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Travail considérable d'Audrey Roncigli analysant bien la "zone grise" dans laquelle Wilhem Furtwangler s'est débattu pendant la sombre période 1933/1945. Les faits sont là, rappelés et libre à nous d'en tirer des conclusions:
- il n'a jamais adhéré au NDSAP à contrario de Karajan; protection constante des musiciens juifs de sa chère philharmonie de Berlin; 1934 = démission de la philharmonie et de la direction du Staatsoper de Berlin suite aux très nombreuses critiques suivant sa défense de Paul Hindemith devenu "musicien dégénéré" et il n'occupera plus de poste fixe jusqu'en 1945; refus après 1939 de diriger en territoire conquis car "ne pas jouer après les chars".
- la poursuite de sa carrière allait en faire un emblématique "diplomate musical du Reich" . Beaucoup de phrases dures rappelées dans ce livre établissant un distinguo entre "bons et mauvais juifs", évoquant "des écrivaillons juifs tendancieux qui doivent etre écartés" et surtout cette phrase de 1949 dans une lettre à Bruno Walter ou pour WF les "vrais allemands sont ceux qui sont restés ".
- relations difficiles entre les USA et WF avec 2 grandes occasions ratées 1 1936 et la succession de Toscanini à la tète de la philharmonie de New York, avortée suite à des manigances de Goering qui voulait garder son chef "fétiche" 2 1949 ou la direction du symphonique de Chicago lui est proposée et là c'est une coalition de lobbys ( associations juives; anciens combattants; musiciens émigrés ou non au premier rang desquels G Szell, E Ormandy, J Heifetz, I Stern, W Horowitz, A Rubinstein ) qui va faire capoter sa venue .

Au total beaucoup d'informations et l'impression que WF s'est fourvoyé, croyant à l'illusion d'un art totalement distant de la politique. Le mot de la fin peut peut etre revenir à Arnold Schoenberg " je suis sur qu'il n'a jamais été nazi. Il appartient à ces nationaux allemands démodés "
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6 sur 6 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Si on écoute la Neuvième symphonie de Beethoven dirigée par Furtwängler à Berlin en 1942, on entend une magnifique interprétation. Si on voit ce même concert filmé donné à l’occasion de l’anniversaire de Hitler, la conjonction des croix gammées et du discours introductif de Goebbels procure une vision de cauchemar où l’Hymne à la joie est entièrement dénaturéThe Reichsorchester / Le Philharmonique De Berlin & Le Troisième Reich. Furtwängler, pur musicien qui n’avait pas choisi son époque (pas plus que Mravinski la sienne) ? Ou complice objectif d’un régime dont il s’était accommodé en restant en Allemagne et en dirigeant dans des occasions très officielles ?

Le livre d’Audrey Roncigli n’est pas un livre à charge ou à décharge. C’est un essai d’histoire politique de la musique qui entend mettre en contexte le cas Furtwängler. Pour ma part, je ne crois pas tellement au « jugement objectif » dont parle l’auteur en ces matières, mais plutôt au jugement éclairé : éclairé par la connaissance des faits et la compréhension d'une époque que nous n'avons pas eu à affronter. Et chacun sait maintenant, ou ne peut ignorer a) que Furtwängler n’adhéra jamais au parti nazi et ne fit jamais le salut hitlérien, b) qu’il protesta contre la persécution de personnalités comme Schoenberg, contre l’interdiction de la musique de Hindemith, c) qu’il protégea comme il put des musiciens juifs ; d) qu’il évita de diriger dans les territoires occupés par le Reich ; e) que les nazis déplorèrent à maintes reprises son attitude peu coopérative, avant de retenir contre lui sa proximité vis-à-vis des auteurs de l’attentat manqué de 1944. Bien entendu, il faut aussi se souvenir a) qu’il lui arrivait de distinguer entre « bons » et « mauvais » juifs, b) qu’il accepta au début un certain nombre de titres et de postes officiels (comme la Vice-Présidence de la Chambre musicale du Reich), c) que sa seule présence avait offert au régime une caution d’une valeur inestimable.

A ces faits, il faut en ajouter un autre qui me paraît très important : par son répertoire, Furtwängler a été un chef très ouvert sur la musique de son temps (bien plus que tant de chefs d’aujourd’hui qui ont l’air jeunes sur les photographies mais sont déjà dans leur tête vieux et conformistes). Un chef qui a dirigé Stravinsky, Debussy, Ravel, Bartók, Schoenberg, Hindemith allait bien au-delà du conservatisme allemand frileux qu’on lui prête trop souvent, et comme le montre un chapitre du livre bien plus loin que le répertoire favori des nationaux-socialistes.

Le livre commence par une biographie du chef où on apprend un certain nombre des choses sur le plan de l’histoire musicale, même si on est déjà familier de sa trajectoire. La seconde et la troisième partie sont consacrées à des éclairages sur des points particuliers.

Une chose que le livre restitue bien est que, passé la (probable) sous-estimation initiale du danger, Furtwängler est resté en Allemagne sous le troisième Reich de manière parfaitement réfléchie, quoiqu’on pense de ses raisons : sa conviction était que partir, c’était pour lui accepter que l’Allemagne tout entière fût nazie, et ne fût que cela. C’était dans son esprit confondre l’Allemagne et son régime. Furtwängler ne reconnaissait pas la notion de culpabilité collective; il entendait préserver la culture allemande sur le territoire allemand et il voulait soutenir les allemands dans l’épreuve. Ce faisant, il faisait aussi le jeu des nazis en se laissant instrumentaliser, en dirigeant dans des occasions qui étaient bel et bien saturées de signification politique comme les Maîtres chanteurs à Berlin en 1933 et le Lohengrin de 1936 à Bayreuth. Les ouvriers pour lesquels en 1942 Furtwängler dirige l’Ouverture des Maîtres chanteurs dans le cadre de l’association nazie Kraft durch Freude percevaient-ils sa distance vis-à-vis du régime ? On peut en douter. De plus, le chef s’est interdit de penser le nazisme comme un phénomène allemand : pour lui il s’agissait d’une bande de criminels venus de nulle part dont les allemands étaient les victimes. Mais qui avait porté au pouvoir Hitler ?

On peut rêver d’un Furtwängler qui se serait retiré en Suisse en 1933 pour composer et n'aurait regagné Berlin qu'en 1945, mais on peut se convaincre qu’il n’a jamais envisagé une telle solution au problème que l’histoire lui posait.

Sur le plan factuel ou historiographique, on peut émettre quelques petites critiques.

A) Est rapportée l’anecdote (que rapportait Menuhin) selon laquelle Furtwängler aurait répondu à Hitler qui le menaçait d’un camp de concentration « là au moins je serai en bonne compagnie ». Ceci se passe dans le contexte du Bayreuth de 1936, où Furtwängler a la mauvaise idée de diriger ; il aurait été préférable de recouper avec d’autres sources.

B) P. 86 : Furtwängler « dirige une soirée consacrée aux Lieder d’Hugo Wolf » : en fait il est bien sûr au piano aux côtés d’Elizabeth Schwartzkopf.

C) Lors de la levée de boucliers des musiciens américains contre l’éventualité d’un Furtwängler en poste au Chicago Symphony, Nathan Milstein est cité p. 82 aux côtés de Heifetz et Rubinstein. On aimerait connaître la source, car à ma connaissance, Milstein comme Menuhin s’est refusé à s’associer à toute campagne anti-Furtwängler et celui-ci lui a exprimé ensuite sa gratitude.
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le 13 mars 2013
60 ans après le "cas" Furtwaengler soulève encore, sinon des passions, du moins de l'intérêt. Ce livre détaille (avec quelques inexactitudes mineures) les documents à l'appui ou contre la thèse de la collaboration objective du Maître avec le régime nazi. Au bout du compte notre jugement reste à l'image de la personnalité du chef: flou et indécis. En voulant placer l'Art et l'artiste au dessus de toute contingence politique, Furtwaengler s'est enferré dans des situations inextricables dont il ne s'est jamais vraiment dépétré. Il prit des décisions extrêment courageuses, suivies de compromissions dont il n'avait peut être même pas conscience. Un grand naïf à beacoup d'égards. Les cabales américaines après la guerre sont très suspectes car elles apparaîssent après coup comme un moyen d'écarter un concurrent gênant. En parodiant Racine, je dirais plutôt qu'il ne méritait "Ni cet excès d'honneur ni cette indignité".
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