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4.0 étoiles sur 5 Un Faust de laboratoire
On a connu deux mises en scène mémorables de cet opéra : celle de Vienne, avec Ken Russell (dont le chef d'œuvre "Les Diables" vient de sortir en DVD en Angleterre) et celle du Covent-Garden, avec le génial David McVicar. Toutes deux faisaient la part belle au baroque, à la dérision et à la provocation. Ici,...
Publié il y a 4 mois par Mr. Daniel Zehnacker

versus
8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 GOUNOD/FAUST/McANUFF-NEZET-SEGUIN
Certains attendaient, voire anticipaient avec impatience le DVD de cette production de 2011 (reprise de l’original londonien de 2010) du Faust mis en scène par Des McAnuff pour le Met. La voici donc, et c’est une déception.

La faute en incombe tout d’abord au master utilisé par Decca, qui reprend, telle quelle, la...
Publié il y a 5 mois par brissaud


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4.0 étoiles sur 5 Un Faust de laboratoire, 28 mars 2014
Par 
Mr. Daniel Zehnacker "Rimbaud "Dan" F... - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust (DVD)
On a connu deux mises en scène mémorables de cet opéra : celle de Vienne, avec Ken Russell (dont le chef d'œuvre "Les Diables" vient de sortir en DVD en Angleterre) et celle du Covent-Garden, avec le génial David McVicar. Toutes deux faisaient la part belle au baroque, à la dérision et à la provocation. Ici, avec Des McAnuff, rien de tout cela : du début à la fin nous sommes dans un laboratoire avec, à gauche et à droite, un escalier en colimaçon qui montent vers une sorte de rambarde dominant la scène, et où pourront évoluer et observer certains personnages. Le propos est sérieux, car il s'agit des relents de la bombe atomique et de l'entre-deux guerres. On voit passer des laborantins qui prennent des notes, on voit même des zombies qui semblent tout droit sortis de quelques explosions nucléaires...
De ce décor sommaire, on ne retiendra rien, et surtout pas ce mouvement de tables que l'on amène et que l'on ramène sans arrêt, et qui ne servent à rien, on oubliera aussi la prison ridicule où Marguerite est enfermée... On oubliera tout le reste d'ailleurs, même les chœurs, qui paraissent sous-dirigés par rapport à ceux (exceptionnels) du Covent Garden. Oui, on oubliera tout ça car on n'aura d'yeux que pour les interprètes. Jonas Kaufmann semble, depuis quelque temps, s'être fait une identité vocale en diminuant considérablement le volume de sa voix pour, quelques instants après, et dans la continuité de son souffle, l'enfler et la faire sonner dans la splendeur et la force de l'aigu. En cela, il devient le digne successeur du fantastique Franco Corelli des années 50. Mais le plus impressionnant reste tout de même René Pape, dont personnellement j'appréhendais la pratique de la langue française, si importante dans ce genre de rôle. Eh bien, elle est tout simplement remarquable. La voix est riche, bien timbrée, et le personnage reste sobre dans sa méchanceté : son air du "Veau d'or" lui vaut une ovation méritée du public. Le Valentin de Russell Braun est convaincant, massif, et dramatique à souhait dans ses imprécations contre sa pauvre sœur. Cette dernière est incarnée par Marina Poplavskayqa qui a fait son chemin depuis sa Desdemona de Salzburg avec Riccardo Muti. On peut lui préférer tout autre soprano dans ce rôle (et surtout Angela Gheorghiu, qui lui est 100 fois supérieure à Londres) mais on ne peut nier sa caractérisation de cette jeune fille abusée par deux êtres méprisables qui se comportent avec elle comme s'il s'agissait de l'un des cobayes de ce laboratoire où ils évoluent tous les deux.
Le chef d'orchestre Nézet-Séguin, dont on avait appréciait la fougueuse Carmen sur cette même scène du MET, est très attentif à une partition qu'il semble aimer profondément. Une belle représentations, en somme, mais qui vaut surtout pour les chanteurs, et non pas pour la mise en scène..
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5.0 étoiles sur 5 Quel Faust!, 26 mars 2014
Par 
Lydie D. "Lydie D" - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust (DVD)
Un Faust de plus, oui, mais quel Faust. Les chanteurs, touot beaux dans leurs divers costumes, sont fantastiques tout particulièrement Jonas Kaufmann et Rene Pape. Quand ces deux-là chantent ( "Ne permettrez vous pas ma belle demoiselle" est un grand moment parmi bien d'autres par la façon dont le chant est conduit pour s'adapter aux sentiments du jeune homme découvrant l'amour) c'est un pur régal, aussi bien scéniquement que vocalement. Ensemble ils sont magiques. Et puis ici Rene Pape danse, bondit au moins une fois... bref il montre une facette rarement vue de son talent. Les autres chanteurs sont très bons et l'interprète de Marguerite a toute la fragilité qui convient à une jeune fille rêveuse, solitaire et très croyante qui tombe amoureuse. Pour une fois, le metteur en scène, dont j'aime beaucoup la lecture de l'oeuvre, a réussi la prouesse d'intégrer "il était un roi de Thulé" à l'action sans que ça paraisse incongru. Il la situe entre 1912 et 1920 environ avec une incursion vers 1945 les sauts dans le temps dépendant largement de Méphisto. Ici les soldats partent pour la guerre de 14/18. Marguerite qui finit par succomber aux charmes de Faust est, une fois enceinte rejetée par la société (plus que plausible à cette époque) et surtout par son frère à son retour de la guerre. La fin est étonnante mais chut, il faut découvrir cela par soi-même.
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4.0 étoiles sur 5 Très beau Faust musical, mais peu abouti théâtralement, 3 mai 2014
Par 
M. Girardin (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust [Blu-ray] (Blu-ray)
Faust par Kaufmann, Méphistophélès par Pape : l'affiche est la plus alléchante que puisse proposer la scène lyrique actuelle dans un opéra toujours difficile à distribuer. Pour réussir Faust, il faut un ténor à la fois vaillant et léger, un soprano capable d'exprimer une touchante naïveté tout en affrontant le redoutable trio final ("Anges purs" et son inexorable marche harmonique) et, enfin un baryton-basse plein de noirceur mais aux aigus dévastateurs. Qui plus est, il faut un chef capable de faire ressortir toute la richesse d'une orchestration d'une finesse absolue sans perdre le fil conducteur dramatique toujours tendu.

Qu'est-ce que cela donne ici ? Une belle réussite. Tout d'abord, Jonas Kaufmann, ténor assoluto de ces dernières années est un Faust magnifique, à la voix sombre, volontairement terne au premier acte (celui de la vieillesse), amoureux transi par la suite. L'interprétation est nourrie de sa culture germanique, et les effets vocaux sont remarquables, culminant au second acte dans un smorzando proprement inouï sur "Je t'aime" : Joyce DiDonato, maîtresse de cérémonie de la production en a d'ailleurs perdu la voix dans l'interview qui suit quelques minutes plus tard.
René Pape domine la distribution, sans nul doute : il est le Méphisto actuel, noir mais plus caustique qu'inquiétant et véritable bête de scène, vocale et théâtrale, emportant tout sur son passage. On regrettera les extrêmes graves manquant de puissance (le rire caverneux de la sérénade), mais il s'agit de broutilles.
Les seconds rôles sont tous honorables sans s'inscrire dans les mémoires comme le firent certains grands Valentin ou Siebel.
Le cas de Marina Poplavskaya est plus difficile. Assurément une belle Marguerite dans le troisième acte, jeune fille amoureuse et coquette lançant un air des bijoux quasi idéal. Mais elle choisit, alors qu'elle sombre dans la folie, de camper un personnage hystérique, où les effets vocaux (hurlements, chuchotements, tremblements) prennent le pas sur la ligne de chant. L'effet théâtral est là, percutant, mais semble hors style. La folie de Marguerite, chez Gounod, n'est pas hystérie mais sainteté détachée du réel et la musique, faite pour porter Marguerite aux cieux, semble ici déplacée.
Quant à Yannick Nézet-Séguin, il confirme sa place de meilleur chef actuel pour l'opéra français : qui, depuis Georges Prêtre, a su insuffler tant de vie à cette musique, tout en préservant sa chatoyance ? Mention spéciale aussi, au sein de l'excellent orchestre du Met, au clarinettiste, fortement mis à contribution par Gounod et extraordinaire ici.

Là où le bât blesse, c'est dans la mise en scène : le parti pris de Des McAnuff de transposer l'intrigue dans l'ère post-nucléaire de 1946, eût pu s'avérer gagnant. Cependant, la direction d'acteurs a minima vient annuler les meilleures idées pour en faire un écrin vide qui n'a même pas le mérite de la beautés des anciennes production. Les mouvements de choeur sont peu réussis, voire ratés pour la nuit de Walpurgis. Seul René Pape parvient à exister vraiment dans cette production, avec un Méphisto-marionettiste réussi. Une belle soirée tout de même, mais qui aurait pu être mémorable à finalement peu de choses près.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un "Je t'aime" d'anthologie. Une somptueuse image Blu-ray, 21 mars 2014
Par 
Jean-pierre Mondeil "JPM" (france) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust [Blu-ray] (Blu-ray)
Je viens de percevoir ce Blu-ray tant attendu. Je n'avais encore fait qu'une écoute mais je sentais que j'allais devoir tempérer mon enthousiasme. Jonas KAUFMANN est l'artiste qui motive toute notre attention... A-t-on besoin d'un Faust après celui de Roberto ALAGNA au Royal Opera House ? Sans doute que New-York dispose d'une légitimité propre. Joyce DiDONATO, maîtresse de cérémonie, nous rappelle que c'est avec Faust que le Metropolitan a commencé de forger sa légende en 1883. Ce Blu-Ray restitue une très belle production (2011) qui fait facilement oublier les petites réserves qui me viennent.

J'ai été d'emblée perturbé par l'émission un peu basse de Jonas KAUFMANN et parfois un certain manque de rayonnement que je ne lui connaissais pas. Il délivre un "Je t'aime" d'anthologie avec un diminuendo impressionnant (une smorzata inouïe dans ce passage) mais il se rate un peu dans "la présence" avec un aigu anormalement vulgaire. Reste que, dans le grand duo du III, il a des phrasés élégiaques à tomber par terre. Au IV et au V, il retrouve élan et projection ("Je veux la voir ! Viens, je le veux") mais la ligne de chant reste en-deçà de ce que j'attendais au vu de ses Don José et Werther. Je découvre la Marguerite de Marina POLAVSKAYA : physiquement elle ne gâche rien et assure vocalement notamment dans les grands duo qui feront figure d'acmés vocales du spectacle nonobstant quelques aigus un peu forcés. Elle est même particulièrement convaincante au cinquième acte et ses attitudes sont judicieusement exploitées par le réalisateur. René PAPE fait un Méphisto très satisfaisant. Le reste de la distribution est convenable sans que l'on aille s'extasier. Tout cela est donc très bon finalement. Le spectacle est visuellement très intéressant et c'est le piqué du Blu-ray qui retient l'attention avec des couleurs intenses et des gros plans fascinants de précision. La mise en scène de Des McANUFF est intelligente et gagne à être revue sans que l'on focalise toujours sur le ténor. Tout se joue dans le laboratoire de Faust, physicien atomiste, dans un contexte première moitié du vingtième siècle.

Peut-être que mon "petit problème" est ailleurs. Je sors à peine du Parsifal avec les mêmes KAUFMANN et PAPE. Il n'y a pas photo : le Parsifal de KAUFMANN est inoubliable quand son Faust n'est que très bon. Sans doute, aussi, que les sortilèges mystiques d'un Parsifal au pied de la Croix écrasent un peu le fatras surnaturel méphistophélique d'un Faust. Pour ce qu'elle est, cette version du "tube" de Gounod est incontestablement magnifique quoique pas toujours ensorcelante ni idiomatique du seul point de vue vocal. L'édition PAPPANO (DVD EMI), avec ALAGNA et une équipe de haut niveau, paraît musicalement préférable mais l'on ne saurait se priver du rendu visuel exceptionnel de ce Blu-ray Decca.

Durée : 187 minutes - BD 50 (toutes zones)
Image : HD 1080p 16:9
Son : LPCM 26-bit Stéréo et DTS HD 24-bit Surround
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "Le Diable est dans les détails"..., 1 avril 2014
Par 
Carmen (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust (DVD)
Ces mots qui ne sont pas de Goethe mais de... Bismarck (lequel les a piqués à Nietzsche, ah cette manie de piquer les bons mots d'autrui, n'est-ce-pas, Monsieur Cocteau ?!) me viennent à l'esprit pour expliquer à qui voudra bien me lire mon choix de m'abstenir d'un exposé par le menu des raisons pour lesquelles la mise en scène du chef d'œuvre de Gounod par Des McAnuff m'a pour l'essentiel déplu, bien qu'elle comporte quelques idées bien amenées.
Au reste, un commentateur qui s'est exprimé avant moi et dont je partage entièrement l'avis a donné un aperçu suffisamment précis de mes propres objections pour que je m'abstienne d'une bien inutile répétition.
Alors que ce metteur en scène (venu de Broadway m'apprend-on, je l'ignorais) se flatte, non sans excès de certitude sinon d'autosatisfaction me semble-t-il, d'avoir été fidèle à la vision de Gounod lors de son entretien avec Joyce DiDonato (cf. le bonus), je pense quant à moi qu'il est, tout à l'inverse, l'auteur d'un contresens sur cette vision chrétienne et/mais inspirée du mythe de Faust de l'un des plus grands compositeurs français du XIX° siècle.
Abstraction faite des détails, cette mise en scène "oublie" apparemment que le pacte ici conclu entre Satan et Faust n'a pas pour objet le don de la toute-puissance - allant jusqu'à un pouvoir de destruction de l'humanité - mais celui de la jeunesse, celle qui contient "tous les pouvoirs" ainsi que le livret le dit, "tous les pouvoirs" n'étant pas synonyme de "toute-puissance".
Faust veut la jeunesse avec les motivations qu'il énonce ainsi : "Ardente jeunesse, à moi tes désirs, à moi ton ivresse, à moi tes plaisirs !".
Une appréhension de la jeunesse déclamée comme celle d'un jouisseur débridé et cynique, sauf l'imprévu qui échappera à Faust comme il échappera à Satan : le remords et l'amour sincères bien que tardifs, la réparation du mal fait à Marguerite, et leurs retrouvailles impossibles "ici-bas" mais possibles "là-haut".
"(...) Gounod - nourri de Saint-Augustin -, voyait dans le dérèglement des sens la déviation et l'obscurcissement mais non la privation du divin principe de l'amour, et il interprétait profondément la pensée de Goethe pour qui Faust, au bout de son évolution, accède au paradis à l'appel de Marguerite car ce fut auprès d'elle qu'il eut les premières lueurs, le désir et le pressentiment de l'amour spirituel. C'est par un chœur demi-liturgique célébrant la fête de Pâques que se termine l'œuvre, le rideau se baissant dans l'extrême douceur d'un orchestre de paix évangélique (...)", (Max d'Ollone).
La même musique, si belle, si prenante, si "envoûtante", exprime les thèmes antagoniques de la chute et de l'élévation, de la faute et de la rédemption, de la chair et de l'âme : cette œuvre nous parle d'amour, qu'il soit maudit ou béni, puni ou racheté.
"Chez ce Maître, toute effusion du cœur s'achève en prière" (ibidem) : on ne peut mieux dire.
Dans ce contexte intimiste d'une œuvre qui nous propose une vision entièrement sublimée du mythe de Faust par la sincérité du cœur, ce n'est certes pas la transposition du mythe dans notre XX° siècle, entre deux guerres mondiales, qui par elle-même peut heurter - s'agissant d'un mythe comme tel intemporel, peu importent le temps de l'histoire et dès lors l'anachronisme de sa transposition -, mais c'est la dénaturation du récit généreux et "espérant" de Gounod dont elle procède.
Ainsi, l'irruption (à gros traits imagée) de la "bombe atomique" (dans une mise en scène américaine alors que la "toute-puissance" américaine fut la première et la seule à ce jour à en faire usage : culpabilité inassumée ?) née du "laboratoire" du savant Faust m'est-elle apparue comme un contresens.
Sur le registre des détails où le Diable est chez lui..., j'en relèverai un seul, parce que j'ignore si Monsieur Des McAnuff lui a donné un sens délibéré mais il m'a frappée : on voit Marguerite, abandonnée et désespérée, noyer l'enfant né de sa reddition à la diabolique séduction de Faust dans un "lavabo".
Dans un lavabo, vraiment ? ne s'agit-il pas plutôt, symboliquement bien sûr, du bénitier dans lequel Siebel a ramené à la vie ses fleurs vouées à être instantanément fanées par la prédiction maléfique de Méphisto ?
Le crime d'infanticide étant le plus souvent commis par étouffement ou par noyade - une manière dictée par l'inconscient de refuser l'existence même de l'enfant "impossible" -, cette mort par l'eau infligée à son nouveau-né par une mère effondrée et au bord de la folie mais croyante n'est-elle pas un baptême ?
Bien, revenons à la MUSIQUE... elle est somptueusement célébrée ici.
Merci à Yannick Nézet-Séguin pour son admirable - ensemble rigoureuse, amoureuse et ciselée - direction d'une partition orchestrale qui, écoute après écoute, ne cesse de délivrer sa mystérieuse et fascinante richesse, à commencer par son prélude qui exprime avec une telle véracité suggestive la souffrance, l'angoisse et la déséspérance du savant vieilli et solitaire.
Merci aussi à l'orchestre du "Met", toujours magnifique et ici soulevé par l'élan de son chef.
Merci aux chanteurs...
Le Méphisto de René Pape : la subjectivité de chacun étant bien sûr réservée et respectée, je l'ai pour ma part trouvé superbe - distingué, intelligent, subtil -, donnant une vision "aristocratique" du Diable, pourquoi pas ?!, elle ne disqualifie nullement celle, géniale, de Bryn Terfel, car le Diable peut assurément avoir de multiples visages, c'est bien le moins..., et il est magnifique vocalement.
La Marguerite de Marina Poplavskaya : elle est belle et convaincante à tous égards, en voix et en allure, avec cette gravité et cette tenue particulières que lui donnent un visage et un port de femme fragile mais forte, lumineuse mais sombre.
Le Faust de Jonas Kaufmann...
Que dire si ce n'est qu'il a tout pour en être une incarnation suprême et qu'il l'est ?
Doué par Dame Nature d'un physique idéal pour un tel rôle (entre autres), il est ici la somme de tous ses dons : beauté rêvée du timbre, diction française parfaite, art du chant et intelligence du rôle, quand le point de vue réfléchi sur le personnage incarné l'emporte sur toute posture artificielle.
Si je m'attachais aux détails, j'observerais qu'il ne termine plus le splendide "Salut, demeure chaste et pure" comme il le terminait dans son "récital romantique", je crois comprendre pourquoi, mais "le Diable est dans les détails", alors...
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12 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un Faust passionnant !, 19 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust (DVD)
Décidément , Sony se plait à faire languir les amateurs de lyrique ..... les plus belles productions du Met , éditées sous son label , se font sérieusement attendre ! Après le merveilleux Parsifal , dont la date de parution recule chaque semaine un peu plus , c'est au tour du Faust de 2011 ... de jouer les Arlésiennes ..... Espérons que la date annoncée sera enfin respectée , car cette magnifique production vaut largement la peine ......

La mise en scène de Macanuff est intelligente : Ce n'est pas si souvent qu'une "relecture" ..... d'un ouvrage , soit aussi cohérente , et en accord avec le texte ....

La distribution est superlative , dominée par Jonas Kaufmann et René Pape ....... C'est tout dire !

Jonas est un Faust idéal ..... c'est vraiment la perfection , vocalement et dramatiquement . Certes , on a tout dit , concernant cet exceptionnel artiste ..... Mais écoutez sa CAVATINE de l'acte du jardin ..... un legato époustouflant (QUAND respire t il ?????) , une richesse et une variété de sonorités incroyables , et une articulation du français impressionnante ....

Quant à son "complice " René Pape , il est égal à lui meme , c'est à dire excellent ..... son Méphisto est épatant , tour à tour drole , ironique et inquiétant ..... un régal !

J'ai été personnellement émue par la fragilité de la Marguerite que campe Marina Poplevskaya .
Meme si j'ai eu le bonheur d'avoir pu entendre et voir à Paris deux des plus illustres interprètes de ce role : Mirella Freni , et Margarete Price ...... dont le souvenir reste bien sur , inoubliable .....

Les autres protagonistes sont excellents , avec , peut etre , une mention spéciale pour Siebel , alias Michèle Losier .
Enfin , la direction de Yannick Nezet Seguin est passionnante : nerveuse , mais aussi dramatique (scène de l'Eglise superbe ....) , et poétique .

Surtout , dès les premières mesures du prélude , on peut ressentir le RESPECT , avec lequel cet ouvrage (trop souvent décrié , voire méprisé ....) sera défendu ....
En cela , Yannick Nezet Seguin se montre le digne héritier des Pretre , et Plasson .....

Une version passionnante .
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un très beau spectacle, 3 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust (DVD)
Je possède pratiquement tous les DVD du Faust de Gounod. Sans hésiter je placerai celui-ci en tête. D'abord par la qualité de l'inte rprétation,parfaite tant pour les rôles principaux que pour les personnages secondaires. Ensuite pour la qualité de la mise en scène. Celle-ci est certes "moderne" situant l'action dans la première moitié du XXeme siècle, mais elle respecte parfaitement l'œuvre, est à son service et nous aide à mieux la comprendre. Ensuite la qualité technique est excellente, tant l'image que le son; et encore s'agit-il du DVD et non du Blue-Ray. En conclusion, un DVD à acheter sans hésiter, surtout que son prix est raisonnable.
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4.0 étoiles sur 5 Faust gounod, version <<<<<<<<<<<<kaufmann, 17 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust [Blu-ray] (Blu-ray)
Kaufmann est parfait mais n'a ni la grâce ni la présence d'Alagna...Et R Pape surclasse Terfel de l'autre version disponible en BD, et la mise en scène ne respecte pas l'esprit du Faust ,tel que l'a pensé Gounod, si bien, qu'il est difficile de choisir entre les 2 versions aux mérites finalement équivalents....
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5.0 étoiles sur 5 Un rôle vraiment pour Kaufmann, 26 avril 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust (DVD)
Excellent cast. TOUS les chanteurs: Kaufmann, Pape, Poplavskaya, Losier etc. sont très bien dans leurs rôles. Et Yannick Nézet-Séguin fait une lecture pleine de nuances très riche.
Une production classique, même si les chercheurs veulent trouver une bombe, bien jolie.
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 GOUNOD/FAUST/McANUFF-NEZET-SEGUIN, 12 mars 2014
Par 
brissaud (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust [Blu-ray] (Blu-ray)
Certains attendaient, voire anticipaient avec impatience le DVD de cette production de 2011 (reprise de l’original londonien de 2010) du Faust mis en scène par Des McAnuff pour le Met. La voici donc, et c’est une déception.

La faute en incombe tout d’abord au master utilisé par Decca, qui reprend, telle quelle, la retransmission publique effectuée pour la télévision et le cinéma. Cela nous vaut, pour un opéra déjà long, de nombreuses minutes de remplissage publicitaire consistant, presque à chaque changement de tableau, en une présentation de l’œuvre par une « maîtresse de cérémonies » bavarde (en l’occurrence la talentueuse Joyce DiDonato – nous avions eu, entre autres présences du même acabit, Mmes Fleming et Dessay dans la même fonction, avec les mêmes résultats, pour d’autres retransmissions) qui, rideau fermé, sur le plateau, outre les lieux communs qu’elle délivre sur le sujet du jour, assaille les protagonistes de questions flagorneuses, et d’épithètes superlatives (les « thrilling », les « solid gold cast » pleuvent, pour caresser l’ego des interviewés et le poil des commanditaires). Autant dire qu'on n'y apprend strictement rien, et que ces longs intermèdes cassent l’unité musicale de l’ouvrage pour ceux qui n’ont pas la bonne idée de les zapper. Ce bel entre-soi y rivalise de sottise, sauf s’agissant de Marina Poplavsakaïa qui, maussade, et fidèle à sa réputation de cantatrice « rebelle » et fantasque, met un point d’honneur, concentrée sur sa machine à coudre, à ignorer ou à éluder systématiquement la logorrhée de l’intervieweuse, visiblement décontenancée. Zappons donc, en regrettant que l’on ait pas opté pour un vrai making-of réalisé à froid comme dans tant d’autres bons DVD d’opéra.

Cela étant, cet hypothétique making-of eût été bien à court de matériau, au vu du vide sidéral de la conception du metteur en scène. M. McAnuff, pourtant homme de théâtre expérimenté, mais plus ancré dans Broadway que dans la métaphysique goethéenne, choisit une approche à rebours, plaçant le premier acte dans un monde post-nucléaire (1944-45, après Hiroshima) et plongeant un Faust délirant dans l’évocation nostalgique – et coupable- de ses turpitudes passées : idée conventionnelle, et adaptée à Gounod –cela fonctionnerait beaucoup moins bien avec les Faust de Berlioz, Boito ou Busoni) de l’antagonisme connaissance-bonheur, dont il ne tire, passé la première image, strictement rien (en fait, il l’oublie). Un décor immuable, et déjà vu mille fois, en praticables et escaliers encadrant une scène vide, quelques recours à une vidéo plus que kitsch (les bouffées de roses qui saturent la scène du jardin), des costumes à la temporalité incertaine (1860 ? 1914 ? 1945 ?) et souvent laide (les femmes ne sont pas gâtées, tant Marthe que Marguerite ou les choristes, alors que les hommes s’en sortent mieux – tenues militaires ou de soirée, histoire de bien marquer leur domination de genre et de classe) ne masquent en rien l’indigence d’une approche quasi presbytérienne de la problématique et des situations, qui ne présente qu’une pâle application de la triade canon-alcôve-sacristie qui sert traditionnellement l’ossature de l’œuvre. Point de mystère, d’ironie, de blasphème, de gouffres, de mise en question, de prise de distance dans cette mise en place convenue, presque confortable, en tout cas totalement « mainstream ». Il suffit que Méphisto prononce, au IV, après 2h20 d’ennui, la phrase « L’univers s’écroulera » pendant la scène de l’Eglise, pour que ressurgissent, comme une cheveu sur la soupe, les images de cataclysme que l’on a aperçues au début … ce qui justifie une Nuit de Walpurgis que l’on dirait copiée sur une série Z des années 50. Indigence également de la direction d’acteurs, livrant totalement chanteurs et choristes à eux-mêmes. On notera entre autres bêtises, l’erreur majeure consistant à faire apparaître Marguerite avant la 1er intervention de Valentin (expressément exclue par Gounod), histoire que nous comprenions bien qu’elle lui a remis sa fameuse médaille … , ou à la faire rester après avoir éconduit Faust, qui valse même avec elle, ce qui est psychologiquement et dramatiquement absurde … Zappons encore.

Vocalement, le « solid gold cast » tant vanté tient modestement ses promesses : J. K ., qui n’a rien à faire, s’ennuie très ostensiblement, et compense en poussant quelques aigus splendides (dont un diminuendo, non écrit, sur le si naturel du « Je t’aime » adressé à Marguerite au II, qui semble avoir provoqué un orgasme collectif), et d’autres moins (l’ut braillé de « salut demeure chaste et pure »), sans faire oublier que sa voix, trop grosse, trop sombre, trop « Siegmund », comme il le rappelle lui-même, convient mal à ce style de musique (Faust fut conçu pour l’Opéra-comique, voyez Gedda, Kraus, Aragall, Araiza, Villazon, Leech, entre autres). Pape, gris de timbre et bien peu imaginatif, gêné dans l’aigu, s’avère incapable de choisir entre la classe sinistre (voir Van dam), les bouffonneries sardoniques (voir Terfel) ou une dialectique entre les deux (voir Ghiaurov), coincé par le statisme d’une régie qui ne lui livre aucune clé. Seule tentative émoustillante, au IV, enfiler un mouchoir sur le bout de sa canne, et l’enserrer d’un anneau : on a une idée de la finesse symbolique. En Valentin, Russell Braun est une buche, scéniquement et vocalement : regardez 15’’ de Simon Keenlyside dans le rôle et vous comprendrez … Siebel (Michèle Losier) et Marthe (l’inusable Wendy White) s’en tirent très bien, dans le genre convenu, mais laissent la vedette à Poplavsakïa, Marguerite mystérieuse, presque lunaire, en bonne forme vocale, qui n’a aucun mal à concentrer toutes les attentions, malgré de très perceptibles limites dans la tessiture grave du IV qui la trouve passablement essoufflée. La régie l'oblige à noyer son bébé dans un lavabo : quel mérite !!

Rien d’inoubliable, donc. La version choisie est raisonnablement complète (d’important, il manque juste le touchant duo Marguerite-Siebel au IV, qui humaniserait la scène de la chambre) mais sans le ballet : dans une telle coquille vide, c’est mieux. La réalisation abuse des contre-plongées, qui étouffent et engoncent les personnages. Direction solide, voire énergique de Yannick Nézet-Seguin, qui tente de faire du décibel tout en soignant les interventions solistes (belle clarinette), mais ne capte rien de la subtilité de l’orchestre –et de la respiration- de Gounod.
Image superlative en Blu-Ray, et son à l’avenant, malgré un spectre grave trop poussé.
La superbe version Pappano-McVicar de Covent Garden (EMI)Charles Gounod : Faust demeure de loin préférable.En CD, la référence signée Plasson (EMI, avec Studer, Leech, Hampson et Van Dam) Gounod : Faustdemeure inégalée.
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