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5.0 étoiles sur 5 Un film qui défie le temps, 10 février 2014
Par 
Philomèle (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Le thème principal du film est la prise de conscience rétrospective par Isak, un vieux médecin à la fin de sa vie, que sa réussite professionnelle aura été à la mesure de l’échec de sa vie affective. La construction est assez classique : le vieil homme nous raconte les rêves, les souvenirs, les pensées et les rencontres qui lui surviennent au cours d’un voyage en voiture. Mais il ne nous parle pas seulement en voix off, il se voit lui-même, comme acteur-spectateur à la fois nostalgique et mélancolique, des visions qu’il évoque. Les séquences oniriques sont très importantes : la première, un rêve de mort, traité en surexposition avec un son assourdi, est la plus saisissante, et quiconque l’a découverte dans son jeune âge s’en souviendra toute sa vie. La seconde, beaucoup plus longue, nocturne, distille une inquiétude diffuse, mais plus douloureuse encore. La dernière en revanche mène à l’apaisement du « temps retrouvé ». Les scènes réalistes sont très sobres, avec un usage d’autant plus efficace que minimal de la musique. Les disputes entre Isak et sa gouvernante sont de petites scènes de comédie très réussies, de même que, parmi les souvenirs de jeunesse, l’évocation du repas d’anniversaire est infiniment plus alerte que les pesantes scènes familiales que Bergman tournera vingt-cinq ans plus tard pour "Fanny et Alexandre".

Les interprètes restituent à merveille la riche palette psychologique des personnages : Victor Sjöstrom est inoubliable dans le rôle pathétique du vieil Isak Borg, capable d’affection et de gentillesse superficielles, mais enfermé dans la solitude par son égoïsme, sa rigidité morale, et surtout une froideur héréditaire (« les douleurs de l’âme me laissent froid », avoue-t-il), qui l’ont empêché de se faire aimer de la jeune fille qu’il courtisait jadis ; Bibi Andersson, dans le double rôle des deux jeunes Sara, est d’une fraîcheur sans mièvrerie, irrésistiblement charmante ; Gunnar Björnstrand est parfait en Evald, le fils d’Isak : seul pourrait le sauver du nihilisme l’amour de sa femme Marianne, dont Ingrid Thulin, d’une beauté rayonnante, exprime avec beaucoup de noblesse la lucidité et la vitalité.

Dans les seconds rôles, on retrouve d’autres excellents acteurs de la « troupe » habituelle de Bergman : Naima Wifstrand en mère glaciale d’Isak, Gertrud Fridh dans le rôle de son épouse nymphomane, Gunnar Sjöberg et Gunnel Broström en couple désaxé, ou Sif Ruud en tante autoritaire, Max von Sydow en patient reconnaissant, Gunnel Lindblom en soeur compréhensive... Ce film est sans conteste un des plus riches de Bergman, et un sommet de son oeuvre : on ne peut qu’admirer la maîtrise avec laquelle il réussit à faire tenir une telle quantité d’éléments narratifs avec cohérence et fluidité, dans un film relativement court, et dans une stricte unité de temps (une journée) : comme le dit Isak, il y a « une remarquable causalité dans cette suite d’événements », et on a beau revoir et revoir le film, on n’y trouve pas une image, un son, un mot ni un regard de trop.
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