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5.0 étoiles sur 5 Le monstre n'est pas toujours celui que l'on croit... Même dans ce film de la "Hammer" de 1957, 5 juillet 2014
Par 
Jord - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE! (DVD)
Premier long-métrage du cycle "Frankenstein" et d'horreur en couleur de la Hammer, "Frankenstein s'est échappé"/The Curse of Frankenstein" est un film de 1957 de "Terence Fisher" basé sur le roman de Mary Shelley, dont les droits du personnage venaient juste de tomber dans le domaine public, avec "Peter Cushing", "Christopher Lee", "Hazel Court" (une belle femme qui a surtout joué dans des films d'horreur) et "Robert Urquhart" (surtout acteur de théâtre).

Le sujet : Dans un village suisse au milieu du XIXème siècle, le Baron "Victor Frankenstein" (Peter Cushing), aidé par son ancien précepteur devenu son ami "Paul Krempe" (Robert Urquhart), crée un être artificiel dans le laboratoire de son manoir à partir du corps d'un pendu, des mains d'un sculpteur et du cerveau d'un éminent savant. Il donne vie à un monstre incontrôlable (Christopher Lee) qui menace son entourage...

Pas plus fidèle au roman de Mary Shelley que son homologue américain "Frankenstein" de 1931 de "James Whale" produit par la société "Universal Pictures" et interprété par "Boris Karloff", ce film n'en est pas du tout un remake. Reléguant le monstre (dont le titre français peut porter à confusion car le Baron ne s'échappe de nulle part, contrairement à sa créature) au second plan de l'intrigue, ce produit de haut niveau de la "Hammer" se focalise surtout sur le "Baron Frankenstein", admirablement interprété par "Peter Cushing", et en fait un personnage odieux, cynique, cruel et de plus criminel mais qui finira par devenir la victime de sa propre malédiction (d'où le titre anglais : "La Malédiction de Frankenstein"). "Christopher Lee", qui avouera lui-même avoir été choisi pour ce rôle non pour ses performances d'acteur mais sa grande taille, fait de brèves apparitions en créature à la fois effroyable et pitoyable. Comparer ces deux films me parait totalement inutile, car étant totalement distincts et réalisés à près de trente ans de différence. Je n'ai pas fait de commentaires sur le film de "James Whale" et de sa suite "La Fiancée de Frankenstein/Bride of Frankenstein" car ils sont plus connus du grand public, mais je les considère néanmoins comme des chefs-d'oeuvre à qui j'aurais donné la note maximale.
Ce "Curse of Frankenstein" est une véritable réussite qui appelait une suite, elle eut droit à un cycle de 7 films assez inégaux entre celui-ci et 1974.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Horror in color !, 21 mai 2014
Par 
Tornado (Provence Côte d'Azur) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE! (DVD)
"Frankenstein s'est échappé !" est réalisé par Terence Fisher en 1957. C'est le premier film d'horreur de la Hammer, société de production britannique, qui entreprend de revisiter les classiques du genre en reprenant les grandes figures des monstres de la Universal.
Suivront, entre autres, Le Cauchemar de Dracula en 1958 et La Malédiction des pharaons (The Mummy) en 1959...

L'Horreur en couleur ! Tel est le fil conducteur de ces relectures des classiques du patrimoine horrifique. Avec les films de la Hammer, "Frankenstein", Dracula", "la Momie", "le Loup-garou" et "Docteur Jekyll & Mister Hyde" brillent sous les feux du technicolor. Les couleurs sont flamboyantes et le sang coule en rouge vif !
Mais il ne s'agit pas là du simple intérêt de ces nouvelles adaptations des classiques du genre (qui viennent au départ de la littérature). Tout d'abord, les films de la firme britannique sont vraiment des relectures ambitieuses, qui évitent scrupuleusement de recopier ceux des années 30 et 40 tournés par la Universal.
"Frankenstein s'est échappé !", par exemple, se démarque complètement du Frankenstein de 1931 avec Boris Karloff. Ici, le récit est entièrement centré sur la figure du "Baron Frankenstein" (interprété par Peter Cushing), reléguant le rôle du Monstre (Christopher Lee) à une poignée de scènes tardives. La figure du "Baron" est étonnante, et avoisine celle du "savant fou" : Victor Frankenstein est un riche orphelin, fier de l'être, qui ne pense qu'à la science et désire par dessus tout créer un être de chair. Il ignore parfaitement toutes les considérations d'éthique et de bienséances qui se dressent ponctuellement entre lui et son "œuvre". C'est un homme froid et cynique, qui n'hésite pas à commettre les pires actes afin de parvenir à son objectif. La morale, la religion et le code pénal sont autant d'obstacles qu'il évacue d'un tour de main, prétendant que la science n'a pas à s'embarrasser de telles inepties obsolètes !
Le scénario prend ainsi ses distances aussi bien par rapport au film de 1931 qu'avec le roman de Mary Shelley, et s'impose comme une véritable relecture du mythe.

Et puis il y a le réalisateur Terence Fisher. Ce dernier met en scène ses films avec une intelligence incroyable. Les couleurs vives, les décors soignés et le vernis somptueux de ces images gothiques flamboyantes ne sont en réalité qu'un moyen de distiller une horreur manifeste tout en douceur. Désirs morbides, pulsions sexuelles, malveillance latente. Tout ce qui s'élève contre la pudibonderie est ici emballé avec soin dans de belles images.
L'horreur en couleur et les pires cauchemars célébrés dans l'esthétique la plus chatoyante, tels auront été les thèmes de prédilection de cet auteur majeur du cinéma anglais. Ou quand l'horreur devenait belle, offrant aux amateurs privilégiés l'occasion de découvrir les fantasmes interdits qui se cachent sous les figures monstrueuses. Ainsi se développait une propension à la métaphore exceptionnelle, où le Vampire cachait à peine le riche aristocrate qui soumet le pauvre en son pouvoir, où le Monstre, parfois dissimulé sous les traits d'un être à l'apparence tout à fait commune, devenait l'incarnation de l'interdit libertinage, avec un refus absolu du romantisme à l'eau de rose (toute histoire d'amour finissant très mal !). Une manière de révéler les tréfonds de l'âme humaine sous un vernis d'une séduction des plus vénéneuses !

Les amateurs de film d'action et tous ceux qui n'aiment pas les films lents et bavards devront néanmoins s'abstenir. Car "Frankenstein s'est échappé !" est un film dénué d'action et quasiment filmé en huis-clos puisque le château du Comte demeure, avec la forêt alentour, le seul décor dans lequel se déroule le récit. Le film a bien entendu vieilli et ne fait plus peur à personne, entendu que la notion de "Peur" au cinéma souffre rapidement du poids de l'âge. Les scènes d'horreur ne sont pas très nombreuses et, la plus-part du temps, se déroulent hors-champ. Mais il y a tout de même trois ou quatre plans bien gores pour l'époque.
Le titre français est complètement grotesque (une mode à l'époque, avec par exemple King Kong s'est échappé !) puisque le film s'appelle "Curse of Frankenstein" ("La Malédiction de Frankenstein") dans sa version originale...
Le succès fut important et le studio produisit toute une série de suites dans lesquelles le Baron Frankenstein (toujours interprété par Peter Cushing), à chaque fois présumé mort dans le film précédent, opérait sans cesse son scandaleux retour ! Se succédèrent ainsi "La Revanche de Frankenstein" (1958), L'empreinte de Frankenstein (1964), Frankenstein Créa la Femme (1967), Le Retour de Frankenstein (1969) et Frankenstein et le monstre de l'enfer (1973). A part "L'empreinte de Frankenstein", réalisé par Freddie Francis, ils furent tous réalisés avec amour par Terence Fisher...
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