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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Quatuor Jerusalem: aussi idéal dans Chostakovitch que dans Haydn (6 Quatuors réunis en coffret économique), 8 novembre 2012
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 10 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch / String Quartets (Jerusalem Quartet) / Quatuors à cordes (Quatuor Jerusalem) (CD)
Le Quatuor Jerusalem est un 'jeune' quatuor, enfin si l'on peut dire, car cela fait maintenant près de 20 ans qu'il a été fondé. Ces toujours jeunes musiciens n'ont en tout cas pas attendu le nombre des années pour trouver une cohésion, un son, une pertinence et une probité artistiques sans faille.

Leur production discographique est elle aussi presque sans faille, et l'on ne peut que remercier Harmonia Mundi de les avoir signés et de les suivre dans des répertoires différents, en mettant à leur service une prise de son souvent excellente. Les joyaux de la couronne sont leurs deux disques Haydn, String Quartets, Quatuors a cordes op.20 n° 5, op.33 n° 3 & op.76 n° 5. On pourra regretter qu'ils n'enregistrent pas l'intégralité des opus, mais il me semble que la conjoncture économique dégradée rend aléatoire ce genre d'entreprises, et je trouve déjà assez miraculeux qu'il leur soit permis d'enregistrer ces disques dans des conditions parfaites. Espérons qu'ils bâtiront patiemment l'intégrale de certains opus, même si pour l'instant d'aucuns peuvent trouver dépareillé l'enregistrement de ces quatuors. Leur disque Schubert: Der Tod und das Mädchen, plus discutable, n'en est pas moins fort et portant une option interprétative marquée. On peut également se reporter à mes commentaires sur leurs disques les plus récents, l'un consacré à Dvorak, l'autre à Mozart, le dernier à Schumann : Dvorák: String Quartet Op. 96 American; Piano Quintet Op. 81, Mozart : Quatuors à cordes K.127, K.458 et K.589, Quatuor avec piano op.47 quintette avec piano op.44.

Restent leurs deux albums consacrés à des quatuors de Chostakovitch, enregistrés de façon non chronologique, le premier rassemblant les quatuors n° 1, 4 & 9 et le deuxième les n° 6, 8 & 11. Ce sont ces deux CD qui se trouvent à présent réunis dans ce coffret économique de la collection HM Gold, qu'il faut de ce fait encore moins hésiter à acquérir.

Ce massif de quinze quatuors, dont on a pu dire qu'il était l'équivalent au 20ème siècle du massif beethovénien - hors de question de comparer ici les mérites réels ou supposés des compositeurs, évidemment - a déjà été gravé dans une version que beaucoup de musicophiles connaissent bien, celle du Quatuor Borodine : Chostakovitch : Intégrale des Quatuors à cordes. D'aucuns la trouvent même insurpassable, et ils ont peut-être raison. Mais outre que pour ce compositeur comme pour d'autres, il faut remettre sur le métier, s'y frotter, renouveler les traditions interprétatives, il faut bien avouer que le Quatuor Jerusalem semble avoir tout ce qu'il faut pour concurrencer les Borodine. Moins violents et lyriques dans certains passages que les Borodine, ils ont pourtant toute la puissance requise, mais aussi le sens des dynamiques et des nuances, et savent rendre les passages plus primesautiers, le sarcasme et l'ironie que contiennent parfois ces pages. Bref, ils savent exprimer toutes les humeurs et les inflexions, avec une technique qui laisse souvent pantois.

Dans ses excellentes notes de pochette, Gérard Condé rappelle que Chostakovitch est venu tard au quatuor, et qu'il s'y est peu à peu épanoui. Il précise qu'à "la différence de Bartok, dont les quatuors étaient un terrain d'expérimentation idéal, Chostakovitch fera de ces compositions destinées à un public restreint et plus averti que celui de ses symphonies, de ses concertos et de ses innombrables musiques de film, le lieu d'une expression où toutes les nuances, toutes les ambiguïtés sont possibles, où l'intime peut se faire jour dans sa complexité. Ainsi le quatrième quatuor, dont on a souvent souligné le caractère haydnien - trait commun avec le précédent - va bien au-delà d'un simple pastiche car il témoigne, comme le premier, du souci d'atteindre la chair nue de la musique. La simplicité des thèmes, l'évidence des procédés (imitations, superpositions, oppositions) ne sont pas tant destinés au confort de l'auditeur qu'à lui permettre d'observer à quel point l'étrangeté devient inquiétante quand tout semble si bien ordonné. Composé en 1949, à une époque où les directives officielles contre le 'formalisme bourgeois' visaient principalement Chostakovitch, le Quatrième Quatuor resta dans les tiroirs du compositeur jusqu'à la mort de Staline."

Le 8ème quatuor, composé en 1960 après une visite de Chostakovitch à Dresde (encore largement en ruine), est le plus connu, celui qui est le plus marqué par la dévastation, comme sa 8ème symphonie d'ailleurs. Le 8ème quatuor est par ailleurs relié au trio n°2, l'allegro reprenant même l'allegretto de cet extraordinaire trio élégiaque composé en 1944 (cf. String Quartets 3 & 4 / Piano Trio 2 par le Trio Oistrakh). Dans ses notes de pochette, Gérard Condé cite l'extrait d'une lettre de Chostakovitch à propos du quatuor n°8, ô combien éloquente: "Je me suis dit qu'après ma mort, personne sans doute ne composerait d'oeuvre à ma mémoire. J'ai donc résolu d'en composer une moi-même. (...) Le caractère pseudo-tragique de ce quatuor vient de ce qu'en le composant, j'ai répandu autant de larmes que je répands d'urine après une demi-douzaine de bières. A la maison j'ai essayé deux fois de jouer ce quatuor, et voilà que mes larmes ont recommencé à couler. Mais ce n'était pas seulement à cause du caractère pseudo-tragique, c'était d'admiration devant la merveilleuse clarté de la forme. Peut-être une sorte de ravissement pour ma propre personne a-t-elle joué un rôle ici, le genre de sentiment qui s'évanouit rapidement pour vous laisser une gueule de bois en forme d'autocritique."

Dans ces quatuors comme dans d'autres, le Quatuor Jerusalem fait des merveilles, la beauté du son de chaque instrument n'étant jamais au détriment de l'entente et de l'ensemble, et surtout pas au détriment de cette musique, aussi obsédante qu'elle revient à des sources musicales apparemment plus simples, voire folkloriques. Soit tout un pan de la musique de Chostakovitch, dans ces deux disques admirablement traduit.

Souhaitons que le Quatuor Jerusalem continue ses Chostakovitch et ses Haydn, et s'engage sur d'autres territoires. Souhaitons également qu'il vienne un peu plus jouer dans nos contrées. N'hésitez pas à soutenir de tels artistes, et les maisons de disques qui n'ont pas encore abdiqué et se portent sur des instrumentistes de grand talent pour continuer à proposer des interprétations d'un répertoire de plus en plus délaissé au disque.

Pour finir, n'oublions pas d'indiquer les noms de ces instrumentistes hors pair: Alexander Pavlovsky (premier violon), Sergei Bresler (second violon), Amichai Grosz (alto), Kyril Zlotnikov (violoncelle). Depuis l'enregistrement de ces disques, Amichai Grosz, devenu 1er alto solo de l'Orchestre philarmonique de Berlin, a été remplacé dans le Quatuor par Ori Kam.

Prise de son flatteuse, mais pas trop réverbérée comme dans certains CD Harmonia Mundi.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 attention réédition!!!, 12 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch / String Quartets (Jerusalem Quartet) / Quatuors à cordes (Quatuor Jerusalem) (CD)
Au commentateur qui m'a précédé, partageant d'ailleurs avec lui une grande admiration pour les toujours excellents Jerusalem (notamment dans Haydn), j'ajouterai juste une chose à proclamer d'entrée de jeu à l'intention des mélomanes fous qui finissent inéluctablement par cumuler les doublons (et j'allais moi-même encore une fois me faire "avoir"...) : tout ceci n'est qu'entièrement réédition de deux CD antérieurement parus séparément. Amateurs avertis à la fois de Chostakovich et des Jerusalem, vous les aviez donc déjà sûrement!
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