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Grave échec public pour ce film de Marco Bellocchio il y a quelques mois, alors même que le distributeur Bellissima avait bien fait le travail. Sans doute le sujet a-t-il fait peur à nombre de spectateurs potentiels (voir description ci-dessus). Sans doute son réalisateur Marco Bellocchio avait-il connu quelques succès d'estime les années précédentes, avec les excellents La Nourrice,Le Sourire de ma mère,Buongiorno, notte et Vincere, mais Bella addormentata / La Belle endormie avait probablement un potentiel commercial plus limité encore. Reste que si l'on aime Bellocchio, il ne faudra en aucune manière passer à côté de ce film pas absolument abouti mais comme toujours avec lui étonnant et singulier, et qui ne décontenancera pas plus que cela venant de lui.

Levons tout de suite les deux craintes majeures, légitimes sans doute, que l'on peut avoir avec un tel sujet. Que ceux qui redoutent un film par trop didactique soient rassurés, le traitement d'un sujet de société par le menu n'est pas trop le genre de la maison. Quant à la peur de voir un film déprimant sur un sujet déprimant, elle n'a pas spécialement lieu d'être non plus : comme tous les films de Bellocchio ou presque, il s'agit d'une oeuvre qui exalte les forces de la vie et bataille contre ce qui entrave et étouffe, avec un certain panache.

Sur Bellocchio, les constantes et les évolutions de son cinéma, on peut se reporter à mon commentaire sur Vincere, sans doute son plus grand film. Dans La Belle endormie comme dans les autres (voir aussi Il Regista di matrimoni / Le metteur en scène de mariages), on reconnaîtra la volonté de ne pas désarmer et de continuer à attaquer franchement les institutions dans une Italie plus que jamais conservatrice. Mais à la façon de Bellocchio, tour à tour rageuse et rêveuse, avec des bouffées surréalisantes qui rendent ses charges aussi inattendues que précieuses. Avec également une attention de plus en plus grande à ne pas imposer un point de vue à toute force. Le cinéma de Bellocchio est de plus en plus dialectique. S'il se veut d'évidence métaphorique - dans ces histoires de belles endormies celle dont il n'est question précisément nulle part et qui est néanmoins partout, c'est l'Italie elle-même - c'est un cinéma qui rend dynamiques les questionnements qu'il soulève et n'a pas de réponses toutes faites à communiquer au spectateur (à part peut-être celle selon laquelle Eros doit toujours l'emporter sur Thanatos, la seule leçon qui ait jamais valu pour Bellocchio, apparemment).

Il n'est pas donné à tout le monde de se saisir ainsi d'un débat ayant déchiré son pays peu de temps auparavant (en France, on n'a pas toujours mesuré au plus juste l'importance du cas d'Eluana Englaro et la violence du débat qu'il a suscité au-delà des Alpes). Bellocchio étant qui il est, il ne pouvait pas poser scolairement les termes du débat, même en donnant corps à des personnages et à des situations donnés. Tout en gardant en toile de fond le cas d'Eluana Englaro, il tisse donc entre eux les fils de trois histoires se rapportant à trois femmes et à leurs proches ou aux hommes qu'elles rencontrent. Ce faisant, il établit des liens souvent évidents mais il lui arrive également de brouiller quelque peu les pistes. Il fait jouer sans cesse les motifs les uns avec les autres, la plupart ayant à voir avec le sommeil et le réveil, la pulsion de mort et la pulsion de vie. Une telle structure, certes éclatée mais relativement simple à suivre une fois que tous les protagonistes ont été présentés, permet à Bellocchio de ne pas avoir à aller au-delà de quelques références aux termes du débat et de ne pas perdre de vue ce qui meut les personnages.

Cette structure, si elle permet de fait aux motifs de se rencontrer avec bonheur et de ne pas verser dans le trop-plein d'explications ou le débat moralisateur, ne porte pourtant pas tous ses fruits, il faut bien le reconnaître. Comme souvent dans ce type d'histoires croisées, toutes ne sont pas d'un égal intérêt. Le personnage interprété par Isabelle Huppert, pas inintéressant en soi, n'évolue que peu : par la force des choses certes, mais il reste que son histoire patine un peu. Quelques plans ou séquences sentent ici et là le bouche-trou. Les flash-backs relatifs à l'histoire des personnages de Maria (Alba Rohrwacher) et de son père (Toni Servillo) ne sont pas à proprement parler inutiles mais ils ne sont pas très heureux. On pourrait pointer quelques autres limites de ce type qui font que ce film n'est pas tout à fait ce qu'il devrait être, y compris lorsqu'on pense comme moi que la façon dont le sujet est traité et la structure qui a été adoptée ne sont pas en cause en elles-mêmes.

Même avec des limites et une moindre réussite de quelques éléments, je ne peux toutefois que saluer l'entreprise dans son ensemble. Les choix de Bellocchio - de scénario, de montage, musicaux - sont souvent justes et à tout le moins stimulants. La peinture d'une frange du monde politique italien (des sénateurs de gauche passés chez Berlusconi pour des raisons d'amnistie), quoique rapide, amuse. Bellocchio se paye même le luxe d'une scène d'anthologie, avec un dialogue des plus savoureux entre le Sénateur en pleine dépression et le médecin-psychanalyste du Sénat. Bien sûr, les acteurs sont pour quelque chose dans le fait que le film séduit malgré ses quelques défauts. Comme l'écrivait le critique du Monde, on se demande comment un film italien fait pour sortir en France s'il ne propose pas Toni Servillo. Reste que même si on le voit beaucoup (encore récemment dans La Grande Bellezza, bien sûr) et s'il peut lui arriver de se copier lui-même, sa présence est tout de même toujours un atout : c'est d'autant plus vrai ici que sa prestation est ici d'une rare sobriété. Isabelle Huppert, elle-même omniprésente dans le cinéma d'auteur mondial, n'ajoutera pas de titre de gloire à sa filmographie avec ce film mais le problème me semble venir plus de l'écriture du personnage que d'elle. Alba Rohrwacher, toujours un peu évaporée, tient plutôt bien sa partie. Quant à Maya Sansa elle joue un autre rôle que ceux qu'on lui confie généralement, dont elle se tire admirablement. Le propre fils de Bellocchio, souvent une manière d'alter ego de son cinéaste de père et qui a joué plusieurs fois un médecin dans ses films, n'est sans doute pas le plus grand acteur qui soit mais l'on croit grâce à lui aussi à la relation farouche qui se construit avec le personnage de la toxicomane qui veut en finir avec la vie.

VOSTF uniquement, contrairement à ce qui est indiqué pour l'instant sur la page produit Amazon. Master de bonne qualité, pour l'image (quoique pas tout à fait assez définie) comme pour le son. Je me plaignais dans mes commentaires sur les premiers films de la collection italienne de France TV (César doit mourir des frères Taviani, Piazza Fontana de Marco Tullio Giordana) qu'ils ne proposent strictement aucun supplément. Il y en a un ici : un entretien d'un quart d'heure avec Bellocchio. C'est un peu court, mais il éclaire plutôt bien ses choix. Même s'il n'y a pas blu-ray - si l'on en veut un, il faudra parler italien ou anglais car l'édition italienne ne propose pas de sous-titres français : BRD Bella Addormentata - et si l'édition n'est pas aussi pleine qu'elle le devrait, remercions France TV de sortir ce film qui mérite de ne pas être jeté purement et simplement aux oubliettes et d'être connu par les amateurs de Bellocchio à tout le moins, mais aussi par ceux qui aiment un cinéma non formaté, denrée de plus en plus rare (en Italie en particulier).
11 commentaire11 sur 13 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Sur fond de querelle politique sur un cas d'euthanasie, cas qui défraya la chronique en Italie vers 2008, un film choral dans lequel plusieurs personnages se retrouvent confrontés à la mort, au suicide et surtout à une nécessaire prise de conscience, somme toute un réveil. Magnifique photo. Un excellent film de Bellocchio. Uniquement en VOST français.
0Commentaire7 sur 8 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 4 août 2014
Envoi parfait. Toni servillo : in acteur génial. Bellochio, le réalisateur, toujours excellent cadreur, et super metteur en scène de la révolte et des sentiments à fleur de peau.
0Commentaire2 sur 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

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