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7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Une tragédie optimiste", 11 mai 2013
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonie n° 10 (CD)
Composée en 1953, proposée à la sagacité de l'Union des compositeurs soviétiques très peu de temps après la mort de Staline, la 10ème Symphonie de Dimitri Chostakovitch était également sa première symphonie écrite depuis la fin de la guerre. Souvent perçue comme la clé de voûte de son oeuvre symphonique entier, cette symphonie fait sans doute un bilan des souffrances et tourments des périodes passées, les transcende, sonne également comme une trouée, le meilleur signe que la résistance - même passive - de l'artiste qui attend son heure trouve à s'épanouir dans son art lorsqu'il lui est donné la possibilité de le faire rayonner.

Avant la déstalinisation officielle, avant que Chostakovitch ne puisse soumettre à nouveau la partition de son abrasive 4ème Symphonie - composée au mitan des années 30, elle ne fut créée qu'en 1961 - la 10ème Symphonie montrait le compositeur au sommet de son jeu. Sans renier une seule seconde sa manière et en retrouvant sans doute une intégrité musicale plus grande, il reliait de façon forte le passé et le présent et ouvrait vers un avenir ressenti avec un pessimisme moins foncier. D'où l'appellation de "tragédie optimiste" que lui avait accolé le compositeur Andrei Volkonski.

Tous les grands chefs soviétiques se sont frottés à cette symphonie majeure du corpus chostakovitchien, et aucune n'est négligeable, qu'il s'agisse de Kondrachine, Rojdestvenski, et bien sûr de Mravinski, qui l'avait créée en décembre 1953. Depuis lors toutefois, quelques fort bonnes versions occidentales sont venues se rajouter : Bernard Haitink, dans son indispensable intégrale (Chostakovitch : Les 15 Symphonies), et peut-être plus encore dans l'enregistrement du concert qu'il a donné avec le London Philarmonic en 1986 (Shostakovich: Symphony No.10 In E Minor), Mariss Jansons (Shostakovich : L'Intégrale des Symphonies (Coffret 10 CD)), et pour finir l'excellente version récente de Vassili Petrenko avec le Philarmonique de Liverpool (Chostakovitch : Symphonie n° 10), la seule que j'ai écoutée dans la série de symphonies qu'il a enregistrées pour Naxos mais qui donne assurément envie de découvrir le reste. On pourra également se reporter au commentaire que j'avais rédigé sur le seul enregistrement Chostakovitch qu'ait signé Christoph von Dohnanyi avec l'Orchestre de Cleveland, en 1990 : SHOSTAKOVICH Symphonie N° 10 - LUTOSLAWSKI Musique funèbre.

La captation des trois concerts de 2009 ayant donné lieu à ce CD s'impose dès la première écoute comme une sacrée concurrence pour les versions susdites. La réputation de l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam et de son chef principal Mariss Jansons n'est certes plus à faire, mais ce qu'ils font là est au-dessus de tout éloge. Comme souvent avec eux, ce qui est perdu en tension est gagné en beauté des timbres et des alliages, voire en mystère : il faut entendre le climat que peuvent installer les cordes graves ou les bassons (entre autres car tous les pupitres s'illustrent à un moment ou à un autre). Dans une prise de son spectaculaire - seuls gênent ici et là un son un peu plus saturé lors des tutti d'orchestre et quelques (tout) petits bruits parasites - la luxuriance de cet orchestre éclate à tous les instants, dans les moments de stase autant que dans les paroxysmes. Tant et si bien que l'on a parfois l'impression d'entendre cette Symphonie comme même un Karajan n'aurait pas rêvé de la faire.

A certains moments (fin du Moderato par exemple), sans que cela soit jamais synonyme de trivialité, l'on entend la plus belle des musiques de film qui soit, comme si l'on avait découvert une nouvelle partition de Bernard Hermann où il se serait surpassé, qu'il aurait autant destinée à un cinéaste soviétique qu'à Welles ou à Hitchcock et que l'on aurait confiée pour l'occasion à l'orchestre le plus luxueux sur le marché! Il n'y a pas sous ma plume l'ombre d'une critique dans cette remarque, mais disons que c'est aussi là manière de dire que ceux qui sont attachés pour cette musique à une certaine virulence dans l'interprétation et à un son un peu moins cultivé pour son opulence risquent d'en être un peu pour leurs frais. Cela dit, à aucun moment je n'ai eu l'impression que le Concertgebouw - parfois même sous la direction de Jansons - se laissait aller à ce qui peut être son péché mignon : la beauté sonore capiteuse mais parfois un peu lénifiante. Reste que de fait l'on entend une version d'un luxe sonore infini qui pourra paraître d'une séduction trop facile à certains. Une optique que je pourrais aisément comprendre, mais en ce qui me concerne à ce niveau de réussite instrumentale et de pertinence du discours musical, pas d'autre chose à faire que de rendre toutes les armes!

Si le Moderato apparaît comme moins ardent que dans la 2ème version Haitink, il n'est pas moins parfaitement architecturé, faisant émerger un climat de mystère et de doute particulièrement prégnant. L'Allegro est moins au vitriol que chez d'autres, mais en aucun cas le "portrait de Staline" (explication donnée par la suite par le compositeur, dans sa correspondance avec un ami me semble-t-il) n'est sacrifié. A vrai dire, même si l'on peut le trouver un peu trop retenu à son goût, ce mouvement montre parfaitement à quel point les options du chef et la réalisation orchestrale sont en adéquation totale : choix et variations de tempo parfaitement négociés, traits d'une netteté ahurissante. Les deux derniers mouvements prouvent qu'à l'image d'autres versions occidentales (à part peut-être la 2ème version Haitink) elle manque si l'on veut un peu d'angoisse et n'est jamais au bord de l'épuisement comme cela arrive souvent avec les chefs russes, mais qu'elle fait partie de celles dont la beauté orchestrale ne verse pas dans une élégance de bon ton et qui n'empêche aucunement caractérisation idoine et variations d'intensité.

Pas de complément. A 53', le minutage est un peu chiche. Mais cela vaut mieux qu'un complément peu adéquat sans doute. Dohnanyi, en proposant la Musique funèbre de Lutoslawski, avait quant à lui trouvé une pièce assez idéale pour côtoyer cette symphonie.

Au total, un des très beaux enregistrements signés par Mariss Jansons avec le Concertgebouw, et à n'en pas douter une des prises de son les plus réussies de la collection RCO Live (voir aussi leur excellent disque Stravinski avec la Suite de l'Oiseau de feu et le Sacre du printemps). Rappelons pour mémoire que Jansons et Haitink ont respectivement signé d'excellentes 7ème et 15ème de Chostakovitch avec cet orchestre, là aussi captées sur le vif pour la collection RCO Live. Pour une version récente de la 10ème, je recommande désormais cette version Concertgebouw / Jansons au premier chef, quasiment à égalité avec les deux mentionnées plus haut, celle de Haitink en public avec le Philarmonique de Londres - celle que je mettrais au pinacle pour sa fureur expressive - et celle de Petrenko avec Liverpool.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A benchmark status of Shostakovich 10th symphony - culturally, interpretation-wise, and certainly sonically-wise., 9 mai 2013
Par 
Judy Spotheim "SpJ Judy" (Belgium, Europe) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonie n° 10 (CD)
`My aim was to convey human feelings and passions in this work,' Shostakovich said of his Tenth Symphony in 1953. Stalin was dead, and after his music had been publicly criticized for being too abstract in 1948, Shostakovich had finally gathered the courage to farther start a new composition. With the Tenth Symphony, Shostakovich has matured into being able psychologically to put his memories of Stalin to rest.

In the late seventies it was Kondrashin and Haitink that led the Royal Concertgebouw Orchestra into the venue of recording more intensively and performing the Shostakovitch symphonies - and still, in later years, (2008 to 2010) with advanced recording technology, the RCO presented us with an astonishing reading of Shostakovitch Symphony No. 7 with Jansons, and Symphony No. 15 with Bernard Haiting.

The recording at hand of the symphony No. 10 conducted by Mariss Jansons was made in 2009 and released only now, (four years later) sonically it is a spectacular achievement (refer here in its SACD multichannel playback auditioning on a large playback system in a large listening space).
It has just a bit more "body" to the sound compared with the 2010 recording of the Symphony No. 15 (SACD) conducted by Haitink with the sonic effort that possesses some of the most rare of "ethereal" tone properties ever captured in a recording.
This 10th symphony SACD recording at hand has a bit more transparency and "directness" of sound compared to M. Jansons 2008 (SACD) of the Shostakovich symphony No. 7 (which by itself is an award winning RCO-Live release).
So, sonically viewed, this recording of the symphony No. 10 bridges the gape between the superlative 15th and the 7th, and plucks the best sonic properties from either.

The interpretation enjoys the obvious "permanent status" of conductor Jansons now a long associate with the RCO, and with an added degree of authenticity to the reading that comes with that status.

No doubt that this SACD recording with the RCO-Live rises to a benchmark status of this Shostakovich symphony - culturally, interpretation-wise, and certainly sonically-wise.

(Note: Play time is just over the 53 minuets.
Also note that it is wise to compare various offering from other Amazon affiliates, and also to scan the internet looking for the best deal everywhere: It has been long on my mind that in a way, top sellers might be engaged in a Cartel formation where prices are concerned.
My copy was acquired, sealed-new, for about one third less of the presently lowest asking price on the Amazon pages...)
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3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Génial, 14 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonie n° 10 (CD)
C'est un live mais rarement le Concertgebouw a sonné aussi glorieusement. De cette symphonie un peu grandiloquente, Jansons tire des merveilles : les cordes sont soyeuses, les basses grondantes, les cuivres étincelants. Une démonstration d'orchestre et une prise de son fabuleuse. A écouter si possible en SACD.
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Chostakovitch : Symphonie n° 10
Chostakovitch : Symphonie n° 10 de Dimitri Chostakovitch (CD - 2013)
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