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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 l'évènement disco de l'année, 18 décembre 2013
Par 
Gilles-daniel Percet (F) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vladimir Horowitz Live at Carnegie Hall (CD)
Waouh, au boulot. Je reçois ce bloc (divin, salut Volodia!) - et, je le souligne, à 20 euros de moins que proposé ici en passant par un vendeur d'Amazon UK - alors même que j'entamais (traînais depuis un moment, je suis auriculairement débordé) les 40 CD du coffret EMI Cortot. Mes voisins vont aimer encore plus le piano.

Ici, première impression de superbe. Et première angoisse quand on reçoit pareil pavé : est-ce que les 42 galettes (dont le DVD) sont mécaniquement parfaites, sans problème d'usinage ni de manutention, sans la moindre rayure ni griffure? Eh bien oui, tout est soigné, irréprochable (car Dieu sait combien j'ai eu le problème avec de gros pavés EMI, galère ensuite éventuellement de tout renvoyer, on ne vous propose jamais un échange CD contre CD, malédiction de l'informatique de gestion...).

41 CD ici, mais quand même, on le constate déjà visuellement, certains de durée très courte (c'est un simple énoncé du fait). Sur les albums doubles, le passage d'un disque à l'autre correspond je crois à chaque fois à l'entracte du concert. (Vous avez alors la liberté de répondre à l'urgence de la plus petite pièce de votre appartement. Définition de mot croisé en sept lettres : vide les baignoires et remplit les lavabos. Entracte.)

Dans le lot, je relève que figurent encore les deux fameux concerts du retour à Carnegie Hall après quinze ans d'absence en public, ceux de 1965 et 1966 (ah, Wanda servant le café dans la rue à la gigantesque queue pour avoir un billet...). Après les avoir découverts en vinyle, me les voici en trois ou quatrième exemplaire CD, en commençant notamment par la toute première gravure japonaise au début du règne du CD, puis le gros coffret bleu de l'intégrale CBS (ou maintenant Sony), et sans oublier celle en 60 CD de la Complete original jacket collection.

Plus Horowitz que moi, tu meurs. Maintenant, il faut écouter, ou réécouter, et alors patience, patience, comme dirait Golaud. Dès le CD 1 déjà (le premier de Tchaikovsky, live avec beau-père), on constate l'excellence du report (enregistrement de 1943). Je ne sais pas si on a retravaillé cela, il me semble n'avoir jamais entendu ça aussi bien.

Et en attendant la suite, petit étonnement : concernant la fabuleuse Vallée d'Oberman de 1966, la pochette indique "arranged by..." C'était bien le péché mignon de Volodia (son Moussorgsky, par exemple, ou telle rhapsodie hongroise), mais concernant cette exécution que je vénère, je n'avais jamais remarqué (ni à l'écoute, alors même qu'il fut un temps d'ailleurs où j'avais la partition, ni comme mention sur mes pochettes de disques). Mais me tromp'je? Je n'avais peut-être bien pas fait attention.

Dernier petit truc pratique. Les CD sont un peu trop serrés dans leur pochette carton, et il arrive même qu'on ait du mal à en réenfoncer jusqu'au bout, par suite d'un repli intérieur du dit carton. Peut-être plus embêtant encore : aucune indication de minutage des plages. Quelle idiote désinvolture d'éditeur, pourquoi donc gâcher pareil bijou!

Suite au prochain numéro... de CD écouté : et voici notre sympathique héros en route pour de nouvelles aventures.

P.S. A propos de DVD, souvenir indélébile du fameux concert à Moscou. Des gens qui toute leur vie n'avait jamais osé rêver que ce fût possible. Et dans la salle, un vieux monsieur très digne, tête un peu renversée en arrière, yeux clos, écoutant néanmoins la musique en pleurant... Horowitz chez Tchékhov.

Donc, je continue, quelques remarques en passant. CD 2. Très tôt et toujours attiré (et ce n'était pas fréquent de donner ça en public) par la grande fougueuse rhétorique de Bach, souvent en transcription de l'orgue, ou pas. Ici, ouf! cela ne démarre pas comme le gigantesque pain des toutes premières notes tapées à côté du Bach du retour à Carnegie Hall en 1965 (l'émotion, probablement les yeux mouille-mouille : ce qui me fait penser à ce pianiste russe - Sofronitsky? j'ai oublié - tellement imbibé d'alcool que follement ovationné en arrivant sur scène il a tourné les talons croyant que c'était déjà fini, avant même de jouer une seule note!). Toujours aussi Volodia grand défenseur des trois ou quatre sonates dont il fait quasiment des chefs d'oeuvre (avoir ses enregistrements studio RCA) dans un gros corpus Clementi parfois tournant à vide (compositeur plus intéressant pour avoir fait grand commerce de l'instrument tout en l'améliorant mécaniquement). Et cette sonate de Chopin, qu'Horowitz aurait pu jouer pareil vingt ans après tant est constant le propre spécifique de son espèce de violence qui jamais ne verse dans une véhémence incontrôlée, un embrouillamini trop résonné (censure d'un art consommé du relevé de pédale). Avec évidemment cet évanouissement fantômatique superbe, toujours à nous interloquer, de ce mystérieux dernier mouvement, furtif, spectral, totalement irréel : nous ne sommes personne et rien n'est arrivé (Jean Tardieu). Au fait, pensons que Volodia dans sa génération a relativement peu joué Chopin tout de même, eh non, et que d'ailleurs il est surtout à son summum dans telle ou telle brève marzurka (là encore, 65 et 66...), aux antipodes d'ailleurs d'un tout autrement génial mais "rustique" Ignaz Friedman.

CD 3. Ah, voilà suprême notre Scarlatti (et l'avez vous aussi entendu jouer par Boris Bloch sur le piano même d'Horowitz, tout récent CD?). Mais par exemple, remarquables études de Debussy (compositeur très aimé aussi de cet autre sacré de Michelangeli, ce dernier n'en ayant d'ailleurs pas tellement privilégié cet aspect-là). Mais si l'on me parle d'exécution capitale, je la réserverais plutôt à ces inévitables foutus tousseurs dans la salle où il faut moins être à l'écoute que paraître l'être (abonnés aux concerts de prestige recommandés par Madame Eve Ruggieri, corsetés dans un smoking de grand tailleur que leurs larbins sociaux néanmoins présents au poulailler mettraient un siècle à se payer, ils estiment que cela leur donne le droit d'expectorer glaireux du premier balcon empuanti du Chanel 5 de leur dondon secrétaire du jour : heureusement, ce n'était pas encore le temps des sonneries de portables). N.B. Au fait, au risque de blasphémer suicidaire (la secte horowitzienne est terrible, elle est partout et on ne nous dit rien), je préfèrerai quand même toujours les Rhapsodies hongroises nature, pas arrangées (laissez votre tas de graisse, on vous maigrira, disait Francis Blanche), même par Volodia (allons-y tant qu'à faire pour la zinzinade sur Carmen, moi mon cher cousin j'ai dit Bizet?). Cela dit, le bon abbé lui-même ne devait probablement pas les jouer deux fois pareil, non?

((Eve Ruggieri, vue à la télé et j'avais bien prévu la cata concernant mon compositeur idole, je ne me lasse décidément pas de citer certifié exact sur la tête de Madame Verdurin augmentée de Monsieur Trissotin (j'étais pensez! bien paré, carnet de notes sur les genoux) : "A cette époque, Maurice Ravel avait déjà écrit quelques-uns de ses futurs chefs d'oeuvre". Et puis surtout ceci sur les Jeux d'eau : "Il fallait être un pianiste très virtuose pour écrire d'aussi larges bécarres!"))

CD 4. Lui - rarement mais tant mieux : moi aussi mon embarquement pour s'y taire serait plutôt avec les sonates de Haydn - dans Beethoven, pour les puristes ricaneurs qui n'ont pas vraiment écouté (et qui n'auraient jamais prévu non plus, à la fin, ce retour divin à Mozart...), c'est comme une fourmi de dix-huit mètres avec son chapeau sur la tête, ça n'existe pas. Eh, pourquoi pas? Car ils ont tort, et ça sort de la routine. Toujours ce côté rentre-dedans que j'évoquais aussi pour la sonate de Chopin, et cet autre côté enlevé prodigieusement fantasque du dernier mouvement. Et avec ce Kabalevsky qu'il finirait par nous faire un peu prokofièvement aimer, qu'eût-il transfiguré tenez! de cette longueur insipide (résumons : le charme un peu fade) qu'est tout le piano de Tchaikovsky?

CD 5. Dois-je vraiment oser parler ici de ce Liszt sans m'attirer encore les hargneuses petites griffures ubiquitantes de péremptoire Scarbo du pauvre (il me suit partout de l'avoir mouché) d'un certain commentateur dont le pseudo commence par chir et finit par big, jugeant carrément Cziffra "dérisoire" dans Liszt (sic, je n'invente rien, et à quand Horowitz dérisoire dans Scriabine?), ce compositeur nous barbant avec toutes ses petites pièces trop courtes (à propos justement des Valses oubliées) et ses "sinistres" rhapsodies, tandis que cette espèce de Moiseiwitsch est un "couac" dans une anthologie des pianistes du passé? Oui, car à proprement parler légendaire comme toujours. Le seul tort de pareille valse par Horowitz est qu'ensuite justement on ne l'oublie pas!

CD 7. Mais d'où sort donc cette assez ahurissante intro à la Grande Polonaise? Jamais entendu ça. Comme un Errol Garner certes bien dans le ton tournant autour du pot avant d'aborder la chose. C'est du Horowitz? Mais alors quel culot, et on image la tête des puristes, hihi! CD 8. Splendide première sonate de guerre de Proko, moins pure violence (rasch) que les versions de Richter, mais peut-être plus musicale (disons, richesse des registres intermédiaires). CD 9. Eh bien voilà, sauf votre honneur cher Volodia, comme une rhapsodie hongroise n'a pas besoin d'être arrangée (ultimatum : si vous recommencez, tout simplement je retourne à Cziffra!). Quant à cette marzurka, vous m'aurez décidément copié, je l'ai jouée moi-même (plus exactement exécutée, hem) en 65 (l'année de votre grand retour à Carnegie Hall!) au baccalauréat aux fins de grapiller quelques points supplémentaires bien nécessaires (ne ricanez pas, plus tardifs infra-bacheliers de la pochette surprise de 68). Enfin, l'un peu condescendu (adjectif comportant notamment "descendu") Mendelssohn : comme pour Clémenti, peut-être auriez-vous dû l'imposer davantage encore aux malentendants...

CD 13. Horowitz-Schumann, bien sûr, mais on pense beaucoup moins à lui s'agissant de Schubert, qu'il a peu enregistré. Toutefois, il a aimé assez souvent revenir à cette sonate ultime (la D. 960, la 21ème), et c'est magnifique. Concernant l'andante, point de cette commune pulsation lente et bien régulière (conception agogique qui n'aura jamais été son genre, jusqu'à parfois quelque crispation ou parfois brusquerie voire raideur dans la scansion métronomique, surtout à la fin...), point donc de ce temps immobile, circulaire, mais toujours cette si horowitzienne urgence de l'angoisse. Et l'Allegro final a rarement été entendu comme aussi frénétique course à l'abyme (le roi des Aulnes! Wer spielt so spät durch Nacht und Carnegie Hall, Es ist Horowitz mit seinem Klavier, pfff).

CD 15. Encore le Tchaikovsky, ici avec Szell (mais pas le Cleveland). Plutôt, regret soudain qu'il n'ait pas enregistré (ou j'ai une lacune, un défaut de mémoire, trop de bazar dans ma discothèque?) les concertos de Prokofiev. Les 3 et 5ème, bien sûr, mais imaginez un instant... le fabuleux 2ème (mon préféré)! Le discomaniaque aura ainsi de ces hélas! vains regrets (comme l'intégrale de l'Art de la fugue au piano par Glenn Gould, surtout lui, sauf extraits concert de Moscou CD Chant du Monde, et récitals radio de 56-57 CD Music and Arts). CD 16. Cette Messe noire déjà, tendance crépitante, sombre buisson ardent au négatif (donc, plutôt du côté de ce griffu, toquant Scarbo). Il la reprendra symboliquement à son retour en 65, sa messe noire intime a été dite (bon, à part ça, nous en étions où?).

CD 15-16 et 19-20. Rares sont les enregistrements qui véritablement marquent la vie d'un discophile. Ce fut pour moi le cas de ces deux fabuleux, légendaires récitals, dès qu'ils parurent déjà en vinyles (ah, cette pochette avec cet énorme piano à queue...) : son grand retour après tant d'années de silence public. Jusqu'à présent, j'ignorais qu'ils aient été séparés par un troisième concert, ici sur les CD 17-18. C'est ainsi que je dois à Horowitz ce qui fut ensuite ma passion a) de Scriabine et b) de Haydn (et sans oublier Scarlatti!). Après ces sonates, comment écouter toute autre version, nécessairement en dessous de ce qu'il faut bien appeler un pianiste abyssalement génial? Et puis cette Fantaisie de Schumann portée à l'incandescence (à joindre à - sur RCA et CBS - ses premières versions, tout aussi inégalées, des Kreisleriana, de l'Humoresque - seul Luisada de la grande époque s'est approché de ça - ou encore le Concerto sans orchestre... et plût au ciel qu'il nous eût donné les Etudes symphoniques!). Sans oublier naturellement une Vallée d'Oberman - on nous l'écrit curieusement ici Obermann - du siècle (au moins).

CD 21-22. Remake du concert précédent, pour ceux qui n'avaient pu avoir de billet. A l'identique, sauf petite variante dans les bis (Poulenc). Concernant Debussy (Isle joyeuse parfaite jusque dans de surprenants contrechants, l'embarquement pour s'y taire...), curieux qu'il n'ait officiellement pas touché à Ravel. Imaginez-le dans Gaspard de la nuit, dans les Miroirs (fermez les yeux, rêvez-le déjà dans les Noctuelles...). CD 27-28. Concert triplement passionnant : pour cette fois-ci la relativement rare petite sonate en deux mouvements de Haydn, pour des Kreisleriana si proches de la fameuse version studio CBS, et pour la deuxième sonate de Rachmaninov. D'où une double réflexion.

Premièrement, concernant ce Schumann, on peut observer à quel point Horowitz, revenant souvent sur les mêmes oeuvres (hélas! diront les hérétiques, que nous pendons très sévèrement jusqu'à ce que l'aube s'ensuive), en réalité ne varie pratiquement pas (hélas! répètent-ils, et nous leur écrabouillons les doigts de pieds jusqu'à ce que ça fasse du fromage sanglant) : c'est dire comme il s'agit en réalité d'un art suprême pianistique profondément travaillé, maîtrisé, réglé comme un moteur de Ferrari (ça, c'est plutôt pour un Michelangeli, qui adorait démonter totalement son bolide, puis le remonter tout content), calculé au millésime de nuance près, et que n'influence pas la prétendue "aspiration" du moment (aux antipodes, peut-être, d'un Samson François). Jusqu'à cette formidable péroraison d'un diablotin prenant congé (me rappelant toujours un peu, mais seulement dans l'esprit, l'évanouissement final du Scarbo ravélien). Cela dit, ne soyons pas trop hagiographique : éviter ses versions les plus tardives des Kreisleriana, raides, crispées, où les doigts ne sont plus là...

Concernant la deuxième sonate de Rachmaninov, oeuvre vraiment de jeunesse, il faut savoir que le compositeur n'en a jamais été vraiment satisfait, plus tard la trouvant trop longue jusqu'à la remanier, la raccourcir : son idéal était d'obtenir la durée de celle de Chopin, et pas plus long. Et même sa dernière moûture l'a laissé encore insatisfait, qui perdait tout de même beaucoup de la merveilleuse flamme originelle. Alors, de grands pianistes ont concocté leur sonate à eux en combinant les deux versions, dont Horowitz (d'où la mention : edited by Vladimir Horowitz) avec, sauf si je fais erreur de mémoire, le parfait accord du compositeur lui-même à l'époque. Dans son dernier CD, d'ailleurs, Lugansky fait de même (dans une interprétation formidable aussi mais, cela n'étonnera personne de lui, un peu plus froide), tandis que notre chère Lydia Jardon avait opté résolument pour la première moûture.

Autre chose de surprenant dans ce concert. On entend le public interrompre l'exécution par ses frénétiques applaudissements... en plein milieu du si poignant mouvement central (colossale bouffée nostalgique, mais ne jamais oublier que Rachmaninov, comme Tchékhov, est un nostalgique natif, et que quasiment toute son oeuvre était bouclée dès avant l'exil!). Incident scénique, trou de mémoire du pianiste qui s'interrompt et que l'on tient néanmoins à soutenir, pas grave mon gars? Pas du tout. La pochette ici ne nous dit rien, mais c'est tout simplement qu'une corde du piano s'est cassée. Un technicien est venu réparer, et Monsieur Horowitz a repris le fil de son digital autant qu'inspiré propos. Arrête donc de te faire remarquer comme un gamin, imagine-t-on siffler drôlement la pas commode dans sa poche Wanda... En tout cas, la plage 5 de ce CD 28 peut-être considérée en quelque sorte comme un montage, à la fois justifié et très réussi au demeurant.

CD 29-30. Mis à part un petit bis (Debussy), même concert que le précédent, pour ceux qui n'avaient pas eu de billet, mais peut-être encore plus beau dans l'engagement. Notamment dans la sonate de Rachmaninov, vraiment "enlevée", et avec cet avantage de ne plus avoir cette interruption technique accidentelle que j'ai dite en plein milieu. Quant aux Kreisleriana, on est encore un cran plus haut. A noter dès l'élan initial ce parti-pris, non pas de la non pédalisation (ce n'est pas Gieseking, notamment dans Mozart...), mais de l'art incroyable de la contrôler, de la mettre pour mieux rapidement y renoncer (et tant d'autres pianistes dans ce genre de passage ultra pianistique pédalisent bêtement, car systématiquement, à outrance!). D'où ce "modelé" inimitable du son Horowitz (dont j'imaginerais volontiers que le plus grand souci de réglage de son piano était l'ensemble du mécanisme d'amortissement, mais ceux qui ont touché à l'instrument me comprendront).

CD 31-32 et 33-34. Là encore, même concert, mais à quelques jours de distance. Avec surtout ce grand morceau de bravoure schumanno-horowitzien (oui, le faire mieux savoir, connaître aussi la version studio RCA de ce 33 tr rouge pompier naguère...) qu'est le Concerto pour orchestre, dit aussi troisième sonate (comportant les fameuses variations sur Clara Wieck, aussi émouvantes que le furent plus tard celles sur Schumann de l'opus 9 de Brahms). Mais cette fois-ci, même à si peu de distance, l'ambiance des deux concerts différent beaucoup, car il semble que rien ne soit tout à fait au mieux de sa forme dans le second (on est d'ailleurs en novembre). Le Schumann, en moindre forme physique, est beaucoup moins emporté, et un peu plus grinçant, tordu, amer, voire dissonnant. Comme à cause aussi (j'ai bien réécouté, vérifié au casque très haut de gamme) du piano lui-même fatigué, comme passablement désaccordé par un coup de radiateur (c'est patent sur le second mouvement du Schumann, comme dans la mitraille de l'étude-tableau de Rachmaninov, vérifiez vous aussi et dites-moi si j'ai la berlue; mais non, prenez la fin du Scherzo de Chopin, on frôle le son casserole, il est temps de terminer; d'autant que le tout dernier bis Rachmaninov en devient quasiment inécoutable, ce qui me fait penser à cette adorable publicité depuis des années dans Diapason : Accordez moi votre confiance, je vous accorderai votre piano!).

CD 35 et 36. Concert pot-pourri du centenaire de la salle, avec participants bénévoles. Dommage qu'on n'ait que le premier mouvement (si effectivement élégiaque à savoir funèbre, très adieu suprême des mouchoirs, en cela si russe) du trio de Tchaikovsky, avec Stern et Rostro. Mais l'absolu évènement auquel on se serait jamais attendu (sauf ceux qui avaient déjà le CD séparé de ça, c'était déjà paru), c'est la rencontre d'Horo et de Fischer-Dieskau, dans un intégral Dichterliebe op. 48 de Schumann (outre me hantant également In der Fremde du Liederkreis op. 39, à connaître par Goerne (c'est sur Youtube), c'est là que figure notamment ce lied bouleversant qui me taraude aussi le plexus : Hör' ich das Liebchen klingen (en gros disons, j'entends encore résonner la voix de mon amour perdu, et je pense toujours un peu à notre : mon pauve enfant ta voix dans le bois de Boulogne...) ici plage 10 (connaître la version de Quasthoff avec le trop méconnu et rare Szidon, mais aussi avec notre Hélène Grimaud, eh oui, voir aussi sur Youtube).

ET TOUT LE RESTE... Maintenant je serai bref, ayant possiblement un tantinet dépassé les vingt mots (vains?) minimum préconisés pour nos commentaires, au point d'en faire péter le serveur Amazon. Je dirai juste que, concernant tout ce qui relève de la "private collection", si vous aviez peur comme moi de la qualité technique du son pour des captations des années 40, c'est quand même tout à fait exceptionnel dans l'ensemble. Par exemple, écoutez (CD 40) la sonate Haydn de 1948 (année de ma naissance, Volodia a dû se dire, désormais j'ai intérêt à bien soigner ça) : on voudrait des enregistrements piano d'aujourd'hui aussi parfaits, c'est incroyable! Pour le reste, que des bonnardises de bonnarderies, dont déjà une Fantaisie de Schumann juste libre mais pas trop, comme il sied, et comme jamais aussi poétique, et des Tableaux d'une exposition à accrocher au mur. Et, plus anecdotique, décidément cette fidélité à défendre un bien oublié comme Kabalevsky.

P.S. Au fait, à propos de vidéos Horowitz, pour ceux qui ne possédaient en DVD que le concert à Moscou et n'avaient vu tout le reste qu'à la télé : il est sorti (2012) en coffret de 6 DVD (que j'ai eu personnellement à environ 30 euros seulement!) ceci : The last romantic / in London / in Moscow / in Vienna / plays Mozart / a Reminiscence. Etonnant d'ailleurs qu'on n'en ait quasiment pas parlé, du moins en France (mais qui cela étonnera...). Chercher ici à ASIN: B0064GKEXC (et la présentation Amazon prend même soin de nous préciser qu'on en a pour fort exactement 30579 secondes, sic, de régalade : une seconde de moins et n'hésitez pas à faire intervenir la fameuse garantie A à Z, pfff.).

(Re P.S. La secte des horowitziens est souvent celle aussi des scriabiniens. Elle connaît donc dans le genre certains trésors cachés comme le vieux disque de Vitalij Margulis (à ne pas confondre avec son fils Jura), passé assez inaperçu. Mais ils doivent absolument connaître une nouvelle parution, à classer d'autant plus au sommet que naturellement elle aura échappé à notre habituelle petite criticaillerie : un ensemble 4 CD d'un certain Vardo Rumessen, formidable pianiste estonien (et qu'est-ce qui vous estonne là-dedans?). De ce grand coffret plat, apprécier aussi au second degré la présentation ultra psychédélico-new-age tendance X-Files! Pour le trouver sur ce site Amazon, taper simplement "Call of the stars" car 1/ la présentation ne signale même pas le nom du pianiste et 2/ le compositeur indiqué est Scriabin, non francisé... mais on a quand même échappé à, cela s'écrit aussi, carrément Skrjabin! Par surcroît, on nous indique pour cet article un numéro ASIN mais, si vous le recherchez ensuite à partir de là, introuvable, numéro ASIN inconnu.)
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11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 extra, 28 août 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Vladimir Horowitz Live at Carnegie Hall (CD)
Ce coffret est une merveille. Sur le plan pratique: les boitiers carton contenant les cd sont bien conçus, ne déchirent pas et comportent le programme de chacun des disques. le livre est très riche en iconographie, et contient une version française.
Le son est de très bonne qualité pour l'ensemble des disques même s'il est parfois précaire pour quelques "galettes".
De nombreux inédits. Des pièces de lieder avec DFD, notamment.Aussi de la musique de chambre avec stern etc...
Je ne peux rendre compte de toutes les pièces et disques.
Un coffret extra pour moins de 100 euros. Il complète parfaitement le gros coffret rca.
Son avantage par rapport au coffret rca: tous les cd sont des live. Et non retouchés - ce que confirme le livret.
L'intérêt: un naturel inégalé, des prises de risques folles. Et la poésie d'Horowitz, comme toujours (ses schumann...)
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7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une mine d'or, 6 septembre 2013
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J'ai découvert Horowitz adolescent avec son interprétation électrisante de la Vallée d'Obermann, de Liszt, en live à Carnegie le 27 novembre 1966. C'était un simple CD CBS d'extraits... Quel choc ! Voici que Sony, dans un packaging magnifique avec un livret extrêmement documenté, nous offre cette intégrale et quelques bandes privées ! Gloire à cet éditeur d'éditer ou de rééditer ces merveilles, qui sont la vie même. Il n' y a rien de négligeable là-dedans et je découvre avec plaisir la 2e sonate de Chopin enregistrée le 17 janvier 1949, 3 romances sans paroles de Mendelssohn, ouvrant le récital du 21 février de la même année, bijoux ciselés auxquels va succéder une interprétation immense de Vers la flamme de Scriabine. La 7e sonate de Beethoven, jouée au cours du même récital est de très belle facture. Scriabine encore, avec une magnifique version de la 9e sonate, enregistrée le mercredi 25 février 1953, version peut-être inédite et en tout cas moins connue que celle de l'"historic return" du 9 mai 1965.
Je n'ai pas encore eu le temps de tout écouter, mais ce qui ressort une fois de plus, c'est que le procès qui a été fait à Horowitz de se servir de la musique plutôt que de la servir, est démentie par chaque minute que j'ai eu l'occasion de découvrir ou redécouvrir ici. A côté des indispensables d'Horowitz en studio, Horowitz Plays Scarlatti, Horowitz Plays Schumann, Scriabine : Intégrale des enregistrements pour Columbia - Digipack 4 volets,Oeuvres pour piano, Vladimir Horowitz - Horowitz at home,Horowitz: The Last Recording etc, il est bon d'écouter inlassablement le sorcier en concert. Précision : les reports des concerts les plus anciens me semblent excellents !
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7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un must digne d'un grand couturier, 29 août 2013
Par 
Dupuy Michel (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Vladimir Horowitz Live at Carnegie Hall (CD)
Présentation digne d'un grand couturier : élégance, sobriété et qualité pochettes des CD, livret de 300 pages en 3 langues dont français, qualité sonore CD écoutés jusqu'à présent excellente. Du bel ouvrage. Je ne me permets pas de commenter la musique elle-même.
Je ne sais pas s'il existe d'autres inédits de la "Private collection" concernant les concerts à Carnegie Hall. Mais il y a bien d'autres concerts inédits, dont certains que j'attends comme celui du 8 mai 1978 donné uniquement pour les européens, concert Chopin.
Il est étonnant que la qualité image du DVD restauré du concert de 1968 laisse à désirer à ce point-là, visionné presque mieux depuis plusieurs années sur internet, avec deux choix de son excellent : mono d'origine, ou stéréo. Ce coffret : Un must pour les amateurs d'Horowitz.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Surprises variées, 24 octobre 2013
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Retrouver Horowitz en concert sur une durée de près 40 ans, c'est un choc, et, malgré des redites dans les gravures, une découverte. A mettre en première ligne les enregistrements faits .... pour Horowitz lui-même et par lui, bien sûr. Les restaurations sont impeccables, la palette de l'interprète respectée et les bruits parasites toujours en dessous du seuil de l'importun sans que le son soit châtré. Bref, un must de tout amoureux du piano ou tout simplement de la musique. Seule ombre au tableau, c'est pas très maniable mais, bon, il suffit de faire preuve d'un peu de... doigté!
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Trésor, 26 octobre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Vladimir Horowitz Live at Carnegie Hall (CD)
Je ne vais pas ajouter aux autres commentaires - bien sûr, il s'agit là d'une coffret d'exception tant par le contenu que par la forme ; le travail de restauration de ces enregistrements est exceptionnel, la documentation exemplaire (et avec une version française, c'est tellement rare qu'il faut y insister); le génie du pianiste tellement évident.
Cela vaut le coup de se priver du dernier Lang Lang, ou des derniers Grimaud, pour acquérir le toujours juvénile Horowitz à son meilleur.Chacun de ces concerts est en soi une expérience musicale insigne.
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5.0 étoiles sur 5 Communion, 7 février 2014
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Bluffant... qu'ajouter aux louanges des convertis... j'en fais désormais partie...addictive...endossez votre tuxedo (sans oubliez le papillon de circonstance)... un porto vintage et vous êtes aux portes du paradis... bienheureux vous.
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5.0 étoiles sur 5 le plus grand ?, 19 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vladimir Horowitz Live at Carnegie Hall (CD)
Pour moi, dans les années 60, le symbole de la puissance américaine n’était pas la
possibilité d’aller sur la lune, mais de posséder sur leur territoire deux des plus
grands pianistes du monde : Horowitz et Serkin.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 HOROWITZ : Tous les concerts de Carnegie Hall, 16 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vladimir Horowitz Live at Carnegie Hall (CD)
collectionneur des productions de V.horowitz et quelques autres grands, j'avais écrit à l'Université de Yale ( il y a plus de quinze ans) pour demander pourquoi leur fond "Horowitz-Toscanini" restait "tabou" ( à savoir des prises de sons demandées par V.Horowitz) Réponse : Wanda n'a pas autorisé " (!) Donc le collectionneur sait attendre et s'allonge sur le bord du fleuve .
Aujourd'hui récompensé de cette action non-violente , le coffret aux trésors les contient tous :
Une mine d'or puisque les inédits et les "connus" sont dans l'ordre chronologique respecté des programmes des concerts tels que les avait souhaités Horowitz (et non pas les montages - ou collages - vendus depuis ...)
L'équipe des ingénieurs a fait un trés beau (et long) travail . On les remercie .
Nous savons que les coffrets d'Horowitz prennent une valeur - comme les voitures de collection - J'ai une pensée émue pour la poignée de critiques qui ont passés une partie de leur vie à le critiquer - et le déprimer- Qui connaît leurs noms aujourd'hui ?
Reste le talent authentique de ce grand pianiste qui finit avec un toucher "Mozartien" sublime. Et laisse des montagnes pianistiques atteintes - dés 1932 sa version de la Sonate de Liszt est un must -
C'est un bon et énorme placement qu'il est bon de faire dans une époque où les meubles sont rarement "en massif"
Vladimir Horowitz a laissé des sillons inaltérables , dans une durée de vie remarquable, et qui suscitent toujours un intérêt mérité.
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1 internaute sur 4 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 hum-:(, 6 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vladimir Horowitz Live at Carnegie Hall (CD)
Sony est un éditeur sérieux semble t-il, les commentaires précédents elogieux pour coffret, et avec raison, mais personne ne nous annonce que la sonate de liszt est incomplète. Etrange.
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