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4.0 étoiles sur 5 Tempête contemporaine, 16 novembre 2013
Par 
STEFAN (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : On the Torment of Saints, the Casting of Spells and the Evocation of Spirits (CD)
Du John Zorn contemporain, du John Zorn mystique aussi, pas exactement la partie la plus abordable de l'œuvre du stakhanoviste New Yorkais mais un excellent examen des tréfonds d'un occiput dont on me murmure que la dissection ne déplairait pas à quelques neurochirurgiens parce que, tout ça part un seul homme, ce n'est définitivement pas humain.

On the Torments of Saints, the Casting of Spells and the Evocation of the Spirits (quel titre !) n'est que la 7 ou 8ème galette de l'an (selon que l'on compte le Painkiller sorti à la même date avant ou après), ce serait presque une petite année si ne s'annonçait déjà deux additions pour décembre... A 60 ans, John Zorn a encore donc la forme et l'inspiration, bonne nouvelle.

Concrètement, le présent opus se partage en 3 sections pour autant de formations.
Ca commence avec The Tempest qui porte bien son nom. Flute, clarinette et batterie, il n'en faut pas plus pour habiter cette pièce où se marient chaos et mélodie. En schématisant, on dirait que la batterie joue le tonnerre et le fracas du vent surpuissant détruisant tout, emportant tout quand les vents qui l'accompagnent jouent la pluie et les divers objets emportés par le souffle ravageur. En schématisant, donc, parce que les tourbillonnements de la flute et de la clarinette sont venteux aussi, et que la batterie, instrument trop peu utilisé en musique contemporaine conférant à la tempête dont il est question un petit quelque chose de jazzy pas désagréable, évoque à merveille le démembrement, le bringuebalement d'artefacts dépecés. Et c'est passionnant ! Epique ! Et, forcément, tumultueux. Savant et accessible à la fois, cinématique, et mélodique aussi, quoique rarement classiquement mélodique et, surtout !, jamais ennuyeux... En un mot comme en mille, formidable ! Un sommet zornien, rien de moins.
Vient ensuite All Hallows' Eve suite en 3 parties pour deux violoncelles et un violon. On y retrouve épisodiquement l'approche cartoonesque que Zorn a souvent du classique contemporain atonal pour une partition, par contre, plus austère que celles auxquelles ce traitement est habituellement réservé, en gros, si vous voulez vous marrer, il faudra repasser. Formellement, on y retrouve une de ces compositions mathématico-mystiques où Zorn se réfère autant à la sorcellerie qu'il s'intéresse à la construction comme nous l'expliquent les notes de pochettes (où comment perdre l'auditeur lambda dans des calculs de mesures en rapport à des œuvres de Webern et Schoenberg). Musicalement, sans le support (au moins mental) d'image évocatrices, le triplé de mouvements paraitra au mieux abscons, imbittable. Avec ? C'est une toute autre histoire et un sabbat inquiétant peuplé de stridences sombres et de lumières violentes.
Et finalement, The Temptations of St. Anthony, qui justifie l'usage d'un sommet de Savador Dali en illustration de couverture de l'alum, thème classique s'il en fut que Zorn traite avec la formation la plus développée du présent opus. C'est aussi l'œuvre la plus classique des trois pièces de l'album. On y retrouve une formation de chambre égrenant une série de figures dont on se doute que chacune représente une tentation de ce vieil Antoine, qui résistera ! Comme All Hallows' Eve, on regrettera l'absence d'un support visuel qui aurait indéniablement donné du corps à cette musique certes évocatrice mais un poil trop éclatée pour qu'on se laisse totalement emporter. A défaut, on peut se faire son film, si on veut, si on peut...

Toujours aussi prolifique, toujours aussi passionnant, John Zorn continue d'épater par sa capacité à toucher à tout sans jamais se perdre. C'est encore la cas dans cet On the Torments of Saints, the Casting of Spells and the Evocation of the Spirits (quel titre ! (bis)) où, si tout ne nous convainc pas également, rien ne déçoit vraiment non plus. Et puis, finalement, rien que pour le fantastique The Tempest, il devrait être impossible de s'en passer !

The Tempest
(a masque)
1. The Tempest 11:20
All Hallows' Eve
(satanic counterpoint for the witches' sabbath)
2. I - Matins 9:29
3. II - Lauds 4:09
4. III - Vespers 1:37
The Temptations of St. Anthony
(thirteen talismanic antiphons for piano and nine instruments)
5. The Temptations of St. Anthony 8:46

Jon Zorn - composition, production, direction
&
- The Tempest
International Contemporary Ensemble:
Claire Chase - flute
Joshua Rubin - clarinet, bass clarinet
Nathan Davis - drums, percussion
- All Hallows' Eve
Chris Otto - violin
David Fulmer - alto
Jay Campbell - cello
- The Temptations of St. Anthony
Fifth House Ensemble:
Melissa Snoza - flute
Crystal Hall - english horn
Jennifer Woodrum - clavinet
Karl Rzasa - bassoon
Matt Monroe - french horn
Jani Parsons - piano
Andrew Williams - violin
Clark Carruth - viola
Herine Coetzee Koschak - cello
Eric Snoza - bass
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