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4.0 étoiles sur 5 Un châtiment de Dieu
Magnifique. Némésis, le dernier roman de Philip Roth, est tout simplement magnifique. Pour des tas de raisons et en premier lieu la capacité de l'écrivain à créer une atmosphère : celle de Newark, à l'été 44, ville où les enfants de la ville, juifs pour le plus grand nombre, sont frappés...
Publié il y a 19 mois par traversay

versus
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3.0 étoiles sur 5 Le point final ?
Philip Roth est né le 19 mars 1933 à Newark, dans le New Jersey, son œuvre couronnée de multiple prix en fait l’un des plus grands écrivains américains contemporains. Aujourd’hui il vit dans le Connecticut. Némésis est paru en France, il y a quelques semaines à peine. Ce devrait être aussi son tout...
Publié il y a 19 mois par Eminian


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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un châtiment de Dieu, 26 novembre 2012
Par 
traversay (Orléans, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition :  Némésis (Broché)
Magnifique. Némésis, le dernier roman de Philip Roth, est tout simplement magnifique. Pour des tas de raisons et en premier lieu la capacité de l'écrivain à créer une atmosphère : celle de Newark, à l'été 44, ville où les enfants de la ville, juifs pour le plus grand nombre, sont frappés par une épidémie de poliomyélite comme s'il s'agissait d'un châtiment de Dieu. Le récit évoque l'inquiétude, la colère et enfin la panique avec une puissance infinie dans un style débarrassé de toutes fioritures. Au milieu de cette géhenne, un homme se dresse. Bucky Cantor, réformé de l'armée pour cause de mauvaise vue, et dont l'impuissance va se doubler d'un sentiment de culpabilité que rien ne pourra atténuer. Dans le portrait psychologique de ce garçon de 23 ans, Roth fait preuve d'un incroyable talent pour nous faire ressentir la honte et surtout la souffrance de celui qui va se punir au-delà du supportable en renonçant purement et simplement à son droit au bonheur pour le restant de ses jours. Némésis est un grand livre, d'une fluidité parfaite, dont le dernier chapitre foudroie par son intensité émotionnelle. Oui, magnifique.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Le point final ?, 1 décembre 2012
Par 
Eminian - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition :  Némésis (Broché)
Philip Roth est né le 19 mars 1933 à Newark, dans le New Jersey, son œuvre couronnée de multiple prix en fait l’un des plus grands écrivains américains contemporains. Aujourd’hui il vit dans le Connecticut. Némésis est paru en France, il y a quelques semaines à peine. Ce devrait être aussi son tout dernier roman, l’écrivain ayant déclaré à la presse qu’il arrêtait d’écrire.
Eté 1944. Bucky Cantor, jeune homme sportif et en pleine santé, dirige avec passion un terrain de jeux pour les enfants, au cœur de Newark. Après le bombardement de Pearl Harbour il a tenté de s’enrôler dans l’armée avec ses copains pour combattre en Europe, mais si ses amis ont été recrutés, lui est réformé pour myopie grave. Dépité au plus profond de lui-même, Cantor traine cette déception comme un boulet, une infamie qui le réduit à moins que rien aux yeux des autres ; alors que tous les jeunes partent à la guerre, lui reste ici.
C’est aussi à cette époque qu’une épidémie de polio s’abat sur la région. Maladie mystérieuse en ce temps-là, paralysante et pouvant causer la mort dans les cas les plus graves. Entre les rumeurs, les peurs devant ce mal inconnu, les décès qui commencent à frapper les enfants autour de lui, Cantor s’en prend à Dieu, enrageant devant la mort de ces innocents. Rappelons que dans la mythologie grecque, Némésis représentait la juste colère.
Sa fiancée, Marcia, inquiète pour Cantor, réussit à le faire engager par un camp de plein-air à la campagne, où à ses côtés elle espère l’éloigner des miasmes mortels de la ville. Le jeune homme accepte pour plaire à son amie, mais il prend son départ de Newark comme une désertion. « En essayant par amour de le sauver de Newark, Marcia l’avait amené à se renier sottement ». Il abandonne à leur triste sort les gamins dont il s’occupait, fuyant au loin pour sauver sa vie. Une fois encore il fait preuve de lâcheté, après sa non participation à la guerre, il se sauve devant l’épidémie mortelle. Bis repetita. Du moins, est-ce ainsi qu’il ressent la situation.
Comble du malheur, dans ce camp loin du monde, la polio va frapper. Cantor n’y voit qu’une explication, c’est lui qui y a amené le mal puisqu’il côtoyait les malades à Newark. Un examen médical va révéler qu’il est lui aussi atteint par la polio.
Je ne peux évidemment pas vous raconter en détail la fin du roman, mais il se clôt quarante ans plus tard, sur la vision d’un homme lourdement handicapé, profondément seul, ayant renoncé très vite à vivre, finalement.
Avec ce dernier ouvrage, Philip Roth nous ramène à ses vieux démons, la mort qui rôde et les corps qui subissent l’épreuve du temps qui passe. Ici, le contraste est d’autant plus saisissant que son héros Cantor était un jeune homme particulièrement bien armé physiquement ; mais jeunesse et muscles ne peuvent pas tout, quand la maladie frappe aveuglément, rien ne lui résiste et le corps cède. Reste l’esprit et peut-être est-ce le message délivré par Roth. Cantor est doté d’un grand sens du devoir, très honnête, psychorigide pourrait-on dire, et devant l’épreuve physique qui le touche, il s’enferme dans une camisole psychologique supplémentaire, s’attribuant la responsabilité du cataclysme, abandonnant tout espoir ou envie de vivre « normalement », ce qu’à su faire a contrario, un personnage qui apparaît dans les dernières pages du livre. Dans des circonstances similaires, l’un se détourne de la vie, l’autre la croque à pleines dents. Tout dépend de la manière dont on les appréhende.
Philip Roth nous donne un dernier et très beau roman. Les phrases sont majestueuses, la langue est belle, l’écriture parfaite mais on n’attendait pas moins d’un tel écrivain ayant un palmarès si bien rempli. Les personnages sont très fouillés, les décors très précisément posés, on devine le travail derrière la narration. Le roman se lit très vite et on y prend du plaisir, mais un plaisir plus musical qu’autre chose, la satisfaction de lire une prose élaborée dont chaque mot est une note et chaque phrase un élément d’une douce symphonie. C’est pourquoi je n’irai pas jusqu’à dire que c’est l’un des meilleurs bouquins de l’auteur, car j’avoue que parfois je me demandais où Roth voulait en venir.

« Mais maintenant qu’il n’était plus un enfant, il était capable de comprendre que si les choses ne pouvaient pas être autres que ce qu’elles étaient, c’était à cause de Dieu. Si ce n’était pas à cause de Dieu, de la nature de Dieu, elles seraient autres. Il ne pouvait pas faire comprendre une telle idée à sa grand-mère, qui n’était pas plus apte à ce genre de réflexion que ne l’avait été son grand-père, et il n’avait pas envie d’en parler avec le docteur Steinberg. Bien qu’homme de réflexion, le docteur Steinberg était aussi Juif pratiquant et il aurait pu se sentir offensé par le genre de pensée que l’épidémie de polio inspirait à Mr Cantor. »
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 TOUT EST DANS LE SENS DE NEMESIS LA DEESSE DE LA JUSTE COLERE DES DIEUX APPARAISSANT AU COURS D'UNE EPIDEMIE DE POLIO AUX USA, 14 novembre 2012
Par 
Kerbrat "le blog aubouquinmalin.eklablog.fr" (france) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition :  Némésis (Broché)
Bucky est- un jeune homme qui grâce à l'éducation donnée par son grand-père s'est construit aussi bien sur le plan moral que physique. Ne pouvant s'engager dans l'armée pendant la guerre à cause d'une vue déficiente, il est devenu animateur sportif dans la ville de Newark. Ce qui lui a permis de rencontrer Marcia avec qui il vit un amour partagé. Cette vie tranquille va être bouleversée quand se développe à Newark une épidémie de polio. A la demande de Marcia Buckie quitte Newark pour la rejoindre dans le camp où elle est animatrice.

C'est un livre qui prend son sens quand on se réfère au personnage de Némésis la déesse de la juste colère des dieux. Comment voir autrement ce qui se passe au cours d'une épidémie de polio qui semble en plus frapper la communauté juive de Newark pendant la seconde guerre mondiale. Ce qui permet de donner encore plus de sens au personnage de Bucky qui s'est construit malgré un passé difficile tant sur le plan physique que moral. Comment se comporter vis-à-vis d'une épidémie qui frappe les enfants quand on est passionné de pédagogie comme l'est Bucky, qui doit cet intérêt à l'éducation qu'il a reçu de son grand-père. Comment se comporter quand le quartier qui semble être visé devient le quartier juif, qui se différencie des autres quartiers nettement plus pauvres ? comment se comporter vis-à-vis de ce qui est une malédiction quand on est croyant ? Sans compter que cela fait aussi référence au président Roosevelt qui dirige les USA pendant la guerre. Roth nous décrit son personnage de façon précise et le replace dans une société américaine qu'il dépeint à merveille, sans compter les rebondissements de l'intrigue. Un vrai bon roman !
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20 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Contagion (Le Saccage de la perfection), 4 octobre 2012
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition :  Némésis (Broché)
Je fais partie des admirateurs de Philip Roth qui pensent qu'il n'est pas forcément au sommet tout le temps, à plus forte raison depuis quelques années. Ses "petites formes" ne me convainquent pas toujours. J'ai déjà pu écrire que, si je trouve Indignation / Indignation fort réussi, je n'ai que très modérément goûté The Humbling / Le Rabaissement (dernier en date à avoir été traduit en français, en octobre 2011). Le livre qui les a suivis immédiatement, et a été publié plus d'un an avant que le précédent n'arrive en France, Nemesis / Némésis, est également petit par la taille et ne cherche pas lui non plus à avoir la même ambition romanesque que La Contrevie ou sa trilogie américaine. Pourtant, à l'image d'"Indignation", il s'agit d'un des livres de Roth où la matière n'est ni trop abondante, ni délayée, où sa précision stylistique fait des merveilles. Si vous pouvez lire en anglais, sachez que ce livre est assez abordable dans la langue originale.

Comme dans "Indignation", Roth n'adopte pas un narrateur et/ou un protagoniste déjà âgé, avec ses problèmes d'impuissance ou de prostate, à la limite de l'acariâtre et portant sur le monde comme il va mal un regard très marqué par le déclin. Le narrateur, d'ailleurs, ne se dévoile qu'assez tard, et ne se met franchement en avant que dans la 3ème partie, dans laquelle il va contribuer à mettre en perspective ce qui est arrivé au héros du livre.

Petit résumé du début de "Némésis" pour ceux qui le souhaiteraient (sinon, passer au paragraphe suivant, et dans tous les cas éviter de lire la présentation de l'éditeur ci-dessus, qui en dit beaucoup trop) : Les deux premières parties se déroulent en 1944, entre Newark, dans le New Jersey (ville devenue lieu littéraire essentiellement grâce à Roth) et une colonie de vacances dans les montagnes. Bucky Cantor, 23 ans, jeune homme athlétique mais affligé d'une très mauvaise vue, n'a pas pu s'engager comme ses amis pour aller combattre en Europe ou dans le Pacifique. A la fin de ses études, il se fait engager pour l'été comme surveillant d'un terrain de jeux dans son quartier de Weequahic. Plongeur et lanceur de javelot émérite, Bucky est très vite adopté par les garçons du quartier, qui l'admirent et le prennent en exemple. Au cours de cet été brûlant, une épidémie de polio se déclare, tout d'abord dans le quartier des Italo-américains, puis dans le quartier juif de Weequahic. Bucky, de plus en plus impuissant alors que la contagion gagne, se répète que son devoir est de faire en sorte que les enfants qui ne sont pas touchés puissent continuer à vivre leur vie comme avant. Mais sa petite amie, Marcia, insiste pour qu'il la rejoigne dans la colonie de vacances dans laquelle elle travaille, où la polio ne sévit pas. Premier choix, premier dilemme : Bucky ne fuit-il pas ses responsabilités en quittant la ville où "ses" garçons tombent comme des mouches, et sa grand-mère, en allant se réfugier dans ce lieu protégé où l'être aimé l'attend?

Comme dans "Indignation", le héros est donc un jeune homme, et comme dans Le Complot contre l'Amérique, Roth revient sur la période de son enfance. Comme dans les meilleurs passages de ces deux livres, on est d'ailleurs frappé dans ce livre de la façon simple et sans détours que Roth a de créer l'émotion. Cela n'étant sans doute pas sans rapport avec le fait qu'il revienne à cette période et à ses propres expériences, aussi transposées soient-elles. Comme dans Pastorale américaine, et dans une moindre mesure "Indignation", le héros est un jeune homme à qui l'avenir est promis. C'est comme souvent à un véritable saccage de la perfection que nous convie Roth, son personnage étant confronté au malheur autour de lui, à la culpabilité, à la nécessité du sacrifice. Révolté contre ce que Dieu suscite ou laisse faire, sa foi est mise à rude épreuve.

Autant dire que tout ce qui arrive à Bucky est déjà d'une façon ou d'une autre arrivé à d'autres de ses personnages, mais "Némésis" ne m'a aucunement donné l'impression d'être une redite. Sans doute en raison de la densité du récit, mais aussi parce que Roth, toujours très précis, voire méticuleux, dans ses descriptions, bénéficie aussi de la relative neutralité de sa voix narrative. Contrairement à celle de "Pastorale américaine" ou d'autres de ses romans, dans lesquels l'émotion qu'on pouvait ressentir était souvent mise à distance, elle est ici suscitée de façon limpide et peu filtrée, en étant le plus souvent proche des états d'âme du personnage sans tomber pour autant dans le ressassement. Le résultat est que "Némésis" me semble être le plus immédiatement émouvant de tous les romans de Roth - la précision de l'écriture le prémunissant toutefois contre le sentimentalisme.

Comme "Indignation", ce "petit" Roth me semble donc finalement porter beaucoup plus que nombre de ses autres ouvrages récents, en condensant la matière, en étant plus vif et moins filandreux que d'autres, en proposant une voix narrative et un récit qui nous change du vieil homme qui se pose des questions sur sa virilité. Un "petit" Roth qui m'apparaît comme un des tout meilleurs des dernières années, en cela qu'il évite la complaisance dans laquelle il verse parfois, et peut ouvrir sur une réflexion assez riche à partir d'un récit circonscrit, d'une économie narrative à laquelle Roth n'atteint pas toujours. De surcroît, il ne rechigne plus à venir sur le terrain de l'émotion, et le fait avec un talent consommé, sans excès sentimentaux.

Une très belle réussite, qu'on vous engage à lire en anglais si vous êtes en mesure de le faire. Cela étant, la version française de Marie-Claire Pasquier, sa traductrice en France depuis quelques livres, m'a semblé - pour les quelques dizaines de pages que j'ai regardées en traduction - tout à fait à la hauteur de la précision et de la limpidité de la prose actuelle de Roth.

NB Ce commentaire avait été rédigé pour l'édition en anglais de ce livre, il y a un peu moins d'un an. A l'occasion de la parution du livre en français, Philip Roth a déclaré qu'il ne publierait pas de nouvel ouvrage. Faut-il le croire? En tout cas, rien n'est venu depuis deux ans alors qu'il alignait les opus il y a peu. S'il est toujours triste de savoir que l'on risque de ne plus avoir de nouvelles d'un romancier qu'on estime, je comprends qu'il ait décidé de s'arrêter avec celui-là. D'une certaine façon, tout au moins dans le style qu'il a peaufiné ces dernières années, cette oeuvre est parfaitement achevée, et peut-être a-t-il à coeur de finir une carrière pleine de tours et de détours par un tel achèvement. Quoi qu'il en soit, et même si l'on n'est qu'un lecteur occasionnel de Philip Roth, je pense très sincèrement que "Némésis" est à ne pas rater.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 un peu déçue, 24 mars 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition :  Némésis (Broché)
J'ai trouvé ce livre un peu inconsistant. La montée de l'épidémie de poliomyélite est parfaitement décrite mais j'ai trouvé que seules les 30 dernières pages méritaient l'achat du livre.
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4.0 étoiles sur 5 Quand la polyo tordait les membres..., 5 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition :  Némésis (Broché)
Un livre terrible, et tellement humain. On pense à La peste de Camus, évidemment. Mais c'est la polyo, du temps ou le vaccin n'existait pas et où les gamins tombaient les uns après les autres. C'est poignant et beau.
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5.0 étoiles sur 5 Sans doute le meilleur Roth, 30 août 2013
Par 
Cetalir "Cetalir" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition :  Némésis (Broché)
Némésis sera-t-il le dernier roman jamais publié par Philip Roth ? Sans doute à en croire les déclarations mêmes de l'auteur aux Inrockuptibles ([...]) et confirmées ensuite par son éditeur. Arrivé à l'âge de soixante-dix-huit ans, Philip Roth ne se sent plus l'énergie de composer avec la frustration de devoir se battre avec les brouillons, les multiples tentatives jusqu'à trouver la bonne formulation, la bonne linéarité ou la bonne idée. Il préfère désormais se consacrer à la préparation de se mémoires afin que son biographe (car il ne doute pas un seul instant qu'une fois mort on voudra à tout prix écrire sa biographie) dispose d'un matériau le plus juste et complet possible.

Némésis est ainsi le quatrième et dernier volume du cycle « Nemeses » (qui signifie fatalité en américain) après « Un Homme », « Indignation » et « Le Rabaissement ». Un cycle où il est question du comportement face à la mort et aux multiples menaces qui remettent régulièrement nos existence en cause.

Ici, c'est en repensant aux épidémies de polio qui, chaque été, frappaient dans son enfance, jusqu'à l'invention du vaccin en 1955, que Roth construit un roman superbe et d'une architecture totalement maîtrisée.

L'Amérique de 1943 dans la ville de Newark se trouve confrontée à un double défi. D'un côté, sortir du piège de la guerre du Pacifique puis de l'engagement armé en Europe alors que chaque semaine, des familles de la communauté juive de la ville doivent composer avec l'information tant redoutée : celle d'un fils, d'un frère, d'un mari ou d'un amant tombé au front. De l'autre, une épidémie de polio qui frappe de plus en plus brutalement les enfants de tout milieu et de toute religion.

Bucky Cantor a décidé de faire front à sa façon. En tant que jeune Directeur des terrains de jeu de la ville, il conserve son calme et continue d'organiser les activités sportives des enfants dont il a la charge tout en renforçant les mesures sanitaires de sécurité. Pourtant, les gamins commenceront à tomber comme des mouches.

Sur l'insistance de sa fiancée, institutrice et monitrice d'un camp de jeunesse situé à l'abri des miasmes en altitude, Bucky finira par accepter de venir la rejoindre pour remplacer un professeur de sport appelé sous les drapeaux. Il deviendra alors malgré lui le vecteur du malheur pour les jeunes dont il est responsable et pour lui-même.

La question centrale abordée par Philip Roth est celle de la culpabilité. Dans la première partie du roman, deux sentiments coupables existent. Celui des familles qui cherchent une explication même totalement irrationnelle aux raisons qui font de leurs enfants bien-portants les victimes innocentes d'une terrible maladie. Il faut des boucs-émissaires et seul le sang-froid de Bucky permettra de contenir les foules. Mais aussi la culpabilité de Bucky de n'être pas parti se battre à cause d'une vue mauvaise qui l'a fait réformer, alors que tous ses amis sont au front. Du coup, il lui faut adopter inconsciemment une attitude héroïque jusqu'au point où la pression psychologique et amoureuse de celle qu'il doit épouser le fasse, la mort dans l'âme, quitter son poste en pleine épidémie.

Mais, fondamentalement, une fois le drame posé, la psychologie des personnages bien connue, Roth nous interpelle sur la question de savoir jusqu'où notre responsabilité est engagée lorsque nous devenons malgré nous l'agent du malheur et comment nous pouvons choisir de vivre vis-à-vis de cette fatalité.

Dans le cas de Bucky, la déesse de la vengeance et de la colère, émissaire de la Justice, Némésis, aura dicté un verdict absolu et aussi fermement irrévocable que l'état d'esprit intégral et inflexible du personnage qu'elle frappe.
Roth signe avec cet ultime roman un livre absolument magnifique.

Publié aux Editions Gallimard - 2012 - 227 pages

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com
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4.0 étoiles sur 5 épidémie-malédiction ?, 22 avril 2013
Par 
Colette Mestres (luberon, France) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition :  Némésis (Broché)
Le pouvoir d'une épidémie foudroyante de polio sur les corps et les âmes des habitants d'une petite ville tranquille qui voient leur vie bouleversée. Les émotions vont crescendo : l'incompréhension, la peur, la panique,la superstition, la colère..

Bucky,jeune et vigoureux athlète, élévé dans la rigueur par ses grands parents, se sentira toute sa vie coupable : de n'avoir pu faire la guerre comme les gens de son âge, puis, d'avoir pour une fois pensé à lui ... et cela déterminera le reste de sa vie .

Superbe livre.
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3.0 étoiles sur 5 De la peste à la polio, 15 mars 2013
Par 
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Némésis (Format Kindle)
Je crois qu'il est intéressant de faire un parallèle entre la Peste d'Albert Camus et Némésis. Car dans ces 2 romans que ce soit la polio où la peste, l'être humain se retrouve confronté à ses éternels interrogations sur sa propre existence.
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4.0 étoiles sur 5 Une épidémie de polio bouleversante, 15 décembre 2012
Par 
Thorin "maxmanamane" (laon France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition :  Némésis (Broché)
Bucky Cantor,sportif émérite et promis à un bel avenir dirige un centre de vacances en plein Newark durant l'été 44.Malheureusement,la polio fait son apparition et bouleverse la vie d'une communauté ainsi que celle de Bucky jadis indestructible.
Un Roth émouvant,très bien écrit,dont les sujets favoris(La maladie,la mort,la culpabilité)s'articulent autour d'une histoire d'amour pleine,pure et innocente jusqu'à ce que celle-ci soit remise en cause par la conscience meurtrie de Bucky.Mais celui-ci ne se trompe t'il pas de combat?Ne fait-il pas de son handicap un frein à son amour pour Marcia?N'aurait t'il pas fallu qu'il l'écoute davantage plutôt que de céder à sa conscience rigide?
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