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Mission
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100 PREMIERS RÉVISEURSle 12 octobre 2012
Nous savions bien peu d'Agostino Steffani ou presque. Grace à l'intérêt que lui porte Cécilia Bartoli nous connaissons maintenant l'essentiel de ce qu'il est encore possible de connaître sur sa vie et l'activité qu'il manifesta dans de nombreux domaines.
Car c'est bien d'un album concept qu'il s'agit puisque, en plus des 25 extraits de son oeuvre musicale dont 21 sont des premières mondiales, c'est tous les aspects de sa vie qui nous sont révélés dans des textes explicatifs d'un grand intérêt. Sans compter les prolongements annoncés sous la forme d'un roman de Donna Leon et d'un enregistrement video à paraître en DVD et Blue Ray.
Album généreux de plus puisqu'il fait un peu de plus de 80 minutes.

Cécilia excelle dans ce répertoire qu'elle aborde avec la fougue et l'engagement qu'on lui connait.
Les airs d'une grande virtuosité vocale s'enchaînent et alternent avec des mélodies sublimes et poignantes. Et 3 de ces airs sont interprétés en duo avec Philippe Jaroussky. D'authentiques joyaux.
L'excellente prestation de Diego Fasolis et des membres de son ensemble I Barocchisti est également à souligner. Ils sont pour moi parmi les tous meilleurs ensembles de musique baroque.

Mais encenser Cecilia Bartoli c'est bien, toutefois ce qui me parait bien plus important c'est bien évidemment la découverte de ce compositeur de génie qu'il conviendrait maintenant de continuer à sortir définitivement de l'oubli.

Cet album est la clé qui devrait nous donner accès à tous ses opéras quasi inconnus et à coup sur magnifiques. Nous en avons déjà un aperçu avec l'enregistrement existant et tout à fait recommandable de son Orlando Generoso. J'ajouterai que Niobe (avec notamment Philippe Jaroussky) a déjà été produit et représenté sans qu'il en existe à ma connaissance de trace enregistrée dans le commerce.
Et c'est avec de nouvelles productions qu'Agostino Steffani saura maintenant trouver la place qu'il mérite aux côtés de Vivaldi ... et que la mission sera vraiment accomplie.

Alors il y a urgence face à la grande déculturation qui s'est mise en route et nous menace chaque jour de plus en plus.
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2 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 29 mai 2013
disque excellent que ce soient les conditions d'enregistrement ou le contenu . Un grand mérite de cécilia Bartoli de nous faire découvrir agostino Steffani en utilisant toutes les possibilités de sa voix exceptionnelle. Ce disque est un envoûtement et on ne se lasse pas de l'écouter . Avec ce spectateur du concert "Viva Vivaldi" aux champs-Elysées on a envie de s'écrier " Cécilia on t'aime " .
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14 sur 17 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
certains seront peut-être choqués par la couverture mais pourtant je la trouve bien en harmonie avec cette nouvelle surprise que nous offre "La Bartoli".Une fois de plus Cecilia Bartoli s'est donné un vrai défi qui a nécessité 5 ans de recherche et de travail pour interprêter avec sublime, un compositeur méconnu (Augusto Steffani)bien dans le ton de ces personnages de ce temps où la civilisation européenne atteignait ses sommets entre le 17" et 18 è siècles.Steffani était l'archétype de "l'honnête homme": érudit, musicien, homme deFoi, grand voyageur , ambassadeur et même espion.
La technique de Bartoli est toujours aussi éblouissante.Une grande artiste, intelligente, sensible, au sommet de son art du chant baroque .Pour moi le Baroque est l'aboutissement de l'humanisme, c'est "l'Homme Terrestre" replacé dans la "natura naturans" des Anciens, débordement de vitalité et exubérance; homme enfin libéré de la tutelle du Dieu sévère,homme redécouvreur de cette conception Grecque de l'humanité où les Dieux vivaient en intimité avec les humains et forniquaient à tout va les beautés terrestres pour engendrer des héros comme Thésée, Achille , etc...(d'où l'importance des thèmes mythologiques dans le baroque).Il y a de l'"érotisation" dans le Baroque de Bartoli, humaine plus qu'humaine.Ne dit-on pas qu'autrefois les femmes se pâmaient en écoutant les castrats (cf "Sacrificium" de Bartoli que je te conseille pour découvrir la musique des castrats, ces hommes sacrifiés mais sublimés)dans un véritable "orgasme" musical.Il y a pour moi, l'expression du péché dans le baroque et c'est pour cela qu'il me plait.L'homme (et surtout la femme) se font enfin chair .
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le 30 décembre 2012
C'est une chose d'acheter un disque. C'en est une autre d'acheter un ouvrage composé dans une perspective intégrée avec la réelle envie de transmettre connaissances et émotions. C'est pourtant de cela qu'il s'agit quand on parle de Mission. C'est bien entendu la voix et la sensibilité de Cecilia Bartoli qui, à elle seule, justifie l'achat. Mais c'est également une lecture très intéressante et la découverte d'un compositeur particulier, de son oeuvre et de sa vie. Il y a un travail énorme derrière tout ceci : Un travail de recherche, de synthèse, d'arrangement, de mise en forme... Et puis Cecilia sait s'entourer. L'ensemble musical i Barocchisti et la présence de Philippe Jaroussky ajoutent à la superbe de ce que je m'interdit d'appeler "produit". C'est un magnifique ouvrage, résultat d'un magnifique projet. En tout cas, cette production là ne se moque pas de ses clients!
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15 sur 19 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 12 octobre 2012
Allez, je me lance moi aussi dans un commentaire sur l’album qui est aujourd’hui au sommet des ventes, tout simplement pour que l’on ne s’arrête pas à la déferlante marketing très discutée qui accompagne son lancement : un roman historique signé Donna Léone (sic), un reportage photographique qui ne fait pas l’unanimité –c’est peu de le dire !-et même un jeu, « Mission », annoncé sur Ipad : trop cool ! Et signe des temps… Du moins, la musique y sera de Stefanni et non d’Ennio Moriccone ...

J’avoue d’abord ne pas être si agacé que cela par les photos et notamment par celle de la couverture: c’est un clin d’œil que l’on peut effectivement trouver du plus mauvais goût, mais Cécilia Bartoli s’amuse à jouer le double rôle du compositeur-ecclésiastique, cet Agostino Steffani qui eut quand même pour « mission » de convertir l’Allemagne du Nord au catholicisme, excusez-du peu, et celui du reporter dont la mission est de reconstituer sa vie –et donc son œuvre. Une réelle réserve : nous faite croire que Steffani était un complet inconnu, ces sonates de chambres ayant été enregistrées à de nombreuses reprises, notamment par le fameux « duo » René Jacobs et Jennifer Smith. Idem pour quelques opéras déjà ressuscités, come mentionné dans un autre commentaire très bien informé...

Reste que le marketing fera connaître Steffani à un public beaucoup plus large, que la quasi-totalité des airs sont des inédits, que le programme est conçu au millimètre (fureur, vivacité, mélancolie, tendresse) et que ces airs au minutage assez court -trés radiophonique tout çà !- et un orchestre qui s’efface souvent pour un duo à nu entre la voix et une trompette ou une flute… sont d’une séduction infinie dont on ne se lasse pas. Kaléidoscope des émotions pour une chanteuse à l'apogée de ses moyens servant un "médiateur" entre l’époque des Monteverdi, Caldara et autres Scarlati et celle des Haendel, Bach et Telemann, sans oublier la formation lullyste très grand siècle français reçue à Paris par cet italien qui fit carrière en Allemagne !

Enfin, et peut-être surtout, après un album « Maria » bel cantiste très maniéré, quelle joie de retrouver Cecilia à son meilleur : sans rien perdre de son exceptionnelle virtuosité de mezzo colorature, sa ligne de chant est (re ?)devenue beaucoup plus naturelle, sans exagération aucune des affects : pas de soupirs ou d’effets inutiles sur chaque mot. Et donc les 4 duos si attendus avec Phillipe Jarousky ne sont en rien un duel entre divas-divos concurrents, mais bien l'expression d'une complicité musicale dont on est heureux d‘apprendre qu’elle aura une suite dans l’album Jaroussky cuvée 2013.

Depuis son Vivaldi historique, et un Gluck hélas bien oublié, va falloir que je vous en parle un de ces jours..., probablement un des meilleurs disques de l’indispensable Bartoli.
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11 sur 14 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Je dois l'avouer : je n'ai jamais été un fan de Cecilia Bartoli et n'ai jamais acheté aucun de ces albums récitals qui se réduisaient pour moi à de simples produits marketing. Sa prestation à Salzbourg dans "Giulio Cesare" de Haendel (on attendra vainement une sortie en CD) et ce dernier opus dédié à l'illustre inconnu qu'était Agostino Steffani ont été des révélations.

La cantatrice romaine brille par la pureté de sa voix qui semble s'améliorer avec l'âge (elle semble avoir retrouvé son timbre des années 1990 et un souffle qui reprend vigueur au moment où il semble s'arrêter) et la puissance sans agressivité de son aigu, sa technique sans faille qui lui permet de triompher de toutes les vocalises même les plus pyrotechniques déclenchant une émotion sans cesse renouvelée chez ses nombreux admirateurs. Elle est autant à l'aise dans les airs de vaillance avec "large orchestre", les airs à vocalise ("Schiere invitte, non tardare" extrait d'"Alarico" ainsi que "Mie fide schiere, all' armi" d"I trionfi del fato") que dans les airs de tendresse ("Ogni core puo sperar" de Servio Tullio" ou la lamentation "Amami, e vederai" extrait de "Niobe, regina di Tebe").

L'accompagnement orchestral de l'ensemble I barocchisti dirigé par le chef suisse Diego Fasolis est superlatif : c'est bien à l'opéra que nous sommes conviés (quelle beauté des vents baroques dans "Schiere invitte" qui démarre l'album). Il n'est pas usurpé d'affirmer qu'Haendel a un dette envers ce compositeur padouan.

On passera sur la grotesque photo de couverture et l'épaisseur du livret (une dizaine de pages contenant des photos tout aussi loufoques) pour se concentrer sur l'album qui nous révèle des trésors cachés. Une vie ne suffirait pas pour exhumer tous les trésors que recèle l'art baroque. Pour une fois, nous n'avons pas droit à un minutage chiche : n'en déplaise à ses admirateurs, les quatre très courts duos avec Philippe Jaroussky (pourtant à l'aise dans le baroque de la fin du XVIIe siècle du premier tiers du XVIIIe siècle) ne me semblent pas les plus convaincants : il semble faire de la figuration. Mais ne boudons pas notre plaisir.

En complément de ce superbe CD découverte, il ne sera pas interdit de compléter ses connaissances grâce au DVD Mission qui bénéficie d'un excellent commentaire de l'amazonaute Caroline Lesniak.
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le 12 février 2013
Comme d'habitude, la grande Cecilia s'aventure avec bonheur dans un répertoire, jusque-là quasi inconnu, qu'elle restitue avec une maîtrise confondante. Tout y est : l'intelligence du programme (quels enchaînements!!!), l'excellence de la musique choisie, le brio vocal incroyable qu'on lui connaît, la connivence avec Fasolis (décidément quel très très grand chef!), ou encore l'art du voisinage (merci pour la présence de Philippe Jaroussky qui s'offre ainsi de fort beaux duos avec la diva). Bref, cet album s'inscrit dans la série inaugurée avec Vivaldi, et poursuivie, avec Gluck, Salieri, Opera prohibita, Sacrificium...qui sont marqués du même sceau, celui de l'excellence insurpassable!
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3 sur 4 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Après un album "Sacrificium" qui avait fortement marqué, voici que la belle Cecilia remet cela avec une nouvelle petite bombe musicale baroque dans son dernier livre-album "Mission". Tant qu'à acheter le disque, nous vous recommandons au passage d'opter pour la version "De Luxe" qui vous fournira pour un surcoût modique le CD enchâssé dans un très beau livret, extrêmement soigné, comportant un ensemble de textes globalement intéressants nous permettant d'en savoir plus sur cet inconnu, Steffani, que l'énergique soprano a décidé de sortir de l'ombre.

Autant dans Sacrificium le parti-pris avait-il été de mettre en avant une virtuosité époustouflante, les arias s'enchaînant sur un déchaînement de trilles et de vocalises propres à vous coller au siège, autant l'approche retenue ici privilégie-t-elle la musicalité pour au moins deux raisons essentielles. La première tient au style de Steffani, compositeur hybride, italien de naissance, allemand par métier (il passera l'essentiel de sa carrière politique, ecclésiastique, musicale et diplomatique dans les cours allemandes) et français de formation musicale. Ainsi l'orchestre se fait-il plus léger avec une présence importante des bois (hautbois et basson en particulier) qui souligne la ligne de chant sans nécessiter une voix en puissance. En outre, Steffani affectionne particulièrement les airs accompagnés d'un simple luth ou théorbe ce qui permet, et nous voici à la deuxième raison, de développer un chant tout en nuances, qui bien que perché très haut en tessiture fait la part belle au cantabile et aux notes jouées mezzo-vocce. Il faut alors une virtuosité exceptionnelle pour apporter sur ces partitions toute l'expressivité requise et Cecili Bartoli nous éblouit par sa maîtrise.

L'apport du contre-ténor Philippe Jaroussky dans quelques duetti donne un complément idéal à la voix de Baroli. Nous atteignons alors des sommets du chant élégant, raffiné et sophistiqué propre à satisfaire tout amateur de bel canto.

Enfin, Diego Fasolis à la tête de son ensemble I Barocchisti met toute sa formation au service des chanteurs et de Cecilia au premier plan, soulignant juste ce qui doit l'être, apportant le soutien nécessaire avec cette impulsion et ce tempo simplement parfait. La prise de son superlative finit de faire de ce coffret un Must absolu. Bravissimo !
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50 PREMIERS REVISEURSle 19 octobre 2012
J'avais entendu il y a quelques années, le "Stabat" d'Augustin Steffani, sur un enregistrement de Gustav Leonhardt (couplé au requiem de Biber) et la qualité de cette œuvre d'un parfait inconnu (pour moi) avait excité ma curiosité.

Aussi, en voyant que Cecilia Bartoli, faisait revivre ce compositeur, j'ai sauté à deux oreilles jointes, sur l'occasion.

Encore une fois, Cecilia fait œuvre utile en refusant la facilité et en proposant le partage de ses passions.
Encore une fois, il ne s'agit pas d'un "coup", d'une volonté d'être originale à tout prix, mais bien d'un amour sans frontière qui la pousse à fouiller, tamiser la moindre rivière à la recherche de pépites égarées.

Ici, elle porte à la lumière, des arie et des duetti (quel bon choix que de retenir Philippe Jaroussky dans un emploi toujours plus compliqué qu'il n'en a l'air, de contre-ténor), courts et intenses, tout en assurant une cohérence de l'ensemble, absolument remarquable.

Du reste, je ne laisse pas de m'étonner de la variété des œuvres proposées, qui vont du pur drame aux moments plus légers. Même les réfractaires au baroque rendront sans doute les armes. D'ailleurs, nous sommes davantage dans du "pré- baroque", donc encore en route vers Haendel et s'il fallait une référence, j'indiquerais davantage à titre personnel, Francesco Cavalli (tiens Cecilia, une idée pour la prochaine fois, en plus développé que dans "Arie antichi" ?)

Écoutez ces pures merveilles que sont "Più non vi nascondo" ou "Suoni, tuoni, il suolo scuota" (quel titre magnifique) ! Convenons que l'avenir s'annonce prometteur si de telles perles parviennent aujourd'hui à la surface (ce qui n'est pas si contradictoire à l'heure où tant de bulles, elles, s'enfoncent lestées d'une pesante suffisance).

Certes, on peut considérer que Cecilia en fait presque trop en interprétant tous ces personnages. Mais compte tenu de l'ampleur de son talent qui semble aujourd'hui à son zénith, nos oreilles intiment à notre raison, l'ordre judicieux de se taire.

Merci Madame Bartoli, une fois de plus.

On en oublierait presque la direction sans reproche des Barocchisti, par Diego Fasolis et ce serait injuste. Toujours au service de la musique, jamais trop en avant, les musiciens suisses remportent leur referendum et deviennent -peut être, la formation baroque du moment.

La couverture du disque ? Que voulez vous, Bartoli ose tout, c'est même à ça qu'on la reconnait !
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le 15 février 2013
Edité à un prix très abordable, l'ensemble cd et livret sont intéressants et pour qui aime Cecilia Bartoli c'est un (petit) cadeau sympa et très agréable à lire et surtout écouter...
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