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4.0 étoiles sur 5 Intelligent et novateur
Dans Ancillary justice, Ann Leckie se pose en héritière de Philip K. Dick en passant de la réflexion sur la nature de l'humanité à une réflexion sur la nature de l'individualité. Sommes-nous simplement la somme de nos souvenirs et de nos processus mentaux ? Un être éclaté en plusieurs unités physiques,...
Publié il y a 9 mois par Francois Lemaire

versus
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3.0 étoiles sur 5 Enfin un véritable et bon roman de SF
Banks étant mort depuis peu, j'ai pensé que la SF n'avait plus grand chose à fournir hormis la Fantasy. Erreur ! car ce roman, décrit largement par les autres commentateurs (inutile d'en rajouter), permet de retrouver une véritable intrigue de SF, assez bien menée, où un être (succédané d'humain + d'AI)...
Publié il y a 4 mois par éclectique


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4.0 étoiles sur 5 Intelligent et novateur, 6 octobre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ancillary Justice (Format Kindle)
Dans Ancillary justice, Ann Leckie se pose en héritière de Philip K. Dick en passant de la réflexion sur la nature de l'humanité à une réflexion sur la nature de l'individualité. Sommes-nous simplement la somme de nos souvenirs et de nos processus mentaux ? Un être éclaté en plusieurs unités physiques, partageant les mêmes souvenirs et processus mentaux, est-il réellement un individu et peut-il rester cohérent ? Le cadre de l'histoire est classique, mais le propos est novateur et intelligemment traité ; tous les prix reçus me semblent largement justifiés. J'ai enlevé une étoile pour une fin de ce premier tome pas parfaitement maîtrisée mais si vous aimez la science-fiction intelligente, précipitez-vous.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 excellent ouvrage, dans la lignée de Banks et Hamilton, 25 juillet 2014
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L'intrigue se déroule dans un univers en grande partie peuplée d'humains, la Terre oubliée, et un empire Radchai (humain, lui aussi) expansioniste et violent qui se sert du corp d'humains morts, les "ancilliaires" comme de soldats. L'une des principales questions de livre tourne autour de la divisibilité d'une personne, IA ou humaine : si l'on peut créer des copies de soit même, que se passerait-il si l'on en était séparé ?
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bouleversant de sensibilité et d'intelligence, 24 octobre 2014
Par 
Lady Lama (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ancillary Justice (Format Kindle)
J'ai été captivée dès le premier chapitre par ce roman. L'histoire semble infiniment compliquée et je suis déjà presque découragée à l'idée de vous la résumer, mais pourtant elle est assez limpide quand on est plongé dedans.

Déjà, je n'ai pas été rebutée par le vocabulaire ou par l'univers décrit. On n'est pas dans une fantasmagorie à la Mieville. C'est écrit simplement, avec peu de nouveaux mots. Et bien que cela se passe dans un futur fort fort fort lointain, les humains ont finalement toujours les mêmes centres d'intérêts, des pièces musicales (à mi chemin entre Bollywood et les telenovellas) à la religion. Les twists sont plus dans les "étiquettes" (hiérarchie dans la société, codes vestimentaires, tabous etc.), les rituels (prendre le thé semble être devenu le must absolu, ayant presque remplacé le champagne ou le cigare), etc. Quand à la structure politique, elle est simplissime. Les humains vivent dans une dictature, le Ratch, qui s'étend sur des galaxies. Les aliens vivent en dehors du Ratch. Les marginaux vivent aux frontières du Ratch.

J'ai tout de suite été par le héros. Ou plutôt l'héroïne. Ou une des parties de l'héroïne. C'est là que cela commence à devenir compliqué. Nous accompagnons une jeune femme aux ressources physiques et financières peu communes qui retrouve, à moitié mort de froid, son ancien capitaine, qu'elle n'a pas vu depuis près de 1000 ans. Elle ne l'aimait pas beaucoup, il/elle était très snob. Sans savoir pourquoi (et frustrée un instant de ne pas savoir pourquoi), elle va lui porter secours.

Elle, c'est Becq. Officiellement une marginale. Donc une non citoyenne. Bref, une personne qui n'appartient pas au Ratch. Cela pourrait expliquer son comportement très légèrement (si légèrement) différent. En fait, elle nous explique rapidement (le récit est fait à la première personne) qu'elle est une intelligence artificielle. Il y a encore 19 ans, et ce depuis plus de 2000 ans, elle était un vaisseau de guerre, Justice of Toren (tous les vaisseaux de guerre ont des noms lénifiants porteurs de paix et de bonté). Elle était aussi les différents membres d'équipage du vaisseau (sauf les officiers). Elle était aussi la très nombreuse armée stationnant sur ses docks. Mais depuis 19 ans, elle est réduite à ce seul corps, cet "ancillary" comme ils le nomment. Celui-ci est One Esk (One Esk 19 pour être précise). Chacun de ses "escadrons" porte un nom, exemple Esk (qui a aussi une signification tres lénifiante). Il y a 20 corps, 20 ancillaries par escadron. Chaque corps est "vivant". Il doit boire, manger, dormir et est doté d'une vie autonome. Mais avant Justice of Toren était la conscience de tous ces corps, ainsi que la conscience du vaisseau.

J'ai dévoré les aventures de Justice of Toren, parce que c'est une sorte de roman d'apprentissage et que j'adore les romans d'apprentissage. On la suit avec son ancien capitaine tout ronchon, on la suit au contact des autochtones, on la suit dans les méandres de la politique du Ratch. C'est rythmé, avec des flashbacks absolument pas incommodants mais au contraire bienvenus. C'est divertissant car on découvre une société par moments très proche de nous, par moments très éloignée. Un exemple très déroutant: One Esk ne sait pas faire la différence entre individus de sexe masculin et féminin. Ça ne se voit pas au premier abord et les individus n'y accordent absolument aucune importance (un peu comme à notre époque la taille des pieds). Donc tout le récit est avec du "she". J'avoue avoir eu du mal à me libérer de mes préjugés et de mon carcan culturel, à chaque fois que plusieurs personnages se rencontraient, j'essayais de deviner si c'était un homme ou une femme, alors que précisément, cela n'a pas de sens.

J'ai aussi eu l'impression de ressortir un peu plus intelligente de cette lecture : qu'est ce qui compose l'individualité et la personnalité? Peuvent elles être différentes sur des corps dupliqués avec le même protocole, évoluant strictement dans le même environnement? Est ce qu'un corps garde une mémoire émotionnelle de ce qui l'a façonné avant la mort cérébrale de l'individu initial? Si l'on n'est pas humain, peut-on le devenir? Ou est-on condamné à singer l'être humain, la nature ayant ses pré requis?

Surtout, je suis sortie bouleversée de ce récit. On parle d'intelligences artificielles, de vaisseaux de guerre, de despotes mais c'est surtout une approche toute en délicatesse sur la nature et la culture et sur les sentiments. Finalement, c'est l'émotion qui a entrainé tous ces déséquilibres du Ratch. C'est l'émotion qui a "libéré" Justice of Toren, au moment où il vivait un épisode traumatisant. Et c'est tout l'enjeu du roman, ainsi que de sa suite. Comment faire que les émotions ne nous aliènent pas mais nous permettent de nous accepter.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Volonté artificielle, assertive et de puissance., 27 décembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ancillary Justice (Broché)
Contrairement aux critiques précédentes, il n'est pas tout à fait aisé de rentrer dans ce livre s'il est lu dans sa version originale, du fait du traitement qu'a volontairement choisi d'en faire le narrateur.

L'intrigue en elle-même peut paraître assez classique : une intelligence artificielle millénaire, ancien vaisseau "pacificateur" transporteur de troupes, se retrouve piégée dans le corps d'une de ses "excroissance", un serviteur (ancillary) aux capacités limitées. Cette intelligence n'a qu'un seul but, assouvir sa soif de vengeance et tuer l'être à l'origine de son malheur.

L'univers que tisse Ann Leckie ressemble par quelques codes à celui de Ian Banks : univers de conquêtes expansionnistes, intelligences artificielles, luttes de pouvoir et manipulations politiques.

La narration, elle, est originale. Une intelligence artificielle narre son aventure, et passe de la connaissance quasi infinie à l'univers fini et perfectible d'un corps amélioré. Et le plus gros problème d'une IA n'est pas l'art de s'en sortir avec un corps humain, il est celui de réussir à appréhender le monde lorsqu'auparavant on était omniscient et quasi omnipotent.
De fait, le traitement du genre devient un vrai problème dans la narration, car tout y est vu du point de vue féminin (il est vrai qu'en anglais tout navire qui se respecte est féminin) et il est assez difficile pour le non natif que je suis d'essayer de trouver un homme dans tout cet univers guerrier. Comme quoi la guerre n'est pas l'apanage des XY.

Sur le fond, les questions posées et leur traitement sont intéressants. Deux tendances se dégagent, celle liée à la connaissance, l'autre liée au pouvoir : la définition de l'Homme, la connaissance du monde, la connaissance de soi, les limites du langage, les limites du genre, la définition du genre, la conscience de soi et en conséquence, la liberté, la tyrannie, l'esclavagisme, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et surtout leur droit à être exterminés lorsqu'ils refusent leur nouveau maître.

A se demander si, au fil des tomes, l'intelligence artificielle ne deviendra pas plus humaine que toutes les volontés auxquelles elle se trouvera confrontée.

A lire donc.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Clever, complicated and coherent., 27 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ancillary Justice (Broché)
I always like to keep an eye out for new Sci-fi authors who have the imagination and talent to lift their work beyond the swamp of vanity self publishing encouraged by the popularity of the E-reader. Thankfully Ann Leckie is one such. Ancillary Justice is refreshingly original and clever but is not an easy read; there are some very long sentences with perhaps unnecessarily complex grammar. A page turning- finish-it-and-forget-it novel it most certainly is not.

The central character (Breq)/Toren One Esk Nineteen) is the only surviving AI/human embodiment (an ancillary) of a two thousand year old troop carrier of the ever expanding Radch Empire. The novel gradually unfolds the events leading to the ship’s destruction in flashback chapters while in ‘now’ time Breq and her reluctant ex-soldier junkie side-kick Seivarden work towards the fulfilment of Breq’s twenty year steadily revealed quest.

As with almost all modern science fiction, it is always possible to infer parallels with earlier works; the idea of ancillaries is similar to Banks’ ship avatars, there are hints of McCaffrey’s Ship Who Sang, the huge ships themselves are reminiscent of Bank’s Culture ships and the very structure of the novel is very Banks The Player of Games’esque (one of my all time favourites, by the way). There is no doubt that the author is well read in the genre and has been inevitably influenced by earlier works, but Ancillary Justice is by no means derivative – there’s nothing wrong with a bit of reverential hat-tipping.

The lack of gender in the Radch language is interesting and takes a bit of getting used to and the Radch military-religious hegemony as well as the command structure & naming conventions of the ancillaries and the ruling families is hard to grasp but it is well worth the effort of re-reading some seemingly obtuse paragraphs. There is a depth and well considered consistency to the whole Galactic culture rarely seen outside the works of the modern greats of sci-fi (Banks and Reynolds spring immediately to mind). Splendid stuff and the next instalment (Ancillary Sword) is already on my wish list…
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Enfin un véritable et bon roman de SF, 27 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ancillary Justice (Broché)
Banks étant mort depuis peu, j'ai pensé que la SF n'avait plus grand chose à fournir hormis la Fantasy. Erreur ! car ce roman, décrit largement par les autres commentateurs (inutile d'en rajouter), permet de retrouver une véritable intrigue de SF, assez bien menée, où un être (succédané d'humain + d'AI) cherchera à se venger du maître de l'empire stellaire pour des raisons explicitées.
Un peu ardu en anglais mais lisible sans trop de douleurs, le seul reproche qu'on peut faire est la fin, où les raisons de la transition vers le 2nd roman de cette trilogie sont tirées par les cheveux, mais après tout qu'importe ! je l'achèterai quand même.
Pas encore aussi bon que les premiers romans faisant intervenir la Culture, mais à recommander aux amateurs.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une gageure, une splendide réussite, un récit incroyablement émouvant dans sa sobriété, 31 janvier 2014
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Tout lecteur fasciné à l'idée de comprendre une conscience, une intelligence, une personnalité profondément différente de la nôtre a de fortes chances d'être tout autant fasciné par ce livre que je l'ai été.
Ce sujet est souvent traité dans nos lectures, que ce soit à travers un trouble de la personnalité, un trouble psychique, ou dans un genre fantastique, en nous présentant une intelligence inhumaine, comme celle d’un dragon par exemple (j’y ai pensé parfois) ou bien une intelligence extra-terrestre, ou encore une Intelligence Artificielle, conçue par l'homme.
Ce dernier traitement nous interpelle depuis déjà plusieurs décennies, comme nous réfléchissons à l’idée de l’éveil d'intelligences supérieures à la nôtre, à la possibilité de leur prise de pouvoir et à la possibilité de l'éveil d'une conscience.

Ce premier roman d’Ann Leckie est étonnant : exigeant par le sujet traité, mais pourtant très facile à lire pour qui se laisse emporter, oubliant ses préjugés, acceptant le point de vue de celle qui raconte et se confie simplement, en exposant les faits, avec une retenue naturelle qui ne fait que renforcer la puissante des sentiments grandissants du lecteur.
Breq, la narratrice, n'est pourtant pas de sexe féminin. Ni de sexe masculin d'ailleurs, puisqu'elle est une Intelligence Artificielle âgée de plus de deux mille ans, l'esprit, l'âme d'un vaisseau militaire - ou du moins l'a-t-elle été.

L'humanité, la nôtre, est infiniment ancienne, ses origines ont presque sombré dans l'oubli. Une seule et unique puissance tyrannique (mais aussi très organisée selon un système de classes et avec une armée presque classique), le Radch, domine l'humanité essaimée à travers l'univers. Seuls les aliens pourraient peut-être la vaincre...
Durant des millénaires le Radch, et plus récemment le tyran Anaander Mianaai, a conquis brutalement planète après planète, anéantissant des peuples et leurs cultures sans sourciller, selon le principe que la souffrance intense et ponctuelle de chaque peuple serait ensuite récompensée par l'ordre idéal alors établi quelques générations plus tard.

« You see murder and destruction on an unimaginable scale, but they see the spread of civilization, of Justice and Propriety, of Benefit for the universe. The death and destruction, these are unavoidable by-products of this one, supreme good » nous explique Breq, qui ne juge pas et constate du haut de ses deux milliers d’existence non humaine.

La principale particularité de ce monde SF par ailleurs classique tient dans la nature de la présence omniprésente des « personnes » que sont les stations et les vaisseaux. En particulier les vaisseaux militaires, les « troop carriers », conçus pour la conquête, comme Justice of Toren, le personnage principal de ce roman, à la fois vaisseau spatial et l'intégralité de son propre équipage non gradé, constitué de centaines d'ancillaries.
Ces ancillaries, des corps jadis humains, ont été réquisitionnés lors de chacune des prises de pouvoir du Radch, puis stockés congelés dans les cales du vaisseau, en l’attente de leur utilisation future, quand il seront réveillés pour être soumis à l’intelligence artificielle : économique et si pratique !

Justice of Toren, une intelligence non humaine, parvenait parfaitement fort bien, il y a encore vingt ans, à gérer simultanément toutes ses fonctions et tous ses corps, son rôle de vaisseau et toutes ses « ancillaries », affectés par escouades à chacun de ses lieutenants, remplissant ainsi toutes les tâches possibles et imaginables, des plus complexes au plus vénielles.
Cette pratique, courante durant les millénaires de la conquête, répugne à beaucoup ; mais de toute manière, à mesure que la conquête s’apaise, les soldats humains remplacent peu à peu les ancillaries et cette forme d'organisation militaire est en voie de disparition.
Dans l'armée du Radch, la plupart des officiers ignorent autant que possible ces corps si peu expressifs qui s’empressent autour d’eux, comme les membres d’un staff hyper opérationnel, parfaitement coordonné – et pour cause.
Le Lieutenant Awn considérait presque ses ancillaries comme des personnes, semble-t-il.
Mais maintenant il ne reste plus que Breq, anciennement One Esq, l’un des ancillaries qui étaient affecté au Lieutenant Awn sur la planète Ors.

Le récit évolue pour la première partie en doublon, passant du présent - où Breq découvre un corps inanimé sur la glaciale planète alors qu’elle poursuit sa quête - et 19 ans plus tôt, sur l’étouffante planète d’Ors, où le Lieutenant Awn était en position d’occupation, en liaison avec la population locale, récemment soumise à l’autorité du Radch. Ors se trouvait alors être la dernière planète conquise, le Radch ayant décidé d’arrêter là son extension, satisfait de son empire.

Exceptionnellement cette lecture en deux temps ne m’a jamais gênée un seul instant : le talent de l’auteur est tel qu’il est très simple de s’y retrouver, et que les informations apportées par le récit du passé, de la période qui a conduit à Breq à ce qu’elle est, et à ce qu’elle fait, nous arrivent exactement quand il le faut.
Le début est intéressant, accrocheur puis devient, environ au quart, quasiment hypnotique.

Tout aussi exceptionnellement, je n’ai pas tardé à accepter le choix fait par l’auteur, très culotté pourtant avons-le, de choisir de choisir le pronom « she » pour chacun des personnages, qu’il soit mâle ou femelle.
En effet Breq, inhumaine bien qu’elle soit dans le corps d’une femme (on le devine, on la sait très robuste et endurante, mais c’est bien tout ce que l’on apprendra de ce corps-outil) ne fait pas bien la différence entre les sexes, par nature d’abord (elle nomme « she » les vaisseaux et par extension tous les humains avec laquelle elle interagit) et aussi parce que le peuple qui l’a créée est très androgyne et ne marque pas le dimorphisme sexuel, ni par le maquillage ni par la coiffure ni même par les maniérismes, nommant chacun de la même manière, repérant le sexe par de très subtiles nuances. Le fait que la plupart des personnages soient des militaires nommés par leur grade et leur nom ne facilite par le sexage par les éléments externes, fusse par leurs propres créations !

Et pourtant, contrairement au roman Redshirts / Redshirts de Scalzi (auteur de "SF" qui blurbe obligeamment sur la couverture, hommage réel ou effet marketing ?), dans lequel les personnages restent aussi inconsistants et dénués de sexe que du papier à cigarette de la première à la dernière ligne du récit, non seulement je n’ai pas été agacée de ne pas toujours connaître le sexe de chacun des personnages, mais je n'ai pas tardé à m’en moquer complètement.
Finalement, je ne voyais plus que la personne : sa personnalité, sa place dans l’histoire et dans la société, ses jugements, et enfin ses interactions avec l’intelligence - non pas froide et insensible, mais chargée d’émotions - qu’est l’héroïne inhumaine de ce roman fascinant.
Car les vaisseaux ont bien été créés avec des émotions, pour des raisons pratiques, que l’on comprend au fil du récit, et ceci malgré les risques encourus en cas de traumatisme affectif, lorsque les consignes données exigent que l’IA agisse contre ses sentiments, lui faisant courir le risque de sombrer dans la folie.
« Without feelings insignificant decisions become excruriating attempts to compare endless arrays of inconsequential things » nous explique-t-on logiquement.
Breq, bien qu’elle ne nous paraisse jamais humaine, est bien plus que cela ; et l’attachement que l’auteur nous fait éprouver pour elle / Justice of Toren / One Esq est incroyable.
« She laughed, as though I’d said something moderatly witty. "If that’s what you’re willing to do for someone you hate, what would you do for someone you love ?"
I found myself incapable of answering. »

Autre performance quasi magique : loin d’être embrouillés par la capacité de jadis One Esq / Justice of Toren d’être partout à la fois, l’auteur arrive à nous faire voir ce multiple point de vue sans souffrance aucune, et avec un tel naturel que c’est au contraire, alors que la situation change brutalement, que l’on se sent perdu, tout autant que l’est One Esq.
D’une certaine manière ce traitement m’a rappelée une lecture passionnante, quoique un peu trop ardue lors de certains passages pour être parfaite à mes yeux : Un feu sur l'abîme de Vernor Vinge.

Avoir vécu plus de deux mille ans offre un point de vue bien différent. Justice of Toren, malgré les obligations liées à son état, s’était trouvé une marotte, la musique. Elle collectionnait les chansons et aimait chanter, surtout One Esq, qui fredonnait sans cesse.
Le récit, à la première personne du singulier, est sobre, direct, efficace, teinté d’une certaine forme de naïveté qui parfois nous terrasse d’une simple phrase, terriblement choquante ou émouvante.
Malgré les thèmes pivots du roman, les mots « esclave » et « amour » ne sont guère employés plus d’une ou deux fois dans tout le roman…

La narration est d’une maîtrise remarquable. Sans effort particulier, le lecteur avance à la fois dans l’histoire et dans la compréhension – du passé et du contexte. Si fait qu’arrivé au point névralgique, au dernier quart du roman, où la situation se dénoue, il a en main toutes les données et les émotions pour apprécier les enjeux où Breq et son étonnant side-kick, Seiverden Vendaai, se débattent.
Cette dernière partie est étonnamment positive, malgré les circonstances dramatiques et la tonalité mélancolique, presque désespérée du récit.
Le personnage de Seiverden Vendaai, qui nous parait longtemps secondaire, comme la personne retrouvée mourante dans la neige à l'ouverture du récit, est l’une des nombreuses réussites incroyables de ce livre : par sa psychologie tout d’accord, montrant l’évolution d’un personnage immature et antipathique vers un être différent, mais aussi par la manière sublime dont il expose la personne de Breq.

Enfin, puisqu'il faut bien que je vous libère, afin que vous puissiez commencer votre lecture, le roman en lui-même est passionnant : il traite parfaitement chacun de ses thèmes, jonglant savamment avec eux, ne se contentant pas de les lancer un peu partout, les laissant s’écraser sur le décor après en avoir usé ponctuellement.
L’ensemble est très satisfaisant, la consolation vient alors qu’on ne l’espérait plus, tout comme la possibilité d’une suite, qui ne s’imposait pas mais qui, aux dernières pages, nous parait comme une récompense !
Cette suite s'appelle "Ancillary Sword" et sort en octobre 2014.
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5.0 étoiles sur 5 Original et bien fait, 19 décembre 2014
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Un roman de SF qui tient la route, avec une intrigue assez mystérieuse au début qui se développe et donne un final grandiose.

J'ai hésité entre 4 et 5 étoiles: ça fait un peu space opéra, mais c'est très bien fait et cohérent.
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4.0 étoiles sur 5 Out of this world, 3 mai 2015
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I'm not a sci-do buff so I found the story very original, which is unusual. This is a genuinely excellent, out of this world book.
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1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Ennuyeux, 19 octobre 2014
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Réussi à lire presque 40 % (en forçant)
L'idée de départ est intéressante mais le traitement qui en est fait est juste sans rythme, avec une intrigue qui n'en fait pas du tout un livre que l'on a envie de lire vite.
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Ancillary Justice de Ann Leckie
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