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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Méchants ! Techniques ! Méchants !, 16 septembre 2014
Par 
Stefan (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Colored sands (CD)
Ils nous auraient presque eu avec l'accent de la belle province, ce côté sympatoche, et qu'on se boit une binouze, et qu'on se mange la poutine, qu'on va dans ton char jusqu'au club et là... Transformation ! Le gentil garçon se mue en brute épaisse, méchant... Mais technique.

Gorguts sont donc québécois, et jouent ce qu'il est convenu d'appeler du Death Metal technique et avant-gardiste... Diable ! Rien que ça, ça fout un peu les jetons, non ? Et à l'écoute ? C'est pire ! Amis de l'harmonie, passez votre chemin ! Vite, sauvez-vous, ça va commencer ! Brrrrrrrrrrrrrrrrrr (ça a commencé.).
J'exagère ? Du point de vu de l'auditeur de, au hasard ?, Coldplay (vous savez, les Phil Collins du 3ème millénaire), je n'exagère nullement. Parce que la brutalité, le chaos que balance Gorguts, c'est quand même quelque chose. C'est, en plus, joué par des musiciens qui, chacun à leur instrument, excèlent dans le genre. Evidemment, pour ceux qui sont plus roués au genre, ceux qui peuvent encaisser leur Carcass, leur Napalm Death ou leur Morbid Angel à haute dose, ceci, pour étonnamment technique que ce soit n'est finalement qu'une étape de plus dans la radicalisation du metal dit progressif. Et les amateurs de rock progressif, justement !, ne se laisseront pas prendre par les cris, les blast-beats furieux, les riffs si acérés qu'ils décapiteraient un troll, la main d'un Fripp est forcément passée par là, dans l'influence technico-exigeante de ciseler des pièces qui se veulent plus que belles mais belles quand même, et s'il y a de la surprise, en plus... De fait, Gorguts, alternant furie et éther, sait brinquebaler son auditeur dans de fines constructions, de vraies chansons en fait, de celles qui ne se révèlent que partiellement à l'oreille vierge. Surtout quand, iconoclastes qu'ils sont, ces cousins d'Amérique balancent, à mi-parcours, une pièce pour quintet à cordes, comme ça, sans prévenir, et que c'est vachement bien fait en plus, et la parfaite respiration avant de replonger dans le magma !

Pour un retour, le groupe s'était séparé en 2005, reformé en 2008 mais n'avait rien sorti depuis, c'est un retour réussi. Enfin, le retour de Luc Lemay et ses nouveaux copains de jeu puisqu'il est le seul survivant de la précédente incarnation des désosseurs de Richmond, leur leader depuis toujours aussi et, présentement, un leader qui peut être fier de son coup parce que Colored Sands, album pas simple à appréhender mais gagnant à être connu, est une sacrée claque !

1. Le Toit du Monde 6:33
2. An Ocean of Wisdom 7:21
3. Forgotten Arrows 5:41
4. Colored Sands 7:55
5. The Battle of Chamdo 4:43
6. Enemies of Compassion 7:03
7. Ember's Voice 6:48
8. Absconders 9:09
9. Reduced to Silence 7:38

Luc Lemay - vocals, guitar
Kevin Hufnagel - guitar
Colin Marston - bass guitar
John Longstreth - drums
&
on "The Battle of Chamdo":
Joshua Modney, Emily Holden - violin
Victor Lowre - viola
Isabel Castellvi - cello
Gregory Chudzik - bass
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 "Le Toit du Monde", 30 août 2013
Par 
Emmanuel Gautier (Strasbourg, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Colored sands (CD)
Depuis le dernier From Wisdom to Hate (2001), le groupe de Luc Lemay avait eu le temps de se séparer en 2005, continuant l’œuvre initiée avec Obscura (1998) dans un autre projet éphémère, Negativa, qui a vu défiler un grand nombre de protagonistes de la scène death metal québécoise (Dominic Lapointe et Etienne Gallo d’Augury, Alain Demners d’Obliveon, Roxanne Constantin de Quo Vadis, Steeve Hurdle, Steve McDonald, Patrick Robert et bien sûr Luc Lemay de Gorguts).

Sur une suggestion de feu Steeve Hurdle, voyant Negativa s’éloigner petit à petit de Gorguts, Luc Lemay reforme le groupe avec en son sein de nouvelles têtes. On voit donc apparaître en 2009 Colin Marston, impliqué dans une multitude de projets plus ou moins progressifs, expérimentaux et post-machin au poste de bassiste ; son compère dans le groupe progressif Dysrhythmia Kevin Hufnagel à la deuxième gratte ; et l’éminent John Longstreth (Origin, Dim Mark) à la batterie.

L’écriture de Colored Sands a commencé en 2009, Gorguts fêtant alors ses 20 ans d’existence. Certains titres ont déjà été joués lors des concerts mais l’album n’est achevé qu’en 2013 et sort sur Season of Mist.

Qu’attendre de Gorguts après 12 ans ?
Le groupe repart exactement sur les bases d’Obscura et From Wisdom to Hate, c’est-à-dire un death metal technique et progressif aux compositions alambiquées, aux riffs optant le plus souvent pour l’atonalité et la dissonance, secondés par des rythmiques imprévisibles d’un plan à l’autre, majoritairement en mid tempo. Ce dernier album a tout de même gardé les colorations plus mélodiques et, disons, « accessibles » de From Wisdom to Hate.

Les fans des deux précédents albums ne seront pas désarçonnés par Colored Sands ; le jeu de Marston et Hufnagel colle tout à fait à la musique de Lemay –il n’y a qu’à écouter Dysrhythmia pour s’en rendre compte.
Autrefois très avant-gardiste, Gorguts a désormais de nombreux homologues parmi ses contemporains, orientés vers la même recherche sonore. Mais sa personnalité est intacte, car on reconnaît immédiatement la voix de Luc Lemay et son riffing unique.
L’ensemble des 9 morceaux est assez homogène, à l’exception de l’instrumental The Battle of Chamdo, entièrement joué aux violons et violoncelles -dans le même style que l'intro de Quest for Equilibrium sur From Wisdom to Hate-, un interlude bien sinistre.
D’une durée moyenne de 6 :30, les compositions misent davantage sur l’ambiance glauque au possible que sur des plans accrocheurs, car il est difficile de retenir des phrases mélodiques avant 2-3 écoutes.

Au final, ceux qui ont aimé Gorguts sur les deux précédents albums aimeront certainement Colored Sands.
Personnellement, j’attendais peut-être un peu plus de cet album, disons une réelle évolution musicale par rapport à ce qui avait été proposé il y a 12 ans. Egalement un peu plus de relief dans les compositions, qu’on peine à distinguer les unes des autres.
L’ensemble est cependant très intéressant, riche et dense et l’atmosphère est lugubre à souhait.
Pas l’album de l’année mais un ajout de qualité à la discographie irréprochable de Gorguts pour ma part.

Retrouvez cette chronique (et d'autres) sur le site "auxportesdumetal.com".
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Colored sands de Gorguts (CD - 2013)
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