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4.0 étoiles sur 5 1ers films de Wong Kar-wai réédités par ARP en coffrets dvd et blu-ray : de franches améliorations, même si encore un peu mitigé, 16 novembre 2013
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 10 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
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NB En 2013, ARP ressort en vidéo les premiers films de Wong Kar-wai, qu'il a tous distribués sauf le tout premier "As Tears Go By", en coffret dvd (Coffret La Révolution Wong Kar-wai - Nos années sauvages + Les cendres du temps + Chungking Express + Les anges déchus + Happy Together) et blu-ray (Coffret La Révolution Wong Kar-wai - Nos années sauvages + Les cendres du temps + Chungking Express + Les anges déchus + Happy Together - Blu-ray). On peut pointer des différences notables avec la précédente édition en dvd (Coffret Wong Kar Wai 4 DVD : Nos années sauvages / Happy Together / Les Anges Déchus / Chungking Express), de la qualité de certaines copies aux adjonctions de quelques menus suppléments et surtout de la version Redux des Cendres du Temps, qui était sortie quelques années après en édition séparée. Le coffret blu-ray est quant à lui une première puisque si ces films étaient sortis dans ce format en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, ce n'était jusqu'à présent pas le cas en France. Il y a évidemment des points communs entre les deux coffrets, mais comme j'ai pu faire un comparatif je sépare les deux ci-dessous pour plus de clarté. Disons que le bilan est globalement positif pour les deux, mais qu'en ce qui concerne le coffret dvd cela laisse encore un peu à désirer (les suppléments vidéo ne sont de toute façon pas vraiment à la hauteur dans les deux cas).

QUELQUES NOTES SUR LES FILMS

Près de 20 ans après leur découverte en salle - ils ont été distribués de façon non chronologique, alors qu'aujourd'hui il est bien sûr possible de les voir 'dans le bon ordre' si on le souhaite - le charme de ces films opère encore et rend un peu nostalgique. De tels cinéastes, de telles oeuvres, pourraient-ils émerger dans le contexte actuel du cinéma mondial, et en particulier asiatique? Sans doute, mais la conjonction qui a rendu possible l'émergence de plusieurs individualités aussi fortes que celles de Wong Kar-wai dans les trois grandes parties du monde chinois (Chine continentale, Hong-Kong, Taiwan) et en Corée dans les années 90 et au tout début des années 2000 semble tout de même déjà assez loin. Heureusement ces cinéastes-là sont encore peu ou prou en activité et nous envoient des nouvelles de temps à autre, mais qu'il est difficile pour les autres d'émerger avec des points de vue et des projets aussi singuliers!

Dans le cas de Wong Kar-wai, on sait la suite, l'accession au statut de super-auteur aussi exotique que cool avec In the Mood for Love, 2046 et My Blueberry Nights. J'utilise ces adjectifs tout en ne les reprenant pas à mon compte et en sachant que tous les spectateurs, tant s'en faut, ne l'ont pas étiqueté tel. L'effet de mode, qui s'est estompé assez rapidement de toute façon (pour beaucoup dès 2046, oeuvre certes assez difforme mais inspirée en tellement d'endroits que je n'hésiterais pas à la qualifier de géniale malgré tout), n'a pas conduit tout le monde à regarder ces films comme autre chose que de nouvelles déclinaisons dans la représentation d'un mal-être contemporain qui se teinte parfois de nostalgie mais dont le carburant est avant tout une mélancolie prégnante. Jusques et y compris dans The Grandmaster, véritable aboutissement d'un ensemble où chaque élément se répond en se déployant avec de plus en plus de maestria.

Evidemment, tout ce qui se trouve dans ces derniers films se trouvait déjà dans les premiers : même pas en germe, déjà absolument présent, même si avec un style parfois plus nerveux et moins volontairement grandiose. Tout y était, donc : la réflexion sur la rencontre amoureuse et son inévitable désynchronisation, ses corollaires évidents (la découverte et/ou l'acceptation de l'autre comme autre ; le temps au travail dans la construction du rapport, dans l'effilochement comme dans le destruction des liens ; la perception de ce temps, tour à tour distendu ou accéléré ; la mémoire, indispensable à la vie autant qu'elle est traîtresse), l'ailleurs comme aspiration et comme illusion, et baignant le tout, ce sentiment mélancolique d'être au monde sans pouvoir avoir de véritable prise sur lui.

A revoir ces films, on peut se dire que la façon dont on les a présentés parfois au début - en gros, la vision du couple et l'ennui existentiel d'un Godard ou d'un Antonioni mis au goût du jour pour une génération formée à la culture visuelle du clip - n'était ni entièrement vraie ni entièrement fausse. Si Les Anges déchus montrent bien les limites d'un tel formalisme lorsqu'il finit par s'enivrer de lui-même, le reste des films ne se cantonnent à mon avis jamais à lui. Wong Kar-Wai a de toute évidence su rendre glamour l'ennui ou la dérive existentielle de certains de ses personnages en alliant nervosité du trait et variété d'effets de style qui ne cherchent pas à se cacher (mouvements de caméra et photographie intrépides, festival de caméra portée virevoltante et de décadrages, montage son et musique assez vif) et bien sûr en utilisant des stars absolu(e)s dans ses films, tant du cinéma que de la pop (Brigitte Lin, Faye Wong, Tony Leung, Leslie Cheung, etc). Le tout sur fond de tension dans une Hong Kong en pleine mutation, avant, pendant et après la rétrocession de la colonie à la Chine - Happy Together est de ce point de vue le film charnière. Si In the Mood for Love a pu mettre en exergue, comme Nos Années sauvages avant lui, la composante nostalgique de Wong Kar Wai et son amour d'une Hong-Kong déjà disparue, il va de soi que le sentiment du temps qui file pour ne pas revenir est également au centre des captations les plus contemporaines d'une ville en constant changement (Chungking Express, Les Anges déchus, et dans Happy Together deux villes aux antipodes, Buenos Aires et Hong Kong). Le vers de Baudelaire dans "Le Cygne" s'applique comme jamais ici : "la forme d'une ville / Change plus vite, hélas! que le coeur d'un mortel".

Glamour, ce cinéma l'est sans doute, mais pas toujours de façon tapageuse (en tout cas, certainement moins dans ses premiers films que dans les suivants). Non seulement parce que le quotidien intéresse Wong Kar Wai plutôt deux fois qu'une - il est même au centre de Chungking Express et Happy Together, sans doute les deux meilleurs films de ce coffret à mon sens - mais aussi parce que ses acteurs n'ont pas besoin d'être glamourisés à outrance pour être glamour malgré tout. Le personnage de Faye Wong dans Chungking Express est à cet égard une des plus belles créations de son auteur, et comme dirait Quentin Tarantino dans la présentation qu'il fait du film, on ne pourra plus jamais entendre "California Dreaming" sans l'imaginer se déhancher sur la chanson!

Cinéaste du couple, Wong Kar-wai est par ailleurs un des tout premiers à avoir consacré un film entier aux difficultés d'un couple d'hommes sans pour autant faire un sort à sa spécificité homosexuelle. Depuis, plusieurs films ont dépeint un couple du même sexe à l'écran de façon 'naturelle', sans avoir besoin de le justifier auprès du spectateur, mais Happy Together tenait du coup d'éclat : en dépeignant un couple qui n'avait ni plus ni moins de difficultés à vivre que les autres de ses couples, Wong Kar-wai imposait au spectateur une donnée qu'il n'avait qu'à accepter pour se laisser porter par cette variation sur le même thème.

Sur les Cendres du Temps et la spécificité de la version Redux, je renvoie à mon commentaire sur l'édition séparée du film : Les Cendres du temps - Redux.

COFFRET DVD ARP 2013

Comme dans la 1ère édition, tous les films sont présentés en VOSTF ou en VF, sauf Nos années sauvages qui ne se trouve qu'en VOSTF.

Au titre des ajouts :
- la version Redux des Cendres du Temps, détaillée dans le commentaire sur la page mise en lien ci-dessus, donc (il s'agit de la même édition)
- sur le dvd de Chungking Express, deux suppléments tirés de l'édition américaine : l'introduction de Quentin Tarantino, ardent défenseur des premiers films de Wong Kar-wai - ce n'est pour autant vraiment pas la peine d'appeler WKW 'le Tarantino asiatique' comme le fait la jaquette du dvd, leur cinéma n'ayant que très peu de points commun - et une dizaine de minutes avec le chef-opérateur Christropher Doyle, véritable co-créateur des films avec WKW
- sur le dvd des Anges déchus, une 'featurette' avec Christopher Doyle là aussi
- sur le dvd de Happy Together, une 'leçon de cinéma' de WKW, qui normalement devrait correspondre à celle qu'il a donnée à Cannes et qui est en fait un montage de cela, de conversations de café avec lui et Christopher Doyle, d'images tournées à Hong-Kong et de larges extraits des films. Une demi-heure qui finalement comprend relativement peu de propos du cinéaste, dans une qualité vidéo très moyenne, finalement bien décevante.

Etat des masters : Nos années sauvages est sans doute le film qui a le moins été arrangé. Les Anges déchus est quant à lui présenté dans un master qui rend la photo un peu mieux définie. Mais ce sont surtout Chungking Express et Happy Together qui ont le plus bénéficié que le coffret soit remis sur le métier : le photo est beaucoup mieux respectée, les couleurs sont nettement plus vives et moins délavées, la diffusion de la lumière - lorsqu'il y en a - est bien mieux restituée. Le son a lui aussi globalement été amélioré.

Le livret de 40 pages, fourni avec le coffret blu-ray, n'est pas inclus dans le coffret dvd. C'est bien joli les exclusivités blu-ray, mais franchement vu le prix pratiqué pour le coffret dvd - ayant déjà fait l'objet d'une première édition, je le rappelle - cette absence ne se justifie aucunement.

Conclusion : si vous avez déjà le 1er coffret et ne comptez pas acquérir le coffret blu-ray, l'amélioration d'au moins deux des masters est avec l'ajout des Cendres du Temps la raison principale de racheter éventuellement le coffret dvd. Chungking Express et Happy Together ont tout de même des copies qui permettent de voir les films dans des conditions nettement meilleures (pour ce qui est de l'édition française en tout cas). Les bonus supplémentaires n'ont quant à eux rien de déterminant. On regrette que cette nouvelle édition n'ait pas été l'occasion d'un véritable travail éditorial (il y avait tout de même mieux à trouver en termes de bonus vidéo). ARP distribue beaucoup de films intéressants, mais ses éditions dvd laissent un peu trop à désirer, de l'état des copies au travail éditorial souvent bien chiche.

COFFRET BLU-RAY ARP 2013

Même configuration pour ce qui est des langues et des suppléments proposés. Toutes les pistes en version originale sont en 5.1 DTS HD Master Audio sauf celui de Nos Années sauvages, qui est 2.0. Les pistes en VF sont en 2.0, sauf celui des Cendres du temps qui est en 5.1. N'ayant pas un équipement de pointe, je me bornerai à constater que les pistes sonores sont dans l'ensemble bonnes, en tout cas en VO car je n'ai pas écouté les VF.

Le livret de 40 pages fourni reprend les articles et entretiens tirés de la revue Positif portant sur les films concernés. Un petit livre aux éditions Scope les avait déjà repris, intégralement jusqu'à My Blueberry Nights (lien ci-dessous) mais c'est évidemment une excellente idée que d'avoir conçu le livret autour d'eux car ils sont riches et variés (entretiens avec Christopher Doyle et Tony Leung, pas uniquement de WKW). Aux textes et entretiens de Positif, le livret ajoute des repères et citations et bien sûr des reproductions, de très bonne qualité. Comme le livret est bien fait, on regrette d'autant plus son absence dans le coffret dvd.

L'essentiel tient évidemment à la qualité des masters HD. Rien d'absolument parfait ici, mais une très nette amélioration par rapport aux éditions dvd précédentes, et une amélioration parfois sensible par rapport au nouveau coffret dvd. Nos Années sauvages, qui bénéficie du passage en HD, reste toutefois le film à la définition moindre et au grain le plus présent. Cela étant, il ne s'agissait pas de le dénaturer et l'on peut dire que le résultat est tout de même probant. Les Cendres du temps, le film aux couleurs systématiquement plus vives, présente bien quelques défauts (accentuation de l'effet 'toile peinte' de certains plans de paysages, petit manque de stabilité ici et là), mais les couleurs les plus vives ressortent bien (les jaunes, très présents, en particulier) et de toute façon en arrivant à sa version Redux, Wong Kar-wai avait repris des éléments abîmés et le résultat était tributaire de cela dès le départ, y compris lors de la ressortie en salle. Comme dans le coffret dvd, ce sont Chungking Express et Happy Together auquel le passage en HD fait le plus de bien - il faut dire que les copies du 1er coffret dvd étaient bien médiocres. On pourra toujours noter un petit manque de définition ici, des palpitations là. Mais outre que les couleurs sont vives et ne bavent pas, les fameux plans saccadés à la WKW sont enfin assez stables pour ne pas donner l'impression d'une numérisation hâtive (ce qui est parfois le cas dans le nouveau coffret dvd).

Le coffret blu-ray donne quant à lui presque entière satisfaction, en particulier compte tenu du matériau de départ pour certains films. Si vous avez le choix, il ne faut pas hésiter et se porter sur lui.

La note attribuée est globale. Je noterais un peu au-dessus de 4 le coffret blu-ray, un peu en dessous le coffret dvd.

AUTOUR DES FILMS

Comme il n'y a plus même l'ombre d'un livret basique dans le coffret dvd, il faudra aller se renseigner autrement pour savoir ce qu'il y a derrière les films de WKW. Je conseille vivement le petit livre de la Collection Positif qui rassemble les critiques ayant paru dans la revue et les entretiens donnés par WKW et certains de ses collaborateurs (dans lequel ARP a puisé pour le livret du blu-ray, donc). Les textes et entretiens sont éclairants, et l'iconographie, fort bien choisie, est somptueusement reproduite dans l'ensemble : Wong Kar Wai. Auquel on peut ajouter la petite monographie de Thierry Jousse dans la collection des Petits Cahiers.

Je ne manque jamais de rappeler qu'une des musiques choisies par WKW dans Happy Together est due à l'immense Astor Piazzolla, dans un de ses derniers disques, à la mélancolie tellement poignante qu'elle ne pouvait qu'être choisie un jour par ce cinéaste : partir en Argentine lui en aura donné l'occasion. Un album splendide, qui plus est au titre magnifique : The Rough Dancer And The Cyclical Night (Tango Apasionado).
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