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50 internautes sur 54 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Stupéfiant et magistral
Les 130 premières pages de ce livre glacé nous plongent dans le massacre d'Utøya, minute par minute, meurtre par meurtre, dans la tête de Breivik. Lues d'une traite, sans respirer...

Après cet effroyable 22 juillet 2011, Obertone nous fait vivre ensuite les grands moments du procès, dissèque la structure mentale de Breivik,...
Publié il y a 16 mois par Janice74

versus
4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 On est immédiatement scotché...
La première partie du livre est un vrai choc, on est propulsé dans la tête du tueur d'Utoya, on ressent sa fureur, sa démence grandissante mais également ses doutes, ses peurs tout au long de son parcours sanglant et terrifiant.
La seconde partie du livre revient sur la construction de l'idéologie d'Anders Breivik, c'est un peu...
Publié il y a 13 mois par Phil


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50 internautes sur 54 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Stupéfiant et magistral, 23 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
Les 130 premières pages de ce livre glacé nous plongent dans le massacre d'Utøya, minute par minute, meurtre par meurtre, dans la tête de Breivik. Lues d'une traite, sans respirer...

Après cet effroyable 22 juillet 2011, Obertone nous fait vivre ensuite les grands moments du procès, dissèque la structure mentale de Breivik, ses motivations profondes, les vraies raisons de ses actes, en alternant le récit de brefs témoignages de victimes, d'un flic, d'un psy, tout juste le temps d'une respiration frissonnante, et on repart dès la page 300 dans la longue et implacable préparation du tueur (neuf ans !), dramatique montée en puissance qui culmine avec l'attentat à la bombe d'Oslo, premier acte du cauchemar.
Alors qu'on croit le sommet atteint, il nous reste à lire la fin du livre, vertigineuse, qui emporte tout sur son passage...

Il est certain que ce livre restera LA référence littéraire sur l'affaire Breivik. L'immersion est parfaite, incroyablement puissante, tendue, troublante. Les scènes du massacre, aussi écoeurantes qu'elles soient, sont méticuleusement restituées. Comme Breivik, comme ses survivants, comme les témoins et les spécialistes, comme n'importe qui, on est totalement dépassé par l'ampleur de la tragédie Utøya.

Bref ! Livre glacé, contenu incandescent, le genre de livre qu'on peut relire ... et qu'il ne faut pas manquer. Je l'ai avalé en un jour et demi à peine.
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41 internautes sur 46 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une plongée glaçante dans la tête d'Anders Breivik, 24 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
Le 22 juillet 2011 dans le quartier gouvernemental d'Oslo, capitale de la Norvège, une camionnette remplie d'une tonne d'explosif artisanal saute, tuant 8 personnes, en blessant des dizaines d'autres, et endommageant une dizaine de bâtiments. Un peu plus tard dans la journée, un homme lourdement armé, déguisé en policier, abat 69 personnes sur l'île d'Utoya, où se tenait un rassemblement de la Ligue des jeunes travaillistes (parti de la gauche norvégienne). Cet homme, c'est Anders Breivik.

Qui est Anders Breivik ? Qu'est-ce qu'il l'a poussé à agir ainsi ? Pourquoi a-t-il choisi ces cibles en particulier ? Comment s'est-il préparé à l'acte ? Cet ouvrage répond à toutes ces questions avec une précision stupéfiante.
Laurent Obertone a épluché le manifeste de 1500 pages de Breivik, les comptes-rendus de la police, les témoignages des survivants et des psychiatres pour livrer ce rapport édifiant, permettant ainsi de cerner dans les moindres recoins la personnalité d'Anders Breivik et son cheminement vers l'acte.
Si le premier quart de l'ouvrage raconte la tuerie d'Utoya quasiment à la seconde près, le reste est consacré à la vie de Breivik, sa jeunesse sans histoire, sa radicalisation, ses thèses sur la sauvegarde de la race européenne, le multiculturalisme, la société et la justice, sa volonté de "changer les choses". On découvre alors comment cet homme mystérieux, au QI de 135, sans ennemis, pas vraiment solitaire, initié à la Franc-Maçonnerie, fan de jeux vidéo, sans aucune admiration pour les tueurs et les assassins, faisant partie d'un Ordre des Templiers bien réel, a pu commettre "l'acte par lequel le XXIème siècle a vraiment commencé".
Plus de considération politique ici. Entrecoupé de témoignages de survivants, de policier et de psychiatres, l'ouvrage nous livre une analyse sans concession du monde contemporain, du genre humain et de son évolution, à travers les yeux d'un homme se disant prêt à se sacrifier pour sa cause. SA cause...
Si bien qu'au fil du récit, les thèses de cet homme que l'on croyait fou à lier finissent par prendre du sens, rendant même le cheminement de son acte... cohérent ! Au final, le lecteur finira même par éprouver pour lui une certaine forme de... sympathie, aussi incroyable que cela puisse paraître.

Vous l'aurez compris, changement radical de style pour Laurent Obertone, l'auteur du controversé (mais non moins courageux) "La France Orange Mécanique", qui traitait de la banalisation de la violence en France. Le journaliste se glisse ici dans la peau du tueur, pour livrer un récit à la première personne d'une précision remarquable, qui ne laisse pas insensible. Un ouvrage choc, peut-être à ne pas mettre entre toutes les mains, qui appelle irrémédiablement à réfléchir sur le bien-fondé de certaines actions politiques. Voulons-nous vraiment regarder notre avenir en face ? Et si l'Europe comptait des milliers de Breivik prêts à passer à l'acte ? Avons-nous vraiment les moyens d'éviter continuellement toute violence ? Ces questions interpelleront bien des lecteurs.

Pour autant cet ouvrage n'est pas exempt de reproches. On regrettera le fait que la partie du procès de Breivik soit presque entièrement oubliée, alors que ce passage paraissait aussi intéressant, voire plus, que le reste du cheminement.
De même, le récit étant à la première personne, on n'a pas accès aux références de l'auteur. On ne peut donc savoir dans quelle mesure les thèses et la pensée de Breivik sont fidèlement retranscrites. Les ennemis bien-pensants de Laurent Obertone ne manqueront pas de le faire remarquer et l'accuseront sûrement de se servir du personnage de Breivik pour véhiculer ses propres idées.

Mais je recommande ce livre sans retenu, si vous aussi vous cherchez à lever le voile sur le pourquoi et le comment de la mystérieuse tuerie d'Utoya.
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21 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Il fallait oser, Obertone l'a fait!, 28 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
Utoya. Ce mot, le nom de cette île qui a fait trembler le monde, les médias, ce bout de terre théâtre d'un massacre hors du commun. Le sujet est sensible, mais l'ambition et l'audace de Laurent Obertone sont passées outre cette barrière.

Ce récit est une immersion totale dans la tête et la peau d'Anders Breivik, qui de la première à la dernière page retrace la folle cavale du tueur.

L'auteur annonce d'emblée dans le premier chapitre "Avertissement" les divers documents précis sur lesquels il s'est basé pour l'écriture de son livre (dont des lettres personnelles de l'assassin), ce qui décrédibilise les dires de ses plus sombres détracteurs pensant qu'Obertone s'exprime par le truchement du tueur pour ses théories extrémistes.

L'ouvrage est ponctué de rapports d'experts, de témoignages de survivants et de policiers..., ce qui donne toute la crédibilité au récit.

C'est un travail précis, fouillé et documenté. L'écriture à la première personne donne au lecteur le sentiment que le monstre norvégien est le littérateur de ce livre. L'auteur y est vite oublié, ce qui est encore plus glaçant.

Dur, haletant, ce livre vous donnera froid dans dos dès les premières pages tant la cruauté des actes d'Anders Breivik est détaillée.

Pour les médisants, non, je ne suis ni un ami, ni un membre de la famille de Laurent Obertone, ni même un actionnaire des éditions Ring ou un adhérant du Front National. Je suis un passionné de criminologie, curieux de connaître et de comprendre ce qui peut pousser un homme à un tel acte. Et c'est ce thème que l'écrivain a su dompter à merveille, en gardant ses distances avec l'idéologie de Breivik.

Lorsque l'on referme ce livre, on prend vite conscience du travail qu'il a demandé à l'auteur. On sent qu'Obertone a foulé cette terre souillée et secouée par la plus grande tuerie qu'a connue la Norvège. Ce livre est vivant, malgré le sang qui recouvre ses 430 pages...

Une seconde franche réussite pour cet auteur qui pour moi a un avenir prometteur!
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15 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 le livre est a l'image de la couverture, 1 septembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
J'avais lu avec plaisir le précédent ouvrage de Laurent Obertone, je me suis donc empressé de lire Utoya. Le fait de savoir qu'il allait déranger les gauchards ne faisant que renforcer son attrait pour moi. Composé de 3 parties distinctes (l'assaut sur l’île, la pensée de Breivik et la préparation de l'attentat) il est déroutant dans sa construction, tout comme l'était "la France orange Mécanique". L'auteur casse volontairement la timeline de l’événement, et l'action commence donc dès la première page. Il se lit très vite, et l'on croit assez vite que l'ouvrage à été écrit par Breivik lui même. Le passage au roman transforme effectivement totalement la compréhension de cet événement. On n'analyse pas le sujet de loin, protégé et distancié par la morale, mais de l’intérieur, par la pensée du tueur qui a sa logique propre. Cette vision, personne ne l'avait effectivement offerte au public jusqu'à présent. L'attentat retrouve d'un coup une logique, un sens, grâce a la "fausse" narration du tueur. De cette manière indirecte, il m'a semblé qu'était fait le procès de la Norvège laxiste, vivre-ensembliste et utopiste. La Norvège est décrite comme un pays profondément extrémiste sous ses airs inoffensifs. La-bas, la théorie du genre, la pensée unique et la haine de soi font rage. Du coup, l’extrémisme de Breivik a répondu au suicide volontaire de la Norvège. Breivik n'est pas un fou, et quand on y pense à bien des égards il ressemble aux terroristes français d'action directe qui croyaient (croient?) pouvoir changer la face du monde par une action solitaire et décisive. La plupart d'entre eux ont été relâchés en liberté conditionnelle. Pas sûr que la même mansuétude lui soit accordé à lui...
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8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Utopia, 17 septembre 2013
Par 
Zarak (Saintry-sur-Seine, Essonne, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
Encore un joli coup signé Obertone. Un travail honnête, méticuleux, acharné, à cent-mille lieues de toute forme d'arnaque littéraire. Je n'y avais pas trop cru au début, craignant de trouver une sorte de petit commerce rentable du sordide. Mais c'est réellement un très, très bon livre. Mais pour ça, il faut aller jusqu'au bout.

La première partie est un puissant travail de reconstitution du massacre d'Utoya, de l'intérieur de la tête du tueur. Et même si le décompte des victimes avec extrait de rapport d'autopsie s'avère un peu laborieux, l'exercice est bien mené et glace souvent le sang. Cette partie est longue et, il faut bien le dire, parfois répétitive. Mais Obertone veut couvrir chaque minute du massacre, donc il n'y a pas le choix.

Viens ensuite la partie simulation de pensée, très troublante. Obertone s'est avalé le manifeste de 1500 pages de Breivik et tente de nouveau de se glisser dans le cerveau malade (mais cohérent) du tueur. Isolement mental, manichéisme simplificateur, mégalomanie rampante, héroïsme fantasmatique, nœud de certitudes mortifères, haine de l'autre cristallisé en idéologie de domination, ultra-schématisation des rapports de force... Le système Breivik est un système fermé mais stable et sûr de lui-même, et à l'intérieur de ce système, il n'y a que glorification de soi et destruction de l'autre. Autant dire une impasse, au bout de laquelle il n'y a que la mort, celle des autres, et donc la sienne.

Obertone a réussi son pari, même si l'émulation d'un esprit tueur restera un exercice toujours plus ou moins imparfait. Mais on rentre vraiment dedans, on a l'impression de mieux comprendre la psychopathologie des tueurs de masse à la sauce Breivik. La fin est très réussie.

Et pour ceux qui, suite à "La France Orange Mécanique", croient déceler dans cet ouvrage une forme de couverture pour permettre à Obertone d'exprimer ses idées à travers les délires du tueur, ils n'ont évidemment rien compris.
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15 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Breivik, le Templier, 5 septembre 2013
Par 
Winter "Just A Word" (Valenciennes, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
Nous sommes le 22 juillet 2011.
Et plus rien ne sera comme avant.
Des sirènes retentissement à Oslo devant le H-Block. Les secours s'activent parmi les blessés. Mais la police, elle, fonce ailleurs. A une quarantaine de kilomètres, les forces Delta abordent l'île D'Utoya où le parti travailliste réunit ses jeunes militants. Du camp d'été, il ne reste qu'un cauchemar de corps et de sang, de larmes et de cris. Les corps transpercés de dizaines de jeunes jalonnent le sentier des amoureux et les rivages de l'île. Les blessés hurlent à peine plus que les survivants du carnage. Les médecins, chirurgiens et autres infirmiers ne savent plus où donner de la tête et du scalpel.
D'Utoya, la belle île tranquille, il ne reste rien.
Si ce n'est un homme aux cheveux blonds et au regard de fer, un Norvégien anonyme jusqu'ici.
D'utoya, il reste Anders Breivik, le chevalier Templier.

Laurent Obertone a détonné récemment avec son essai très controversé publié par les éditions Ring, La France Orange Mécanique. Comme inévitable après cette étude sur l'ultraviolence, son second livre, un roman cette fois, s'intéresse au plus grand massacre commis en Norvège depuis la seconde guerre mondiale. Mais pas d'essai cette fois. Après avoir documenté et même surdocumenté son écrit à propos de Breivik et de son acte, Obertone livre un roman fort de plus de 400 pages. Un roman où il fait parler Breivik, où il s'immerge dans le personnage pour nous conter Utoya depuis ses préparatifs jusqu'au procès et la prison en passant par le massacre sur l'île, vécu balle par balle, minute par minute. Sobrement intitulé Utoya, le livre qui va faire bruisser le monde littéraire pendant cette rentrée littéraire, c'est bien lui. Bienvenue dans le monde d'un tueur de masses et de rêves.

Obertone choisit l'ascension par la face Nord. Pas d'ordre chronologique, pas de préambule pour poser son Breivik. Dès le début, le lecteur se retrouve en compagnie de Nilsen, un policier surarmé qui aborde l'île d'Utoya pour "sécuriser" les lieux suite à l'attentat à la bombe d'Oslo. En fait de protecteur, c'est le fossoyeur qui se terre sous le masque du policier. Rapidement, les premiers claquements retentissent, les premières victimes tombent, fauchées. Pendant ces premiers chapitres presque interminables, l'auteur décrit minute par minute l'action de Breivik sur l'île. Il décompte ses victimes une par une en coupant la parole du narrateur Breivik par des croix indiquant les morts et le trajet des balles. Ce rythme répétitif, presque désagréable à la lecture, donne le staccato de l'horreur. Une tuerie mécanique, froide, sans aucun sentiment ou presque. Presque, car Breivik sera notre guide. Pas de narrateur extérieur dans le livre d'Obertone, ici, c'est le tueur qui nous guide, c'est dans sa tête que l'on pénètre. Entre les tirs, il nous fait partager ses angoisses sur sa peur de l'échec, ou son envie de devenir un héros. On avance pied à pied avec lui face au marxisme. On se prend au jeu de la tuerie, au goût du sang. Sans jamais s'arrêter sur les victimes, on n'entend d'abord que la voix du tueur et uniquement sa version. Seul le décompte des victimes interrompt cette plongée dans la brutalité et l'horreur. C'est ça le jusqu'au boutisme choisit par Obertone pour parler d'un des massacres les plus incroyables qui soit.

Il aurait été d'une grande facilité de traiter d'Anders Breivik par un essai ou un roman à la troisième personne. Facile d'effrayer et de terroriser en racontant les actes, le procès et le manifeste du tueur. Tout le monde a déjà été choqué par l'absolue terreur de son acte, que ce soit par les journaux ou par les reportages. Mais Obertone n'est pas de cette espèce d'écrivain. Utoya nous immerge dans le personnage de Breivik, pas jusqu'au mollet ni jusqu'à la taille, mais jusqu'au cou, jusqu'à risquer l’asphyxie. Obertone adopte, embrasse le tueur pour mieux capter son essence et le représenter. Passé le massacre et l'arrestation, Breivik ne cesse de nous parler, ne cesse de nous exposer outre son procès, ses motivations et sa vision. Au risque de perdre la raison, l'auteur développe le message de Breivik. Bien loin d'en faire un repoussoir immédiat, il en fait une sorte de confident du lecteur, un frère d'armes. Il se pose réellement en Breivik et en fait un héros. Une logique absolue car, aux yeux du Norvégien, il n'y a d'autre héros en ce monde que lui. Pendant des dizaines de pages, on vibre avec lui sur ses colères et ses vues de grandeurs. On rentre dans le personnage, dans le noir complet. Entre les versets sur le courage, la pureté et la peur de l'Islamisation, Breivik digresse. Toujours. De plus en plus même au cours du récit. Il nous parle de sa vision de la femme, mysogyne et utilitariste à souhait, de sa mère et de ses amis, sans compter sur son pays.

La Norvège reste toujours au centre d'Utoya. C'est d'elle, sorte de prisme de la société Occidentale, qu'Obertone va parler. Voici un pays moderne et progressiste, englué dans ses rêves de "tout le monde peut réussir", et qui se réveille avec la gueule de bois. De la beuverie d'hier est né un monstre inavouable. Obertone fait écho à La France Orange Mécanique, ou comment la mixité culturelle et la laxité judiciaire engendre l'injustice et le rejet, et finalement, comme un abcès longuement ignoré, le monstre Breivik. L'autre versant puant du vivre ensemble forcé et jusqu'au-boutiste. Breivik, ce sont les thèses de l'impossible Melting Pot poussées à leur paroxysme, un reflet déformé et terrifiant de ce qui guette. Anonyme, le petit monstre a grandi dans l'ombre de son QI et de sa mégalomanie. Mais Obertone fait vivre Breivik dans ses pages. On ne retrouve pas simplement le Diable, on retrouve sa séduction. Il sait parler, il sait quasiment convaincre. On vibre, on rit parfois, on tremble pour lui et avec lui, on tombe d'accord sur certains points - comble de l'horreur - vraiment évidents (le passage sur son emprisonnement et le droit à son procès ultramédiatisé au lieu de l'exécution). Obertone arrive à ses fins, il ne fait pas un livre sur Breivik ni pour Breivik, mais de Breivik.

Mais cette quasi-idéalisation du tueur par lui-même se fissure. Breivik tombe parfois dans la logorrhée et dégueule toute sa haine, sur les femmes, sur les musulmans, sur les travaillistes marxistes. Entre les lignes, le tueur charismatique se révèle mégalomaniaque et narcissique, obsessif et compulsif. On découvre les témoignages de survivants entre deux diatribes, des extraits qui font mal, qui font saigner. Qui parle de balles et de membres amputés chez des adolescents de 15 à 20 ans. On découvre aussi le témoignage d'un psychiatre et d'un policier qui se répondent. Qui tente d'appréhender la nébuleuse Breivik mais ne reste que pantois devant l'horreur totale et l'acharnement phénoménal dont il a fait preuve. La Norvège voulait croire au fou, au malade mental, mais en fait de psychopathe, les voilà devant un produit de leur société et devant... un homme. Le diable une fois révélé serait un homme. Et c'est cela qui glace le sang devant Utoya, qu'Obertone transmet, que Breivik, aussi terrible que fut ses actes, ne reste qu'un homme.

Dans les dernières pages, dans son enfermement, Breivik se fragilise, perd de sa splendeur d'invincible. Celui qui a impressionné dans tout le roman montre les lézardes de ses fondations mentales. Jusqu'à cette lettre de victime qu'il nous lit, qui ébranle le lecteur et lui fait sortir la tête de l'eau, de cette tempête qui a faillit nous engloutir 400 pages durant, cet ouragan mental nommé Anders Behring Breivik. Soudain, le Templier ne se révèle qu'un petit meurtrier dont les rêves de grandeur l'ont dépassé, comme quelque chose de pathétique mais dégoûtant. Et Obertone de nous ramener à la réalité, de nous faire sortir par la porte de la cellule du Norvégien qui restera là...pour vingt et un ans...au moins. Accompli le message et le tour de force de l'auteur, de nous restituer Breivik au plus près pour disséquer la Norvège, le monde Occidentale et ses recoins sombres. Accompli le tour de force de nous faire verser dans la folie, de nous y immoler par les balles et les explosifs avant de nous faire sortir, pantelant et haletant. Une fois le livre refermé, c'est ce tueur au regard de glace que l'on semble reléguer aux oubliettes d'où il ne devrait jamais sortir. Mais le livre reste bien là, sur votre étagère, parce que d'autres finiront par venir. Il faut s'en rappeler.

Avec Utoya, Laurent Obertone assène un sacré coup. Jusqu'au-boutiste, borderline en diable, écrit avec un sens aigu de la narration et du rythme, toujours minutieusement documenté, le roman va définitivement vous mettre KO, et pas debout.
Un séisme littéraire.

"Utoya est un défi lancé à la raison"
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22 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Époustouflant!, 26 août 2013
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
Ca y est! Obertone revient en frappant très fort avec Utoya!

De la première à la dernière ligne l'auteur nous plonge dans la tête du tueur norvégien et nous fait revivre, à travers les yeux de Breivik, cette folle chasse à l'homme sur la paisible île d'Utoya avec une telle précision que l'on oubli à force que nous sommes seulement lecteur et non acteur de l'histoire!

Obertone signe une oeuvre magistrale, sur les traces d'un certain Capote, qui risque bien de le consacrer comme un grand écrivain!
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18 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 No(r)way home, 7 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
C'est le livre ultime. Le roman terminal d'un geste extrême. La mort au cube, sur cette île. il n'y a rien a commenter ici. Tout est, sera, et peut être dit car, "dans l'ensemble", nous connaissons l'histoire-même si ici, tout est nouveau, pour le moins- tout est inédit, par la manière de dire, de montrer. Après lecture, nous "savons".

Reste l'essentiel; un texte immense, un Moloch littéraire, monolithique, impressionnant, effayant et séduisant comme le diable. Une telle force se dégage, au fil des pages sanglantes, que nous succombons devant cette machine implacable. Roborative, galvanisante, un instant on tente de se ressaisir, de prendre du recul, de fuir comme ces victimes de l'île, mais non, soyons honnêtes, l'écriture de Laurent Obertone est plus forte que tout, que l'événement, que Breivik lui-même.

Utoya bat la littérature sur le seul terrain qui lui octroie encore une raison d'exister,: celui du mal. "On ne fait pas de bonne littérautre avec de bons sentiments", et Laurent Obertone s'applique, en vainqueur, a rendre hommage à ce mot de Gide.

C'est une expérience physique, un combat en 12 rounds. Il faut accepter ce point de rupture pour acceuillir comme il se doit la dimmension extraordinaire, tantôt glaciale et mécanique-ici clinique- tantôt paisible et détachée, quasi-poétique de ses plus belles phrases-aussi horribles que soient les actes et les pensées.

Laurent Obertone bâtit à son rythme une oeuvre dont on devine à peine les contours,le flou lui sied plutôt bien. Souhaitons lui de durer, d'échapper aux balles. Sinon nous n'auront plus rien à lire.
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15 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Unique, terrible et exceptionel, 26 août 2013
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
C'est un extraordinaire récit dans tous les sens du terme.
Un travail minutieux et une écriture sans doute difficile, comme sa lecture qui est un mélange de rejet et d'une incroyable attirance.
C'est justement ce qui fait de ce livre unique en son genre,une réussite et une aventure incroyable dans la tête d'un monstre.
Ce récit va forcement être un grand succès, de par son originalité, son ambiance et son style documenté et en immersion.
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Fascination, 29 septembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Utoya (Broché)
Ce livre de Laurent Obertone vous prend immédiatement et il est difficile d'en arrêter la lecture, Pour moi, c'est un chef d'oeuvre, les détails et la manière de se retrouver dans la peau de Anders sont à la fois impressionnants et fascinant... La lecture de Utoya ne laisse pas indemne. Par contre avant de lire ce livre, le lecteur doit être averti de ce qu'il va y trouver afin de faire une lecture objective et dépassionnée. Encore merci à Laurent pour ce livre magistral. L
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Utoya
Utoya de Préface : Stéphane Bourgoin (Broché - 22 août 2013)
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