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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Original et perturbant
Germain est professeur de littérature au lycée Flaubert, un lycée pilote où l'uniforme est de rigueur.
Alors qu'il est en train de corriger toute une pile de copies, une en particulier attire son attention, celle de Claude Garcia élève de Seconde, le garçon du dernier rang.
D'exercice en exercice, de dissertation en...
Publié il y a 3 mois par TORNADE

versus
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 prenant
Ce film est aussi bizarre que prenant, il nous met vite nous aussi spectateur dans le malaise ambiant du film. C'est glauque mais intéressant, on a envie de savoir la suite, on se demande jusqu'où tout cela va aller, on ne sait plus très bien si c'est du fantasme ou la réalité...bref on va d'émotions en émotions diverses et...
Publié il y a 9 mois par jessico33


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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Original et perturbant, 28 juin 2014
Par 
TORNADE (BichetteLoup en Crocquelle) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la maison (DVD)
Germain est professeur de littérature au lycée Flaubert, un lycée pilote où l'uniforme est de rigueur.
Alors qu'il est en train de corriger toute une pile de copies, une en particulier attire son attention, celle de Claude Garcia élève de Seconde, le garçon du dernier rang.
D'exercice en exercice, de dissertation en dissertation, Claude couche sur le papier ses impressions lors de ses visites dans la maison de son camarade de classe. Peu à peu, il devient un voyeur au coeur de l'intimité de cette famille...

C'est un sujet original, un thème qui surprend, intrigue, trouble, met mal à l'aise également, mais il est bien exploité. Il est intéressant de voir que ce professeur de français assez désabusé se prend à admirer un élève chez qui il a décelé un don pour l'écriture. La relation élève/professeur d'ailleurs évoluera assez vite, jusqu'à devenir une certaine forme de complicité et de complémentarité. L'un a le potentiel pour réussir là où l'autre a échoué, l'autre encourage l'un dans son vice et son voyeurisme.
Le film est servi par de très bons acteurs, Fabrice Luchini y est excellent, à l'aise dans son interprétation, Kristin Scott Thomas assure avec classe et élégance, Emmanuelle Seigner est parfaite dans son rôle de femme effacée et le jeune Claude surprend par son jeu d'acteur talentueux.
Le spectateur ressort de là avec une impression de malaise évident et le sentiment que lui aussi a pris part à cette intrusion dans la vie et "Dans la maison" de cette famille.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vérités romanesques, 6 mars 2013
Par 
Semper Victor "FB" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 10 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la maison (DVD)
« Dans la maison » est une nouvelle et éclatante manifestation du talent original et de la place hors norme de François Ozon au sein d'un cinéma français trop souvent conformiste.

Ce film, porté par des acteurs impeccables - notamment Fabrice Lucchini (Germain, le professeur de français), Kristin Scott Thomas (son épouse) et Ernst Uhamuer (Claude, son élève) - évoque par l'image et par la voix, le pouvoir de la littérature et de l'écrit.

L'histoire est-celle de la fascination d'un professeur, pas assez doué pour avoir été un écrivain de talent, et de ses relations avec un élève assez doué pour le devenir. Dans la droite lignée des thèses de René Girard sur les vérités romanesques, Ozon cultive dans son scénario le désir mimétique, les relations triangulaires et le rôle du médiateur externe. On retrouve avec « Dans la maison » quelques procédés narratifs déjà employés dans « Swimming Pool », les réalisateurs jouant sur le registre de réalités plurielles, de situations alternatives et de la transposition à l'écran d'un texte en train de s'écrire. En filigrane, le film égratigne avec humour et dérision la vacuité d'un certain art contemporain et les abaissements du système éducatif pour mieux valoriser la puissance intemporelle de la véritable littérature.

Le film et son scénario fonctionnent à merveille et débouchent sur une œuvre finalement inventive, convaincante, plaisante, captivante et drôle. On regrettera simplement une légère baisse d'intensité dans son épilogue. « Dans la maison » en tout cas démontre les ressources immense du cinéma lorsqu'il s'ait s'affranchir de certains carcans.
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40 internautes sur 45 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De la littérature ou du pouvoir de réinventer la vie, 15 novembre 2012
Par 
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la maison (DVD)
Une famille normale, sous un président normal (c’est moi qui ajoute), dans une maison normale ; la femme de la classe moyenne. Voici pour le décor.
Mais qu’est-ce qui est « normal », en ce bas-monde ?

Entre réalité et illusion, rêve et désespoir, un jeune lycéen, sous couvert de son professeur, lui-même engoncé dans la situation rendue normale de l’enseignant confronté à des « apprenants » normaux, dans un système éducatif dont on perçoit la critique acerbe, comme il en va de l’art moderne ou contemporain, jouant du normal ou au contraire de l’irréel pour prétendre transformer une réalité fantasmée, semble se détacher du lot des élèves, par la qualité de ses compositions de français.

De quoi laisser pantois notre professeur normal, l’intriguer et le perturber jusqu’à remettre en cause la situation normale qui est la sienne, adulte ayant perdu une bonne partie de ses illusions et s’étant installé dans une sorte de confort moral bien fragile, où les apparences tiennent bien souvent lieu de réalité.
Or, en fait de composition il est plutôt question d’histoire à suivre. Réelle ou factice ? Et qui apprend le plus à l’autre ? L’élève ou le professeur ?

Accompagné par instants d’une musique qui imprime une ambiance parfaitement appropriée au film, à la fois belle, simple, intrigante et tourmentée, l’histoire parvient, tel un bon roman, à nous emporter, nous surprendre, nous captiver, jusqu’à ne plus savoir où l’on se trouve, entre rêve et réalité, au sein de situations parfois changeantes et où rien ne semble définitivement établi. N’est-ce pas la spécificité du roman ?

Un enchaînement réussi, relativement convaincant. Quelques touches d’originalité. Des acteurs parfaits. Du bon cinéma français.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 prenant, 1 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la maison (DVD)
Ce film est aussi bizarre que prenant, il nous met vite nous aussi spectateur dans le malaise ambiant du film. C'est glauque mais intéressant, on a envie de savoir la suite, on se demande jusqu'où tout cela va aller, on ne sait plus très bien si c'est du fantasme ou la réalité...bref on va d'émotions en émotions diverses et on se laisse prendre par cette histoire. On reconnaît bien ici le style Ozon.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 J'ai adoré, 9 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la maison (DVD)
Déjà fan de Luchini, j'ai trouvé ce film dérangeant et très bien écrit. Au fur et à mesure du déroulement du film, on sent une tension montée et la relation prof / élève dérangeante ajoute au suspense bien mené.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Scénario très dérangeant ! Luchini grandiose !, 19 février 2013
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Un film français réalisé en 2012 par François Ozon avec Fabrice Luchini, Ernst Umhauer, et Kristin Scott Thomas

Un scénario très dérangeant voire pervers, une histoire vraiment pas commune, un Fabrice Luccini semblable à lui même : C'est à dire PARFAIT, et un jeune espoir (Ernst Umhauer ) absolument épatant ! Super scénario !

Ce film a reçu 3 prix et 16 nominations.

à voir absolument à condition de n'être pas trop "coincé" dans sa tête ! ;-D
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13 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le retour d'Ozon..., 12 avril 2013
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la maison (DVD)
Pour tous ceux qui, comme moi, ont fini par renoncer à suivre François Ozon le long d'une filmographie erratique et souvent maladroite, "Dans la Maison" est une bonne nouvelle : ce film nous ramène en effet au trouble qui nous avait fait aimer son beau "Sous le Sable", avec une différence de taille, qui en frustrera certains, puisque au lieu de nous parler d'émotions, d'amour, Ozon nous parle ici de littérature, et de la manière la plus cérébrale qui soit. Tout en utilisant les références cinématographiques les plus évidentes - Hitchcock et De Palma - pour traiter un sujet qu'il reconnaît directement inspiré du "Théorème" de Pasolini, Ozon s'éloigne pourtant de ces modèles, quitte les rives du thriller anxiogène, et joue avec des codes parodiques qui désamorcent un peu les enjeux, mais enrichissent considérablement la palette du film, et séduiront tout spectateur qui n'est pas trop attaché à une fiction efficace et bien "bouclée". Les thèmes se multiplient, s'empilent, se contredisent aussi, sans qu'aucune conclusion facile puisse en être tirée : parle-t-on ici de filiation et de transmission, de perversité amoureuse, de voyeurisme, de l'hypocrisie inhérente au lien amoureux comme au lien social ? Du ridicule de l'Art quand il est détaché du monde (la galerie d'Art Moderne) par rapport à sa dangerosité quand il s'en nourrit (la littérature comme manipulation du réel, telle que pratiquée avec talent par le jeune Claude) ? Sans doute, mais Ozon n'oublie pas de nous faire rire / grincer des dents en pastichant tant de travers de notre époque : la démagogie des nouvelles théories éducationnelles, l'obsession croissante pour la Chine (des dialogues hilarants !), ou encore la mercantilisation de l'Art, encore et toujours. On pourra, suivant son humeur, célébrer ou regretter la dernière scène, conceptuellement remarquable et beaucoup plus explicative que le film qui l'a précédé, une scène qui en dit peut-être trop en recentrant (trop tard ?) le propos de "Dans la Maison", mais qui est une vraie belle idée de cinéma.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dans la maison, un labyrinthe., 29 octobre 2013
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la maison (DVD)
Que ceux qui n'ont pas encore vu ce film, ne tardent pas à se régaler en plongeant dans cette histoire délicieusement perverse. Une réflexion subtile et passionnante sur la création littéraire, sur les liens entre fantasmes et fiction, et une foule de clins d’œil à d'autres films cultes. A voir et à revoir.
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12 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Epoustouflant. Peut-être le meilleur film d'Ozon., 26 avril 2013
Par 
FX de Vasselot (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la maison [Blu-ray] (Blu-ray)
Mon commentaire est long, et s'oriente parfois sur l'analyse détaillée du film. Mais c'est un film qu'on prend beaucoup de plaisir à revoir, et les clefs que je vous livre ci-dessous pourraient vous permettre de l'apprécier encore plus.

L’intrigue débute comme un classique du réalisateur, avec une situation très limite, voire vénéneuse, dont on se demande dès la bande-annonce dans quelle direction et jusqu’où elle va évoluer. Germain est un écrivain raté et prof de Français désabusé par un système pédagogiste très EducNat, qui en arrive à demander comme rédaction à ses élèves de Seconde de raconter leur week-end. Les copies sont toutes nullissimes sauf une, très intrigante : avec un certain style, un élève raconte qu’il est parvenu à se faire inviter chez un camarade qu’il méprise pour satisfaire sa curiosité ; il voulait voir comment c’était « dans la maison ». La copie se termine abruptement par un énigmatique « A suivre. » Le prof, intrigué, va se rapprocher du jeune homme et le guider dans l’évolution de ce qui relève autant de l’exercice littéraire que du voyeurisme le plus malsain. Mais qui manipule qui ?

Comme toujours chez Ozon, le film est très élégant. La photographie se rapproche cette fois-ci beaucoup de celle de Shyamalan, toute en tons sobrement pastels, regorgeant de petits détails très réalistes et bien trouvés (le dragon sur la télé, c’est l’image de Claude, l’élève). Les mouvements sont d’une telle fluidité qu’on ne les perçoit pas et ne font jamais forcés. Très naturellement, la caméra fait ce que notre regard voudrait instinctivement suivre, montrant ainsi à quel point Ozon fait du spectateur le complice des trois voyeurs du films (Germain, sa femme à laquelle il fait lire chaque copie, et Claude). Les mises en abymes sont donc multiples, les tiroirs de l’intrigue ont des doubles- voire triples-fonds. En permanence, on se demande jusqu’où ce jeu dangereux va aller, si l’on va tomber dans le sordide ou le scabreux, mais à chaque fois Ozon rattrape la situation, soulage la tension, contourne le malsain, et manipule le spectateur autant que ses personnages. Le tout avec un humour certain et bienvenu.

Lucchini est somptueux dans son rôle désabusé qu’il joue avec retenue, à des lieues de ses flamboyances habituelles. Lui qui a lu les plus grands textes sur scène, Ozon parvient à lui faire dire du La Fontaine comme un vrai prof de lycée. Jeanne, sa femme, est incarnée par Kristin Scott-Thomas qui continue sa carrière française avec classe, mais sans égaler tout à fait le niveau de ses interprétations en langue maternelle. Emmnuelle Seigner est parfaite en mère de famille ordinaire et sans passion, au visage quelque peu flétri par le temps. Yolande Moreau fait une petite double apparition très rigolote, et c’est un plaisir de retrouver Jean-François Blamer en proviseur médiocre. Mais la révélation de ce film est sans conteste Ernst Umhauer, le jeune homme, qui impose sa présence à l’écran sans effort apparent, y compris face aux têtes d’affiche. Son regard intense oscille toujours entre la séduction et la perversion, et sa voix, tantôt douce, tantôt doucereuse, nous fait passer en permanence du charme à la méfiance. Ce personnage hautement antipathique, Umhauer parvient à nous le faire aimer malgré tout, à compatir sur son manque d’amour sans jamais excuser ses actes pour autant. C’est son premier grand rôle, et son nom est à suivre. Evoluant dans le même registre qu’un Matthieu Simonet (La bande du Drugstore), on lui souhaite une carrière plus éclatante que celle de ce dernier.

Avec son casting, l’autre grande force de ce film est sa densité, et la multiplicité des thèmes qu’il aborde. Cette multiplicité est pourtant parfaitement maîtrisée, et le film ne fait jamais fourre-tout, ni brouillon. Tout d’abord, évidemment, c’est un roman d’apprentissage, puisque l’un des personnages principaux est un adolescent. Tout y est : trouver sa voie (l’écriture), découvrir l’amitié, subir la passion amoureuse, même s’il est vrai que tout est faussé dans le sens des relations de Claude. L’opposition Claude-Rapha en est le meilleur exemple : ce n’est pas pour rien que Rapha ne comprend rien aux nombres « complexes », dits aussi « imaginaires ». La complexité et l’imagination sont les domaines de prédilection de Claude, pas de Rapha, un garçon simple et sans fantaisie, gentil et sincère. Claude est un personnage à la fois trop mûr pour son âge (il a son père à charge, il s’éprend d’une femme mûre), mais qui conserve des faux-fuyants enfantins, notamment quand il renvoie Germain dans ses buts à coup d’excuses faciles : « j’ai suivi vos conseils », « j’ai fait ce que vous m’aviez dit ». Son mode de relations est complètement vicié au départ : il joue avec les autres, s’amuse à manipuler tout le monde (Germain comme les Rapha), mais va progressivement découvrir qu’une relation vraie est possible, notamment avec Germain (j’y reviendrai).
Il y a, bien sûr, la crise du couple, montrée à travers les deux familles (le couple Germain-Jeanne et les Rapha). François Ozon est un réalisateur tout ce qu’il y a de plus moderne, comme ont pu en témoigner ses films Sitcom, 8 femmes, 5x2, Le temps qui reste, avec leur rejet des valeurs supposées appartenir au passé (famille, bourgeoisie, mariage, etc). Chose très étonnante, entre les bobos intellectuels (le prof et la gérante de galerie d’art) et les beaufs petits-bourgeois (a priori, tout ce qu’Ozon pourrait avoir en horreur), ce sont bien ces derniers qui vont tout gagner à la fin : la famille ressort renforcée sans conflit, le mari montera bien sa boîte, le jeune Rapha sera débarrassé de Claude, et la mère a la perspective d’une maternité heureuse. Un peu comme si Ozon s’était finalement pris d’affection pour la classe moyenne, la simplicité de ces gens, exactement comme le fait Claude dans l’histoire.
Car Claude, malgré tout son mépris adolescent, ne désire rien d’autre dans le fond qu’appartenir à cette famille normale. Au lieu de cela, il trouvera un père de substitution. Car la relation prof-élève évolue (heureusement) dans une direction père-fils. Ce n’est pas par hasard que Germain déteste quand Claude l’appelle « maestro » : il sait qu’il est mauvais écrivain, et n’est pas un maître ; en revanche, il a un fort désir de paternité (selon vous, qui est stérile dans le couple ?), d’éducateur (frustré dans ses idéaux par la nullité du lycée). Et Claude va lui offrir cette possibilité. Les deux se complètent parfaitement et vont progressivement mettre en place une relation équilibrée et véritable : ils sont le prof et l’élève, le père et le fils, la technique et le style, la théorie et l’expérience, le lecteur et l’auteur. La fin du film doit être comprise dans ce sens, face aux fenêtres de cet immeuble filmé frontalement, image des rayonnages d’une bibliothèque où chaque fenêtre ressemble à la tranche d’un livre, s’ouvre sur divers personnages, est la promesse d’une nouvelle histoire à écrire.

Une autre thématique du film est l’exercice de style. Ozon nous livre une parfaite leçon d’écriture, avec de nombreux exemples d’illustration. C’est un véritable cours auquel le spectateur assiste, sans jamais s’ennuyer. Il aurait même parfaitement sa place dans un cursus académique, sans les côtés pontifiants de l’université. Ozon illustre impeccablement différents niveaux de mises en abymes, et use adroitement de nombreuses pirouettes pour alléger la tension ou le malaise dans lesquels il a réussi à enfermer le spectateur. Ce dernier imagine beaucoup de choses, beaucoup de développements possibles, mais Ozon parvient toujours à pendre le contrepied de qu’il attendrait. En plus d’une leçon d’écriture, c’est donc aussi une leçon de cinéma. Il entretient également l’ambiguïté certaine entre ce qui est vrai, ce qui est de la fiction, et ce qui relève du fantasme. Saura-t-on vraiment ce qui s’est passé en réalité dans la maison, puisque tout est vu à travers le regard de Claude ? Non. Pourtant, il y a des conséquences indéniables (les scènes scolaires : lecture publique de rédaction, entretien parent-prof, cassage de gueule devant le lycée, etc) qui ne s’expliquent que si les récits de Claude ont une part importante de vrai. Mais d’autres éléments sont manifestement inventés (je n’en dis pas plus). Quant aux fantasmes, ils sont autant dans la tête de Claude (qui s’imagine pourvoir trouver une place dans cette famille normale) que dans celle de Jeanne (qui imagine beaucoup de choses sur son mari, ainsi que sur Claude). Le rapport au réel est donc méthodiquement remis en cause par Ozon, sans pour autant perdre le spectateur (on est loin des excès de David Lynch dans Lost Highway ou Mulholland Drive, par exemple), ce qui est une belle démonstration de sa maîtrise des langages cinématographiques.

Enfin, il y a même un message presque politique, dans l’ironie violente vis-à-vis de système éducatif français et ses dérives pédagogistes. Ce dernier produit à coup d’exercices abrutissants (cf les rédactions de Germain) des citoyens formatés (cf les uniformes), qui sont tous un peu des Rapha. En contrepied, Ozon va montrer que ce qui va permettre la réelle émergence et l’affirmation d’un talent singulier et hors norme, c’est la vraie relation professeur-élève sous forme de tutorat, le travail exigent (Claude devra reprendre plusieurs fois des passages), et un réel approfondissement des connaissances (les nombreuses lectures que Germain exige de Claude). Ce discours est étonnant dans un film français intello.

Non seulement l’intrigue nous tient en haleine, non seulement les problématiques sous-jacentes sont passionnantes et bien approfondies, mais en plus le film dispense ludiquement un enseignement technique et littéraire à ceux que cela intéresse.

Intellectuel, mais jamais prétentieux ni ennuyeux, ce film est l’un des meilleurs de l’année, et le meilleur Ozon depuis longtemps. Voire tout court.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un plaisir pour les yeux et les oreilles, 30 septembre 2013
Par 
Guyt (Montréal, Québec) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dans la maison (DVD)
Même si on est loin d'une petite comédie, j'ai regardé ce film avec un immense sourire collé au visage. Vraiment, y a que les Français pour nous faire un film sur le pouvoir évocateur des mots!

Fabrice Luchini est épatant dans ce rôle d'enseignant un peu raté qui guide cet élève doué pour l'écriture. Mais bon, Luchini pourrait lire l'annuaire téléphonique pendant deux heures, on le trouverait intéressant. Je ne sais pas comment Luchini est perçu en France, mais je peux vous dire qu'ici au Québec, du Luchini, on en mange!

Ce qui ajoute au plaisir, c'est ce triple voyeurisme: celui de l'élève qui observe cette famille de la classe moyenne, celui du prof qui observe l'élève et, évidemment notre propre voyeurisme: entrer dans l'intimité des autres. N'est-ce pas ce que nous attendons du bon cinéma?
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Dans la maison
Dans la maison de François Ozon (DVD - 2013)
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