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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un couplage qui impose cet enregistrement, 20 juillet 2013
Par 
Cetalir "Cetalir" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Britten & Shostakovich : Violin Concertos / Concertos pour violon (CD)
Le commentaire de "LD" étant particulièrement détaillé et fourni, je me contenterai d'apporter un éclairage complémentaire et qui va, globalement, dans le même sens.

La première raison qui devrait amener à s'intéresser à cet enregistrement est qu'il regroupe deux des monstres sacrés du genre au vingtième siècle. A ma connaissance, il n'existe d'ailleurs pas d'autres enregistrements ayant eu cette excellente idée. Pourtant, voici deux oeuvres partageant beaucoup de points communs. Une atmosphère globalement sombre avec la guerre d'Espagne en toile de fond pour le Britten, les destructions de la seconde guerre mondiale et le stalinisme aveugle pour le Shostakovich, victime d'un certain ostracisme politique au moment de la composition de son concerto. L'usage d'une passacaille permettant une infinité de modulations alors que cette figure de style était totalement tombée en désuétude quasiment depuis Bach. L'extrême virtuosité globale dans une approche ne visant pas à opposer le soliste à l'orchestre comme dans la tradition classique mais au contraire à rechercher une couleur globale en vue de souligner les atmosphères. Tout cela saute aux yeux lorsque l'on écoute attentivement ces deux concerti l'un après l'autre.

Bien sûr, un tel rapprochement n'est pas suffisant en soi si la qualité de l'interprétation n'est pas à la hauteur. Sans confiner au génie (car comme "LD", je préfère la version de Janine Jansen pour le Britten), celle donnée par Karabits et Ehnes est d'un excellent niveau. Le soliste semble se lâcher dans ces deux pièces et tout particulièrement dans le Shostakovich où Karabits laisse également diffuser son énergie à un orchestre loin du niveau des grandes formations internationales. On appréciera en particulier les deux cadences, terrifiantes, et dans lesquelles J. Ehnes parvient à nous faire frissonner tant l'émotion et l'intensité deviennent paroxystiques.

Tout cela est outre bien servi par une belle prise de son ce qui finit de mettre en valeur un disque qui s'impose comme un achat absolument recommandable en complément des versions de référence disponibles dans d'autres couplages.
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3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un couplage de rêve, une interprétation à la hauteur, 16 juin 2013
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Britten & Shostakovich : Violin Concertos / Concertos pour violon (CD)
Enfin, James Ehnes donne un programme de concertos pleinement satisfaisant (ou presque). En fait, pour les disques que j'ai écoutés en tout cas, le problème ne résidait parfois pas tant dans sa prestation, quoique trop prudente ou un rien trop lisse de temps à autre, que dans des accompagnements orchestraux qui le desservaient. Attention : ce n'est pas encore le grand luxe! Le Bournemouth Symphony Orchestra n'est certes pas le plus grand orchestre qu'on puisse imaginer. Pas spécialement riche en couleurs, globalement un peu terne et avec quelques pupitres aux sonorités parfois un peu acides, il n'égale pas vraiment les orchestres des meilleures versions de ces deux concertos. Mais disons qu'avec la direction assez bien sentie de Kirill Karabits James Ehnes trouve tout de même à s'épanouir, et que sa prestation n'est en tout cas pas engluée dans une pâte par trop molle ou sucrée comme parfois par le passé.

Cela tombe bien, car il s'agit là de deux concertos magnifiques, deux des plus beaux du XXème siècle composés pour cet instrument. Comme le rappelle Malcolm MacDonald dans le livret : "A la fin des années 1950, Benjamin Britten et Dimitri Chostakovitch se lièrent d'amitié, laquelle dura jusqu'à la mort de ce dernier, en 1975, moins d'un an avant que Britten lui-même ne disparaisse. Il est cependant peu probable que Chostakovitch ait eu connaissance du Concerto pour violon de Britten lorsqu'il commença de composer son propre premier Concerto pour violon. Il n'y en a pas moins de remarquables ressemblances entre ces deux partitions. L'une et l'autre sont des oeuvres profondément graves ; l'une et l'autre s'ouvrent sur un premier mouvement d'allure modérée suivi d'un scherzo ; l'une et l'autre placent la cadence solo de sorte qu'elle conduise directement au finale ; enfin l'une et l'autre comportent un mouvement en forme de passacaille, très inhabituelle à l'époque pour un concerto. Mais tandis que la passacaille de Britten constitue le finale de son concerto en trois mouvements, Chostakovitch fait de la sienne son mouvement lent, ayant choisi d'écrire un concerto en quatre mouvements d'ampleur symphonique."

Peu joués et enregistrés jusqu'à une date plus ou moins récente, les concertos de Britten ont connu un peu plus de faveurs ces dernières années, surtout le Concerto pour violon qui est enfin devenu une pièce du répertoire nettement plus fréquentée au concert, et a été enregistrée par quelques solistes de grand talent, à commencer par Frank Peter Zimmermann (Szymanowski : les Concertos pour violon n° 1 et n° 2 - Britten : Concerto pour violon) et Janine Jansen (Beethoven et Britten : Concertos pour violon). Ces deux versions ont de très grandes qualités et surpassent sans doute la prestation de Mark Lubotsky avec le compositeur à la baguette ; quelle que soit l'excellence de ce qui a suivi, elle reste à connaître, d'autant qu'elle est accompagnée de la version du Concerto pour piano avec Sviatoslav Richter : Concertos pour piano & violon.

Composé en 1939, le Concerto pour violon est comme son aîné d'un an le Concerto pour piano profondément influencé, au premier chef, par la musique concertante de Prokofiev. Au-delà de cela, c'est sans nul doute la vision du monde de Britten, pacifiste farouche, qui informe les deux oeuvres, celle-ci ayant évidemment été particulièrement mise à l'épreuve à la fin des années 30. Le Concerto pour violon, créé par l'Espagnol Antonio Brosa, porte en lui les tourments de la Guerre d'Espagne et peut-être plus encore. Célébré dans la première partie de sa carrière pour sa vive intelligence et sa maîtrise de la science orchestrale, Britten s'était également vu reprocher sa froide virtuosité, en particulier après la création du Concerto pour piano - cette critique s'était quelque peu adoucie avec le Concerto pour violon, plus à même d'émouvoir. A vrai dire, là aussi le parallèle avec celui dont l'influence était la plus perceptible à l'époque, Serge Prokofiev, est parlant.

Chostakovitch était quant à lui à nouveau en butte aux attaques du régime soviétique contre le formalisme de ses productions, à l'image d'autres des artistes les plus éminents du pays - c'était dans son cas la deuxième fois, ayant déjà été obligé au mitan des années 30 de prendre un tournant après la création de son opéra Lady Macbeth de Mtsensk et au moment de la composition de sa Quatrième Symphonie. Une fois achevé, en 1948, il retira son Concerto, qui ne fut créé que quelque temps après la mort de Staline, en 1955. Rappelons que son créateur, David Oïstrakh, en a enregistré une des versions les plus fondamentales, que l'on trouve aujourd'hui accompagnée de deux autres concertos de Chostakovitch, tous deux dans des versions tout aussi inoxydables : Chostakovitch : Concertos pour piano n° 2 - Concerto pour violon n° 1 - Concerto pour violoncelle n° 1. Sans même parler du disque des disques : celui des deux premiers concertos (violon et violoncelle) avec Oistrakh / Mitropoulos et Rostropovitch / Ormandy, que Sony a déjà réédité plusieurs fois en CD et qui fait partie des indispensables de n'importe quelle discothèque : Chostakovitch : Concerto pour violon, Op.99 - Concerto pour violoncelle, Op.107.

Pour les deux concertos, mon verdict sera sensiblement le même. Sans même comparer avec les plus grands interprètes historiques des oeuvres et si l'on s'en tient aux contributions les plus récentes, Ehnes et Karabits tiennent leur rang et dans ce couplage on ne trouvera pas mieux. Reste que dans les deux cas, au moins une interprétation récente a selon moi mis la barre un peu plus haut. Dans le cas du concerto de Britten, ce serait Janine Jansen avec le LSO et Paavo Järvi à la baguette (voir lien ci-dessus). Dans celui de Chostakovitch, Lisa Batiashvili avec la Radio bavaroise sous la direction d'Esa-Pekka Salonen : Echoes of Time.

J'ai récemment consacré un commentaire au disque des concertos de Britten sorti chez Chandos, une réussite quelque peu déparée par une prise de son moins réussie pour le Concerto pour violon avec Tasmin Little : Concerto pour violon, op.15 - Concerto pour piano, op.13. Bien que j'aie une certaine tendresse pour cette version, je crois que la prise de son est pour beaucoup dans le fait que je préfère globalement James Ehnes. A côté de Janine Jansen toutefois, Ehnes n'est pas toujours tout à fait assez mordant et virtuose (à l'image de Tasmin Little, d'ailleurs, mais celle-ci emporte le morceau dans les passages les plus vifs). Reste que son interprétation, sans combler tout à fait, est mieux que correcte.

C'est dans le Chostakovitch qu'il donne toute sa mesure, toutefois. Il faut dire que l'oeuvre l'exige tellement que si l'on veut marquer dans ce Concerto, il est hors de question de ne pas être d'une générosité et d'un maintien hors du commun. Très bien soutenu par Karabits, Ehnes y est magnifique, tout du long et en particulier dans la Passacaille - dans l'Andante comme dans la Cadence - et on l'entend là libéré comme dans les meilleurs de ses Bartok. Même si leur nature est différente, il ne le cède que peu en lyrisme douloureux à Lisa Batiashvili, qui pour le coup a su marquer l'oeuvre de son empreinte avec Salonen. Je ne suis pas le seul à trouver les climats que ces deux-là savent installer particulièrement prenants (voir les commentaires de Denis Urval et Cymus sur la page de Echoes of Time) et ce disque a pour moi quelque chose de très spécial que le présent disque n'a sans doute pas. Cela étant, la prise de son moins réverbérée et bien plus naturelle de ce disque Onyx convient merveilleusement bien au rapport plus immédiat qu'arrivent à créer Ehnes et Karabits. Peut-être un peu moins cérébraux, plus franchement lyriques et effusifs - sera-ce trop pour certains? sans doute... - moins sereinement torturés si j'ose dire, ils sont de plain-pied avec une partition qu'ils servent sans aucune affectation. Une très belle réussite, même si l'on a dans l'oreille des interprétations auxquelles on est très attaché et si l'on peut préférer des versions plus rongées par l'angoisse.

Au total, ce disque au couplage aussi évident que louable amène à se dire que le Concerto de Britten commence véritablement à être bien servi au disque - l'année du centenaire de la naissance du compositeur y est pour quelque chose - mais aussi qu'il y a encore de la place pour de très belles versions du 1er de Chostakovitch même si la discographie est plus encombrée, des classiques essentiels aux contributions plus récentes et néanmoins majeures. Dans les deux cas, le Canadien prouve une nouvelle fois qu'il est un des très bons violonistes de l'époque. S'il n'est pas encore assez reconnu en France, le fait que ses prestations au disque gagnent en maturité et qu'il soit mieux accompagné que parfois auparavant (malgré les limites évidentes de l'orchestre) fait qu'il ne serait que justice que l'on se penche un peu plus franchement sur son cas dans notre pays. Acquérir ce disque peut être un bon point de départ. A plus forte raison si l'on ne connaît pas les oeuvres ou une des deux oeuvres, bien sûr : la découverte se fera dans les meilleures conditions.

Si l'on cherche une des toutes meilleures versions récentes de l'un ou de l'autre, on pourra toutefois préférer se porter sur un des disques mis en lien ci-dessus. Ou pour le Chostakovitch sur la très belle prestation d'Hilary Hahn avec le Berliner Philarmoniker dirigé pour l'occasion par Mariss Jansons et captée pour le dvd : Berliner Philarmoniker - Chostakovitch & Dvorak.

4,5 étoiles pour l'ensemble du CD Onyx, avec une petite prime grâce au Chostakovitch et à la prise de son au naturel très convaincant.
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