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40 internautes sur 41 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un éclairage différent qui se révèle essentiel, 26 septembre 2012
Par 
Nicolas - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach: Six Suites for cello solo (CD)
Après de longues années passées à étudier, jouer ses suites en concert ou à les graver au disque avec deux versions majeures, Pieter Wispelwey, fidèle à son esprit de découverte et de remise en cause permanente, revient pour nous livrer une version qui va encore plus loin avec notamment l'utilisation d'un diapason plus bas (392 hz) que le diapason baroque traditionnel.

Essayons de résumer nos impressions:

LE SON

L'utilisation du "diapason de Koethen" produit un timbre différent en forme de clair-obscur mais plus lumineux que sombre

La prise de son trés colorée et chaleureuse parait extremement bien réussie, très adaptée au timbre spectral résolument baroque de ce violoncelle Rombouts de 1710.

Ce son magnifique, chaleureux et très bien défini est particulièrement jouissif quand c'est Pieter Wispelwey qui joue avec la technique aussi variée que parfaite qu'on lui connaît.

C'est d'ailleurs l'une des seules versions baroques à ne pas être enregistrée dans une église, avec la seconde de Bylsma, à la différence près que Wispelwey prend soin de produire du beau son.

L'APPROCHE INTERPRETATIVE

Contrairement à sa seconde version où Wispelwey emballait les phrasés innovants dans une sorte de continuité certes bondissante mais finalement assez classique, Wispelwey n'a ici plus peur d'introduire de véritables silences et des ponctuations abruptes dans son discours.

C'est à mon avis le propre des grands artistes (Hopkinson Smith, Gustav Leonhardt, Blandine Verlet...) que de pouvoir jouer avec ces silences et cette clarté qui peuvent facilement chez d'autres exposer cerataines faiblesses techniques ou de tenue du tempo. Cette réussite dans la prise de risque est encore plus impressionante compte tenu de la richesse ornementale ici exposée.

Wispelwey n'a pas peur de couper les élans "naturels", qui à mon avis afadissent souvent le discours mais que nos oreilles classiques ont tendance à naturellement rechercher. Ainsi il nous interroge voire nous dérange pour bousculer nos préjugés, mais il le fait sans violence, très subtilement.

On admire aussi la richesse des articulations, des ornements, des rythmes, des intentions rhétoriques et en même temps cette version ne divague pas. Elle a une sorte de force vitale finalement pas si éloignée de Rostropovitch sans les travers de ce dernier.

C'est donc une approche résolument théatrale des suites de Bach, résolument rhétorique et élaborée, dans la tradition de la seconde version de Bylsma, mais sans les excès et sans les sons bizarres/inouis ni sans les périodes de calme presque classiques de ce dernier. Cette dernière version de Wispelwey est également plus variée dans l'ensemble et plus apaisée que celle de Bylsma. Elle est finalement très proche de celle de Bruno Cocset avec une meilleure prise de son et des rythmes plus pointés.

LES POINTS FORTS

D'abord, les préludes sont tous admirables:
Prelude de la première suite: libre et insaisissable comme l'oiseau sautillant sur la branche puis virevoltant dans les airs
Prelude la seconde suite: sur la pointe des pieds, moins ténébreux qu'à l'habitude et très dansant
Prelude de la troisieme suite: très rapide et pourtant si clair, si naturel, pas forcé...brillant!
Prélude de la quatrième suite: toute une histoire à lui tout seul
Prelude de la 5eme suite: clarté polyphonique, style brisé métamorphosé "en 3 dimensions"
Prélude de la 6eme suite: plus interrogatif et inquiet qu'à l'habitude mais très fluide

Ensuite et surtout, je trouve que les trois premières suites dans leur intégralité sont toutes magnifiques.

LES QUELQUES RESERVES

La 4eme suite légère et très élégante peut par moments apparaitre un peu compliquée et nerveuse et on peut parfois manquer d'un registre grave plus puissant.
La 5eme suite, une des plus impressionantes mais des plus compliquées à jouer, peut paraitre ici et là un peu difficile à suivre même si les phrasés sont particulièrement innovants et intéréssants.
La 6eme suite, sur violoncelle piccolo anonyme, est trés chantante et raffinée même si elle peut paraitre bizarrement presque sage par rapport à d'autres versions.

CONCLUSION

Il s'agit finalement une version qui a des qualités énormes, très riche et qui tient très bien à la réécoute.

Elle offre à la fois la maturité technique de la seconde version (sans l'utilisation extensive du legato) et l'élaboration rythmique de sa première (sans l'insolence simplicité de la jeunesse) même si ce questionnement permanent de l'oeuvre peut enlever une certaine évidence et rendre l'écoute plus difficile à certains moments (à l'auditeur de se mettre à la hauteur aussi!)

L'utilisation inédite de ce diapason et la modification qu'il apporte au son des violoncelles baroques ouvrent une voie prometteuse mais demande peut-etre un temps d'adaptation des auditeurs (voire des interprètes) pour pouvoir exprimer tout son potentiel.

Nul doute que la prochaine version de Wispelwey sera encore meilleure... même si ce passionant enregistrement n'a à rougir devant aucune autre version et est chaudement recommandé en particulier pour les passionés de la redécouverte baroque de ces suites (qui est loin d'être terminé comme le DVD le suggère).
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11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Rencontre des 3em Suites, 20 novembre 2012
Par 
GERARD Dominique "KANTATEN" (Alpha du Centaure) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach: Six Suites for cello solo (CD)
Tout d'abord, un coup de chapeau sincère à Nicolas qui aura été le 1er à s'exprimer sur cet extraordinaire enregistrement.
J'ai eu un Professeur qui nous répétait :"Et n'oubliez pas ni l'étiologie et ni le contexte". Il avait raison. Les quelques lignes qui suivent ont pour objectif de savoir d'où on part pour mieux saisir où l'on va...et situer le présent enregistrement. J'espère que vous ne les trouverez pas superfétatoires.

PREAMBULE.
La Suite provient de la juxtaposition, au 16em siècle, de 2 danses différentes: une modérée binaire et une plus rapide ternaire. Fait important la Suite possède en son origine une forte dimension corporelle: la Danse.
FROBERGER établit la structure de la Suite qui sera peu ou prou celle qu'utilisera JS BACH: un prélude introductif, une allemande, une courante, une sarabande, 2 danses variables ( menuet,bourrée ou gavotte) et une gigue en final...la dimension charnelle reste prégnante.
JS BACH compose ses 6 Suites pour violoncelles seul entre 1717 et 1723 à KÖTHEN, principauté Calviniste. Incontestablement, il a du éprouver une intense jubilation, cet inexpugnable expérimentateur,à écrire pour un instrument à 4 cordes peu aimé à l'époque, alors que la viole de gamble recueillait tous les suffrages.
Il n'avait de choix que d'innover, en réinventant un univers contrapuntique sur un instrument au potentiel polyphonique apparemment limité.
Et il a réussit magistralement.
Donc: danse,corps,innovation et dextérité dédiée
Par malheur, les partitions autographes des Suites ont disparu et leurs copies ne font leur apparition qu'en 1825. Dès 1901 Pau CASALS commence à les jouer. La musique dite "Classique" s'empare de ces oeuvre qu'elle "interpréte" avec bonne foi sans doute, mais aussi avec ses instruments et ses approches...qui reste objectivement éloignés de celles de la période Baroque...ainsi que des 4 thêmes évoqués plus haut. Il ne s'agit pas, dans ce propos d'opposer, mais de légitimement différencier.
Il faut attendre 1992 et le talentueux et aimable BYLSMA pour disposer d'une version mémorable, baroque et plutôt bien enregistrée.

LE PRESENT ENREGISTREMENT: SUPERBE
WISPELWEY en est donc à sa 3em version des Suites. Je partage l'avis de Nicolas sur les 2 premières avec une nuance : à l'aulne de celle-ci la première risque bien de devenir un peu plus "sa" "classique" !
Pour la présente captation notre excellent musicien remplace son violoncelle NORMANN de 1710 par un ROMBOUTS de la même année.
Mais, élément fondamental, il passe de 415 HZ du modèle traditionnel des instrumentistes baroques au 392 HZ soit un demi-ton plus bas.
Bien plus que la modification de fréquence, le changement de tension de cordes oblige à adapter en continue la façon de jouer.
La justesse est moins aisée à trouver et l'instrument à tendance à se désaccorder plus facilement.
Cependant la sonorité devient magnifique, plus grave, plus boisée et s'harmonise mieux avec l'oeuvre.
Du reste, le diapason 392 était celui en vigueur à la cour de KÖTHEN à l'époque où JS BACH élaborait ses Suites. La boucle est bouclée.
Le violoncelle est ici plus volubile. Les retours d'archet, qui semblent parfois plus âpres, laissent entendre plus de vérités sur l'instrument et son jeu dynamique..quel son!
L'excellente prise de son nous fait percevoir véritablement le corps à corps entre le musicien et son instrument.
La danse initiale et elliptique reprend ses droits dans cette version incroyablement humaine et baroque. Elle bruisse de vie, de 'sauvagerie" contenue, une merveille qui ne s'exonère pas de sa dimension charnelle.
WISPELWEY n'hésite pas à recourir à des micro-silences pour relancer le rythme.
L'articulation des phases, les respirations et la qualité du rubato font également la différence.
Cet enregistrement parle une langue connue à notre coeur, notre esprit et notre corps. Bien sur qu'il bouscule nos habitudes..tant mieux. Certains ne l'aimeront pas

Le DVD qui accompagne les 2 CD est fort interessant, il explique la genèse de la démarche de WISPELWEY et apporte moult renseignements (Sous-titres en français).

Cet enregistrment va rejoindre chez moi ceux de BYLSMA, COCSET et de QUEYRAS (trop méconnu). En attendant je l'écoute en boucle. Une réelle réussite, fruit du travail incessant d'un MUSICIEN d'exception

Je précise quand même que je vous recommande plus que chaudement cet admirable coffret !!!

Bonne et revitalisante écoute

Bien à vous toutes et tous.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Remarquable, 27 mars 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach: Six Suites for cello solo (CD)
C'est la troisième fois que Peter Wispelwey enregistre les suites, et c'est comme s'il les découvrait. Une interprétation passionnante, qui revient sur un certain classicisme tranchant avec le côté iconoclaste de la production initiale. Enregistré sur deux disques, pour un meilleur échantillonage ?
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5.0 étoiles sur 5 Une de plus, mais....., 13 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach: Six Suites for cello solo (CD)
Pas une de trop. Exécutées ou plutôt interprètées avec beaucoup d'inspiration, de réflexion et de personnalité. Je ne connais pas les deux premiers enregistrements de Wispelwey, mais la démarche intellectuelle et musicale pour approfondir le décriptage de ces suites (voir le DVD en accompagement, très bien fait) est très intéressante et l'enregistrement, techniquement, est excellant. Envoutant.
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une version passionnante, 21 novembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach: Six Suites for cello solo (CD)
Si la version de 98 était déjà considérée comme une référence, que dire de celle-, sinon qu'elle la surpasse .En baissant le diapason, c'est un nouvel éclairage, et un fondamental, que Wispelwey apporte. C'est comme si toute l'articulation devenait plus claire, plus évidente sans jamais s'alourdir. Une version à acheter impérativement!
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Bach: Six Suites for cello solo
Bach: Six Suites for cello solo de Pieter Wispelwey (CD - 2012)
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