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4.0 étoiles sur 5 Le très beau Stabat Mater d'Antonin Dvorak, dans une version assez admirable mais un rien trop pondérée, 22 avril 2013
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dvorak / Stabat Mater - Herreweghe (CD)
Comme le rappelle la description ci-dessus, Antonin Dvorak composa le premier état de son Stabat Mater (avec piano) après la mort d'une de ses filles en 1877, et acheva son 2ème état orchestré en 1877 alors qu'il venait de perdre deux autres de ses enfants. Alors que l'éditeur de Dvorak promettait à cette oeuvre un insuccès garanti ailleurs que dans deux ou trois pays catholiques en Europe, elle eut un écho considérable aux Etats-Unis et surtout en Angleterre. Invité à diriger lui-même à Londres, Dvorak note dans une lettre de 1884 : "Pour vous donner une idée de l'orchestre et du choeur - ne vous effrayez pas : sopranos 250 - altos 160 - ténors 180 - basses 250. 840 voix. Orchestre 24 violons 1, 20 violons 2, 16 altos, 16 violoncelles, 16 contrebasses. Quand tous commencent, cela fait un bruit énorme, mais que c'est magnifique quand tout cela sonne!" Il est certain qu'on est loin de la première partition du Stabat Mater, bien plus qu'une ébauche non orchestrée, telle que l'a enregistrée Laurence Equilbey avec Accentus et Brigitte Engerer il y a quelques années (Dvorak - Stabat Mater / Coku, Pokupic, Breslik, Butter, Engerer, Accentus, Equilbey)! Ce que j'ai appris dans le livret, c'est que si Dvorak aimait sa version orchestrée et précisait qu'il ne pouvait espérer mieux qu'avec les masses qu'il avait eu à conduire au Royal Albert Hall en 1884, il aimait entendre son oeuvre dans des contextes et avec des accompagnements très différents (petit choeur et orchestre, ou bien un orgue seul) et en était tout aussi touché.

Alors que l'on joue et enregistre ce Stabat Mater grosso modo toujours avec les mêmes effectifs - à part Laurence Equilbey, donc, qui est allé chercher la version originale avec piano et en 7 mouvements au lieu des 10 de la version orchestrée - l'on ne peut que se demander ce que pourrait donner cette oeuvre dans une salle telle que le Royal Albert Hall avec de telles forces. D'autant que l'influence du Requiem de Berlioz sur la partition, assez nette dans certains mouvements (en particulier le 3ème, "Eja, Mater, fons amoris") laisse songeur quant aux solutions propres que Dvorak a pu trouver pour diriger ses masses orchestrales et chorales. Quoi qu'il en soit, cette partition profondément ressentie, composée par un croyant qui trouvait sans doute là un recours mais qui y mêle des accents profanes tout à fait assumés, a fini par s'imposer au-delà de son succès initial comme un des fleurons de la musique sacrée composée dans la 2ème moitié du 19ème siècle, et comme une des plus belles compositions de son auteur.

Pas de révolution en tout cas dans la façon dont Philippe Herreweghe envisage la partition, qu'il ne dirige certes pas comme certains de ses prédécesseurs - il se démarque autant de la version fervente de Rafael Kubelik (Stabat Mater. Legends) que de celle, ultra-théâtrale, de Giuseppe Sinopoli (Dvorak : Stabat Mater) - mais à laquelle il ne fait pas subir de décapage particulier. Bien à sa manière, pondérée et un peu sur la réserve, adepte d'une transparence qui ne verse toutefois jamais dans l'évanescence, il met un orchestre et des solistes compétents, ainsi qu'un choeur de grande qualité, au service d'une partition dont on n'a jamais l'impression qu'elle est diminuée par une matière quelque peu allégée. Bien que je reconnaisse des qualités éminentes à la version Kubelik, qui fait autorité depuis longtemps, je dois dire que je ne suis pas plus que cela emballé par ses solistes et surtout par son choeur. Sinopoli a pour lui un plateau vocal assez relevé, en dehors même de sa manière, comme souvent stylistiquement assez discutable mais qui touche parfois juste et peut impressionner. Même avec des solistes parfois un peu pâles - le ténor Maximilian Schmitt et la basse Florian Boesch ne marquent pas particulièrement - Herreweghe propose une interprétation frappée au sceau de l'équilibre. Si l'on peut trouver que les instruments manquent de chair, que quelques traits trahissent l'origine baroqueuse du chef et que cela n'aide pas à donner au tout une quelconque saveur tchèque, le résultat sonne tout de même souvent admirablement. Autrement dit, si l'on recherche avant tout l'authenticité 'nationale', on se doute que ce n'est pas plus que cela la peine de se porter sur cette version Herreweghe. Pour cela, une des deux versions dirigées par Jiri Belohlavek fera parfaitement l'affaire, d'autant que lui aussi parvient à un équilibre enviable avec des plateaux vocaux idiomatiques et de (très) bonne tenue : Dvorak: Stabat Mater Op. 58 et Psaume 149, Op. 79, en studio chez Chandos, ou Stabat Mater, capté sur le vif à Prague, chez Supraphon. Ma préférence continue à aller vers ces disques pour cette oeuvre, car ce sont eux qui me semblent contenir tous les meilleurs ingrédients, le mélange opéré par Belohlavek étant admirable en dépit de tempos parfois un peu lents et de moments où les solistes donnent l'impression qu'ils chantent plus le Requiem de Verdi qu'autre chose (surtout dans le disque Supraphon).

Reste que si l'on aime ce que fait Herreweghe en règle générale (y compris dans d'autres répertoires que le plus strictement baroque), on ne sera a priori pas déçu par cette réalisation de très bon niveau, servie par une prise de son réussie. Si par la même occasion l'apport d'Herreweghe à une discographie qui est loin d'être pléthorique fait découvrir l'oeuvre à certains, on le remerciera d'autant plus. Malgré ses quelques facilités d'écriture et la monotonie dont on l'a parfois taxé (à mon avis en grande partie à tort), ce Stabat Mater vaut qu'on l'adopte et qu'on le fréquente dans des optiques différentes.

NB Il existe également une version en dvd du Stabat Mater dirigée par Vaclav Neumann : Stabat Mater. Je ne la connais pas, mais pour qui aime l’oeuvre acquérir cette vidéo d’un concert pragois de 1989 est évidemment tentant.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dvorak stabat mater, 29 octobre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dvorak / Stabat Mater - Herreweghe (CD)
Admirable! Mais Philippe Herreweghe propose toujours une vision construite intelligente et complète d'une œuvre.et les solistes meitent le detours.A conseiller À tous absolument!
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Dvo?ák: Stabat Mater
Dvo?ák: Stabat Mater de Philippe Herreweghe / Collegium Vocale Gent / Royal Flemish Philharmonic / Ilse Eerens / Michaela Selinger / Maximilian Schmitt / Florian Boesch
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