarement vu sur grand écran. Le sentiment aussi que nous tenons là un chef-d'œuvre de la comédie italienne avec un aspect documentaire non négligeable puisque cette histoire rocambolesque témoigne de cette Italie du début des années 60, alors en plein boom économique. Mais c'est aussi une satire à l'encontre de la société toute entière (l'enrichissement des classes moyennes, les plaisirs hédonistes, la découverte du capitalisme...). La critique à cet égard est bien féroce mais justifiée, et l'on comprendra que cette comédie est finalement une fable douce-amère... Alors, bien sûr, dès le début de ce long-métrage, Dino Risi utilise toutes les ressources de la comédie, et l'on ne manquera pas de rire aux éclats, tant sont jubilatoires les dialogues et les frasques des personnages. Mais Risi en profite pour explorer l'évolution des mentalités de son époque. Et plus le film avance et plus l'on perçoit la volonté du cinéaste de montrer un certain désenchantement... Non pas que c'était mieux avant, mais sa foi en l'homme est vraiment sans appel... En effet, "Il Sorpasso" est un miroir parfaitement lucide de cette époque, la conscience d'un auteur sur sa société (l'automobile, véritable objet de culte, la frime, le fric, la disparition de la modestie et de la courtoisie, et la vulgarité qui commence à s'afficher sans vergogne ni pudeur, etc...).

Le film met en scène un personnage célibataire, Bruno Cortona, la quarantaine bien entamée (Vittorio Gassman, impressionnant), beau gosse, plein de fougue et de panache, déconneur, ne songeant qu'à une chose: profiter de tout, "vite et maintenant" (la scène du restaurent, ou celle au cours de laquelle on le voit danser et dialoguer avec la femme de son patron, ne manquent pas de piquant, mais c'est surtout dans sa façon de conduire son coupé sport que l'on cerne le personnage..). Et quand c'est jour férié en Italie (un 15 août), qu'il fait beau et que tout Rome est déserté, que les boutiques sont fermées (impossible d'acheter des clopes..), il est un peu désespéré le Bruno... Alors, forcément, il cherche à voir ses amis, mais en vain... Et c'est à toute vitesse, dans les rues de la capitale, qu'il lance sa Lancia. On l'aura compris, Il Sorpasso est aussi un film sur les frustrations de la solitude. Très vite, il interpelle un jeune étudiant perché à sa fenêtre (Jean-Louis Trintignant au jeu sobre et tout en retenue). Démarre alors pour ces deux hommes qui ne se connaissent pas une aventure folle de deux jours.. Elle sera forcément inoubliable, pour l'un comme pour l'autre... L'intérêt du film réside aussi, on l'aura compris, dans l'opposition entre les deux protagonistes (Bruno/Gassman opportuniste, sans gêne, et carrément extraverti, Roberto/Trintignant, timide, malléable, intraverti...). La voix off de Roberto traduit d'ailleurs ses pensées les plus profondes en contradiction avec ses actes... Si l'un dit tout haut ce qu'il pense, l'autre, au contraire, est plus réservé, du moins au début... Au contact de ce fanfaron de Bruno, le jeune Roberto va découvrir une autre façon de vivre, et ouvrir peu à peu les yeux sur le monde qui l'entoure...

La liberté des acteurs, et donc leur sens de l'improvisation, sont ici remarquables. Gassman et Trintigant dépassent tous deux la représentation simpliste et caricaturale des comédies dites "classiques". Le premier (dont on apprend, dans les bonus, que ce film figure parmi ses préférés) associe son portrait et ses joutes verbales à des moments mémorables de rire libérateur, il vit si bien son personnage que jamais dans une comédie, de mémoire de cinéphile, un être ne m'était apparu aussi authentique... Dans Le Fanfaron, le spectateur ne sera pas au bout de ses surprises. Improvisation, donc, comme ce thème de jazz endiablé qui ouvre le film. Mais aussi un rythme soutenu. L'interprétation de Gassman s'en trouve d'autant plus délicieuse que rien ne semble l'arrêter dans cette aventure. Ce type n'a peur de rien. Si des scénaristes comme Ettore Scola ont tenu un rôle non négligeable pour la réussite de ce fleuron de la comédie italienne, j'ai eu pour ma part le net sentiment que ce sont les acteurs qui portaient vraiment le film. Comédie jubilatoire, film désenchanté, maîtrise technique vertigineuse, plans-séquence de toute beauté, regard sur l'évolution des mœurs italienne des années 60, fable douce-amère, Il Sorpasso, c'est tout cela à la fois. La description incisive proposé par Dino Risi est vraiment efficace. Le portrait synthétique des travers, des malaises et des aberrations de la société italienne font mouche. C'est du très grand art. Enfin, une réflexion vient se greffer sur le bonheur éphémère, celui de toute une jeunesse... Voici donc un film complet qui témoigne d'une éclatante vitalité et n'a pas pris une ride plus de cinquante après sa réalisation: un pur divertissement doublé d'une réflexion sociale acérée. A ne manquer sous aucun prétexte.

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Dans les suppléments : trois interviews fort intéressantes: une de Dino Risi, une autre de Vittorio Gassman, et enfin une d'Annette Strayberg. Langues : français et italien (avec sous-titres français). Merci de m'avoir lu jusqu'au bout...
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Dino Risi (1916-2008), qui avait fait des études de médecine et songé à devenir psychiatre, le sarcastique et impertinent réalisateur de tant de comédies féroces sur l’Italie de l’après-guerre, sort en 1962 ‘Le fanfaron’ (en fait ‘Il sorpasso’, celui qui surpasse les autres, 105mn, en N&B, écrit avec la collaboration d’Ettore Scola -qui n’est devenu metteur en scène qu’à partir de 1964- comme de Ruggero Maccari, musique du grand Riz Ortolani), un film drôle et grave sur l’archétype de l’Italien d’alors, séduisant, mais surtout bête et arrogant, un incroyable frimeur qui, au volant de sa Lancia blanche, se croit tout permis et que joue, pied au plancher, Vittorio Gassman (1922-2000, génois, né d’un père allemand, qui fut un grand acteur de théâtre -notamment sous la direction de Luchino Visconti- avant que de triompher au cinéma dans ‘Le pigeon’ en 1958 et qui enchaîna ensuite les rôles à la vitesse du grand vent, jusqu’à devenir l’un des plus célèbres acteurs de la péninsule italienne).

Un 15 Août, Vittorio Gassman traverse en trombe les rues de Rome déserte, s’arrête à une fontaine pour boire un peu d’eau, voit Jean-Louis Trintignant (qui a souvent tourné en Italie à cette époque-là et à qui ce road-movie avant l’heure n’a pas dû déplaire puisqu’il a failli devenir coureur automobile) à la fenêtre de son appartement, pénètre chez celui-ci pour y donner un coup de fil et finalement entraîne ce solitaire, timide et réservé puceau, étudiant en 4° année de droit, dans une effarante promenade avec l’amour et la mort au rythme du klaxon musical de sa décapotable sur la route des vacances ; l’objectif étant de faire comprendre à Trintignant, en deux jours chrono, ce qu’est la vie. Sur le sentier de la guerre, à l’assaut des jolies teutonnes -notamment-, l’horripilant dragueur-moqueur Gassman court, vole, ment, serre les filles en pantalons Capri et soutien-gorge Scandale plus fort qu’une guêpière, jusqu’à jeter son discret, mais mignon compagnon de route et de beuverie dans les bras de sa propre fille, la délicieuse Catherine Spaak (la fille du célèbre scénariste et dialoguiste belge Charles Spaak, née en 1945 et qui a fait l’essentiel de sa carrière de l’autre côté des Alpes)...

La Lancia blanche qui file à toute allure sur des autoroutes sans lignes blanches, larges et encore peu fréquentées symbolise évidemment l’Italie d’alors, celle du miracle économique, qui n’avait peur de rien et ne connaissant aucune règle ni aucune limite, celle d’une fausse idée du bonheur. L’aspect documentaire du long-métrage en fait tout le sel. Joyeux et cruel, ‘Il sorpasso’ n’a perdu ni son charme, ni son intérêt. Si vous aussi pensez que l’essence est le meilleur ami de l’homme, cette noire comédie de mœurs vous attend !

A noter : sur le tableau de bord de la Lancia, on peut voir une photo de BB, avec laquelle Trintignant avait eu une liaison qui avait mené à la séparation du couple Vadim/Bardot ; quant à Vittorio Gassman, il vivait alors avec la danoise Annette Stroyberg -qui fait une apparition dans le film en touriste allemande-, qui était justement devenue -pour peu de temps- l’épouse de Roger Vadim après que celui-ci eut divorcé de Brigitte Bardot...
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le 24 août 2012
Attention, chef d'œuvre !
C'est l'histoire de deux hommes que tout oppose. Bruno (Vittorio Gassman, époustouflant), la bonne trentaine extravertie, est un fonceur et un coureur que rien n'arrête. Roberto (Jean-Louis Trintignant, intense), est un jeune étudiant timoré, embourbé dans ses principes et son manque de confiance en lui. Ils ne se connaissent pas, mais il suffira au premier quelques minutes pour entraîner le second dans un "road movie" prenant des airs de quête initiatique à la recherche du sel de la vie...

"Le Fanfaron" (Il Sorpasso), réalisé en 1963 par Dino Risi, est l'une des plus belles comédies italiennes jamais tournées, un des plus grands films transalpins et par extension un très grand moment de cinéma.
La force du film est de concilier le fond et la forme en mêlant un divertissement irrésistible de haute volée à une fable symbolique profonde et sensible de l'Italie, qui subissait à l'époque une grande mutation après le "boom économique" de l'après-guerre. Ainsi, les deux personnages principaux représentent chacun un visage de l'Italie. Roberto incarne l'Italie d'hier, conservatrice, honnête et travailleuse, mais également terne et bigote. Bruno incarne l'Italie qui arrive au terme du "Boom économique" : libérale, individualiste, sans morale, mais incontestablement plus séduisante. Le magnifique titre original ("Il sorpasso"), signifie d'ailleurs "celui qui double", offrant une invitation à lire entre les lignes d'un scénario dense et brillant, dans lequel les vestiges du passé sont dépassés par la folie de l'avenir...
Dans cette logique, la route que sillonneront les deux hommes sera la grande route des vacances qui relie toute la côte méditerranéenne du pays. Elle symbolise l'évasion et l'insouciance de ceux qui partent en vacances, et annonce les préoccupations de l'Italie nouvelle. La fin sera brutale, comme une allégorie du passage entre une époque et une autre, sachant que seule l'une des deux pourra continuer...

Au delà de cette richesse thématique, "Le Fanfaron" est une délicieuse comédie, superbement mise en scène. La caractérisation des deux personnages principaux passe par un procédé purement cinématographique qui coule de source : Alors que nous entendons les pensées de Roberto en voix-off, nous permettant d'assister intimement à son introversion, ce n'est pas le cas en ce qui concerne Bruno, qui dit tout haut ce qu'il pense et monopolise quasiment tous les dialogues !
Bruno personnifie l'Italien moderne dans toute sa splendeur. Celui que tout un chacun surnomme aujourd'hui le "Rital", exubérant, bruyant, dragueur, racoleur et un brin futile, auquel Vittorio Gassman parvient à donner de l'épaisseur, jusqu'à le rendre profondément attachant.
Le film est un solide divertissement en forme de "road-movie", dynamique comme pas deux (ce qui lui permet de traverser le temps comme par magie) au son d'une bande originale magnifique, rythmée par les tubes de l'époque, ce qui était une première dans l'histoire de la mise en scène. L'air de rien, il aura fait école et sera sans cesse cité comme source d'inspiration par de nombreux réalisateurs américains, Dennis Hopper (Easy Rider est ouvertement inspiré par le "Fanfaron") et Martin Scorcese en tête.
Voir "Le Fanfaron" aujourd'hui, et ce malgré sa fin abrupte, assure au spectateur une joie de vivre et lui procure une pêche d'enfer. Il permet de se plonger dans l'Italie insouciante des 60's et se pose comme un contrepoint idéal à La Dolce Vita de Fellini au niveau des thèmes abordés.

La présente édition propose en bonus quelques interviews, comme celle de Dino Risi (20'), celle de Vittorio Gassman (4') et celle d’Annette Stroyberg (10'), ainsi que les habituelles filmographies écrites... Des bonus relativement intéressants sans être non plus incontournables. Le film est disponible en VF et en VOST.
22 commentaires|2 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 22 août 2009
Un road-movie dans l'Italie de l'après-guerre, avec un Vittorio Gassman exceptionnel en fanfaron séducteur et un Trintignant, étudiant sérieux, qui se laisse emporter par la furia italienne ! Cultissime !
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le 13 août 2013
Quel délice de voir ce petit chef d'oeuvre italien des belles années. Comme malheureusement trop souvent, en regardant ces superbes films ds années 60 (1962), nous nous apercevons de la terrible décadence que nous avons subie en 50 ans...
Voici un "road-movie" italien servant de trame à une petite tranche de vie par lequel au volant d'un joli cabriolet nous découvrons Rome et les belles routes italiennes ensoleilées, sommes bercés par l'esprit libre, la découverte, l'attrait féminin, l'importance de l'amour. Nous retrouvons la fougue de la jeunesse et peut-être tout simplement la vie. On s'évade, on voyage, on rit, on s'attache aux personnages, on est émerveillé par la liberté et on redécouvre ce qu'était la civilisation. L'interprétation de Vittorio Gassman est époustouflante d'énergie. Jean louis Trintignant incarne à merveille un rôle sensible et délicat. Ah, si nous pouvions revivre cette époque !
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le 7 mai 2014
Je ne reviens pas sur l'histoire et sur le déroulement du film, d'autres commentaires ont parfaitement retracé cette comédie. J'ai eu personnellement du plaisir à revoir "le Fanfaron" et mes souvenirs m'avaient certes trahis mais globalement mon impression était restée la même et par ailleurs le film étant un témoignage de l'époque fin des années 50 il n'a pas vieilli. Evidement nos deux compères sont remarquables mais je reste sur une petite déception. D'autres films italiens ont marqué cette époque, et je ne trouve pas que celui-ci soit un chef d'œuvre même s'il est emblématique de la production italienne de ces belles années.
D'ailleurs que nous dit cette fin tragique ? La société qui nous arrive à cette époque avec l'explosion économique d'après guerre, y compris en Italie, sera-t-elle à ce point corrompu ? Si oui, le "Petit juge" ou son autre titre "Au nom du peuple italien" est plus achevé.
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le 9 novembre 2015
Rome, Ferragosto 1962. Roberto, qui essaie péniblement de réviser son droit, a le malheur de se mettre à la fenêtre où l'aperçoit Bruno Cortona, grand dégingandé et sans-gêne, venant d'être planté par ses amis et à la recherche d'une bonne âme pour lui tenir compagnie en ce jour férié. Bruno réussit à s'introduire chez Roberto sous le prétexte d'appeler ses amis puis s'incruste et finalement l'entraîne avec lui dans un road-movie délirant au volant de sa rutilante et puissante décapotable. La quête initiatique commence pour le jeune Roberto pétri de scrupules, l'insolant Bruno l'amenant à réfléchir et lui révélant quelques vérités sur sa famille. Tout le monde en prend pour son grade dans cette peinture de la société italienne, surtout les curés et religieuses honnis par Bruno qui ne respecte rien, surtout pas l'église qui lui refuse son divorce. Dino Risi, maître de la comédie italienne, signe là son chef-d'oeuvre. L'attachiant Bruno et le timide Roberto, le jour et la nuit, sortiront tous deux transfomés par cette aventure. Un film plus profond qu'il n'en a l'air et pourtant hilarant, sans temps mort.
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le 24 février 2016
...surtout en plein virage. Au volant de ce film-bolide : Risi, Scola et son fidèle complice Ruggero Maccari, excellent scénariste ici à son meilleur.
Clap de début : le 15 août 1962, sous les soleil romain exactement, pour un vrai "road movie", c'est à dire une oeuvre où l'on voit un personnage évoluer (naître à lui-même) au long de la route. Un film qui rend bien compte (sociologiquement, historiquement) de l'Italie du boom, l'Italie qui va de l'avant (au Nord, au moins), à toute vitesse avec sa voiture bientôt reine et ses frigos tout neufs.
A bord, un couple de contraires : un grand brun et un petit blond, un extraverti et un inhibé, une grande gueule et un timide, un self-made-man d'origine juive et un bourgeois catho bien élevé.
Quel personnage que celui de Gassman ! Phénoménal, inoubliable, force vitale !
S'il était un animal, ce serait un loup, affamé, jamais rassasié, suivant les femelles à la trace. Une sorte de Don Giovanni reniflant "l'odor di femmina". Repu de soupe de poissons (apparemment sa potion magique) il se lance à l'assaut de la serveuse de la trattoria, nouvelle Zerlina, conquiert la tante à la hussarde et se livre à un slow chaud bouillant avec l'accorte femme du commendatore. "Ouh la la", fait la blonde peroxydée quand elle sent l'intensité de l'intérêt qu'il lui porte. "Modestamente...insomma" lui répond le gaillard. Une réplique culte, inventée par l'acteur.
Le débrouillard, homme d'expédients limite escroc, est à la fois catalyseur et révélateur : c'est lui qui flaire les secrets de famille et révèle les parentés secrètes, lui qui apprend la joie de vivre et de jouir à l'étudiant trop sage. Il apporte de la lumière mais façon Lucifer, ange déchu.
Car la mort rôde tôt avec le premier accident du camion. La mélancolie s'insinue vite avec la nostalgie de l'enfance et cette peur de la solitude qui réunit père et fille. La fin, triste et brutale, donne tout son sens au titre original (sorpassare = doubler une voiture, "sorpasso"= dépassement). Un épilogue imposé aux producteurs longtemps réticents. Comme quoi la "comédie" à l'italienne est toujours une tragi-comédie. Comme la vie, quoi !
Gassman, grand acteur de théâtre classique et star populaire sur grand écran depuis "Le Pigeon" (Monicelli, 1958), sortait alors d'"Anima nera", film de Rossellini, échec cuisant. Le rôle avait d'abord été proposé au grand Alberto Sordi qui refusa, trouvant le personnage trop négatif. L'Albertone dut s'en mordre les doigts...
Trintignant, lui, venait du bel "Eté violent" de V.Zurlini et remplaçait au pied levé Jacques Perrin d'abord pressenti. Plutôt mal doublé en VO, je le trouve plus effacé que convaincant en gentil garçon, le préférant en "méchant", en être trouble (comme chez Bertolucci ou Michel Deville). Et puis, surtout, en VO, il manque sa voix, si caractéristique, si envoûtante, une vraie signature à nulle autre pareille...
Le troisième personnage de l'histoire, enfin, s'appelle Aurelia, coupé Alfa Romeo de son état, avec sa voix bien à elle : un klaxon tri-ton strident (fabriqué par un cousin de Risi et qui fit sa fortune). On voit une photo porte-bonheur de Brigitte Bardot sur la planche de bord. Elle fut la petite amie de Trintignant. Clin d'oeil?
Le succès du film (comme l'explique le réalisateur nonagénaire en bonus) fut énorme mais de bouche à oreille car la critique avait fait la fine bouche. Sorti aux Etats-Unis sous le titre "The Easy Life", le film a directement inspiré le "Easy Rider" de Denis Hopper (1969).
NB : le beauf Gassman se moque du cinéaste intello Antonioni avec son "aliénation" et l'incommunicabilité par quoi l'on résume souvent son style exigeant. Risi brocarde ainsi "L'Eclipse" avec Monica Vitti et Alain Delon (1962). Il s'agit pourtant d'un autre très beau film...mais pas dans le même genre.
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le 14 janvier 2016
Trintignant en timide étudiant, que tout oppose à Bruno, l'italien du sud extraverti, sans complexe et sans gène, joué par Gassman.
L'Italie sérieuse face à celle de la dolce vita insouciante et circulant pied au plancher dans une Lancia Aurélia, (la 3ième star du film) à grands coups de klaxons 3 tons.
L'Italie du miracle économique des années soixante, du twist, des spaghetti, de la drague au bord des plages le 15 août.
Les jeunes italiens qui se dévergondent (A noter, l'apparition de Catherine Spaak, 17 ans alors, dans l'un de ses premier rôles).
Ce road-movie commence comme une comédie mais comme souvent dans le cinéma italien, la gaieté et l'insouciance masquent finalement un certain mal-être chez les personnages. Le scénario vire à la tragédie dans la scène finale.
Tous les ingrédients sont là pour faire de ce film une oeuvre capitale, qui ravira tous les publics et particulièrement ceux qui ont connus les rivages de l'Italie des années 60 en été.
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le 29 avril 2014
Non, le Fanfaron n'a pas vieilli. C'est rapide, enlevé, parfois grinçant, intelligent, lucide, et sous un vernis drôlatique, désespéré: un grand film de ce cinéma italien inimitable qui nous manque. Avec en prime deux fabuleux acteurs. A découvrir ou à revoir.
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