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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vu au cinéma
Pour avoir vu ce Parsifal au cinéma et sachant que le dvd reprend le spectacle, je peux dire que la distribution côté voix masculines est ce qu'on peut faire de mieux actuellement. Rene Pape est magnifique d'intériorité dans un rôle très lourd. Jonas Kaufmann, égal à lui même campe un formidable Parsifal aussi bien...
Publié il y a 6 mois par Lydie D.

versus
9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Trois actes en noir !
Wagner "Parsifal" (1882), The Metropolitan Opera Orchestra, Chorus, Daniele Gatti, 2013, 2 DVD Sony, 2014.

Cette production célébrant le 100e anniversaire de la création newyorkaise de "Parsifal" en 1913 - le Metropolitan ayant gagné son procès contre Cosima qui voulait conserver l'exclusivité du drame sacré au...
Publié il y a 3 mois par Roger Dominique Maes


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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vu au cinéma, 27 janvier 2014
Par 
Lydie D. "Lydie D" - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal (DVD)
Pour avoir vu ce Parsifal au cinéma et sachant que le dvd reprend le spectacle, je peux dire que la distribution côté voix masculines est ce qu'on peut faire de mieux actuellement. Rene Pape est magnifique d'intériorité dans un rôle très lourd. Jonas Kaufmann, égal à lui même campe un formidable Parsifal aussi bien vocalement que scéniquement, tout en ingénuité puis en retenue,en intériorité et, pour finir, tout en force morale. Peter Mattei dont c'était la première apparition au Met habite son rôle et a bien mérité le tonnerre d'applaudissements ayant salué sa prestation. J'ai été un peu moins convaincue par la chanteuse (pardon son nom m'échappe) qui ne faisait pas rêver. La scène des filles fleurs est magnifique. Belles trouvailles de mise en scène, notamment dans le dépouillement du décor qui aux actes 1 et 3 nous plonge dans une atmosphère méditative accentuée par les effets de nuages, planètes, soleil montrant la fragilité des hommes face au cosmos. Belles trouvailles aussi pour le second acte au château de Klingsor où les filles fleurs tentent de faire succomber un Kaufmann/Parsifal impérial tant scéniquement que vocalement. Ici, tous les gestes sont lents et collent parfaitement à la musique et contrairement à ce qui pourrait se passer, cela n'engendre pas l'ennui mais une sorte d'attente sereine. Bravo à tous. J'aime vraiment beaucoup beaucoup et c'est pourquoi j'ai acheté ce dvd. S'il n'y en a qu'un à avoir, n'hésitez pas. C'est celui-là. Attention cependant, les interviews ne sont pas sous-titrées!
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11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 SUBLIME !, 13 mars 2014
Par 
Melimelomane (Valréas France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal [Blu-ray] (Blu-ray)
Les plus grandes réalisations nous viennent maintenant du Met.
Après une production exceptionnelle du Faust de Gounod qui date de 2010, voici la très attendue représentation de Parsifal de 2013. (Accessible chez Amazon co. uk. depuis le 17 février).
Il est rare de pouvoir profiter d’une réalisation aussi aboutie.
Surtout quand il s’agit d’un des opéras du répertoire le plus difficile, le plus délicat à mettre en scène.
Il y a des réalisations qui marquent leur époque, le Parsifal de François Girard, à mon sens, en fait partie.
Il est délicat d’écrire une rubrique sur un moment de théâtre et de musique qui vous bouleverse, devant une telle réussite le silence pourrait s’imposer ; mais le plaisir du partage reste le plus fort ; alors j’écris.
Partager le plaisir d’une vision exceptionnelle qu’aucun Blue-ray ou DVD n’avait pour l’instant approché.

Le compositeur lui même intitula son œuvre « Bünenweihfestspiel »
« Festival scénique sacré ».
La plupart des scénographes rejettent le contenu spirituel de ce chef-d’œuvre pour le laïciser telle la vision récente de Romeo Castellucci quitte à détourner l’œuvre de sa substance.
Ici toute la démarche du musicien est assumée.
Pas de « bondieuseries » dogmatiques mais un véritable sens du sacré.

Derrière un sol dévasté, un immense écran où le metteur en scène va faire défiler, nuages en fuite, apparitions d’aurores boréales, soleil mordoré, planète géante.
Un macrocosme qui accompagne l’action des 1er et 3ème actes.
Le 2ème se déroule dans un décor luciférien où dominent vapeurs rougeâtres et baldaquin tentateur…
Certes les costumes sont actuels, pas de chasubles, de cuirasses rutilantes ; de simples chemises blanches qui accentuent encore la vision intemporelle de François Girard où chaque geste porte sens : une chorégraphie d’ensemble parfaitement réglée et magnifiquement éclairée.

LES INTERPRÈTES
Pour une fois je voudrais commencer par l’orchestre et son chef Daniele Gatti. C’est la première fois depuis les mémorables interprétations de Hans Knappertsbusch, qui est, à mon sens, une référence absolue pour Parsifal, que je retrouve des couleurs, une finesse de timbre, une majesté, dignes de cette partition.
Daniele Gatti prend son temps : un simple exemple le prélude chez Knappertsbusch 12’ 02 ; chez Gatti 13’ 04. Certes la lenteur n’est pas un gage de qualité mais cette musique, si particulière, a besoin de temps pour offrir toute sa magie.
Les chœurs du Met sont parfaits : finesse, force, cohésion, conviction !

Que dire des chanteurs ?
René Pape dans une approche plus humaine que Hans Hotter, incarne un Gurnemanz inoubliable.
La Kundry de Katarina Dalayan, n’a pas l’abattage de Waltraud Meier, surtout dans le 2, mais elle préserve toute l’ambigüité de ce rôle.
Peter Mattei, outre une voix magnifique, est un excellent acteur qui nous fait partager les souffrances d’Amfortas.
Et Jonas Kaufman…
Je crois que tout a été dit sur ce sublime chanteur ; je voudrais simplement souligner la chance que nous avons de voir et d’écouter ce phénomène vocal.
A mon sens il est de ceux, très rares, qui marquent une époque !

Filmé avec beaucoup d’intelligence sur un Blue ray exemplaire, j’ai enfin ma version de Référence.
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Trois actes en noir !, 6 avril 2014
Par 
Roger Dominique Maes (Bruxelles) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal (DVD)
Wagner "Parsifal" (1882), The Metropolitan Opera Orchestra, Chorus, Daniele Gatti, 2013, 2 DVD Sony, 2014.

Cette production célébrant le 100e anniversaire de la création newyorkaise de "Parsifal" en 1913 - le Metropolitan ayant gagné son procès contre Cosima qui voulait conserver l'exclusivité du drame sacré au sanctuaire de Bayreuth -, cette production me laisse enthousiaste et perplexe.

Commençons par la perplexité, cela permettra de terminer par l'enthousiasme -qui domine et de loin.
La mise en scène de François Girard:
Dans l'esprit des metteurs en scène contemporains, il semble que le public soit incapable d'écouter un prélude ou une ouverture rideau baissé, il faut qu'on lui projette des images, qu'une pantomime quelconque (et quelconque, elle l'est souvent) vienne le distraire dans les deux sens du termes, ou de l'ennui potentiel que lui causerait une musique sans image, ou, plus certainement encore, de cette musique elle-même et de son pouvoir purement auditif. Supposer le public incapable d'écouter dans la pénombre quinze minutes d'une musique sublime, quel manifeste mépris pour lui !

A l'ouverture du rideau, devant ces personnages en bras de chemise, on a l'impression de surprendre une répétition générale. Et d'où vient cette manie récurrente d'obliger les chanteurs à se produire pieds nus ? En costume, mais pieds nus !
Tiens, et que font là toutes ces veuves Kennedy ? Elles reparaîtront régulièrement, sans qu'on comprenne leur rôle. Vision post-atomique? encore une ! J'ai vu la première de ce genre à Bruxelles il y a trente ans... Il serait temps de sortir de ces poncifs.
Et que de noirceur encore une fois! Trois actes en noir!
Car les effets d'éclairage ne remplacent pas la lumière ; je peux à la rigueur me passer de parterres fleuris dans l'Enchantement du Vendredi Saint, et le voir sur un sol craquelé couleur de terril, mais comment se passer de la lumière ? De celle, miroitante ou radieuse, qui émane de la partition, planant au dessus du sol en amples nappes, lueur aurorale, éclat du grand jour, joaillerie, vitrail...
François Girard ne l'entend-il pas ?
Mais même s'il ne semble pas avoir une idée bien arrêtée de "Parsifal", suivant les didascalies ou les contredisant au gré de son humeur, pour nous imposer des clichés d'un modernisme éculé, il a une belle trouvaille dans la première scène du Graal: c'est ce "baiser de bénédiction" que les chevaliers s'échangent de doigts à lèvres. C'est esthétique, émouvant, à condition d'oublier qu'ils parlent de tout autre chose, en l'occurrence de pain et de vin...
- Alors, avec ces quelques beaux effets d'éclairage, ces séduisantes projections de planètes et de nuages en mouvement, une mise en scène à regarder comme à mi-chemin entre une version de concert et une véritable mise en scène. Mais sans dédouaner totalement François Girard, peut-on mettre "Parsifal" en scène? L'a-t-on jamais pu ? et qui plus est de manière "parlante" pour un public du XXIe siècle ? Poser la question, c'est sans doute y répondre.

Mais en voilà assez, passons aux voix et à l'orchestre. A ce niveau d'excellence, ergoter sur quelques point de détails me semblerait du plus mauvais goût. L'Age d'or semble revenu !
Jonas Kaufmann, puéril et bravache au premier acte, bouleversant d'empathie au II, royal et christique au III, est un grand Parsifal, maîtrisant parfaitement les ombres de son timbre dans ce rôle qui doit irradier. Mais, et j'en demande pardon aux "Kaufmanniens", la plus grande émotion vocale, c'est Peter Mattei qui nous la donne dans le rôle d'Amfortas; si l'on n'avait pas peur de trouver le marié trop beau, on dirait qu'il chante trop bien pour un blessé, déchiré autant dans son âme que dans sa chair... Le rôle est, on le sait, une bénédiction pour un baryton, mais Mattei se rend inoubliable.
René Pape, assez distant, manquant de variété et de couleurs au premier acte, n'égale pas les grands Gurnemanz qui sonnent encore dans nos oreilles, mais il est plus convaincant au III, et Katarina Dalayman, un peu sur la réserve, -je voudrais un Kundry plus animale, et plus entière en chacune de ses facettes-, est vocalement sans faille. Quant à Evgeny Nikitin, il a le grand mérite de ne pas méphistophéliser Klingsor, et la voix est belle.

L'orchestre, sous la conduite de Daniele Gatti, est au-dessus de tout éloge, d'une pureté, d'une justesse rarement égalées, et d'une somptuosité de coloris vraiment enivrante. Gatti a choisi des tempis très lents, particulièrement au I et III, mais c'est peu gênant, la tension, majestueuse ou poétique, ne faiblissant jamais, et le chef ne sacrifiant aucun détail au profit de l'ampleur de la conception, ni rien de la grandeur au profit de la délicatesse. Du grand art !

Trois actes en noir, mais durant lesquels les voix et l'orchestre, eux, resplendissent.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 PARSIFAL RICHARD WAGNER, 6 juin 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal (DVD)
Jonas Kaufmann est le meilleur ténor wagnérien actuel. C'est la version de référence qu'il faut avoir absolument dans sa discothèque. Excellente distribution. René PAPE est fabuleux en Gurnemanz; Excellente prise de son.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 à posséder absolument, 1 juin 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal [Blu-ray] (Blu-ray)
une merveille. la direciton de D. Gatti est sublime, Kaufmann, Mattei, Paape,etc... sont les meilleurs du moment. Une mise en scène qui, malgré, qulques réserves au début, suscite l'émotion par son authenticité.
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7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 WAGNER/PARSIFAL/GIRARD-GATTI, 17 mars 2014
Par 
brissaud (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal [Blu-ray] (Blu-ray)
Ce Parsifal capté au Met en mars 2013 a constitué, de l’avis quasi-général, l’un des sommets de l’année du bi-centenaire. Le voici désormais en DVD et en Blu-ray.
La production de François Girard, déjà vue l’année précédente à Lyon, avec une distribution moins prestigieuse (Schukoff, Zhidkova, Grochowski, Zeppenfeld et Marco-Burmeister, direction Ono), s’exporte bien sur l’immense scène du Met. Cette réalisation tente de rallier tous les suffrages, sans grave concession à la facilité, par sa lisibilité et sa cohérence. Le dispositif scénique, impressionnant, utilise un plateau à dominante horizontale au I et au III, constitué de deux plaques de latérite délimitant (cloisonnant, à vrai dire) deux espaces séparés par une rigole, où coule au début une eau claire –la « heilige Quelle »- vite polluée de sang, ce dernier ne se dissipant qu’au baptême de Kundry au III. L’espace de droite (vu de la salle) est dévolu aux hommes, la confrérie des chevaliers, celui de gauche aux femmes (les filles-fleurs, présentes, en deuil, dès le début, et Kundry), tout ce monde occupant la scène en quasi-permanence et ne communiquant pas, sauf à la fin du III, où les sexes semblent se retrouver et ou l’ensemble de l’espace devient mixte. Derrière ces ilôts naufragés aux confins oubliés d’un espace-temps en suspens, de constantes projections de nuages, qui se dissipent et se reforment en couches sombres (c’est amusant, ce sont les termes mêmes par lesquels Wagner décrit sa texture musicale), qui imposent un climat constamment oppressant, lourd, instable, menaçant. Les nuages cèdent parfois (et de façon spectaculaire) à des images de planètes géantes, lourdes, aux tonalités tout aussi plombées, tout droit issues de l’imaginaire visuel d’un Tarkovski (Solaris), d’un Lynch (Dune, bien sûr) ou d’un Lars von Trier (l’inoubliable Melancholia, auquel on pense constamment, et pas que visuellement). C’est fascinant. Le II, en creux, projette les plaques à la verticale, formant une grotte, traversée là aussi par une fissure sanglante – symbolique sexuelle évidente-, au sol transformé en lac de sang, dans lequel les personnages pataugent, ce qui a ses limites, tant pour la scénographie, très contrainte, que pour le spectateur, qui sature assez vite. Aucune faute visuelle, à l’exception de l’arrivée du lit (celui de la tentation et du péché, bien sûr) porté par les filles-fleurs (que cette production transforme en goules japonisantes avec beaucoup d’à-propos) au début de la scène de la séduction de Kundry, dont elle trouble sérieusement (et assez sottement) le déroulé. Tout repose sur une déclinaison constante entre division et harmonie (le but improbable à atteindre), l’ouvrage s’achevant dans un semblant de résolution qui reste lourd de menaces (et vaguement totalitaire) bien que le metteur en scène laisse toute option ouverte.
La simplicité des costumes, le demi-jour troublant des éclairages, l’accessoirisation minimale – mais il ose l’archaïsme de la coupe du Graal !!, tout comme le vrai cygne !!!-, la constante morbidité, dessinent une vision à la fois pure et empoisonnée, parfaitement conforme à la résonance de l’œuvre. Le théâtre, presque toujours sobre, s’appuie sur une direction d’acteurs exemplaire, attentive et serrée, que l’on apprécie tout particulièrement en gros plans.
De la distribution, émerge bien évidemment le Parsifal de JK, dans son meilleur emploi possible, physiquement idéal, scéniquement saisissant, même si parfois emprunté sur le lit du II, vrai fol au I, vrai illuminé au II, vrai roi (chef de secte ? futur tyran ?), et merveilleusement vieilli, au III, de bout en bout sublime. On peut préférer des clartés plus juvéniles dans le timbre, moins de constante détermination, mais la puissance, l’ardeur fauve (son « Amfortas, die Wunde, posé mais dévasté comme jamais), l’éclat, tout comme les nuances et la pluralité de couleurs qu’il apporte au rôle (merveilleuses demi-teintes à la Kollo lors des pages élégiaques du III) sont incontestablement d’un artiste parvenu à la plus grande maturité. Son Parsifal prélude, comme peu l’ont réalisé, et pas que vocalement, au Tristan gigantesque qu’il osera peut-être un jour. La complicité visible qui l’unit au Gurnemanz de Pape, lui aussi dans son meilleur emploi fait magnifiquement synergie. Ce dernier, austère, d’une exemplaire clarté de diction (c’est une condition essentielle de ce rôle de diseur), d’une superbe matité de timbre, et d’une réserve émue tout à fait exceptionnelle (surtout au III, où il monte en puissance), n’atteint certes pas la poésie et le lyrisme d’un Stephen Milling, mais rejoint au sommet les plus grands interprètes du rôle d’un passé immédiat (Salminen, Moll), dont il a la rugosité et la pudeur altière. Autre triomphateur de la soirée, l’Amfortas de Peter Mattei, peu wagnérien (c’est une qualité ici – on songe à un Eugène Oneguine expédié en enfer … !-), mais d’une nervosité, d’une émotion, d’une détresse (perceptible au fil du vibrato serré, très savamment dosé), d’une chaleur de timbre, d’un moelleux de ligne qui n’appartiennent qu’aux plus grands, le regard vers le haut en moins, peut-être.
Dans un tel voisinage – y compris plastiquement-, il ne fallait pas attendre autre chose de Katarina Dalayman, toujours un peu potiche, qu’elle sauve les meubles sans dommage majeur, mais sans illumination, sans vertige, sans fièvre, sans les déchirements ou la sensualité que d’autre ont su y mettre (il est vrai qu’elle n’est guère aidée par le chef au II, voir infra). Mais sa constante attention, son évidente volonté de bien faire, son esprit d’équipe aussi, assurent à sa Kundry modeste mais attentive, vraiment touchante en pénitente au III, un statut respectable sinon mémorable qui ne gâche pas la fête. On regrette que Nikitin le tatoué, qui possède les moyens exacts de Klingsor, se croie forcé d’en faire un vulgaire ruffian (il nous fait en fait le Tierbändiger de Lulu … !) , à force de pathos, de cris et de parlando, oubliant que la noblesse de ce personnage de glace exclut toute trivialité (écouter Uhde, Kelemen, Wlaschiha …). Les Knappen et les Rittern sont, comme souvent au Met, assez médiocres, et les filles-fleurs, précipitées – et ruinées- par un tempo déraisonnablement mécanique, passent trop vite pour marquer, même si l’on y reconnaît fugacement l’exquise Kiera Duffy. Chœurs massifs, superbes pour les voix d’hommes, moins convaincants sur les voix féminines, assez ternes.
A Daniele Gatti, on ne trouve aucun défaut majeur, ni aucune qualité marquante. Ni architecte, ni coloriste, nu mystique, ni magicien des sons, il dirige dans un entre-deux global, qui ménage parfois de beaux moments d’émotion (au III, notamment), mais déçoit gravement au II, pris beaucoup trop vite, et même pas « scherzando » comme cela pourrait se concevoir, savonné souvent, ou tristement mécanique dans la scène des filles-fleurs, aigre et criée, sans respiration. La langueur hypnotique de la scène de séduction de Kundry qui suit lui échappe également complètement. Et où sont les timbales, à peu près partout ?
Ayant eu la chance de voir et le DVD et le Blu-ray, je ne peux que recommander ce dernier, où les contrastes et les éclairages fuligineux de la scène sont définis avec une précision incomparable. Il en va de même de la spatialisation (en profondeur !) et du grain sonore, très supérieurs. Sous-titres très pédagogiques mais parfois étranges (les personnages s’y vouvoient inexplicablement) : exemple le « Sahst du uns schon?» des filles-fleurs devient « Sommes-nous si belles ? », passons…
Enfin, il vaut mieux couper les courtes interventions de présentation d’Eric Owens (l’Alberich du ring de Lepage), habituelles à ce genre de retransmission, Wagner doit s’en retourner dans sa tombe.

Une réussite majeure donc – et durable-, dont les quelques réserves ne doivent pas occulter l’immense qualité globale, et, fait essentiel, s’agissant d’une telle œuvre, l’accessibilité quasi-immédiate pour le néophyte.
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12 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une production extraordinaire, 1 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal [Blu-ray] (Blu-ray)
"Le XXIième siècle sera mystique ou ne sera pas" (André Malraux) Parsifal est une oeuvre mystique et nous sommes au XXIième siècle. Mise en scène contemporaine, dans des paysages de désolation cauchemardesque. La catastrophe redoutée s'est assurément produite, nucléaire ou écologique? Elle a bien eu lieu et les personnages en survie luttent désespérément dans une ultime quête d'humanité. Cette vision réaliste proposée par François Girard est pensée dans un souci absolu de cohérence avec le texte et l'esprit du drame sacré voulu par Wagner. Mêmes les adeptes de mises en scène traditionnelles (armures et tous les accessoires) les plus irréductibles, à condition qu'ils aient juste ce qu'il faut entre les deux oreilles, devaient aussi y trouver leur compte une fois le choc des premières images passé. Il faut préciser que les didascalies fondamentales sont bien là et qu'en aucun cas il ne s'agit d'une relecture. La distribution est de haut vol, c'est le moins que l'on puisse dire, car les qualités des artistes réunis laissent pantois. Je ne pensais plus depuis très longtemps qu'il serait possible d'atteindre un tel niveau pour Parsifal. Jonas Kaufmann -Parsifal époustouflant de justesse et de beauté de timbre, René Pape -Gurnemanz d'une humanité tourmentée, Peter Mattei -Anfortas déchirant de souffrances, Evgeny Nikitin -Klingsor maléfique et Katarina Dalayman -Kundry hallucinée tendue vers sa rédemption. Les choeurs d'hommes admirables en tous points, par contre pour les Filles Fleurs je mettrais un petit bémol et ce sera le seul. La direction d'orchestre confiée à Daniele Gatti est simplement... transcendante, jamais écouté pour Parsifal et sur ce point je suis formel, depuis Knappertsbusch! Toutes les finesses de la partition sont ciselées avec une minutie d'orfèvre dans une lecture très fidèle, solennelle sans être alanguie.
Oui c'est une très grande version en tous points de vue, qui fera date dans l'histoire des plus belles productions wagnériennes.
Production extraordinairement riche de sens par l'intelligence de sa réalisation, où le message wagnérien sonne gravement comme un avertissement aux égarements de l'humanité.
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5.0 étoiles sur 5 chef d'oeuvre absolu, 19 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal (DVD)
le bonheur total, tout est magnifique, la musique bien sûr, la mise en scène, tous les chanteurs sans exception, inoubliables Peter Mattei, René Pape et last but not least Jonas Kaufmann, on ne sent pas le temps passer devant un tel spectacle, magique
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3.0 étoiles sur 5 image superbe, son moyen, 23 juin 2014
Par 
villag (Nieul sur mer France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Parsifal [Blu-ray] (Blu-ray)
Je suis toujours très sensible à la captation audio d’un opéra en bluray ; je dois avouer ressentir à propos de cette réalisation, une petite déception ; l’équilibre entre orchestre et solistes n’est pas parfait, ces derniers souvent trop lointains ; d’autre part, les chœurs extérieurs à la scène, la messe au 1er acte ou le final sont très( trop) faibles ; sur cette même scène, il y a peu était réalisé un enregistrement de la tétralogie avec une prise de son absolument stupéfiante, on en est loin ici.
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5.0 étoiles sur 5 Superbe production, 21 juillet 2014
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Superbe mise en scène que j'avais vue à Lyon et qui s'est améliorée au Met un an plus tard. Plateau époustouflant, orchestre magnifique. Le must du must: l'Amfortas de Peter Mattei. Prise de vues intelligente et très sobre.
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Parsifal de Wagner (DVD - 2014)
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