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4.0 étoiles sur 5 WAGNER/PARSIFAL/GIRARD-GATTI
Ce Parsifal capté au Met en mars 2013 a constitué, de l’avis quasi-général, l’un des sommets de l’année du bi-centenaire. Le voici désormais en DVD et en Blu-ray.
La production de François Girard, déjà vue l’année précédente à Lyon, avec une distribution moins...
Publié il y a 9 mois par brissaud

versus
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3.0 étoiles sur 5 WAGNER/PARSIFAL/LANGRIDGE-PAPPANO
Enregistré à Covent Garden sur trois représentations courant décembre 2013, ce nouveau Parsifal, qui allie de réels atouts à de graves imperfections, pose le problème récurrent des productions d’opéra, où il devient, de nos jours, quasi-impossible d’aligner des protagonistes d’une...
Publié il y a 1 mois par brissaud


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4.0 étoiles sur 5 WAGNER/PARSIFAL/GIRARD-GATTI, 17 mars 2014
Par 
brissaud (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal [Blu-ray] (Blu-ray)
Ce Parsifal capté au Met en mars 2013 a constitué, de l’avis quasi-général, l’un des sommets de l’année du bi-centenaire. Le voici désormais en DVD et en Blu-ray.
La production de François Girard, déjà vue l’année précédente à Lyon, avec une distribution moins prestigieuse (Schukoff, Zhidkova, Grochowski, Zeppenfeld et Marco-Burmeister, direction Ono), s’exporte bien sur l’immense scène du Met. Cette réalisation tente de rallier tous les suffrages, sans grave concession à la facilité, par sa lisibilité et sa cohérence. Le dispositif scénique, impressionnant, utilise un plateau à dominante horizontale au I et au III, constitué de deux plaques de latérite délimitant (cloisonnant, à vrai dire) deux espaces séparés par une rigole, où coule au début une eau claire –la « heilige Quelle »- vite polluée de sang, ce dernier ne se dissipant qu’au baptême de Kundry au III. L’espace de droite (vu de la salle) est dévolu aux hommes, la confrérie des chevaliers, celui de gauche aux femmes (les filles-fleurs, présentes, en deuil, dès le début, et Kundry), tout ce monde occupant la scène en quasi-permanence et ne communiquant pas, sauf à la fin du III, où les sexes semblent se retrouver et ou l’ensemble de l’espace devient mixte. Derrière ces ilôts naufragés aux confins oubliés d’un espace-temps en suspens, de constantes projections de nuages, qui se dissipent et se reforment en couches sombres (c’est amusant, ce sont les termes mêmes par lesquels Wagner décrit sa texture musicale), qui imposent un climat constamment oppressant, lourd, instable, menaçant. Les nuages cèdent parfois (et de façon spectaculaire) à des images de planètes géantes, lourdes, aux tonalités tout aussi plombées, tout droit issues de l’imaginaire visuel d’un Tarkovski (Solaris), d’un Lynch (Dune, bien sûr) ou d’un Lars von Trier (l’inoubliable Melancholia, auquel on pense constamment, et pas que visuellement). C’est fascinant. Le II, en creux, projette les plaques à la verticale, formant une grotte, traversée là aussi par une fissure sanglante – symbolique sexuelle évidente-, au sol transformé en lac de sang, dans lequel les personnages pataugent, ce qui a ses limites, tant pour la scénographie, très contrainte, que pour le spectateur, qui sature assez vite. Aucune faute visuelle, à l’exception de l’arrivée du lit (celui de la tentation et du péché, bien sûr) porté par les filles-fleurs (que cette production transforme en goules japonisantes avec beaucoup d’à-propos) au début de la scène de la séduction de Kundry, dont elle trouble sérieusement (et assez sottement) le déroulé. Tout repose sur une déclinaison constante entre division et harmonie (le but improbable à atteindre), l’ouvrage s’achevant dans un semblant de résolution qui reste lourd de menaces (et vaguement totalitaire) bien que le metteur en scène laisse toute option ouverte.
La simplicité des costumes, le demi-jour troublant des éclairages, l’accessoirisation minimale – mais il ose l’archaïsme de la coupe du Graal !!, tout comme le vrai cygne !!!-, la constante morbidité, dessinent une vision à la fois pure et empoisonnée, parfaitement conforme à la résonance de l’œuvre. Le théâtre, presque toujours sobre, s’appuie sur une direction d’acteurs exemplaire, attentive et serrée, que l’on apprécie tout particulièrement en gros plans.
De la distribution, émerge bien évidemment le Parsifal de JK, dans son meilleur emploi possible, physiquement idéal, scéniquement saisissant, même si parfois emprunté sur le lit du II, vrai fol au I, vrai illuminé au II, vrai roi (chef de secte ? futur tyran ?), et merveilleusement vieilli, au III, de bout en bout sublime. On peut préférer des clartés plus juvéniles dans le timbre, moins de constante détermination, mais la puissance, l’ardeur fauve (son « Amfortas, die Wunde, posé mais dévasté comme jamais), l’éclat, tout comme les nuances et la pluralité de couleurs qu’il apporte au rôle (merveilleuses demi-teintes à la Kollo lors des pages élégiaques du III) sont incontestablement d’un artiste parvenu à la plus grande maturité. Son Parsifal prélude, comme peu l’ont réalisé, et pas que vocalement, au Tristan gigantesque qu’il osera peut-être un jour. La complicité visible qui l’unit au Gurnemanz de Pape, lui aussi dans son meilleur emploi fait magnifiquement synergie. Ce dernier, austère, d’une exemplaire clarté de diction (c’est une condition essentielle de ce rôle de diseur), d’une superbe matité de timbre, et d’une réserve émue tout à fait exceptionnelle (surtout au III, où il monte en puissance), n’atteint certes pas la poésie et le lyrisme d’un Stephen Milling, mais rejoint au sommet les plus grands interprètes du rôle d’un passé immédiat (Salminen, Moll), dont il a la rugosité et la pudeur altière. Autre triomphateur de la soirée, l’Amfortas de Peter Mattei, peu wagnérien (c’est une qualité ici – on songe à un Eugène Oneguine expédié en enfer … !-), mais d’une nervosité, d’une émotion, d’une détresse (perceptible au fil du vibrato serré, très savamment dosé), d’une chaleur de timbre, d’un moelleux de ligne qui n’appartiennent qu’aux plus grands, le regard vers le haut en moins, peut-être.
Dans un tel voisinage – y compris plastiquement-, il ne fallait pas attendre autre chose de Katarina Dalayman, toujours un peu potiche, qu’elle sauve les meubles sans dommage majeur, mais sans illumination, sans vertige, sans fièvre, sans les déchirements ou la sensualité que d’autre ont su y mettre (il est vrai qu’elle n’est guère aidée par le chef au II, voir infra). Mais sa constante attention, son évidente volonté de bien faire, son esprit d’équipe aussi, assurent à sa Kundry modeste mais attentive, vraiment touchante en pénitente au III, un statut respectable sinon mémorable qui ne gâche pas la fête. On regrette que Nikitin le tatoué, qui possède les moyens exacts de Klingsor, se croie forcé d’en faire un vulgaire ruffian (il nous fait en fait le Tierbändiger de Lulu … !) , à force de pathos, de cris et de parlando, oubliant que la noblesse de ce personnage de glace exclut toute trivialité (écouter Uhde, Kelemen, Wlaschiha …). Les Knappen et les Rittern sont, comme souvent au Met, assez médiocres, et les filles-fleurs, précipitées – et ruinées- par un tempo déraisonnablement mécanique, passent trop vite pour marquer, même si l’on y reconnaît fugacement l’exquise Kiera Duffy. Chœurs massifs, superbes pour les voix d’hommes, moins convaincants sur les voix féminines, assez ternes.
A Daniele Gatti, on ne trouve aucun défaut majeur, ni aucune qualité marquante. Ni architecte, ni coloriste, nu mystique, ni magicien des sons, il dirige dans un entre-deux global, qui ménage parfois de beaux moments d’émotion (au III, notamment), mais déçoit gravement au II, pris beaucoup trop vite, et même pas « scherzando » comme cela pourrait se concevoir, savonné souvent, ou tristement mécanique dans la scène des filles-fleurs, aigre et criée, sans respiration. La langueur hypnotique de la scène de séduction de Kundry qui suit lui échappe également complètement. Et où sont les timbales, à peu près partout ?
Ayant eu la chance de voir et le DVD et le Blu-ray, je ne peux que recommander ce dernier, où les contrastes et les éclairages fuligineux de la scène sont définis avec une précision incomparable. Il en va de même de la spatialisation (en profondeur !) et du grain sonore, très supérieurs. Sous-titres très pédagogiques mais parfois étranges (les personnages s’y vouvoient inexplicablement) : exemple le « Sahst du uns schon?» des filles-fleurs devient « Sommes-nous si belles ? », passons…
Enfin, il vaut mieux couper les courtes interventions de présentation d’Eric Owens (l’Alberich du ring de Lepage), habituelles à ce genre de retransmission, Wagner doit s’en retourner dans sa tombe.

Une réussite majeure donc – et durable-, dont les quelques réserves ne doivent pas occulter l’immense qualité globale, et, fait essentiel, s’agissant d’une telle œuvre, l’accessibilité quasi-immédiate pour le néophyte.
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3.0 étoiles sur 5 WAGNER/PARSIFAL/LANGRIDGE-PAPPANO, 19 novembre 2014
Par 
brissaud (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Wagner : Parsifal. O'Neill, Finley, Pape, Pappano, Langridge. [Blu-ray] (Blu-ray)
Enregistré à Covent Garden sur trois représentations courant décembre 2013, ce nouveau Parsifal, qui allie de réels atouts à de graves imperfections, pose le problème récurrent des productions d’opéra, où il devient, de nos jours, quasi-impossible d’aligner des protagonistes d’une égale qualité, tant au plan musical qu’au niveau scénique.

On sait que Stephen Langridge (le fils du regretté Philip) est un metteur en scène rigoureux, plus soucieux d’exactitude dramaturgique que de séduction plastique. C’est le cas ici, avec un cadre scénique fort laid, consistant en un cube, tantôt translucide, tantôt opaque, posé sur un fond neutre, bordé de sièges destinés aux deux cérémonies du Graal, sur fond de cylindres (la forêt). Un second cube, de taille réduite et rempli de plantes, contrepointe le premier au II. Il se transformera en modeste parterre au III, lieu d’une végétation renaissante. Le grand cube est à la fois le reliquaire d’un Graal très singulier, et le lieu symbolique de la maladie, de la déchéance et de la faute. Amfortas y reste couché la plupart du temps. Y sont également montrées, et ce n’est pas une bonne idée, de façon volontairement grotesque, quelques scènes cruciales telles que la séduction antérieure d’Amfortas par Kundry, ou celle de la castration de Klingsor, histoire de bien appuyer là où ça fait mal, avec un didactisme cru qui me semble malvenu dans cette œuvre.

Le propos de Langridge semble en effet exagérément explicite : il s’agit pour lui de décortiquer l’œuvre en la rendant la plus lisible possible, quitte à virer à l’épure ou au schématique. Ni le mystère ni l’humanité de l’œuvre, sacrifiés à de lourds symboles, ne semblent l’intéresser. Pour lui, l’œuvre se lit (le rideau de scène l’annonce immédiatement) comme un rituel du rire (celui de Kundry au passage du Christ, sur lequel il insiste trop) et du sang, omniprésent, particulièrement dans les blessures (scarifications) rituelles que s’infligent les Chevaliers du Graal (figurés comme une secte aussi redoutable que perverse) ou qu’ils infligent aux très jeunes adolescents présentés au I et au III lors de cérémonies du Graal particulièrement repoussantes, à la fois vampiriques et vaguement nécrophiles, ou dans les saignements d’Amfortas et de Parsifal. La scénographie, réduite à un minimum bien chiche et souvent raide, n’apporte aucun agrément à cette grammaire démonstrative ; la direction d’acteurs se voit réduite au strict minimum, et les costumes, hideux, participent également de ce dénuement faussement « essentialiste ». Quelques traits réalistes, comme l’agonie très convulsée du cygne au I, l’aveuglement (singulièrement lumineux !!) de Parsifal entre la malédiction de Kundry à la fin du II et le baptême de cette dernière au III, l’arc que le « héros » se confectionne avec une roue de bicyclette, les trois coiffures de Kundry (chauve au I, perruque rousse hideuse, mi-Louis XIV, mi années 30, au II, et, bien sûr, perruque blonde pour la femme « normale » qu’elle redevient à la fin du III), paraissent autant de petits cailloux semés en route pour orienter un spectateur supposé naïf. C’est peu. Et cela n’a d’ailleurs guère convaincu le public, ni la critique.

Dommage pour la splendide direction de Pappano, chef inégal, d’une inspiration surprenante ici. On a en effet rarement entendu diriger Parsifal avec un tel mélange d’acuité, de transparence et d’intensité, sorte de mix entre Boulez et Solti (c’est un grand compliment). Le recueillement constant, paradoxal sous cette lecture aux apparences extrêmement objectives, l’embrasement (froid, implacable), la hargne presque, qu’il confère aux deux scènes de transformation, au I et au III (cataclysmique, avec des percussions quasiment motoristes, et quel tranchant il infuse au chœur sur les terribles « Zum Letztenmal ! » !), l’intense émotion du III, sous des dehors limpides et des couleurs plus hivernales que printanières, sont ceux d’un maître. On restera plus réservé sur le rendu, souvent problématique, de la scène des Filles-Fleurs, superficielle, trop pressée, et souvent criarde : il est vrai que le traitement scénique, particulièrement trivial (look de femmes de ménages d’abord, se dévoilant en tenues de starlettes de télé-réalité sur le retour) n’était propice à rien d’autre. Une telle direction, étayée par un orchestre aiguisé, sans moelleux, mais très fiable, ne facilite en rien le travail des chanteurs qu’elle couvre souvent (Pape, en particulier) ou qu’elle pousse à déployer un volume exagéré (Finley et O’Neill, particulièrement).

Côté chant, la représentation est dominée par l’admirable Amfortas de Gerald Finley qui montre, comme dans son Sachs de Glyndebourne, qu’un chanteur cultivé et intelligent peut toujours envisager de se confronter à des rôles qui dépassent notoirement ses possibilités vocales. Ici, l’immense chanteur de lied qu’il est compense par les nuances, la sensibilité de la ligne, les belles qualités d’acteur et la beauté d’un timbre plein et parfaitement projeté, les moyens du wagnérien de souche qu’il ne sera jamais. Comme naguère José van dam, ou, surtout Dietrich Fischer-Dieskau, dont il n’atteint cependant jamais l’élévation sublime ou les extases, réduit ici à une plus modeste mais juste dimension de rédempteur avorté. René Pape demeure un Gurnemanz considérable, même si la voix, un peu grisée, et définitivement courte de graves, n’a plus ici ni le rayonnement, ni la concentration, ni tout simplement la santé que l’on pouvait observer il y a quelques mois au Met. Il décroche et flotte parfois audiblement (débuts du I et du III, surtout, un peu fébrile) : peut-être la faute d’une production qui semble peu le concerner. En revanche, le vétéran Willard White encore magnifique, consume les cendres de son Klingsor avec une hauteur redoutable et une présence saisissante, comme écœuré de lui-même. Autre vétéran, impressionnant dans un rôle habituellement voué aux coulisses, Robert Lloyd, Titurel dont le fanatisme impitoyable donne la chair de poule.

Réel problème en revanche avec le Parsifal de Simon O’Neil. Scéniquement le ténor néo-zélandais ressemble comme une goutte d’eau (en encore plus grassouillet) à son homonyme de la série comique Kaamelott, ce qui, pour un public français, est un mauvais début ! Bouille sympathique, mais scéniquement gauche, il ne fait guère d’impression au I (surtout pour tous ceux qui ont vu et revu le Parsifal de Jonas Kaufmann !), affole au II, quasiment ridicule, pour, heureusement, se ressaisir au III, où il acquiert une vraie stature, jusqu’à une scène finale (« Nur eine Waffe taugt ») vraiment imposante. La voix, très anglaise, placée profond, souvent pincée, acide et gutturale, parfois exagérément agressive au II (le « Amfortas, die Wunde », bien que sincère, est braillé, sans rien des chatoiements voluptueux d’un Kaufmann) ne séduit guère, malgré un volume incontestable. Il devrait également éviter les quelques incursions falsetto dont il émaille la scène du Vendredi Saint, signe d’une réelle insuffisance technique (n’est pas Vickers qui veut…).

La question technique revient sur le tapis avec la Kundry d’Angela Denoke. Cette chanteuse ne parviendra jamais à ajuster son émission au diapason de la réelle beauté d’une voix puissante et spiralée, longue, fauve, homogène : toute note aiguë un tant soit peu tenue lui pose d’insondables problèmes, à cause d’une technique épouvantable où la projection se fonde sur le vibrato. Celui-ci est tel que chacune de ces tenues ressemble, scéniquement (c’est vraiment affreux à voir) et à l’audition à … un gargarisme. D’où, après les 2/3 du rôle de très bonne qualité (tout ce qui n’est ni cantabile, ni trop fort, ni trop aigu) une seconde moitié du II, où les la, les si bémol et les si naturels pleuvent, absolument pathétique, et surtout, étonnamment froide, sans rien (notamment à partir de « Ich sah das Kind … »)des langueurs troubles indispensables. Scéniquement, Denoke a le potentiel (depuis 25 ans !) d’une grande tragédienne lyrique : Langridge ne semble lui inspirer que des postures amidonnées et convenues, sobres, certes, ce qui est une qualité, mais surtout anodines, ce qui est un grave défaut. Le III, où elle n’a pas à chanter, le trouve bien plus juste, et surtout plus émue, à défaut d’être illuminée par la grâce.

Second rôles de qualité médiocre (les deux Chevaliers du Graal !) à l’exception des filles-fleurs, heureuse surprise, auxquelles l’approche trop instrumentale du chef ne permet cependant ni de briller, ni de captiver. Chœurs de bonne tenue, un peu secs, en phase avec la mise en scène et le direction.

Les deux bonus de cinq minutes chacun ne présentent strictement aucun intérêt. Excellente prise de son, fine et spacieuse, étagée et profonde, parfaitement aérée, en phase avec l’image, d’une remarquable précision.
Une version d’appoint donc, surtout pour Finley et Pappano. En l’absence de version incontestable, mes préférences restent à Gatti Parsifal [Blu-ray]et Thielemann Parsifal [Blu-ray].
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 RECUEILLI ET GLACÉ, 17 novembre 2014
Par 
Melimelomane (Valréas France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Wagner : Parsifal. O'Neill, Finley, Pape, Pappano, Langridge. [Blu-ray] (Blu-ray)
Dans « Religion et Arts » Wagner affirmait : « Là où la religion devient artificielle, il incombe à l'art de sauver le noyau de la religion en reconnaissant la valeur figurative des symboles mythiques qu'elle voudrait que l'on croit au sens propre, et, à travers leur présentation idéale, en donnant à voir la profonde vérité cachée en eux. »
Parsifal se présente alors comme l’œuvre qui « donne à voir » la profonde vérité cachée des symboles mythiques.

« Une épiphanie, au moins depuis Joyce, est un fragment ouvert de réalité restant énigmatique parce qu'il emprunte à plusieurs temps ou à plusieurs espaces à la fois sa puissance d'apparition ».
Cette phrase que Philippe Sollers appose sur l’œuvre du peintre américain Twombly s’applique parfaitement au Parsifal de Wagner.
Le poème et la musiques sont riches d'une multitude de symboles nous interrogeant en réalité sur le lien entre l’Homme et l’Invisible
Question universelle qui hante l’humanité !

Ébloui par le Parsifal de François Girard/Daniele Gatti, donné au Met, j’étais impatient de voir, d’écouter celui de Stephen Langridge/Antonio Papanno avec les chœurs et l’orchestre du Royal Opera House.

Pappano prend son temps. Comme Gatti, il laisse respirer la musique : le Prélude dure 14’35 contre 13’04 chez Gatti et 10’09 chez Thielemann.
Face à de tels écarts j’ai eu la curiosité de comparer la durée totale de quelques versions vidéos en ma possession. Barenboim 4H03, Haitink 4H14, Haenchen/Castelluci 3H58, Gatti 4H31 et Pappano 4H27.
Certes la lenteur n’est pas un gage de qualité, mais la musique de Parsifal nécessite, à mon sens, du temps pour distiller toute la magie contenue dans cette partition.

À la majesté, à la grandeur de Gatti, Pappano va opposer une intensité contrôlée. Un orchestre qui murmure et ensorcelle, tel le lent passage de nuages transparents traversant insensiblement le ciel musical de Montsalvat.
Un raffinement qui impose le recueillement.

LA MISE EN SCÈNE :
Toute la scénographie tourne autour du décor dû à Langridge et Alison Chitty : un immense cube de verre transparent planté au centre de la scène, sur fond de forêt stylisée.
Dans le cube, nous voyons Amfortas, étendu sur son lit de souffrance. Il est entouré par les chevaliers du château de Montsalvat, en blouses blanches et masques de protection qui le préparent pour son bain salvateur.
Les vitres s’opacifient, rendant le cube, encore plus mystérieux ; jusqu’au passage où Amfortas a le courage de dévoiler le Graal. Il ouvre le cube.
Surprise, étonnement ! Le Graal apparaît…
Que je vous laisse découvrir...

Le deuxième acte est moins réussi. Les filles fleurs manquent de piquants, la scène ente Parsifal et Kundry manque de sensualité. Aucun événement ne laisse envisager la possible défaillance du héros. Il vainc sans véritable résistance. A-t-il vraiment éprouvé une quelconque tentation ?

L’acte III nous réserve un « enchantement du Vendredi Saint » particulièrement tendre et émouvant. Tout cet acte baigne dans une sérénité qui trouve son acmé dans la rédemption finale.
Dans sa géométrie implacable le cube taxe cette scénographie d’une perfection glaçante.

L’INTERPRÉTATION :
J’ai déjà mentionné la singularité et la réussite de la vision épurée de Pappano.

Nous connaissons le Gurnemanz de René Pape. Il est plus Humain que dans la version du Met, exposant une véritable tendresse dans l’acte III. Sa voix peine toujours dans les profondeurs du spectre.
Kundry est incarnée par Angela Denoke. Elle campait une Salomé singulièrement inquiétante. L’ambiguïté du rôle de Kundry lui convient moins. Elle n’est pas assez luciférienne dans l’acte II.

Gerald Finley est, me semble-t-il, le meilleur Amfortas actuel. Une voix au timbre admirable, un jeu d’acteur passionnant. Il sait nous faire partager les souffrances de ce rôle délicat.

Il est très difficile d’écouter un autre Parsifal après la prodigieuse incarnation de Kaufmann au Met. Simon O’Neill n’a certes pas la même voix, loin de là. Il peine dans le premier acte où il n’arrive pas à imposer, son personnage ; manque de crédibilité dans le deux (carence de vaillance), pour nous offrir un Trois totalement habité. Il est alors, transcendé par la musique.
Après la majestueuse version Gatti, voici un nouvelle parution, qui avec sa rigueur et son raffinement, révèle une autre réalité de ce chef-d’œuvre inépuisable.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 WAGNER/PARSIFAL/GIRARD-GATTI, 17 mars 2014
Par 
brissaud (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal (DVD)
Ce Parsifal capté au Met en mars 2013 a constitué, de l’avis quasi-général, l’un des sommets de l’année du bi-centenaire. Le voici désormais en DVD et en Blu-ray.
La production de François Girard, déjà vue l’année précédente à Lyon, avec une distribution moins prestigieuse (Schukoff, Zhidkova, Grochowski, Zeppenfeld et Marco-Burmeister, direction Ono), s’exporte bien sur l’immense scène du Met. Cette réalisation tente de rallier tous les suffrages, sans grave concession à la facilité, par sa lisibilité et sa cohérence. Le dispositif scénique, impressionnant, utilise un plateau à dominante horizontale au I et au III, constitué de deux plaques de latérite délimitant (cloisonnant, à vrai dire) deux espaces séparés par une rigole, où coule au début une eau claire –la « heilige Quelle »- vite polluée de sang, ce dernier ne se dissipant qu’au baptême de Kundry au III. L’espace de droite (vu de la salle) est dévolu aux hommes, la confrérie des chevaliers, celui de gauche aux femmes (les filles-fleurs, présentes, en deuil, dès le début, et Kundry), tout ce monde occupant la scène en quasi-permanence et ne communiquant pas, sauf à la fin du III, où les sexes semblent se retrouver et ou l’ensemble de l’espace devient mixte. Derrière ces ilôts naufragés aux confins oubliés d’un espace-temps en suspens, de constantes projections de nuages, qui se dissipent et se reforment en couches sombres (c’est amusant, ce sont les termes mêmes par lesquels Wagner décrit sa texture musicale), qui imposent un climat constamment oppressant, lourd, instable, menaçant. Les nuages cèdent parfois (et de façon spectaculaire) à des images de planètes géantes, lourdes, aux tonalités tout aussi plombées, tout droit issues de l’imaginaire visuel d’un Tarkovski (Solaris), d’un Lynch (Dune, bien sûr) ou d’un Lars von Trier (l’inoubliable Melancholia, auquel on pense constamment, et pas que visuellement). C’est fascinant. Le II, en creux, projette les plaques à la verticale, formant une grotte, traversée là aussi par une fissure sanglante – symbolique sexuelle évidente-, au sol transformé en lac de sang, dans lequel les personnages pataugent, ce qui a ses limites, tant pour la scénographie, très contrainte, que pour le spectateur, qui sature assez vite. Aucune faute visuelle, à l’exception de l’arrivée du lit (celui de la tentation et du péché, bien sûr) porté par les filles-fleurs (que cette production transforme en goules japonisantes avec beaucoup d’à-propos) au début de la scène de la séduction de Kundry, dont elle trouble sérieusement (et assez sottement) le déroulé. Tout repose sur une déclinaison constante entre division et harmonie (le but improbable à atteindre), l’ouvrage s’achevant dans un semblant de résolution qui reste lourd de menaces (et vaguement totalitaire) bien que le metteur en scène laisse toute option ouverte.
La simplicité des costumes, le demi-jour troublant des éclairages, l’accessoirisation minimale – mais il ose l’archaïsme de la coupe du Graal !!, tout comme le vrai cygne !!!-, la constante morbidité, dessinent une vision à la fois pure et empoisonnée, parfaitement conforme à la résonance de l’œuvre. Le théâtre, presque toujours sobre, s’appuie sur une direction d’acteurs exemplaire, attentive et serrée, que l’on apprécie tout particulièrement en gros plans.
De la distribution, émerge bien évidemment le Parsifal de JK, dans son meilleur emploi possible, physiquement idéal, scéniquement saisissant, même si parfois emprunté sur le lit du II, vrai fol au I, vrai illuminé au II, vrai roi (chef de secte ? futur tyran ?), et merveilleusement vieilli, au III, de bout en bout sublime. On peut préférer des clartés plus juvéniles dans le timbre, moins de constante détermination, mais la puissance, l’ardeur fauve (son « Amfortas, die Wunde, posé mais dévasté comme jamais), l’éclat, tout comme les nuances et la pluralité de couleurs qu’il apporte au rôle (merveilleuses demi-teintes à la Kollo lors des pages élégiaques du III) sont incontestablement d’un artiste parvenu à la plus grande maturité. Son Parsifal prélude, comme peu l’ont réalisé, et pas que vocalement, au Tristan gigantesque qu’il osera peut-être un jour. La complicité visible qui l’unit au Gurnemanz de Pape, lui aussi dans son meilleur emploi fait magnifiquement synergie. Ce dernier, austère, d’une exemplaire clarté de diction (c’est une condition essentielle de ce rôle de diseur), d’une superbe matité de timbre, et d’une réserve émue tout à fait exceptionnelle (surtout au III, où il monte en puissance), n’atteint certes pas la poésie et le lyrisme d’un Stephen Milling, mais rejoint au sommet les plus grands interprètes du rôle d’un passé immédiat (Salminen, Moll), dont il a la rugosité et la pudeur altière. Autre triomphateur de la soirée, l’Amfortas de Peter Mattei, peu wagnérien (c’est une qualité ici – on songe à un Eugène Oneguine expédié en enfer … !-), mais d’une nervosité, d’une émotion, d’une détresse (perceptible au fil du vibrato serré, très savamment dosé), d’une chaleur de timbre, d’un moelleux de ligne qui n’appartiennent qu’aux plus grands, le regard vers le haut en moins, peut-être.
Dans un tel voisinage – y compris plastiquement-, il ne fallait pas attendre autre chose de Katarina Dalayman, toujours un peu potiche, qu’elle sauve les meubles sans dommage majeur, mais sans illumination, sans vertige, sans fièvre, sans les déchirements ou la sensualité que d’autre ont su y mettre (il est vrai qu’elle n’est guère aidée par le chef au II, voir infra). Mais sa constante attention, son évidente volonté de bien faire, son esprit d’équipe aussi, assurent à sa Kundry modeste mais attentive, vraiment touchante en pénitente au III, un statut respectable sinon mémorable qui ne gâche pas la fête. On regrette que Nikitin le tatoué, qui possède les moyens exacts de Klingsor, se croie forcé d’en faire un vulgaire ruffian (il nous fait en fait le Tierbändiger de Lulu … !) , à force de pathos, de cris et de parlando, oubliant que la noblesse de ce personnage de glace exclut toute trivialité (écouter Uhde, Kelemen, Wlaschiha …). Les Knappen et les Rittern sont, comme souvent au Met, assez médiocres, et les filles-fleurs, précipitées – et ruinées- par un tempo déraisonnablement mécanique, passent trop vite pour marquer, même si l’on y reconnaît fugacement l’exquise Kiera Duffy. Chœurs massifs, superbes pour les voix d’hommes, moins convaincants sur les voix féminines, assez ternes.
A Daniele Gatti, on ne trouve aucun défaut majeur, ni aucune qualité marquante. Ni architecte, ni coloriste, nu mystique, ni magicien des sons, il dirige dans un entre-deux global, qui ménage parfois de beaux moments d’émotion (au III, notamment), mais déçoit gravement au II, pris beaucoup trop vite, et même pas « scherzando » comme cela pourrait se concevoir, savonné souvent, ou tristement mécanique dans la scène des filles-fleurs, aigre et criée, sans respiration. La langueur hypnotique de la scène de séduction de Kundry qui suit lui échappe également complètement. Et où sont les timbales, à peu près partout ?
Ayant eu la chance de voir et le DVD et le Blu-ray, je ne peux que recommander ce dernier, où les contrastes et les éclairages fuligineux de la scène sont définis avec une précision incomparable. Il en va de même de la spatialisation (en profondeur !) et du grain sonore, très supérieurs. Sous-titres très pédagogiques mais parfois étranges (les personnages s’y vouvoient inexplicablement) : exemple le « Sahst du uns schon?» des filles-fleurs devient « Sommes-nous si belles ? », passons…
Enfin, il vaut mieux couper les courtes interventions de présentation d’Eric Owens (l’Alberich du ring de Lepage), habituelles à ce genre de retransmission, Wagner doit s’en retourner dans sa tombe.

Une réussite majeure donc – et durable-, dont les quelques réserves ne doivent pas occulter l’immense qualité globale, et, fait essentiel, s’agissant d’une telle œuvre, l’accessibilité quasi-immédiate pour le néophyte.
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13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 SUBLIME !, 13 mars 2014
Par 
Melimelomane (Valréas France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal [Blu-ray] (Blu-ray)
Les plus grandes réalisations nous viennent maintenant du Met.
Après une production exceptionnelle du Faust de Gounod qui date de 2010, voici la très attendue représentation de Parsifal de 2013. (Accessible chez Amazon co. uk. depuis le 17 février).
Il est rare de pouvoir profiter d’une réalisation aussi aboutie.
Surtout quand il s’agit d’un des opéras du répertoire le plus difficile, le plus délicat à mettre en scène.
Il y a des réalisations qui marquent leur époque, le Parsifal de François Girard, à mon sens, en fait partie.
Il est délicat d’écrire une rubrique sur un moment de théâtre et de musique qui vous bouleverse, devant une telle réussite le silence pourrait s’imposer ; mais le plaisir du partage reste le plus fort ; alors j’écris.
Partager le plaisir d’une vision exceptionnelle qu’aucun Blue-ray ou DVD n’avait pour l’instant approché.

Le compositeur lui même intitula son œuvre « Bünenweihfestspiel »
« Festival scénique sacré ».
La plupart des scénographes rejettent le contenu spirituel de ce chef-d’œuvre pour le laïciser telle la vision récente de Romeo Castellucci quitte à détourner l’œuvre de sa substance.
Ici toute la démarche du musicien est assumée.
Pas de « bondieuseries » dogmatiques mais un véritable sens du sacré.

Derrière un sol dévasté, un immense écran où le metteur en scène va faire défiler, nuages en fuite, apparitions d’aurores boréales, soleil mordoré, planète géante.
Un macrocosme qui accompagne l’action des 1er et 3ème actes.
Le 2ème se déroule dans un décor luciférien où dominent vapeurs rougeâtres et baldaquin tentateur…
Certes les costumes sont actuels, pas de chasubles, de cuirasses rutilantes ; de simples chemises blanches qui accentuent encore la vision intemporelle de François Girard où chaque geste porte sens : une chorégraphie d’ensemble parfaitement réglée et magnifiquement éclairée.

LES INTERPRÈTES
Pour une fois je voudrais commencer par l’orchestre et son chef Daniele Gatti. C’est la première fois depuis les mémorables interprétations de Hans Knappertsbusch, qui est, à mon sens, une référence absolue pour Parsifal, que je retrouve des couleurs, une finesse de timbre, une majesté, dignes de cette partition.
Daniele Gatti prend son temps : un simple exemple le prélude chez Knappertsbusch 12’ 02 ; chez Gatti 13’ 04. Certes la lenteur n’est pas un gage de qualité mais cette musique, si particulière, a besoin de temps pour offrir toute sa magie.
Les chœurs du Met sont parfaits : finesse, force, cohésion, conviction !

Que dire des chanteurs ?
René Pape dans une approche plus humaine que Hans Hotter, incarne un Gurnemanz inoubliable.
La Kundry de Katarina Dalayan, n’a pas l’abattage de Waltraud Meier, surtout dans le 2, mais elle préserve toute l’ambigüité de ce rôle.
Peter Mattei, outre une voix magnifique, est un excellent acteur qui nous fait partager les souffrances d’Amfortas.
Et Jonas Kaufman…
Je crois que tout a été dit sur ce sublime chanteur ; je voudrais simplement souligner la chance que nous avons de voir et d’écouter ce phénomène vocal.
A mon sens il est de ceux, très rares, qui marquent une époque !

Filmé avec beaucoup d’intelligence sur un Blue ray exemplaire, j’ai enfin ma version de Référence.
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13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vu au cinéma, 27 janvier 2014
Par 
Amazon clientèle "Lydie D" - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal (DVD)
Pour avoir vu ce Parsifal au cinéma et sachant que le dvd reprend le spectacle, je peux dire que la distribution côté voix masculines est ce qu'on peut faire de mieux actuellement. Rene Pape est magnifique d'intériorité dans un rôle très lourd. Jonas Kaufmann, égal à lui même campe un formidable Parsifal aussi bien vocalement que scéniquement, tout en ingénuité puis en retenue,en intériorité et, pour finir, tout en force morale. Peter Mattei dont c'était la première apparition au Met habite son rôle et a bien mérité le tonnerre d'applaudissements ayant salué sa prestation. J'ai été un peu moins convaincue par la chanteuse (pardon son nom m'échappe) qui ne faisait pas rêver. La scène des filles fleurs est magnifique. Belles trouvailles de mise en scène, notamment dans le dépouillement du décor qui aux actes 1 et 3 nous plonge dans une atmosphère méditative accentuée par les effets de nuages, planètes, soleil montrant la fragilité des hommes face au cosmos. Belles trouvailles aussi pour le second acte au château de Klingsor où les filles fleurs tentent de faire succomber un Kaufmann/Parsifal impérial tant scéniquement que vocalement. Ici, tous les gestes sont lents et collent parfaitement à la musique et contrairement à ce qui pourrait se passer, cela n'engendre pas l'ennui mais une sorte d'attente sereine. Bravo à tous. J'aime vraiment beaucoup beaucoup et c'est pourquoi j'ai acheté ce dvd. S'il n'y en a qu'un à avoir, n'hésitez pas. C'est celui-là. Attention cependant, les interviews ne sont pas sous-titrées!
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15 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Trois actes en noir !, 6 avril 2014
Par 
Roger Dominique Maes (Bruxelles) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal (DVD)
Wagner "Parsifal" (1882), The Metropolitan Opera Orchestra, Chorus, Daniele Gatti, 2013, 2 DVD Sony, 2014.

Cette production célébrant à la fois le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner, et le 100e anniversaire de la fin des droits exclusifs de Bayreuth sur "Parsifal", cette production me laisse enthousiaste et perplexe.

Commençons par la perplexité, cela permettra de terminer par l'enthousiasme -qui domine et de loin.
La mise en scène de François Girard:
Dans l'esprit des metteurs en scène contemporains, il semble que le public soit incapable d'écouter un prélude ou une ouverture rideau baissé, il faut qu'on lui projette des images, qu'une pantomime quelconque (et quelconque, elle l'est souvent) vienne le distraire dans les deux sens du termes, ou de l'ennui potentiel que lui causerait une musique sans image, ou, plus certainement encore, de cette musique elle-même et de son pouvoir purement auditif. Supposer le public incapable d'écouter dans la pénombre quinze minutes d'une musique sublime, quel manifeste mépris pour lui !

A l'ouverture du rideau, devant ces personnages en bras de chemise, on a l'impression de surprendre une répétition générale. Et d'où vient cette manie récurrente d'obliger les chanteurs à se produire pieds nus ? En costume, mais pieds nus !
Tiens, et que font là toutes ces veuves Kennedy ? Elles reparaîtront régulièrement, sans qu'on comprenne leur rôle. Vision post-atomique? encore une ! J'ai vu la première de ce genre à Bruxelles il y a trente ans... Il serait temps de sortir de ces poncifs.
Et que de noirceur encore une fois! Trois actes en noir!
Car les effets d'éclairage ne remplacent pas la lumière ; je peux à la rigueur me passer de parterres fleuris dans l'Enchantement du Vendredi Saint, et le voir sur un sol craquelé couleur de terril, mais comment se passer de la lumière ? De celle, miroitante ou radieuse, qui émane de la partition, planant au dessus du sol en amples nappes, lueur aurorale, éclat du grand jour, joaillerie, vitrail...
François Girard ne l'entend-il pas ?
Mais même s'il ne semble pas avoir une idée bien arrêtée de "Parsifal", suivant les didascalies ou les contredisant au gré de son humeur, pour nous imposer des clichés d'un modernisme éculé, il a une belle trouvaille dans la première scène du Graal: c'est ce "baiser de bénédiction" que les chevaliers s'échangent de doigts à lèvres. C'est esthétique, émouvant, à condition d'oublier qu'ils parlent de tout autre chose, en l'occurrence de pain et de vin...
- Alors, avec ces quelques beaux effets d'éclairage, ces séduisantes projections de planètes et de nuages en mouvement, une mise en scène à regarder comme à mi-chemin entre une version de concert et une véritable mise en scène. Mais sans dédouaner totalement François Girard, peut-on mettre "Parsifal" en scène? L'a-t-on jamais pu ? et qui plus est de manière "parlante" pour un public du XXIe siècle ? Poser la question, c'est sans doute y répondre.

Mais en voilà assez, passons aux voix et à l'orchestre. A ce niveau d'excellence, ergoter sur quelques point de détails me semblerait du plus mauvais goût. L'Age d'or semble revenu !
Jonas Kaufmann, puéril et bravache au premier acte, bouleversant d'empathie au II, royal et christique au III, est un grand Parsifal, maîtrisant parfaitement les ombres de son timbre dans ce rôle qui doit irradier. Mais, et j'en demande pardon aux "Kaufmanniens", la plus grande émotion vocale, c'est Peter Mattei qui nous la donne dans le rôle d'Amfortas; si l'on n'avait pas peur de trouver le marié trop beau, on dirait qu'il chante trop bien pour un blessé, déchiré autant dans son âme que dans sa chair... Le rôle est, on le sait, une bénédiction pour un baryton, mais Mattei se rend inoubliable.
René Pape, assez distant, manquant de variété et de couleurs au premier acte, n'égale pas les grands Gurnemanz qui sonnent encore dans nos oreilles, mais il est plus convaincant au III, et Katarina Dalayman, un peu sur la réserve, -je voudrais un Kundry plus animale, et plus entière en chacune de ses facettes-, est vocalement sans faille. Quant à Evgeny Nikitin, il a le grand mérite de ne pas méphistophéliser Klingsor, et la voix est belle.

L'orchestre, sous la conduite de Daniele Gatti, est au-dessus de tout éloge, d'une pureté, d'une justesse rarement égalées, et d'une somptuosité de coloris vraiment enivrante. Gatti a choisi des tempis très lents, particulièrement au I et III, mais c'est peu gênant, la tension, majestueuse ou poétique, ne faiblissant jamais, et le chef ne sacrifiant aucun détail au profit de l'ampleur de la conception, ni rien de la grandeur au profit de la délicatesse. Du grand art !

Trois actes en noir, mais durant lesquels les voix et l'orchestre, eux, resplendissent.
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14 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une production extraordinaire, 1 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal [Blu-ray] (Blu-ray)
"Le XXIième siècle sera mystique ou ne sera pas" (André Malraux) Parsifal est une oeuvre mystique et nous sommes au XXIième siècle. Mise en scène contemporaine, dans des paysages de désolation cauchemardesque. La catastrophe redoutée s'est assurément produite, nucléaire ou écologique? Elle a bien eu lieu et les personnages en survie luttent désespérément dans une ultime quête d'humanité. Cette vision réaliste proposée par François Girard est pensée dans un souci absolu de cohérence avec le texte et l'esprit du drame sacré voulu par Wagner. Mêmes les adeptes de mises en scène traditionnelles (armures et tous les accessoires) les plus irréductibles, à condition qu'ils aient juste ce qu'il faut entre les deux oreilles, devaient aussi y trouver leur compte une fois le choc des premières images passé. Il faut préciser que les didascalies fondamentales sont bien là et qu'en aucun cas il ne s'agit d'une relecture. La distribution est de haut vol, c'est le moins que l'on puisse dire, car les qualités des artistes réunis laissent pantois. Je ne pensais plus depuis très longtemps qu'il serait possible d'atteindre un tel niveau pour Parsifal. Jonas Kaufmann -Parsifal époustouflant de justesse et de beauté de timbre, René Pape -Gurnemanz d'une humanité tourmentée, Peter Mattei -Anfortas déchirant de souffrances, Evgeny Nikitin -Klingsor maléfique et Katarina Dalayman -Kundry hallucinée tendue vers sa rédemption. Les choeurs d'hommes admirables en tous points, par contre pour les Filles Fleurs je mettrais un petit bémol et ce sera le seul. La direction d'orchestre confiée à Daniele Gatti est simplement... transcendante, jamais écouté pour Parsifal et sur ce point je suis formel, depuis Knappertsbusch! Toutes les finesses de la partition sont ciselées avec une minutie d'orfèvre dans une lecture très fidèle, solennelle sans être alanguie.
Oui c'est une très grande version en tous points de vue, qui fera date dans l'histoire des plus belles productions wagnériennes.
Production extraordinairement riche de sens par l'intelligence de sa réalisation, où le message wagnérien sonne gravement comme un avertissement aux égarements de l'humanité.
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13 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 SUBLIME !, 28 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal (DVD)
ENFIN!!!!!! Nous l'aurons attendue longtemps , la sortie en DVD de ce fabuleux Parsifal , sans doute , le point culminant de l'année Wagner qui vient de s'achever .

Une mise en scène puissante , toujours en accord avec la Musique , des décors somptueux .... Admirables éclairages , en particulier : des ciels somptueux , évoquant (pour moi ....) ceux de Friedrich .....

Quant à l'interprétation , elle est superlative . Le trio des hommes est sans doute le plus exaltant que l'on puisse voir et entendre actuellement: Bouleversant Amfortas de Peter Mattei , idéal Gurnemanz de René Pape , tellement humain .... et le fabuleux Jonas Kaufmann , admirable Parsifal ..... On a tout dit sur cette voix de bronze , sa merveilleuse musicalité .... ( incroyable palette sonore d'une richesse infinie , alternant une puissance exempte de toute dureté avec des pianissimi à couper le souffle ...) ET, encore une fois , quelle intelligence dans la construction de son personnage , évoluant de la désinvolture et de l'inconscience de l'adolescent , à la plus profonde spiritualité , lors de son retour auprès des chevaliers . Face à une telle perfection , certes la Kundry de Katharina Dalayman peut sembler un peu plus en retrait . Mais sa prestation demeure tout à fait à la hauteur de l'ensemble de la production . Son interprétation du 3ème acte , en particulier , est très émouvante .

Quant à Daniele Gatti , il s'affirme ici comme l'un des très grands chefs lyriques du moment .
Pour moi , en tous cas , l'une des plus belles réalisations lyriques de ces dernières années .....
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un excellent Parsifal., 20 novembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal (DVD)
Très ému par ce Parsifal . Belle mise scène mais peu parlante ,sauf le 2° acte ,qui pour moi restera un grand moment.
A réserver aux Wagnerophiles qui ont d'autres versions dans leur discothèque.
J'ai vu et entendu de meilleurs Kundry,mais la totale perfection est inexistante.
Le 2° acte est à voir et revoir.
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