Commentaires en ligne


2 évaluations
5 étoiles:
 (1)
4 étoiles:
 (1)
3 étoiles:    (0)
2 étoiles:    (0)
1 étoiles:    (0)
 
 
 
 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une pointe de déception, 23 avril 2013
Par 
Cymus - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Concerto pour violoncelle n° 1 op.107 - Sonate pour violoncelle et piano op.40 - Moderato (CD)
Emmanuelle Bertrand est assurément une violoncelliste exceptionnelle. Son précédent album, « Le violoncelle parle » qu’elle avait consacré à plusieurs pièces pour violoncelle seul l’atteste avec évidence.

C’est pourquoi j’éprouve une petite déception à l’écoute de ces nouveaux enregistrements, plus particulièrement à l’égard du concerto pour violoncelle n° 1. Certes, la virtuosité nécessaire à l’exécution de cette œuvre éprouvante pour le soliste ne manque pas à Emmanuelle Bertrand, on ne reprochera pas grand chose à l’exécution de la cadence, bien au contraire, son archet y est époustouflant. Mais le total laisse un peu froid. La revue Classica de ce mois d’avril (qui a accordé un Choc à cet album) rapporte les propos de la musicienne qui aurait voulu « un violoncelle presque effrayant, habité par une sorte de transe » et « un finale délirant ». Une telle approche paraissait intéressante, contrairement à l’interprétation un peu burlesque qui est souvent retenue. Mais on a l’impression qu’Emmanuelle Bertrand est restée à mi-chemin et que l’objectif qu’elle s’est donné n’est pas vraiment atteint.

L’écoute en reste évidemment très agréable (encore que la prise de son laisse traîner quelques bruits parasites qui ne le sont pas tellement), et ce disque ne déparera pas une discothèque. Mais au fond, il ne la renouvellera pas non plus. J’aime autant la version d’Heinrich Schiff sous la direction de Maxime Shostakovich (Decca, 1985), plus nerveuse et plus excessive. J'attendais une version exceptionnelle, elle est juste excellente.

La sonate pour violoncelle, qu’elle joue ici avec son compagnon Pascal Amoyel, tient en revanche toutes ses promesses. Cette œuvre de jeunesse du compositeur, de facture somme toute assez classique par rapport à ses productions de l’époque, en quatre mouvements, dévoile, dans l’allegro non tropo et le largo, toute la nostalgie et même la noirceur, toute la subtilité mélodique dont était capable Shostakovich, tandis que les allegros du second et du quatrième mouvements renouent avec l’ironie, sinon le burlesque, et les rythmes endiablés. Cette œuvre qui m’avait paru jusqu’alors un peu ennuyeuse (je dois l’avouer) devient un véritable bijou dans cette interprétation réjouissante.

L’album se termine sur une courte pièce, un Moderato pour violoncelle et piano, qui reste dans la même veine que la sonate sans que l’on en retienne vraiment quelque chose.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Dans un style de marche joyeuse...", 23 avril 2013
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Concerto pour violoncelle n° 1 op.107 - Sonate pour violoncelle et piano op.40 - Moderato (CD)
Il y a quelque temps, je disais le bien que je pensais de la version du 1er Concerto pour violoncelle par Sol Gabetta et (hélas) Lorin Maazel : Shostakovich : Cello Concerto No. 1, Rachmaninov : Sonata For Cello And Piano Op. 1. Après avoir fait une recension positive de ce disque j'ai lu celle de Bertrand Dermoncourt dans Classica, dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle l'assassine. Je ne suis pas revenu par la suite sur la prestation de la violoncelliste argentine, que je n'ai pas trouvée flasque et sans tenue comme lui. Après avoir lu sa critique dithyrambique de l'enregistrement d'Emmanuelle Bertrand et Pascal Rophé dans le numéro d'avril 2013, j'étais évidemment titillé. Le modèle absolu après l'anti-modèle? Les choses ne me semblent pas si tranchées, même si l'orchestre n'ayant rien du pâteux de la version Gabetta / Maazel, ce qu'y fait la violoncelliste ressort d'autant mieux et frappe effectivement comme étant plus expressif et tenu.

Ce qui m'empêche d'être totalement enthousiaste là aussi? L'orchestre de la BBC du Pays de Galles, bien que dirigé avec poigne par Pascal Rophé, me semble coupable d'une certaine acidité, notamment dans les cordes et pour les tutti de cuivres. Certes, il n'est pas poussif comme le Philarmonique de Munich sous la baguette de Maazel, et le premier mouvement est idéalement conduit, mais je ne suis pas complètement convaincu par la façon dont sonne l'orchestre, certains traits étant d'une laideur agressive qui n'est pas qu'expressive (cf. en particulier l'Allegro con moto conclusif).

Rappelons que Chostakovitch, comme toujours rétif après un moment à décrire sa musique, avait juste noté à propos du premier mouvement qu'il était "dans un style de marche joyeuse", ce qui prête à sourire étant donné le rictus sardonique qu'il évoque bien plutôt. Emmanuelle Bertrand a choisi d'être aux limites de la justesse et de la rupture dans ce mouvement, ce qui accuse le côté peu amène et sans concession d'un premier mouvement qui plonge l'auditeur dans une danse plus macabre qu'autre chose. On ne pourra guère reprocher à Emmanuelle Bertrand son optique, et même si l'on est prêt à accepter un son plus rond y compris dans cette oeuvre, elle y fait tout de même souvent des prouesses, premier et dernier mouvements inclus. Le Moderato la voit s'exprimer avec un cantabile du meilleur effet. La Cadence est superbe, avec une ligne d'une maîtrise admirable. N'était donc l'acidité de l'orchestre dans les mouvements extrêmes, on tiendrait là une des plus belles versions de ce Concerto. En l'état, il constitue une excellente proposition, avec une soliste et un orchestre qui poussent leurs options de belle manière, l'orchestre n'ayant à mon sens pas tout à fait les moyens d'accompagner la soliste dans sa tentative de rendre la "course à l'abîme" voulue par le compositeur.

En complément, la Sonate op. 40, composée avant le mitan des années 30 et le début des vrais ennuis pour Chostakovitch, trouve sous les doigts d'Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel une version merveilleuse. La façon dont Chostakovitch y sert la tradition et la retravaille de l'intérieur, voire la mine, le chant et la subversion du chant, tout est admirablement rendu par des instrumentistes pleinement maîtres de leur outil et de leurs effets. Tous les climats sont formidablement restitués, de l'idylle légèrement mélancolique à la marche funèbre et à "la parodie de valse pour le moins grinçante" comme l'écrit l'auteur du livret (informatif et bien conçu, comme souvent chez Harmonia Mundi). Je n'ai pas le souvenir d'avoir entendu cette Sonate aussi bien jouée depuis un bon bout de temps, qui plus est servie par une prise de son aussi bonne.

Le Moderato pour violoncelle et piano livré en complément est sans grande conséquence, mais il répond tout de même assez bien à la Sonate. A l'entendre, on se dit que voilà un bis de concert qui vaut mieux que bien d'autres... Reste qu'on ne peut que souscrire à ce qu'écrit Bertrand Dermoncourt à la fin de son article et assurer que ce disque appelle une suite : un 2ème CD alliant le 2ème Concerto et le Trio serait plus que bienvenu. Il existe certes déjà beaucoup de versions du Trio, mais l'on pressent qu'avec un(e) partenaire de choix celle d'Amoyel et Bertrand pourrait mettre tout le monde d'accord.

4,5 étoiles pour un disque que je recommande pour les deux oeuvres, avec une réserve pour le Concerto, sans la moindre espèce de réserve pour la Sonate. Prise de son excellente, qui ne met pas le violoncelle démesurément en avant dans le Concerto (est-ce pour cela que l'on entend autant l'acidité de l'orchestre?).

NB Rappelons à toutes fins utiles que la version du dédicataire du Concerto n°1, Mstislav Rostropovitch, a récemment été couplée par Praga avec celles, tout aussi indispensables, de concertos pour violon et pour piano : Chostakovitch : Concertos pour piano n° 2 - Concerto pour violon n° 1 - Concerto pour violoncelle n° 1.

Par ailleurs, Harmonia Mundi va enfin ressortir, dans sa collection économique, le disque Olivier Greif conçu par Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel (avec Antje Weithaas pour le Trio), épuisé depuis quelque temps : Greif / Sonate de Requiem. Une merveille, qui sert admirablement une musique qui n'est pas qu'un peu influencée par celle de Chostakovitch. Et s'ils enregistraient son Trio tous les trois?
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

Ce produit

Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit