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Il y a des jalons dans une vie de spectateur. Indéniablement, pour moi, la vision assez rapprochée au début des années 90 de deux films ayant en leur centre des personnages d'enfant, tournés dans un Noir & Blanc très contrasté et assez violemment expressionnistes, en est un. Deux astres noirs venus de contrées éloignées et réalisés par des cinéastes au tempérament bien différent - le Russe Vitali Kanevski pour Bouge pas, meurs et ressuscite, l'Ecossais Bill Douglas pour sa Trilogie - mais dont les points communs ne pouvaient que me frapper. Outre le choix du N&B, une proximité du créateur avec son enfance qui n'empêche ni sa reconstruction ni un travail formel élaboré, l'influence du muet et surtout des cinéastes soviétiques, la période (la guerre, même si l'on est loin du front), le côté désespérant du cadre contre lequel l'énergie vitale de l'enfant se cogne - avec un tempérament plus bouillonnant pour le garçon de chez Kanevski - mais aussi des points de rapprochement plus ponctuels et pourtant essentiels comme la présence d'un camp de prisonniers à proximité et l'amitié qui se noue entre l'enfant et un prisonnier de guerre (japonais chez Kanevski, allemand chez Douglas).

Né en 1934 et mort en 1991, le cinéaste écossais Bill Douglas est une figure essentielle du cinéma britannique des 40 dernières années. Enfant illégitime, il ne vit ni avec sa mère (envoyée à l'asile) ni avec son père (absent) mais avec ses grand-mères maternelle puis paternelle, dans un village minier près d'Edimbourg. Après son enfance, pauvre et assez malheureuse, il change de condition grâce au service militaire où il part pour l'Egypte, et à son déménagement pour Londres dans les années 50. Fou de cinéma, collectionneur, il a quelques petits boulots ayant trait au théâtre et au cinéma, puis va être soutenu par Lindsay Anderson après qu'il lui a soumis le premier état d'un script nourri de ses souvenirs d'enfance. A la suite de quelques courts métrages, il réalise un premier moyen métrage, My Childhood, première partie d'une trilogie sur son enfance tournée jusqu'en 1978 avec le même acteur, Stephen Archibald. Les deux volets suivants, My Ain Folk et My Way Home, tournés dans un N&B moins charbonneux - on soupçonne que le premier fut tourné avec des bouts de pellicule de sensibilité et de qualité différentes - sont également un peu plus loquaces que le premier film, particulièrement taiseux. Par la suite, Douglas n'arrivera à tourner qu'un seul autre long métrage, Comrades, autour de l'histoire de fermiers envoyés en Australie parce qu'ils s'étaient syndiqués (dans les années 1830). Même avec une si faible production, le legs de Bill Douglas est considérable. La Trilogie a marqué durablement nombre de spectateurs qui sont devenus cinéastes, à commencer par Terence Davies, dont la Trilogie est un écho évident à celle de Douglas : The Terence Davies Trilogy (également trouvable dans l'essentielle Terence Davies Collection, voir mon commentaire). Les cinéastes écossais reconnaissent encore plus particulièrement leur dette envers Douglas, comme par exemple Lynne Ramsay (voir mon commentaire sur le très beau Ratcatcher).

L'autre raison pour laquelle Bill Douglas a aujourd'hui un cercle d'admirateurs sans doute plus grand que jamais, c'est que le British Film Institute l'a remis en lumière ces dernières années et l'a particulièrement bien servi. Les films n'ont jamais cessé d'être montrés dans les salles de répertoire, mais c'est surtout l'édition de la Trilogie en vidéo, tout d'abord en VHS puis dans une édition dvd de grande qualité et pour finir en blu-ray, qui a permis qu'il ne tombe pas dans l'oubli. A l'heure qu'il est, l'édition la plus couramment disponible répond à la politique du BFI de privilégier les éditions 'combo' dvd & blu-ray : Bill Douglas Trilogy (DVD + Blu-ray). Il en va de même pour Comrades, qu'ils ont d'abord sorti en dvd, puis en blu-ray, et qui aujourd'hui se trouve dans une telle édition combo : Comrades (DVD + Blu-ray). Enfin, c'est la ressortie assez large de ces films à l'été 2013 qui a permis de les (re)mettre en lumière de belle façon en France. Cette mise en valeur est aujourd'hui parachevée par l'édition de coffrets dvd tout aussi remarquables que les coffrets anglais (Trilogie Bill Douglas + livre, voir plus bas pour le contenu, et Comrades - Édition Collector).

Quant au récit relaté par les trois films, on peut se référer à la description ci-dessus. Le début de My Childhood ayant posé la situation - dans un village minier, deux frères de pères différents et tous deux absents, dont la mère se trouve dans un asile, vivent avec leur grand-mère - les deux premiers films de la Trilogie déclinent les rapports des enfants à leur entourage, et en particulier aux figures d'adultes, parents directs ou autres. Les frères étant séparés dans My Ain Folk, le film se centre plus encore sur le personnage du plus petit, Jamie, alter ego du réalisateur. Il est d'ailleurs intéressant de noter que, si Douglas utilise la 1ère personne dans le carton qui ouvre son film, il a donné un autre prénom que le sien à son personnage, illustration typique de la volonté d'un créateur d'être à la fois très proche de ses souvenirs et de les mettre à distance. Cette distance se retrouve évidemment dans le style adopté par Douglas, expressionniste, surtout dans le 1er film (changements d'échelles et coupes violentes, plans brusques ou arrêtés sur des visages ou des objets) mais économe. A vrai dire, si ses influences sont nombreuses, on pourrait dire que Douglas est autant marqué par son amour du muet et des cinéastes soviétiques que d'un Robert Bresson par exemple. Si les situations sont chargées, cette épure stylistique fait que presque à aucun moment l'on ne verse dans le trop-plein de sentimentalité ou le misérabilisme. Dans le 2ème film, quelques moments d'humour ou de légèreté (retrouvailles des frères) viennent alléger ce qui reste par ailleurs d'une gravité que d'aucuns trouveront plombante. Il ne faut pas le cacher, ce sont des films aussi austères que peu engageants, dont la beauté réside dans l'économie de la narration et la condensation du propos d'une part, dans le sens du détail et la beauté foudroyante de certains plans de l'autre - au hasard, dans My Childhood, les plans montrant Jamie verser de l'eau chaude dans une tasse, la renverser sur la table et aller mettre la tasse dans les mains de sa grand-mère pour lui réchauffer les mains. Si l'on retrouve toutes les qualités des deux premiers films dans My Way Home, celui-ci, des trois le plus long (1h09) est à la fois le plus varié et le plus décanté, celui qui recherche le plus un certain vernis formel aussi. Entre chaque film, l'on sent Bill Douglas s'être purgé d'un certain nombre de choses, lui qui disait être obsédé par son passé lorsqu'il était jeune homme, même si le 3ème film, qui voit le retour d'une éducation institutionnalisée ambivalente au milieu familial dysfonctionnel à la caserne, n'en est pas moins la peinture d'un monde assez cruel qui ne réussit pas à s'adoucir pour cet enfant de plus en plus solitaire et misanthrope. Stephen Archibald, le jeune acteur que l'on voir grandir tout au long des 7 ans sur lesquels le tournage s'est étendu, lui-même un enfant assez triste apparemment, aurait un jour demandé à son réalisateur s'il s'agissait bien de son enfance et, ayant reçu confirmation, aurait déclaré : "Je suis content de ne pas être toi". Pas besoin d'en rajouter sur la question. Cela étant, il est évident que dans le 3ème film l'on assiste à l'émergence de l'espoir d'une émancipation et d'un changement de vie - celle de l'artiste à venir - que l'ailleurs et l'amitié permettent d'entrevoir. Quelques mots sur l'interprétation : on pourra trouver que tel ou tel moment ne sonne pas aussi juste qu'il le devrait. Evidemment tourné avec des non-professionnels pour un bon nombre d'entre eux, Douglas recherche un naturel travaillé que ses acteurs ne savent pas toujours lui donner, mais il est tellement évident qu'il arrive également à capter des choses d'eux qu'il n'aurait pas forcément obtenu d'autres qu'il ne s'agit pas de lui en tenir rigueur. Ce qui est certain, c'est que Douglas a trouvé en Stephen Archibald un double idéal - Archibald, qui voulait continuer le cinéma et n'y est jamais arrivé (Douglas a essayé de le tirer de prison pour un autre rôle, sans succès) est mort en 1998.

SUR LE COFFRET UFO

La base de ce coffret réalisé par UFO est évidemment les masters réalisés par le BFI pour ses propres éditions. On peut regretter, alors qu'il existe un blu-ray BFI, qu'UFO n'ait pas jugé bon de l'inclure. Hormis cela, il n'y a rien à redire à un travail en tout point exemplaire.

Tout d'abord, l'objet : un coffret cartonné comprenant un coffret plat réunissant un dvd pour les trois films et un pour les suppléments ; un livret d'une centaine de pages sur papier glacé, très élégamment réalisé, propose 7 textes copieusement illustrés (les images sont remarquablement reproduites).

Les textes, qui vont de la présentation de la Trilogie à des analyses de séquence en passant par les souvenirs de l'ami proche Peter Jewell (et les fils qu'il tisse entre Douglas et Truffaut), complètent parfaitement les suppléments vidéo. il faut préciser qu'UFO ne s'est pas contenté de reprendre les bonus des éditions du BFI. Ceux qu'ils proposent, au nombre de 5, sont plus exceptionnels encore que ceux du BFI (seule une partie s'y trouvait déjà) :
- Come Dancing, son court métrage de fin d'étude (13')
- Entretien avec Peter Jewell (13'), l'ami proche qui était sans doute avant tout le premier lecteur et collaborateur
- Entretien avec le producteur du BFI Mamoun Hassan (14'), particulièrement intéressant en ceci que s'il lui reconnaît un talent fou, il explique comment le type d'engagement qu'il pouvait avoir se payait d'une intensité parfois violente
- Deux entretiens avec Bill Douglas lui-même (29'), qui n'étaient pas fournis dans l'édition BFI et qui sont d'un intérêt d'autant plus grand qu'il reste très peu d'enregistrements de ses propos. Où éclatent aussi bien sa sensibilité que sa détermination à arriver à un résultat précis
- Un documentaire sur Douglas et son cinéma, assez complet et bien troussé (60') : "Lanterne magique : Bill Douglas et l'histoire secrète du cinéma"

Ceux qui ont vu les films en salle, y compris dans la version restaurée numérisée distribuée cet été, savent déjà que, pour My Childhood en particulier, l'image présente un fort grain. La restauration n'a de toute évidence pas éliminé toutes les imperfections et il ne faut pas s'attendre à une image d'une définition faramineuse. Vu la pellicule avec laquelle Douglas a tourné, cela n'a de toute façon été le cas dans aucune copie, pas plus argentique que numérique. Les masters de My Ain Folk et My Way Home correspondent plus à ce qu'on peut attendre d'un N&B très correctement numérisé, qui ne lamine pas les contrastes. VOSTF uniquement, son mono d'origine restauré.

Ces dvd sont donc déjà de très bonne qualité. Le blu-ray BFI, en rendant les contrastes plus marqués encore, en respectant mieux les noirs, réussit à opérer un saut qualitatif bienvenu. Comme dans toutes les éditions du BFI, il n'y a de sous-titres qu'en anglais : je les indique avant tout pour les anglophones. Comme je le répète souvent - c'est le cas encore ici - le fait qu'il y ait peu de paroles dans ces films peut vous engager, surtout si vous parlez ou pouvez lire au moins un peu l'anglais, d'acquérir ces films directement dans la version blu-ray du BFI mise en lien ci-dessus (le point positif est que tous les suppléments sont également sous-titrés en anglais, que le livret fourni est également bien réalisé et qu'il est, pour l'heure en tout cas, très peu onéreux). Cela étant, vous aurez compris que l'édition française, au-delà des sous-titres qu'elle propose évidemment, a ses propres forces et propose un coffret des plus complets et satisfaisants.

Merci au BFI et à UFO d'avoir su concocter des éditions de cette qualité pour ces fleurons du patrimoine cinématographique britannique. Ces films-ci, si vous n'avez pas les préventions qu'ont certains de nos cinéphiles en France à l'encontre du cinéma britannique, sont des trésors qu'il faut absolument contempler.
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le 4 mai 2015
intellectuellement stimulant mais esthétiquement décevant
de cette plongée dans un contexte social archipopulaire, l'auteur semble sortir par une esthétique quasi décadente (Bresson, Truffaut etc...)
Clash entre la simplicité biblique du sujet et l'artificiel du traitement laborieux
Je n'ai jamais ressenti la moindre émotion devant ces images d'un réel en soi bouleversant, mais j'ai au contraire toujours senti la présence d'un cinéaste prétentieux, qui sent qu'on le regarde.
Il n'y a pires intellectuels que certains autodidactes.
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