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le 25 novembre 2012
A l'heure où les adaptations de comics pullulent sur les écrans de cinéma, qui se souvient encore de "Dick Tracy", le film ? Réalisé, produit et interprété par un Warren Beatty vieillissant, il sortait en 1990 dans le sillon du Batman de Tim Burton. Si la musique de Danny Elfman pouvait donner l'impression que Beatty pompait allègrement Burton, il ne fallait pas s'y fier. Avec le recul, "Dick Tracy" est une œuvre sincère et personnelle parmi ce que l'on a fait de mieux en termes d'adaptation d'un comicbook...

De nombreux commentaires reprochent au film de Beatty la légèreté de son scénario. Loin de votre serviteur l'idée de leur refuser le droit à ne pas penser comme lui, mais il est probable qu'ils n'aient pas compris la teneur du projet.
"Dick Tracy" n'est pas un film d'époque ou un polar comme les autres. Et il n'est pas non plus une simple adaptation. C'est une œuvre hors du temps, unique en son genre. Un film postmoderne avant l'heure, voilà ce qu'il est. Une création conceptuelle et un pur exercice de style, doublé d'une déclaration d'amour à une certaine forme de cinéma, pure, innocente, merveilleuse.
"Tracy" est l'image même du justicier parfait. C'est le père idéal. Le "Kid" ne s'y trompe pas, d'ailleurs, qui reconnait immédiatement en lui la figure paternelle de ses rêves, au point de lui prendre son nom. Les méchants sont des caricatures jusque dans leurs gueules hypertrophiées. Ne cherchons pas plus loin, le film est une épure manichéenne qui parvient à transcender cette composante à priori rédhibitoire jusqu'à en faire un véritable travail d'orfèvre.
Inexistants les personnages ? Bien sûr que non ! Ils sont simplement bâtis sur des archétypes parfaitement assumés. Mais au delà de leur rôle bien figé, l'émotion est bien réelle. "Tracy" existe, hésite. Non pas face aux gangsters puisqu'ils sont du mauvais côté de la loi, quoiqu'il arrive. Il hésite lorsqu'il faut abandonner le "Kid" à l'orphelinat par exemple, où lorsque "Frisson Mahoney" (Madonna, torride !) lui fait les yeux doux. Droit dans ses bottes, le héros se fragilise naturellement lorsque l'émotion se manifeste.
Toutes ces subtilités parfaitement naïves et calibrées attestent d'une réussite FOND/FORME qui ne s'embarrasse pas d'effets inutiles ou d'artifices gratuits. "Dick Tracy" est ce qu'il est, une épure qui puise sa source dans le fil conducteur d'une certaine histoire du cinéma et de ses sources : Des serial des années 30 aux "Incorruptibles", des comics naïfs de l'âge d'or à la simplicité émotionnelle d'un Walt Disney (le studio produit d'ailleurs le film), de l'expressionnisme allemand aux cartoons, du jazz de la grande époque (contemporain de la série "Dick Tracy" sous sa forme de comics) à la beauté intemporelle des musiques de Danny Elfman, le film régurgite son inspiration sous la forme d'un patchwork parfaitement postmoderne qui épouse son concept.
Dans ce sens, "Dick Tracy" est une perfection formelle et une création unique en son genre. Jeff Loeb & Tim Sale, deux auteurs de comics, s'en souviendront probablement lorsqu'ils imagineront leurs superbes maxi-séries dédiées à Batman (Batman : Un long Halloween et Batman : Amère victoire), construites sur le même type d'exercice de style postmoderne.
La toile de fond sur les voyous qui savent contourner la loi afin de poursuivre leurs activités malveillantes est également bienvenue. Et il n'y a jamais trop de simplicité lorsque les choses sont tout à fait à leur place. Que l'on compare cette adaptation à priori désuète avec un film de Frank Capra, et il est fort probable que l'on y trouve bien des similitudes. Les fables existent depuis toujours, et elles offrent bien des niveaux de lecture sous leur apparent vernis émotionnel.

Il serait évidemment dommage de vanter les qualités du film de Warren Beatty sans passer par son esthétique somptueuse et son casting hallucinant.
Revoir le film aujourd'hui en dit long sur sa merveilleuse plastique, condamnée à ne jamais souffrir de la marque du temps, puisque elle échappe à toute mode. De sa palette chromatique (sept couleurs vives et pas une de plus) à ses décors théâtraux, qui nous offrent probablement la plus belle des villes américaines à buildings de toute l'histoire du cinéma, de ses maquillages de carnaval proprement jouissifs à ses éclairages incroyables, le film est beau. Il est BEAU !
Mieux encore, il sonne juste à tout instant. L'ensemble est si bien pensé, les écarts entre le réalisme et la caricature cartoonesque sont tellement bien équilibrés, que tous les effets coulent de source. "Tracy" allonge toute une ligne de gangsters d'un seul coup de poing ? Il fait pencher une maison de droite à gauche en secouant le méchant ? Aucun problème, on en redemande !
Et tous ces méchants ? Que ce soit Al Pacino, Dustin Hoffman, James Caan, Henry Silva ou Paul Sorvino, ils traversent leurs maquillages à priori impénétrables tant ils sont précis, jusqu'à révéler les traits de caractère les plus évidents de chaque personnage.
Avec le recul, aucune adaptation cinématographique basée sur un comicbook n'a fait preuve d'autant de sincérité, de personnalité et de richesse artistique. Car c'est bien de cela dont il s'agit : Derrière ses airs de bluette naïve et manichéenne, Dick Tracy est une véritable œuvre d'art, à des années lumière de tous ces blockbusters commerciaux et insipides qui pullulent aujourd'hui dans les salles obscures. L'apparente simplicité de son scénario ne devrait ainsi pas être prise à la légère, tant elle dissimule de profondeur conceptuelle et tant le résultat est intelligent. Ainsi, que le film soit presque tombé dans l'oubli relève de la pire... injustice !
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le 6 février 2005
Dick Tracy avait créé l'évènement lors de sa sortie. Casting de rêve, musique de Danny Elfman, Warren Beatty à la direction, les chansons de Stephen Sondheim et la célèbre bande dessinée de Chester Gould.
Maintenant le film, même s'il reste impressionnant visuellement, pêche surtout par son scénario qui essaie de réunir la plupart des personnages de la série. Du coup, peu sont réellement développés et l'on s'y perd un peu si l'on ne connaît pas par cœur la bande dessinée. Les seuls à tirer leur épingle du jeu sont Al Pacino dans un extraordinaire numéro de cabotinage en Big Boy Caprice qui cite Platon et Nietzsche à tort et à travers, et Madonna, très émouvante en Breathless Mahoney, mi femme fatale, mi ange déchue qui apporte la seule note ambiguë parmi tous les personnages assez unidimensionnels. Mais c'était ce que Warren Beatty voulait : rester fidèle à l'esprit de Chester Gould, où tous les éléments sont génériques et archétypaux, il y a les bons d'un côtés et les méchants de l'autre, la ville est une ville sans nom, le café où se retrouvent les personnages est LE café, le night-club est LE night-club, l'enfant s'appelle 'Kid'... Beatty a rejeté toute complexité, mais a en revanche admirablement utilisé les couleurs qui enrichissent une action et des personnages aussi 'plats' que peut l'être une bande dessinée. La partition de Danny Elfman, très gershwinesque, agit de la même manière : thème martial pour le monde masculin de Dick Tracy, et thème plus mélodieux pour les deux personnages féminins.
Les décors ressemblent à des décors de théâtre, et font penser à certains films expressionnistes allemands. Par ailleurs, l'esthétique du Film Noir, est également très présente : l'action qui se passe principalement la nuit, les jeux d'ombres, et le personnage de Breathless Mahoney qui rappelle ces veuves noires interprétées par Ava Gardner, Rita Hayworth ou Jane Greer. Les chansons, 'torch songs' de Sondheim, éléments indispensables à la 'panoplie' de la femme fatale complètent le tableau.
Le paradoxe est que Warren Beatty réussit tellement bien à retranscrire l'esthétique de la bande dessinée que le film devient une succession de cadres, et que l'originalité du film disparaît derrière une apparente simplicité qui, parfois, peut provoquer l'ennui pour celui qui ne tient pas spécialement à se livrer à une analyse cinématographique.
Mais Dick Tracy reste un film exceptionnel , une œuvre un peu à part dans le genre bande dessinée portée à l'écran.
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Le Blu Ray de Dick Tracy rend assez bien justice à l'allure particulièrement bigarrée du film. Les couleurs sont ultra saturées, la définition souvent excellente (certains gros plans sont implacables de ce côté), les noirs profonds, et l'ensemble de bonne facture. Ceci reste évidemment à contextualiser pour un film à l'aspect ostensiblement trafiqué : certains arrière plans restent plats, avec un aspect ramenant à Roger Rabbit, et certains trucages, en particulier, sont extrêmement visibles (le final, avec les arrière plans semble-t'il en fond vert, est assez révélateur). Cependant, tout ceci remonte clairement à la production du film, et à l'aspect voulu par l'équipe de tournage.

La VO 5.1 est elle aussi une belle cure de jouvence. Si le film en lui même est loin d'être démonstratif, la piste sait se montrer dynamique quand il le faut. La spatialisation est efficace bien que parfois discrète, mais génère un champ sonore agréablement enveloppant, avec des effets d'ambiance ci et là, tout en restant bien équilibrée entre dialogues, effets et musique. Les basses se font entendre lors des passages les plus musclés, avec notamment quelques belles et grondantes explosions.

Image : 8.5/10
Son (VO 5.1) : 8.5/10
Film : 8.5/10
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le 5 juin 2013
LE BLU-RAY
La copie numérique de «Dick Tracy» en Blu-ray est superbe.
La définition est irréprochable, les contrastes sont intenses, la profondeur de champ est parfaitement restituée, et surtout les couleurs (si importantes pour l'univers du film) sont flamboyantes.
Pour le son, les versions originale sous-titrée et française sont bien claires et précises.
La version originale reste cependant supérieure à la version française. (les voix des malfrats sont en V.O. croquignolesques).
Des conditions idéales pour voir le film de Warren Beatty.

PAS DE SUPPLÉMENTS
La Paramount qui édite ce Blu-ray n’est pas responsable de ces absences de suppléments.
Warren Betty refuse apparemment que des bonus viennent «polluer» ses films que ce soit sur DVD ou sur Blu-ray.
Une seule exception a été faite pour «Reds», et encore uniquement en DVD.
Mais, soyons indulgents, le film vaut, à lui seul, le détour du cinéphile-bédéphile.

L’ORIGINE DU FILM
«Dick Tracy» est le troisième film d’un cinéaste rare (4 films à ce jour).
Lecteur assidu du comics policier éponyme lorsqu’il était enfant, Warren Beatty approche son créateur Chester Gould dans les années 70 pour l’adapter au cinéma. Il ne réussira à acquérir les droits qu’après le décès du dessinateur-scénariste.
Le personnage de Dick Tracy a commencé sa carrière de détective en 1931 en pleine période de la prohibition à Chicago et au moment où Hollywood produit bon nombre de films de gangsters («Le Petit César», «L’Ennemi public» et surtout «Scarface»). Chester Gould fera évoluer son personnage de détective vers le comics noir car influencé par les films noirs des années 40. Et Dick Tracy continuera à se transformer pendant plus de quarante ans au gré des changements de la société américaine.
Il est étonnant que Warren Beatty ait choisi de tourner «Dick Tracy» près de dix ans après «Reds», film épique qui rend hommage à John Reed, journaliste communiste américain qui fut correspondant de guerre pendant la révolution russe de 1917. Le comics de Chester Gould est plutôt considéré comme une œuvre de droite, dans la lignée des conservateurs politiques américains de ces années-là.
Soit Warren Beatty est schizophrène sur le plan politique, soit son film réussit à dépasser cette empreinte idéologique. Le cinéaste a-t-il dépassé, peut-il sublimer sa passion d’enfant pour Dick Tracy ? Ce personnage symbolique et violent peut-il permettre une œuvre cinématographique qui serait fidèle à ses engagements d’homme de gauche ?
Ou alors ne serait-ce qu’un film de pur divertissement ? Une seule chimère d’enfance ?
Voilà des questions que l’on peut légitimement se poser sur cette adaptation de «Dick Tracy».

L’HISTOIRE
Une ville qui ressemble au Chicago de la fin des années 30, début des années 40
Le Kid, un gamin d’une douzaine d’années sans famille, assiste à un massacre de gansters par une bande rivale. Dick Tracy, grand détective de police de la ville, est en lutte perpétuelle avec ces gangs criminels qui font régner la terreur sur sa ville.
Le même soir, après avoir volé une montre dans un snack, le Kid bouscule Dick Tracy et sa fiancée, Tess Trueheart. Le détective part à sa poursuite et le retrouve chez un receleur qui était en train de le rosser. À grands coups de poings, Tracy le débarrasse de son tortionnaire. Le détective décide de prendre le Kid sous son aile.
Pendant ce temps, le puissant malfrat Big Boy Caprice élimine ses concurrents, devient le chef incontesté de la pègre en prenant le pouvoir sur les affaires de la ville et en s’arrogant même le droit de posséder une femme sublime, la chanteuse de cabaret Breathless Mahoney.
Dès lors, Dick Tracy, aidé par le Kid, n’aura de cesse que de faire tomber le nouveau maître du crime.
Big Boy, lui, fera tout pour corrompre le détective et ternir sa réputation.
Et la chanteuse Breathless, telle une femme fatale, tentera d’attirer Tracy vers le côté obscur.

UN UNIVERS (CINÉMATO)-GRAPHIQUE ÉPOUSTOUFLANT
Le film de Warren Beatty est dans l’esprit du Dick Tracy Chester Gould et surtout marqué par la période des années 40. Le cinéaste garde l’univers plastique et coloré du comics. Il utilise ainsi une palette de sept couleurs qui correspond à la publication du strip couleur dans le «Chicago Tribune» du dimanche (les strips paraissaient dans ce journal uniquement en noir et blanc les autres jours de la semaine).
Vittorio Storaro, le directeur de la photographie de «Reds» (précédent film de Beatty), est à la manœuvre. Autant Storaro avait failli quitter le tournage de «Reds» car l’aspect visuel avec des plans très statiques et d’une rare sobriété ne lui convenait pas (mais il avait fini par se ranger à l’esthétique de Beatty), autant la photographie est ici flamboyante, baroque et très proche dans l’utilisation des couleurs du film de Francis Ford Coppola, «Coup de cœur». Vous me direz que c’est normal puisque c’est Vittorio Storaro qui, après «Apocalyse Now», avait signé la photographie.
«Dick Tracy» fait ainsi parti du panthéon des grands films sur la couleur, avec par exemple «Les Chaussons rouges» ou «Colonel Blimp» de Powell-Pressburger, «Le Fleuve» de Jean Renoir, «Les Demoiselles de Rochefort» de Jacques Demy…
Un autre aspect primordial du film est l’omniprésence des effets visuels basés sur le matte painting. Ce procédé basé sur des décors peints imprègne plastiquement tout le film sans singer le comics, évitant de devenir une scénographie qui sonne faux. La beauté de ces décors est d’ailleurs tout de suite mis en valeur par le second plan du film, un somptueux travelling sur la ville qui fait le lien, métaphorique, entre Dick Tracy et le Kid. Là encore, Beatty a su s’entourer des meilleurs, avec notamment les Ellenshaw (Harrison, le fils, a travaillé avec George Lucas pour «Star Wars» et Peter, le père, a été assistant graphiste sur quatre films de Powell-Pressburger).
Un autre aspect pictural est important dans le film. Warren Tracy utilise toute l’iconographie de ces années-là avec des peintres aussi emblématiques que Edward Hopper, Norman Rockwell ou Roy Lichtenstein. Mais une nouvelle fois, ces emprunts ne sont pas gênants (d’ailleurs pas forcément visibles à la première vision), le film est d’une homogénéité visuelle impressionnante.
Warren Beatty et son équipe artistique sont aussi magnifiquement parvenus à s’emparer de plusieurs éléments visuels du comics. Le film démarre ainsi sur un gros plan (rouge) typiquement gouldien avec les objets du détective puis enchaîne avec un plan d’ensemble qui montre l’extérieur d’un immeuble où l’on aperçoit Dick Tracy enfilant son imper et son chapeau (jaunes). Cette manière de découper l’espace est ici un hommage à un autre grand de la bande dessinée : Will Eisner (par exemple dans «Big City» découpaient les fenêtres des immeubles telles des cases pour raconter ses histoires.
Warren Beatty utilise tout au long de son film des procédés analogues. Son découpage à l’intérieur des plans est ainsi superbe et riche à tous points de vue (narratif, symbolique, métaphorique, esthétique…).
Le montage est tout aussi brillant. Quelques scènes muettes sont ainsi rythmés par une succession de plans elliptiques qui montrent l’accélération du temps et le déploiement des personnages dans l’espace. À souligner que le montage est soutenu par des chansons haut de gamme et une excellente musique de Danny Elfman, le compositeur attitré de Tim Burton. Là encore, Warren Beatty est un cinéaste judicieux.

UNE ŒUVRE APOLITIQUE ? CONSERVATRICE ?
Warren Beatty s’inscrit toujours dans la période des années 40 avec un détective américain typique, ses clichés et ses symboles. Certaines scènes rappellent les grands films noirs de la période («Assurance sur la mort» ou «La Dame de Shanghai» pour la femme fatale, «Les Tueurs» pour les caricatures de malfrats qui en veulent à Dick Tracy, «Marathon Man» pour la scène finale, etc.).
On a souvent considéré le film noir comme un genre mineur, façon série B.
Et puis, les décennies passant, les films noirs deviennent de grands classiques, des œuvres qui, sous couvert de divertissement, traitent de sujets graves, humanistes, philosophiques.
Le comics est considéré de même, comme un sous-genre, loin de la grande littérature. Et pourtant il aborde, sous couvert de passe-temps, des sujets plus profonds qu’ils n’y paraissent. Pour ne citer que les plus célèbres, «Watchmen» et la guerre nucléaire, «Jimmy Corrigan» et l’introspection pathétique, «Maus» et le génocide juif.
Alors Dick Tracy ?
Un pur film de divertissement ?
Un film sur un personnage de fiction qui prône la violence pour faire respecter la loi ?
Un film manichéen où les bons sont facilement identifiables car beaux et athlétiques et les méchants immédiatement reconnaissables car laids et caricaturés ?
Un film conservateur dans une période conservatrice comme «Reds» était un film progressiste dans une période post-soixante-huitarde ?
Warren Beatty est-il un arriviste, un faiseur de dollars au service de l’industrie hollywoodienne ?
Ou tout cela à la fois ?
C’est un peu comme avec Chester Gould. Si on prend le comics (ou le film) au premier degré, la réponse est OUI aux six questions posées.
Mais tout n’est pas si simple.
Une indication par exemple.
Par rapport à Chester Gould, Warren Beatty surenchérit dans la caricature, la satire sociale devient post-reaganienne et bushiste (père). C’est par là qu’il faut creuser.
Un «Dick Tracy 2» serait en préparation depuis 2011 même si Warren Beatty rencontre des difficultés pour la maîtrise des droits d’auteurs. S’il arrive à mener à bien ce projet, je pense qu’il répondra à tous ceux qui ont démoli le film en 1990. À moins que Frank Miller ne lui grille la priorité l’année prochaine avec son propre Dick Tracy. D’ailleurs, en lien avec les points évoqués plus haut, le «Sin City» de Miller est le digne héritier esthétique de «Dick Tracy».

Si Beatty échoue dans sa tentative pour réaliser un second opus, il a quand même déjà répondu à ces questions en tournant, il y a maintenant quinze ans, un film plus clairement engagé: «Bullworth», encore un chef-d’œuvre.

UN OUBLI DE TAILLE
Une distribution éclatante parsème les 105 minutes de «Dick Tracy». Soyez attentifs.
Big Boy Caprice est par exemple interprété par un Pacino déjanté, tel le Tony Montana de «Scarface», mais avec trente ans de plus, et citant dès qu'il en a l'occasion des politiques américains célèbres (Jefferson, Washington, Franklin, Lincoln), des philosophes incontournables (Platon, Nietzsche) et même Napoléon. Encore une fois, les qualités graphiques du film mettent en valeur ces effets de manche grandiloquents.
Le plus étonnant dans l'interprétation, c'est l'opposition classique/baroque. Ainsi Tracy/Big Boy, Tess la fiancée/Breathless la femme fatale pour donner deux exemples qui prouvent encore toute la richesse (sous-jacente) du film.
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le 25 janvier 2016
Superbes couleurs tout à fait fidèle au personnage de Bandes dessinées
Riche en personnages improbables
Un très bon moment de cinema
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le 28 mai 2013
Pas un bonus dans cette édition. Quel dommage, il y avait de quoi faire, sur les excellents maquillages, les matte-paintings, les costumes....
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Le médiocre Batman de Tim Burton venait de triompher au box office quand Warren Beatty s'empara du célèbre comics Dick Tracy de Chester Gould. A l'encontre du Burton (ou des Superman des années 1980), c'est un film d'une grande audace que nous livrait Beatty, dans une tentative (restée sans descendance jusqu'à Sin City ou 300) de restituer au plus près l'esthétique des BD originales.
Entrer dans ce film, c'est avant tout avoir ce choc : le chef-opérateur de Bertolucci, Vittorio Storaro, le directeur artistique Richard Sylbert et le chef décorateur Rick Simpson ont fait produit un travail incroyable pour respecter une palette limitée de 7 couleurs primaires et confectionner des décors inédits, constitués de miniatures et carton pâte pleinement assumés. Hélas, passé l'émerveillement de cette esthétique inédite, passée la curiosité de voir comment se débrouille Madonna et sous quels déguisements se cachent Dustin Hoffman et Al Pacino, le soufflet retombe, en raison d'un scénario archi-conventionnel (et néanmoins confus) et de personnages sans intérêt. Beatty a revendiqué cette artificialité mais c'est elle qui, en définitive, ruine son projet, qui manque de chair et d'émotion.
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le 24 août 2011
C'était un cadeau pour ma moitié qui l'avait vu enfant. Pour un premier visionnage en 2011, je ne me suis pas dit "ça a vieilli quand même" et je suis entrée dans cet univers très rapidement. Et j'ai adhéré !
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le 4 mars 2012
Très bon film, je l'avais vu étant plus jeune et en le regardant encore une fois j'apprécie encore plus !
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le 21 août 2013
J'avais déjà vu ce film à la tv et en dvd mais la version bluray est bluffante du point de vue image.
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