Commentaires en ligne 


2 évaluations
5 étoiles:
 (1)
4 étoiles:
 (1)
3 étoiles:    (0)
2 étoiles:    (0)
1 étoiles:    (0)
 
 
 
 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

20 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Hommage, 21 octobre 2012
Par 
Cousin Hub "Cousin Hub" - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concerto For Group And Orchestra (CD)
Jon Lord est mort, mais sa musique ne le sera jamais. Pour preuve, la parution 2 mois et demi après son décès de cette nouvelle version de son fameux « Concerto pour groupe et orchestre », composé pour Deep Purple en... 1969 ! J'avais 3 ans à l'époque : c'est donc bien plus tard, au début des années 1980, que je suis tombé en amour de cette pièce atypique. J'ai découvert Deep Purple avec « Made in Japan » et « Made in Europe » lors d'un voyage linguistique en Grande Bretagne. Il y avait alors un battage médiatique autour du groupe, séparé depuis 4 ans, qui sortait simultanément deux albums exceptionnels : « Deepest purple » et « In concert 1970-72 ». Rentré à la maison, je n'ai eu alors de cesse de découvrir son abondante discographie. « Concerto for group and orchestra » s'est rapidement imposé à moi. A la différence de mes petits copains hardos, j'étais depuis tout jeune, amateur de musique orchestrale. Tous les vinyles de Purple n'étant pas forcément très faciles à trouver en France en ces temps anciens, j'avais du débourser une somme conséquente (entre 70 et 80 francs environ) pour le collégien sans sou que j'étais. Et comme je ne voulais pas abimer ce beau disque, truffé de nuances (avec de nombreux silences et pianissimos que le moindre craquement aurait foutus par terre), je l'avais d'emblée copié sur une cassette métal 60mn, au prix exorbitant de 100 francs (quand on pense qu'un CDR se vend aujourd'hui 50 centimes d'euros...).

Cet album était-il si digne d'intérêt ? Pour moi oui, car Jon Lord avait composé-là quelque chose de totalement nouveau et inattendu : une véritable aeuvre symphonique où le groupe rock en tant qu'entité intervenait comme un instrument soliste. Cela n'a donc absolument rien à voir avec tous ces artistes qui (à l'époque comme aujourd'hui) se font accompagner par un orchestre aux arrangements sirupeux. Avec le « Concerto for group and orchestra », Jon Lord nous livrait une aeuvre musicale contemporaine, dans le sillage de compositeurs tels que Smetana, Dvorak ou Prokofiev. Bien sûr, tout n'était pas parfait dans cette première version du « Concerto »... A commencer par un son daté, pris sur le vif sur un simple studio mobile 4 pistes. Quand on sait cela et qu'on écoute le résultat, on imagine que l'ingénieur du son n'a pas la tache facile! Ensuite, parlons de la performance en-elle même. Ce concert de 1969 au Royal Albert Hall, voyait les membres du London Philharmonic Orchestra (des pointures sur le papier) pas trop convaincus et par conséquent pas toujours au point rythmiquement. L'aeuvre de Lord est exigeante et pas forcément simple à interpréter : il avait même fallu que le chef Malcolm Arnold réadapte certaines partitions, impossibles à jouer par certains de ses musiciens. D'un autre côté, Deep Purple était encore « petit, mais il était vaillant » (copyright Kirikou) et sa prestation cassait la baraque malgré quelques soli auto-complaisants à la mode early seventies de Ritchie Blackmore et de Ian Paice, anticipant ceux de l'emblématique « Made in Japan ». Le « Concerto » 1969 a lancé la carrière de Deep Purple, fait parler de lui (pas toujours en bien d'ailleurs, la presse « classique » et « rock » ayant -chacune de son côté- rejeté ce chef d'aeuvre de la musique), pour s'orienter rapidement vers le hard-rock (« In rock » paru 6 mois après).

Ce n'est qu'en 1999, soit 30 ans plus tard que Deep Purple s'est décidé à rejouer cette pièce dans son intégralité, pour deux soirs magiques. Puis, en réponse au succès de l'album commémoratif « In concert with the London Symphony Orchestra », il s'est engagé dans une tournée symphonique dans les grandes capitales mondiales. La résurrection de ce magnum-opus n'a pu voir le jour que grâce à l'opiniâtreté de deux jeunes gens. Tout d'abord, Marco de Goeij, étudiant néerlandais en musicologie qui avait choisi pour thèse la réorchestration du « Concerto » de Lord, les partitions ayant été perdues par l'Orchestre Philharmonique de Londres. Ensuite, Paul Mann, neveu de Colin Hart, tour manager historique de Deep Purple, et chef d'orchestre en début de carrière, lui aussi très grand amateur de Jon Lord. Si en 1969, ce « Concerto » n'avait été joué qu'à deux reprises, on constate que depuis 1999, son interprétation a été donnée plusieurs dizaines de fois à travers le monde : d'abord par Deep Purple, ensuite par Jon Lord en solo (qui, on le sait, a quitté Purple en 2002) et également par certains orchestres symphoniques locaux. Sa réputation n'est donc plus à faire et aujourd'hui personne (hormis Philippe Manaeuvre peut-être) ne remet en cause l'importance de cette composition dans l'histoire de la musique contemporaine.

Pas étonnant donc, que Jon Lord ait voulu, au crépuscule de sa vie, réenregistrer cette pièce majestueuse qui a tant compté pour lui. Personnellement, je pense que Jon Lord a fait tout aussi bien, sinon mieux, avec « Gemini suite » ou « Sarabande », mais c'est du « Concerto » dont on se souviendra. Première surprise, le disque ne dure que 47mn, moins long de plusieurs minutes que la version originale. Si ce n'est pas sur les partitions orchestrales qu'il y a eu des coupes, c'est donc sur l'intervention du groupe. Ainsi, les solos auto-complaisants dont je parlais plus haut ont été sensiblement réduits. Cela facilite l'écoute de l'album, mais a contrario enlève de la spontanéité à l'aeuvre et réduit sa teneur « rock ». Seconde surprise, la présence de plusieurs intervenants, notamment au chant et à la guitare. Au niveau de la basse, on apprécie Guy Pratt (remplaçant de Waters chez Pink Floyd), à la batterie Brett Morgan et bien entendu à l'orgue hammond le maestro Jon Lord (pouvait-il en être autrement ?). Sur le premier mouvement (l'opposition farouche entre orchestre et groupe rock), nous découvrons un extraordinaire guitariste bulgare nommé Darin Vasilev qui met la pâtée à Ritchie Blackmore : dommage que ses interventions ne soient un poil plus longues, car tout ce qu'il fait est excellemment bien pensé et pesé. Sur le second mouvement (où le groupe fait preuve d'une sensibilité extrême pour se fondre dans l'orchestre), c'est la star montante du blues Joe Bonamassa (artiste solo et Black Country Communion) qui est mis à contribution. Sur le 3ème et dernier mouvement (où l'orchestre se déchaîne pour suivre le rythme endiablé du groupe), écourté d'une grande partie du solo de batterie, c'est le grand -que dis-je l'énormissime- Steve Morse, seul membre de Deep purple invité, qui nous délivre ses morseries habituelles (il, figurait déjà sur la version de 1999). Concernant le chant, difficile de remplacer Ian Gillan qui en 1969 était tout simplement le meilleur : voix juvénile d'une sensibilité et d'une puissance incroyable. Jon Lord a trouvé la parade en recrutant trois intervenants. Le chant n'est présent que sur le second mouvement, à l'occasion de deux mélodies différentes (pouvant s'apparenter à deux chansons, l'une très bucolique et romantique et la seconde plus bluesy). Sur la première, Steve Balsamo (chanteur de comédies musicales, dont la voix peut évoquer celle de Gillan jeune : il a d'ailleurs comme lui interprété « Jesus Christ Superstar ») est accompagné de la sensuelle Kasia Laska en contre-chant, donnant plus de profondeur à la mélodie, mais la rendant aussi plus sucrée. Ces deux artistes ont accompagné Jon Lord en tournée pendant de longues années. Sur la mélodie n°2, c'est Bruce Dickinson d' Iron Maiden qui s'y colle : si je n'avais su que c'était lui, jamais je ne l'aurais reconnu. Sa voix y est plus grave, profonde et nuancée, dans un registre plus lyrique et spirituel que d'ordinaire. Bon choix donc... Mais la notion de « groupe » soudé est complètement perdue, puisqu'on assiste en définitive à une succession de guests...

Au final, ce disque est très bon, à défaut d'être indispensable. Il s'agit du meilleur moyen pour découvrir le « Concerto » de Jon Lord, du fait de sa concision et son confort d'écoute (tant pour l'interprétation parfaite du Royal Liverpool Philharmonic Orchestra dirigée par Paul Mann et des intervenants, que pour la prise de son idéale).
Toutefois, la version de 1969, malgré ses imperfections, reste (et restera) celle de référence : elle faisait l'événement et c'était Deep Purple, fougueux en diable, qui s'y distinguait. Et puis, il y avait les applaudissements fracassants à fin : ils manquent à cette nouvelle version qui s'achève par un grand silence. Silence où l'on ressent plus que jamais l'absence lourde et définitive de Jon Lord, gentleman organiste, maître de la composition et seigneur de la musique dans sa globalité. Merci monsieur Lord, pour toutes les émotions que vous me procurez depuis plus de 30 ans.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 3 è version d'un CHEF-D'OEUVRE, 14 décembre 2012
Par 
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concerto For Group And Orchestra (CD)
Cette 3è version de ce concerto est intéressante.
A part JON, aucun musicien de l'époque n'intervient. Le chant laisse la place à plusieurs vocalistes, et les musiciens sont différents à chaque mouvement. Au final,j'apprécie autant cette version que la première, meme si celle de 69 reste emblématique de DEEP PUPLE, alliant classique et rock. JON nous quitte avec une oeuvre à redécouvrir, notamment ses autres mouvemnts classiques , et sa post-carriere Purple,de 2002 à 2012!
RIP JON! Arnaud
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

Ce produit

Concerto for Group and Orchestra
Concerto for Group and Orchestra de Royal Liverpool Philharmonic Orchestra & Paul Mann Jon Lord
Acheter l'album MP3EUR 9,99
Ajouter à votre liste d'envies Voir les options d'achat
Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit