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Just a Story from America
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le 5 février 2013
J'ai peine à croire que personne ne se soit penché sur cet album , essentiel , d'Elliott Murphy ... Evidemment le prix est horrible ( plus de 600 francs si on parle en vieille monnaie ! Alors que le mien , j'ai encore l'étiquette dessus , je l'ai payé 60 francs de l'époque ) .
Si vous ne l'avez pas acheté au bon moment ( à sa sortie en 77 ) ou pendant que new rose et Laurent Chalumeau dans le milieu des années 80 essayaient de relancer la carrière du prince de New York , vous en êtes réduits à baver devant l'idée que vous vous faites des chansons contenues dans ce quatrième album d'Elliott au titre si emblématique .
Ben moi , je sais et je vais vous raconter ...
Vous connaissez Born to run de Bruce Springsteen ? Ben là , c'est pareil ... je veux dire , c'est ce qu'Elliott avait dans l'idée de faire ... et puis bien sûr il a fait un peu pas pareil .
Normal , le blond est plus limité musicalement et vocalement que le boss , moins fougueux dans l'inspiration , mais sans doute plus malin , plus cultivé ... Erudit rock , Elliott Murphy reste dans le module de la bonne chanson bien ouvragée avec style et élégance , sans imploration . C'est un dandy .
Bon je ne vais pas vous faire l'histoire du riche et du pauvre à l'envers ... mais il y a un peu de ça quand même : les deux garçons ont grandi dans le même berceau qu'on valdingue au mur du rock and roll , se sont fait les dents l'un sur une cuiller d'argent et l'autre sur une clef à molette .
Ils se connaissent bien et nourrissent une admiration sincère l'un pour l'autre . Ils ont commencé au même moment , avec la même conviction , les mêmes chances et puis leurs routes ont divergé . Springsteen voulait le succès , Murphy avait des inquiétudes ...
Bruce , c'est un prolo qui fait du cinéma avec ses chansons qui ont réussi à toucher le plus grand nombre . Il a su s'adresser directement aux Américains . Il fut doué , n'ayant pas le choix .
Elliott c'est un bourgeois lettré qui se rêve écrivain ( plusieurs tentatives infructueuses jusque là dans ce domaine tendraient à prouver en effet l'irréalité de la chose ) mais qui n'a de talent que pour le songwriting subtil . Il s'est trompé , ayant le choix .
Aptitude singulière en ces temps post glam et pré punk qui , comme toutes les excellences , n'eut pas l'heur de plaire au "plus grand nombre" , d'où un relatif échec commercial d'à peu près tous ses albums ; ce qui n'a cependant jamais rendu Murphy amer ou vindicatif , même s'il lui est arrivé de faire quelques albums de blues , sans grand intérêt comme à peu près tous les albums de blues ...
Au contraire , cela lui confère un statut de poète rock maudit qui doit flatter son ego ... il n'a pas eu de chance , mais il a la classe !
Père grossium dans les ballets aquatiques de style hollywoodien ( d'où le titre de son premier album ) Elliott est un gosse de riche ( même si le daron s'est un peu banané , quand on goûte au luxe , il en reste toujours qqch ) un dilettante , un esthète , un Parnassien qui prend des bateaux .
Encore une fois , et c'est encore plus flagrant ici , le New Yorkais n'a pas fait un album qui parle d'Amérique aux Américains , mais un album qui parle aux Européens d'un Américain en exil ( en Angleterre , en Italie et en France ) fantasmant à l'écart son pays , lui cherchant coûte que coûte comme une sorte de dignité par l'expression d'une certaine lassitude , une mélancolie surannée ... comme Fitzgerald sur la riviera .
Citer F.Scott Fitzgerald dans une chronique sur Elliott Murphy est pour ainsi dire obligé , ça fait cossu ; mais ce n'est pas un cliché , c'est juste que si on ne le fait pas , ça veut dire soit qu'on n'a jamais lu Fitzgerald , ce qui serait impardonnable à nos âges et compte tenu de notre standing , soit qu'on n'a rien compris aux chansons d'Elliott Murphy , ce qui serait lamentable . ( fin de la parenthèse ) .
Après le semi échec de Night Lights , son chef d'oeuvre , pour Elliott Murphy , comme pour Bruce avec Born to run deux ans auparavant , Just a story from America est l'album du quitte ou double : titre plus que séduisant , production généreuse en Angleterre et musiciens stars ( Mick Taylor , Phil Collins ... ) ... et bien sûr malgré l'extrême qualité de ses compositions , il s'est planté ! Un blond qui fait du rock , c'est pas crédible , ça doit être ça .
Et puis les chansons d'Elliott Murphy sont profondes , littéraires et ne vont pas au plus facile ... son rock manque un peu d'agressivité , d'urgence , c'est un peu du folk aussi , c'est de la chanson ...
Admirateur de Lou Reed , Dylan et Bruce Springsteen , ainsi que d'une quantité d'écrivains et cinéastes qu'il serait fastidieux de name-droper ici ( la grande marotte d'Elliott ) Murphy écrit des chansons pour adultes ( Anastasia , caught short in the long run , summer house ... ) qui connaissent les références ( historique , culturelle , littéraire ) sans négliger pour autant la part d'adolescence de tout rêveur de rock and roll : drive all night , copie presque conforme du "born to run" de Springsteen au moins dans l'esprit , la velvetienne "rock ballad" , darling , let go ...
Musicien délicat mais sans afféterie , à la ligne claire ( les effets ne sont jamais trop appuyés chez lui ) songwriter précis et inspiré , performer généreux sur scène ( on ne compte plus les rappels et les reprises hommages ) Elliott Murphy réussit à combiner avec classe , dans cet album parfois nonchalant , les recoins de nos paradis qu'il s'efforce de ne pas croire à jamais perdus .
Toute l'essence du rock and roll en somme , par définition non résumable à quelque étude que ce soit , comme il le disait lui-même autrefois du Velvet Underground , et comme il le rappelle si bien dans sa chanson : "You think too hard , you feel too little... rock and roll's left in the middle" .
Pour mieux dire encore , en guise de conclusion , on trouve en dédicace sur le disque ( à l'intérieur ) cette phrase de Raymond Chandler à propos des "fantômes" : "You can never know too much about the shadow line and the people who walk it" ... Voilà !
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le 3 avril 2014
Pour mois son meilleur ,un chef d'oeuvre de la seconde moitié des 70's et ce à petit prix "drive all night ..rien que des rock balllads
à classer entre les CD du" boss" son copain , de Bobby D et du " Loner " bref la crème de la crème .

quant à lost générations et Night lights un peu daté quand même il sont désormais aussi à un prix abordable sur un seul CD
ne manque plus que le tout premier "aquashow" écoutable ..sur le net en intégralité !
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le 21 mai 2015
Elliot Murphy au sommet de sa forme, croisement parfait entre Dylan, Lou Reed et Springsteen. Une ballade inoubliable dans Manhattan
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