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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage de référence.
Morts pour Vichy/Alain Decaux
C’est à une période sombre de l’histoire, celle du régime de Vichy, que fait référence cet ouvrage très complet, passionnant et admirable d’Alain Decaux, en évoquant des personnages politiques ou militaires aux actions souvent troubles, antirépublicaines et...
Publié le 13 janvier 2013 par Gerard Müller

versus
5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 4 Personnages dans le côté obscur
Un livre qui retrace la fin de la vie de 4 personnalités qui ont incarné Vichy. Un militaire élevé par un peuple au rang de demi-dieu, un amiral de flotte plus politicien que marin, un bureaucrate opportuniste et un socialiste reconverti a l'antisémitisme et au fascisme pour la circonstance. 4 personnages dans le coté obscur et...
Publié le 1 novembre 2004 par treza_imperator


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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage de référence., 13 janvier 2013
Par 
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Morts pour Vichy : Pétain, Darlan, Pucheu, Laval (Broché)
Morts pour Vichy/Alain Decaux
C’est à une période sombre de l’histoire, celle du régime de Vichy, que fait référence cet ouvrage très complet, passionnant et admirable d’Alain Decaux, en évoquant des personnages politiques ou militaires aux actions souvent troubles, antirépublicaines et criminelles.
A l’opposé, on découvre des figures héroïques comme celle du colonel Sylvestre van Hecke qui à la suite de la capitulation et de l’armistice signée par Pétain en 1940 estime qu’il faut réagir et reprendre la guerre contre l’Allemagne. Ou encore des personnages charismatiques tels que Henri d’Astier de la Vigerie, qui crée le premier réseau de résistance dans l’Oranais en Algérie. Au total ils seront cinq au départ de ce réseau qui va préparer le débarquement allié en Afrique du Nord : aux deux cités viendront se joindre Lemaigre –Dubreuil, Rigault et Saint-Hardouin.
L’homme qu’ils haïssent plus que tout : l’amiral Darlan, ministre de la Marine de Pétain puis chef du gouvernement de Vichy qui collabore avec l’Allemagne nazie. Remplacé au gouvernement par Laval en 1942, il reste chef d’état-major de Pétain avant de se rallier avec réticence fin 1942 aux forces alliées débarquées en Afrique du Nord. Un mois plus tard, il sera assassiné par Fernand Bonnier de La Chapelle. C’est la naissance de la conjuration aboutissant à l’assassinat que retrace la première partie de cet ouvrage.
La fin de Darlan laissera la place très brièvement au général Giraud comme régent sur Alger, avant que le général de Gaulle ne l’évince au nom de la France libre.
Le second personnage dont il est question ensuite est Pierre Pucheu. Il fut ministre de l’intérieur du gouvernement Darlan, démissionna en 1942 à l’arrivée de Laval, puis voulut rejoindre l’armée de libération.
C’est sous l’impulsion de Pucheu qui considère comme la inéluctable la victoire allemande qu’en 1941 la France se lance dans la fabrication de matériel de guerre pour l’Allemagne. Pucheu est persuadé que toute l’Europe va tomber sous la botte de l’Allemagne et il veut ainsi que la France, en collaborant, trouve la meilleure place.
Pucheu par ailleurs se lance dans la chasse aux communistes et aux anarchistes qui grossissent souvent les rangs de la Résistance et fait promulguer une loi avec effet rétroactif qui les considère comme des traitres à la France. Pour ce faire, il va créer les « Brigades spéciales » qui s’avèrent être d’une efficacité redoutable, puis le Service d’Ordre Légionnaire (SOL) dont naîtra la terrible Milice. Des milliers de communistes, de républicains espagnols, de juifs étrangers sont ainsi internés dans des camps dont celui du Vernet, tristement célèbre.
Des milliers de captifs seront ainsi livrés aux Allemands pour être exécutés en représailles des attentats commis par la Résistance.
Par la suite voyant le vent tourner fin 1942, Pucheu parie sur la victoire alliée et souhaite rejoindre les troupes combattantes avec l’appui du Général Giraud qui acceptera puis le fera mettre discrètement en résidence surveillée.
Il sera finalement capturé au Maroc et emprisonné à Meknès.
Après le procès, il est condamné à mort le 11 mars 1944.
Le Général de Gaulle alors chef de la France Libre, au nom de la raison d’État refusera son recours en grâce.
Il sera fusillé au polygone d’Alger le 20 mars 1944.
Le cas du troisième personnage, le Maréchal Philippe Pétain, est beaucoup plus complexe. On pourrait comprendre à la limite, contrairement au Général de Gaulle pour qui la signature de l’armistice de 1940 était la plus grosse faute, qu’il ait voulu abréger la déroute de l’armée française en 1940 en signant cet armistice avec le IIIé Reich. Mais on ne peut pardonner qu’il se soit entouré d’hommes tel de Darlan , Laval ou Pecheu. Lesquels ont commis des actes allant à l’encontre du patriotisme le plus élémentaire et du respect de l’être humain. Les rafles, les déportations massives, les arrestations arbitraires, les exécutions sommaires de tout ceux qui ne collaboraient pas avec l’Allemagne sont à mettre au compte de Pucheu et Laval, couverts par Pétain.
Chef du gouvernement dès mai 1940 suite à l’invasion allemande en remplacement de Paul Reynaud il signe l’armistice le 22 juin. Pendant les quatre années de l’Occupation, installé à Vichy, il collabore avec les nazis en abolissant les institutions républicaines.
Au moment de la Libération de Paris, il est emmené de force en Allemagne tandis que les Alliés poursuivent leur offensive vers l’est. Le Reich partant en déliquescence, Pétain est conduit en Suisse d’où il demandera son retour en France ce qui sera chose faire en avril 1945. De Gaulle aurait souhaité que le Maréchal demeurât en Suisse pour n’avoir point à l’emprisonner et le juger. Il avait encore en mémoire les hauts faits d’armes de Verdun qui avaient apporté la gloire à Pétain.
Né en 1856, Pétain a alors 89 ans.
Il sera finalement jugé et condamné à mort pour haute trahison. Sa peine sera commuée en détention à l ‘île d’Yeu où il mourra en 1951.
Vient enfin le cas de Pierre Laval. Plusieurs fois président du conseil sous la Troisième République, il deviendra très vite le bras droit de Pétain, véritable maître d’œuvre de la politique de collaboration avec les nazis. En août 1944, il est emmené en Allemagne comme Pétain alors que les Alliés avancent vers Paris. Il finira par fuir en Espagne à Barcelone, puis en Autriche où il sera arrêté et emmené en France. Le procès mouvementé qui s’en suivra se conclura par un verdict de mort. La sentence sera exécutée quelques jours après, le 15 octobre 1945 après une tentative de suicide au cyanure quelques minutes avant de quitter la cellule.
Alain Decaux dans cet ouvrage fait véritablement œuvre d’historien et son souci du détail qui compte ainsi que la multitude de témoignages auxquels il a fait appel apportent un nouvel éclairage sur cette période longtemps passée sous silence comme taboue.
Un ouvrage de référence.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage de grande qualité : comment finissent les collabos, 3 mars 2015
Par 
Eric OD Green (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Morts pour Vichy (Poche)
L’ouvrage d’Alain Decaux est en tout point remarquable, disons seulement que l’usage assez important de témoignages oraux est un élément qui ne peut être effectué correctement que par un historien chevronné, disposant en principe d’une excellente connaissance des dossiers, mais disposant aussi d’éléments permettant de corroborer les témoignages. On peut estimer que l’intervalle de confiance obtenu par Alain Decaux est de l’ordre de 85%, ce qui est substantiel. Pour le reste, les lecteurs intéressés par les dossiers évoqués dans l’ouvrage auront grand profit à se reporter à l’ouvrage de Michèle Cointet cité infra sur l’opposition de Giraud à De Gaulle, les éléments relatifs à Darlan y sont fort nombreux et bien structurés. Par ailleurs, ils pourront se reporter à « la Nouvelle Histoire de Vichy » de Michèle Cointet qui est la somme qui fait référence sur le régime de Vichy. Sur la vision gaullienne des évènements, la biographie d’Eric Roussel figurant dans la collection Tempus (tome1 1890 -1945) présent l’intérêt d’être distanciée sans être malveillante. Sur l’amiral Darlan on se reportera à l’ouvrage éponyme rédigé par Hervé Coutau-Bégarie et Claude Huan, aux éditions Fayard en 1989. Sur Pierre Laval, l’ouvrage de référence est celui de Fred Kupferman « Pierre Laval » 2006. Pour la collaboration vue du côté allemand, le maître ouvrage est celui de Barbara Lambauer « Otto Abetz et les français, ou l’envers de la collaboration, éditions Fayard 2001.

L’amiral Darlan : l’exécution d’un traître sans honneur ni parole

L’amiral Darlan a été promu sous le gouvernement du Front populaire chef d’état-major de la Marine, puis amiral de la flotte, titre créé pour lui par la République. En 1939-1940 il commande en chef les forces navales françaises lors de la difficile retraite de Dunkerque et devient le 16 juin 1940 ministre de la Marine dans le gouvernement du maréchal Pétain. Le 13 décembre 1940 le maréchal Pétain renvoie Laval, jugé trop favorable aux Allemands selon Alain Decaux, cette explication souffre quelques critiques, la plupart des historiens actuels estiment que c’est surtout l’absence de résultats concret à la suite des entretiens de Montoire qui marque le début actif de la politique de collaboration avec l’Allemagne nazie. Après ce qui dénommé l’intermède Pierre Etienne Flandin, le maréchal nomme Darlan vice-président du Conseil. Darlan va continuer la politique de collaboration initiée par Laval. Selon Alain Decaux bien que Darlan poursuive la politique déjà engagée, il n’éprouve personnellement aucune sympathie pour Hitler et son régime, toutefois dès juin 1940 Darlan a acquis la conviction que l’Allemagne gagnera la guerre. Tout en conservant à la France un maximum de liberté d’action (ce qui paraît difficile compte tenu des conditions d’armistices…). A deux reprises l’amiral Darlan va rencontrer Hitler et négocie en mai 1941 un protocole ouvrant aux Allemands les ports français d’Afrique qui sera repoussé par le maréchal Pétain (l’auteur oubli un peu trop vite à mon goût la proposition de ravitaillement logistique de l’Afrika Korps via la Tunisie et la mise à disposition de bases aériennes en Syrie permettant à la Luftwaffe d’intervenir contre les britanniques dans un processus insurrectionnel qui les opposent à des nationalistes irakiens). Mais, à l’évidence l’amiral Darlan est ouvert à tous les retournements de situation, ce qui le pousse à sonder les intentions de l’ambassadeur américain à Vichy l’amiral Leahy. Sous la pression allemande, le maréchal Pétain rappel au pouvoir Pierre Laval en avril 1942, mais Darlan reste commandant en chef des armées de terre, de mer et de l’air. La véritable question est de savoir quand Darlan a eu connaissance des contacts pris en Afrique du Nord par Robert Murphy. Celui-ci simple conseiller à l’ambassade des Etats-Unis en France se fait envoyer en mission à Alger le 24 avril 1942. Cette action intervient à un moment ou les Américains jouent à fond la carte du général Henry Giraud et le 17 octobre 1942, Murphy câble à Londres et à Washington pour préconiser « une solution qui établirait entre Giraud et Darlan une collaboration fructueuse ». Cette proposition est bien accueillie à Washington dans la mesure « ou tout laisse prévoir que la principale opposition à un débarquement américain viendra de la flotte française, le ralliement de Darlan était donc d’une importance cruciale ». Même si Alain Decaux questionne la notion de « ralliement ». Une tournée d’inspection prévue de longue date va conduire Darlan en Afrique du Nord au mois d’octobre 1942 puis repart pour Vichy, l’état de santé de son fils malade de la poliomyélite nécessite son retour en AFN le 5 novembre 1942 sans se douter qu’une puissante armada américaine vogue vers l’AFN. Les modalités de débarquement des américains ont été préparées avec l’aide de 5 français, le colonel Van Hecke, dans la province d’Oran van Hecke prend contact avec un réseau déjà formé à l’instigation du père dominicain Théry, auprès duquel milite Henri D’Astier de la Vigerie (lieutenant du 2ème bureau) qui est un monarchiste farouchement antiallemand mais peu séduit pas la résistance gaulliste, Van Hecke va faire de lui son adjoint pour les chantiers de jeunesse. C’est vers cette époque que Van Hecke rencontre Jean Rigault, puis Jacques Lemaigre-Dubreuil. Lemaigre et Rigault découvrent la réalité des forces mises sur pied par Van Hecke : un groupement du Maroc, trois groupements de français de souche et un groupement de musulmans en Algérie, un groupement en Tunisie. Lemaigre-Dubrei et Rigault découvrent que leur projet de réarmer clandestinement l’armée d’Afrique du Nord a été envisagé par un jeune officier le capitaine Beaufre, sur ordre de Vichy Beaufre a été arrêté et condamné à un an de prison. On entre aussi en contact avec un jeune policier d’origine basque André Achiary qui à l’aide d‘un émetteur clandestin est entré en relation avec les services secrets britanniques de Gibraltar. Achiary propose de s’assurer le concours du colonel Jousse, attaché au quartier général d’Alger et qui est un républicain convaincu. On va en outre recruter un homme d’expérience en la personne de Jacques Tarbé de Saint-Hardouin qui a été un des principaux collaborateurs du général Weygand. Il s’agit d’un diplomate spécialisé dans les questions économiques qui possède toute latitude pour entrer en contact avec Robert Murphy.

Van Hecke, Lemaigre-Dubreuil, Rigault, Henry d’Astier et Saint-Hardouin seraient donc les 5 personnalités françaises qui auraient aidé Robert Murphy à préparer le débarquement en AFN. Cette thèse des « cinq » est controversée sur le plan historique dans la mesure où seulement Henry d’Astier de la Vigerie auraient réellement contribuées à l’unification de la résistance en AFN tandis que le putsch d’Alger était dirigé par José Aboulker et le colonel Germain Jousse. Le groupe des cinq aurait disparu d’Alger le 8 novembre 1942. Seul Henri d'Astier était à Alger le jour du putsch et a participé aux arrestations et occupations de points stratégiques effectuées par José Aboulker, Germain Jousse, Bernard Karsenty et leurs 400 camarades. Le groupe des 5 rencontre le général Henry Giraud dans des conditions qui sans être fausses paraissent romancées et sur ce point il sera souhaitable au lecteur intéressé par cette épisode historique de se rapporter au chapitre 3 « la drôle de libération » de l’excellent ouvrage de Michèle Cointet « De Gaulle et Giraud : l’affrontement » qui montre bien que Robert Murphy pratiquait un système de corruption généralisé pour faire aboutir ses requêtes : d’une manière générale les anglo-saxons ne sont pas des enfants de chœur ! En juin 1942, Giraud aurait finalement donné son accord à Van Hecke et Rigault sur son intention de se rallier au plan américain d’un débarquement en Algérie ou il entend prendre le commandement de toutes les forces alliées. Finalement, le général Juin reçoit Robert Murphy en pleine nuit et l’Américain l’invite à se rallier à un débarquement qui va se dérouler dans la nuit avec l’accord du général Giraud : le déroulement de cette scène avec un général Juin en pyjama est considérée comme fausse par Me Michèle Cointet. Darlan est de retour à Alger depuis le 5 novembre 1942, le 6, il est informé par le général Bergeret qu’un débarquement est imminent. Robert Murphy lui présent la situation et plaide « qu’il faut absolument que l’amiral, dans l’intérêt de la France saisisse l’occasion en or qui s’offre à lui ». Darlan paraît terriblement tenter de dire oui immédiatement mais il se ressaisi et décide d’attendre pour ne pas compromettre la situation de Vichy. Alger est déjà encerclé par les Américains, en revanche, les actions des comploteurs ont été sans effets sur le dispositif des forces de Vichy qui reprennent possession de la ville, Darlan et Juin que l’on a dit être arrêtés sont remis en liberté par un peloton de gardes mobiles, et dans le port les batteries vichystes ouvrent le feu sur des navires américains qui tentent de forcer le passage. Pendant ce temps, Darlan a enfin pu communiquer avec Vichy le maréchal Pétain lui déclare « vous savez que vous avez toute ma confiance » : Darlan prend ce texte lapidaire pour un blanc-seing et considère qu’il peut traiter avec les Américains au moins en ce qui concerne Alger, il ne se sent pas autorisé à faire plus redoutant les représailles des troupes allemandes en métropole (de facto, le débarquement en AFN va conduire Hitler à déclencher la directive Attila qui autorise la Wehrmacht à envahir la zone libre, cette opération étant d’ailleurs prévue dès la signature de l’armistice par la France). Le général Juin confirme que des combats font rage au Maroc entre les Américains et les troupes de Vichy. Darlan ne souhaite toujours pas intervenir. Le 9 novembre 1942, le général Clark rejoint Alger pour parler directement à Darlan et lui indiquer qu’il est de son intérêt de signer un armistice.

Le 10 novembre 1942 le général Clark demande à Darlan de faire cesser tous les combats y compris au Maroc faute de quoi il sera arrêté, finalement sur l’insistance du général Juin, Darlan accepte. Pour les américains Darlan est « un expédient temporaire » nécessaire, et il incarne l’autorité suprême française en AFN. En réalité, il convient de préciser que la Tunisie est abandonnée aux Allemands par les vichyssois et devra être reconquise de manière ultérieure par le général Giraud…Darlan manœuvre bien avec les Américains et propose d’aller avec eux aussi loin qu’il prévoyait d’aller avec les Etats-Unis voire ne mettant sous tutelle les territoires d’AFN.

Pour les gaullistes et la résistance intérieure Darlan est un traître et le « Darlan deal » des américains une pure infamie. Alain Decaux met l’accent sur un complot royaliste qui aurait fait entrevoir au Comte de Paris une possibilité de succéder à l’amiral Darlan non comme monarque mais comme rassembleur des français…Finalement, Alain Decaux note un élément important, Londres donne son accord pour envoyer un émissaire à Alger en la personne de François d’Astier de la Vigerie qui a commandé l’armée de l’air française au nord de la France en 1939-1940. Le 19 décembre 1942, François d’Astier de la Vigerie rencontre par l’entremise de son frère Henry Paul Saurin à qui il fait une présentation idyllique du général de Gaulle et l’invite à se rallier au général. Paul Saurin reste dubitatif et explique au général de la Vigerie la situation à Alger « pour qu’il y ait ralliement de qui que ce soit à Alger il faut tenir compte de deux réalités qui semblent vous échapper : primo les américains ne veulent pas de De Gaulle, secundo Darlan est en place. Il n’a nulle envie de s’en aller. Qu’est que vous faites de Darlan ? ». La réponse du général d’Astier de la Vigerie claque : « Darlan va disparaître », Saurin demande « politiquement ou physiquement ? » ; le général d’Astier de la Vigerie est affirmatif « Physiquement ». François d’Astier de la Vigerie à ramener de Londres 40000 $, 38000 $ seront retrouvés à son domicile par la police après l’assassinat de Darlan, les 2000 $ manquant ont été retrouvé sur Bonnier de la Chapelle. Selon Alain Decaux l’instigateur du complot est sans conteste Henry d’Astier de la Vigerie, et l’agent d’exécution l’abbé Cordier et au-dessus de lui un dominicain le père Théry qui appartenait à l’Intelligence Service. Il s’agirait donc finalement d’une manipulation du comte de Paris pour le pousser à faire éliminer Darlan par un jeune naïf…Toujours selon les dires du commissaire Achiary : « De Gaulle couvrira d’honneur le père Théry et en fera un compagnon de la libération. Le poids des honneurs étouffera ses remords, il n’en fut pas de même pour Henry d’Astier qui sera toujours hanté par le souvenir de ce crime et mourra désespéré ». L’hypothèque du compte de Paris rapidement levée, la place est libre pour Henry Giraud, qui sera rejoint à Alger par Charles de Gaulle qui exercera conjointement le pouvoir avec lui au sein du CFLN avant de l’évincer totalement des aspects politiques…La version retenue en 2005 par Michèle Cointet dans son ouvrage « De Gaulle et Giraud : l’affrontement », éditions Perrin est la suivante « Mon opinion est que l’assassinat de l’amiral Darlan a été organisé par le chef de la police Henry d’Astier de la Vigerie, avec l’aide ponctuelle de services secrets étrangers locaux pour liquider le « Darlan Deal », cette erreur du Département d’Etat et du président Roosevelt. Il était destiné à rétablir enfin la situation envisagée par les comploteurs le 8 novembre 1942 : le général Giraud exerçant le pouvoir politique » (page 206) : on peut estimer que cette version ne contredit en rien la narration faite par Alain Decaux, qui n’insiste pas lui-même sur l’instigation gaullienne de l’exécution. Elle comprend toutefois une erreur manifeste, jamais Henry d’Astier de la Vigerie n’a été chef de la police, il était lieutenant et membre du 2ème bureau avant de devenir l’adjoint de Van Hecker aux chantiers de jeunesse.

L’exécution de Pierre Pucheu : le premier procès de l’épuration française

Dans le contexte de l’opération Torch, Pierre Pucheu sollicite auprès du général Giraud un sauf conduit lui permettant de se rendre à Alger et d’être incorporé dans une unité combattante. Pierre Pucheu débarque à Casablanca le 6 mai 1943. Il sera placé dans le Sud en résidence surveillée en attendant que sa situation ait pu être examinée ». Pucheu est transféré à Ksar-es-Souk. Faute de réponse du général Giraud, Pierre Pucheu fini par écrire le 7 août 1943 au général de Gaulle pour l’informer de l’accord de Giraud pour son séjour en AFN et du fait qu’il est prêt à rejoindre une unité combattante avec le grade le plus modeste si nécessaire et ce en abandonnant toute activité politique. Pas de réponse, mais un transfèrement à la prison civile de Meknès. En métropole le 30 août 1943, le Comité centrale de la résistance se prononce sur le cas Pucheu d’une manière extrêmement dure : « Pierre Pucheu, ancien ministre de l’Intérieur de Vichy, pourvoyeur des prisons et des fusillades, reconnu coupable de complicité d’assassinat, est condamné à mort par le peuple français ».

Le 22 février 1941, l’amiral Darlan constitue son cabinet et sur recommandation de son chef de cabinet Barnaud il décide d’appeler une équipe de jeunes loup, qui sera d’ailleurs au centre du pseudo complot synarchique qui touche Vichy (!!?) : les rapports politiques franco-allemands sont confiés à Benoit-Méchin, les relations économiques avec les occupants à Barnaud, l’information à Marion, l’équipement à Lehideux, la production industrielle à Pucheu. A Berlin le 6 mars 1941 Benoit-Méchin indique que le groupe n’est entré au gouvernement que pour « mener la collaboration la plus étroite avec l’Allemagne. Le Groupe remet à l’ambassadeur Otto Abetz un plan pour un ordre nouveau en France dont la première phrase stipule « nous sommes convaincus qu’il est de notre devoir de faire découler de la défaite de la France la victoire de l’Europe… » « Nous voulons sauver la France. Nous prions le Führer de nous faire confiance ».

Sous l’impulsion de Pucheu l’industrie française s’investit à fond dans la fabrication de matériel militaire pour l’Allemagne nazie : les seules fabrications de 1941 permettront d’équiper 18 divisions blindées et quarante divisions d’infanterie allemandes. Les deux tiers des équipements divers utilisés par la Wehrmacht au cours de l’hiver 1941-1942 sont d’origine française. En 1950, Otto Abetz pourra constater que jamais l’Allemagne n’aurait obtenu par la force « même très partiellement, les fournitures que lui livrait le gouvernement français ». Pucheu réussi brillamment à Vichy et finalement Darlan lui propose le portefeuille de l’intérieur. Le 17 août 1942 paraît un décret aggravant les mesures prises contre les juifs. La recrudescence des actes de sabotage attribués par le commandement militaire allemand, en France occupée, à des communistes pousse Pucheu à faire entreprendre à la police une semaine de contrôle, de vérifications d’identité et d’arrestations : on arrête ceux que l’on appelle des « anarchistes », on arrête les familles des militants communistes déjà incarcérés, les juifs étrangers, et pour faire bonne mesure comme l’écrit Alain Decaux les juifs français. Pierre Pucheu a promis au colonel Speidel, chef d’Etat-major de Stülpnagel la promulgation d’une loi permettant d’en finir avec les communistes et les anarchistes. Pucheu décide de faire bouger les choses, à Paris comme en province on va donc créer des sections spéciales, tribunaux qui auront autorité pour juger toutes les menées communistes ou anarchistes ; pour ceux arrêtés en flagrant délit pas d’instruction, le jugement sera immédiat. Pour les autres cas, l’inculpé sera assisté d’un défenseur nommé d’office et le jugement sera rendu sous 8 jours. Les verdicts des sections spéciales, rendus dans les deux jours sont immédiatement exécutables et ne sont susceptibles d’aucuns recours. Pour accroître la lutte contre les communistes Pucheu créé de nouvelles forces de polices, les brigades spéciales qui vont se montrer d’une efficacité redoutable. Toutefois, loin de diminuer le nombre des attentats s’accroît avec l’assassinat du colonel Holtz le 20 octobre 1941, cette fois les allemands demandent l’exécution de 50 otages qui devront être fusillés, ceux-ci seront choisis parmi les résistants détenus à Châteaubriand, au camp de Choisel. Dès le 20 octobre 1941 Pucheu est en possession d’une liste de qui comprend les noms d’une dizaine de communistes, les autres sont des personnalités non communistes, parmi lesquels d’anciens combattant. Pucheu rejette cette première liste une seconde liste est établie ou dominent les communistes et un certain nombre de syndicalistes, la liste « nouvelle » est soumise à Pucheu qui laisse faire.

Le procès Pucheu commence le 4 mars 1944 devant le tribunal d’Alger. La question de la liste des otages est au centre des débats mais les accusateurs de Pucheu ne seront pas en mesure de présenter autre chose qu’une conviction absolue. Comme il est mentionné infra, c’est donc à posteriori que la preuve irréfutable de la culpabilité de Pierre Pucheu sera établie… Le 11 mars 1944 Pierre Pucheu est condamné à mort, toutefois le tribunal formule le vœu que la peine ne soit pas exécutée, ce vœu sera transmis au général de Gaulle. Aux avocats venu demander la grâce De Gaulle indique « qu’il n’y a presque rien dans le dossier lui-même », mais pour De Gaulle la motivation fondamentale qui pousse De Gaulle a refusé la grâce de Pucheu est la raison d’Etat, pour que la France libre doit disposer d’une légitimité plus forte que celle de l’Etat français, ainsi est donné le coup d’envoi de l’épuration (Jean-Paul Cointet, « Expier Vichy ») qui permettra de trier le bon grain de l’ivraie. En outre, le credo collaborationniste de Pierre Pucheu ne suscite en moi aucune sympathie, il faisait partie de l’équipe de Darlan, une équipe de pourris, qui voulaient s’engager dans une collaboration militaire avec l’Allemagne, et qui sur le fond a très peu à envier aux ambitions de Pierre Laval…
Après la libération on retrouvera les archives de la Kommandantur de Châteaubriand avec notamment une lettre adressée aux autorités allemandes émanant du sous-préfet Lecornu « comme suite à notre entretien de ce jour, j’ai l’honneur de vous confirmer que monsieur le ministre de l’Intérieur a pris contact avec le général Von Stülpnagel afin de désigner les internés communistes les plus dangereux parmi ceux qui sont actuellement concentrés à Châteaubriand. Vous voudrez bien trouver ci-dessous la liste des 60 individus fournie à ce jour. PS après examen plus approfondi de nos listes d’internés, l’état ci-joint sera révisé et une nouvelle liste définitive sera adressée ». Donc après le 20 octobre Pierre Pucheu est bien intervenu auprès du commandement allemand pour lui signifier des internés communistes considérés comme plus dangereux…

Le procès du maréchal Pétain : Un traître, un vrai (il était mort en 1925 selon Charles de Gaulle…)

Les conditions d’accession de Philipe Pétain à la qualité de chef de l’Etat français ont été traitées en détail dans la recension que j’ai faite de l’ouvrage de Michel Cointet « Vichy » dans la collection Tempus. De tous les témoignages disponibles sur l’avis personnel du général De Gaulle, jamais ce dernier n’a souhaité un procès avec présence de l’accusé, une condamnation à mort par contumace était suffisante pour De Gaulle qui continuait à conserver son estime à l’homme que Philipe Pétain avait été.

La défense du maréchal Pétain est assurée par le bâtonnier Payen, par Jacques Isorni qui a également défendu Robert Brasillach, ainsi que Joseph Simon. Par décret, l’accusé est renvoyé devant la Haute Cour de Justice, présidée par trois haut magistrat qui ont tous, bien entendu prêté serment au maréchal Pétain. Ils sont assistés par douze jurés parlementaires choisis parmi les parlementaires qui n’ont pas voté le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs au maréchal. Le ministère public est assuré par l’avocat général Mornet, dont la défense de l’amiral Esteva a pu produire un document montrant que sous Vichy il a travaillé à la commission de révision des naturalisations, laquelle a fait déportée 6707 « naturalisés de fraiche date » : les intéressés ayant perdu la protection de la nationalité française ont été aussitôt remis aux mains des nazis. Le maréchal Pétain va lire une déclaration à la Haute Cour, « (…) Lorsque j’ai demandé l’armistice, d’accord avec nos chefs militaires, j’ai rempli un acte nécessaire et sauveur… L’armistice a sauvé la France et contribué à la défense des Alliés en assurant une méditerranée libre et l’intégrité de l’Empire…(…) si vous deviez me condamner, que ma condamnation soit la dernière et qu’aucun français ne soit plus jamais condamné ni détenu pour avoir obéi aux ordres de son chef légitime ». Le commandant Loustanau-Lacau ancien cagoulard passé rapidement à la délégation général des combattants à Vichy avant de rejoindre la résistance, il est pris par les autorités de Vichy, transmis aux allemands et finalement déporté à Mauthausen : il précise « Je ne dois rien au maréchal Pétain, mais cela ne m’empêche pas d’être écœuré par le spectacle de ceux qui dans cette salle essaient de refiler à un vieillard presque centenaires l’ardoise de toutes leurs erreurs ». Le témoignage de Loustanau-Lacau était essentiel pour démontrer que le maréchal Pétain n’était pas membre de la Cagoule, a contrario du maréchal Franchet d’Esperey. Cette information visait à l’époque à vérifier l’existence d’un complot qui aurait conduit à la débâcle militaire puis à l’armistice. Cette théorie du complot qui était toujours en vigueur en 1945 sera abandonnée après le procès de Philipe Pétain, de nombreux historiens ont eu l’occasion de creuser cette hypothèse pour en dénoncer la fausseté… Comme Robert O. Paxton qui pourra définitivement discréditer la théorie du bouclier développé par le maréchal et celle du double jeu à l’égard des anglo-saxons dès 1973. Au demeurant c’est la mère d’un lieutenant de vaisseau qui commandait un sous-marin lors du débarquement allié à Oran, et qui est mort en appliquant les directives de Vichy visant à attaquer les forces alliées « Voilà pourquoi nos enfants sont morts. Ils sont morts, j’ai honte de le dire, au service de l’Allemagne (…) je mets en cause le fait qu’un chef de gouvernement au service de l’Allemagne n’est pas un bon français ! ». Un seul communiste vient témoigner au procès Pétain, comme résistant c’est un rescapé du camp de Buchenwald, son argumentation est à la fois simple, factuelle et impitoyable : « les coups les plus durs qui ont été portés à la résistance l’ont été par les policiers du gouvernement de Vichy obéissant aux ordres de l’accusé… Nous les craignons spécialement, parce que les policiers de la Gestapo n’étaient en général pas aidés par des Français. Ces policiers agissaient sur ordre et avec la conviction de servir la France, ils étaient non seulement les plus acharnés, mais aussi les plus efficaces ! ». Decaux indique très bien que « le gouvernement de Vichy a tenté de sauver les juifs français, c’est en abandonnant à leur sort les juifs étrangers pour finalement se montrer impuissant à sauver les juifs français » : en la matière l’ouvrage de Serge Klarsfeld « Vichy Auschwitz » est un ouvrage qui rétabli une réalité terrible en imputant aux autorités allemandes leurs responsabilités et aux autorités de Vichy la part considérable qui leur revient…

La plaidoirie de Jacques Isorni en faveur de Philipe Pétain est tout à fait brillante et remarquable, mais sur le fond elle change fort peu de chose. Charles de Gaulle est tenu informé régulièrement de l’avancée du procès et estime que la raison d’Etat implique que le maréchal Pétain soit condamné à mort (argument qu’il avait déjà utilisé dans le cadre du procès de Pierre Pucheu. Il développe aussi un thème qui reviendra personnellement le hanter dans les années 1967-1969, à titre personnel cette fois : répondant à une question du général Héring : « je n’oublie rien mon général. Le maréchal est un grand homme qui, pour moi est mort en 1925. A vichy il était trop vieux. Il ne faut pas se laisser vieillir au pouvoir. Voyez-vous mon général, la grande affaire en politique est de savoir se retirer à temps » Lors du verdict, La peine de mort est votée par quatorze voix et treize voix contre, c’est néanmoins le premier juré résistant qui propose d’accompagner l’arrêt de la motion « Tenant compte du grand âge de la l’accusé, la Haute Cour de justice émet le vœu que la condamnation à mort ne soit pas exécutée ». La Haute Cour de justice condamne le maréchal Pétain à la peine de mort, à l’indignité nationale, à la confiscation de ses biens. Pétain est exilé à l’île d’Yeu et meurt le 23 juillet 1951.

L’exécution de Pierre Laval, vice-président du conseil : une ignominie pour la justice française.

Pierre Laval est un homme qui reste marqué par la politique pacifiste d’Aristide Briand et restera toujours dans cette optique purement pacifiste qui paraît être bien peu de chose face à Hitler. Laval déclare que pour préserver la paix il aurait négocié avec le diable lui-même : et c’est finalement ce qui lui est arrivé… En outre, il faut bien discerner, chez Laval, comme chez l’amiral Darlan une volonté de collaboration politique avec l’Allemagne nazie qui ne peut que susciter la plus sévère réprobation. Pierre Laval est un homme qui en juin 1940 a fait un choix géopolitique basés sur les éléments qui étaient disponibles à cette époque : c’est-à-dire la victoire inéluctable de l’Allemagne en Europe. A contrario, de cette analyse géopolitique européenne, Charles de Gaulle estime que cette guerre est mondiale et qu’elle verra l’entrer en ligne de la puissance industrielle des Etats-Unis d’Amérique (même si comme le fait remarquer Eric Roussel dans sa biographie de De Gaulle, celui-ci admet a posteriori que « cela était aussi un bluff qui a réussi ».

Dans un premier temps, Pierre Laval va essayer de s’exiler en Suisse ou il est déclaré persona non grata, pour se réfugier finalement temporairement en Espagne à l’aide d’un Junker 88 mis à sa disposition par les autorités allemandes. L’Espagne ne souhaite pas s’embarrasser d’un personnage aussi encombrant et on va lui signifier assez rapidement que sa présence est indésirable, il est fort possible que Francisco Franco ait accepté d’expulser Laval contre une normalisation des relations diplomatiques avec la France et l’obtention d’un vrai diplomate français à Madrid.
Finalement c’est quasiment un retour à la case départ avec un départ vers l’Allemagne : Pierre Laval et sa femme sont remis aux forces françaises près d’Innsbruck par des soldats américains… Le 5 octobre 1945 Pierre Laval comparaît devant la Haute Cour de Justice, devant l’impossibilité de préparer la défense de leur client, les avocats Naud et Baraduc préfèrent se retirer et explique par écrit leur décision au président Montgibeaux. Le procureur Mornet répond que « l’instruction n’a pas été brusquée. Elle a commencé il y a cinq ans, le jour où avec Pétain, Pierre Laval s’est emparé du pouvoir ». Le reste des audiences se déroule dans le plus grand des désordres, le complément d’information demandé par Laval n’est pas accordé ; les jurés parlementaires se mettent à invectiver Pierre Laval qui ne sera plus cité à paraître. Le 9 octobre, le procureur général Mornet prononce le réquisitoire, puis suite à un court délibéré la condamnation à mort est prononcée.

Le général De Gaulle lui-même est atterré par la tournure des évènements et demande à Pierre Henri Teitgen s’il y lieu de recommencer un procès, Teitgen botte en touche et indique que la « condamnation prononcée, est en conscience, au fond parfaitement justifiée et qu’en conséquence cette condamnation devait être ramenée à exécution ». Pierre Laval décide de se suicider à l’aide d’une ampoule de cyanure de potassium, mais trop tardivement, il est encore en vie lorsqu’on vient le chercher pour le conduire devant le peloton d’exécution, on décide de procéder à deux injections de camphre pour le ranimer et on procède à 17 lavements d’estomac. En dernier instance, Laval est exécuté dans la cour de la prison, debout devant un poteau d’exécution improvisé, une simple planche de bois, « un sergent lui porte le coup de grâce en plein fond ce qui le défigure… » Une fin infamante pour l’homme qui a dit souhaiter la victoire de l’Allemagne pour éviter que le bolchevisme ne déferle sur l’Europe et qui a fait déporter des enfants juifs… Sur le fond Pierre Henri Teitgen a parfaitement raison, c’est un coupable qui a été exécuté, mais dans des conditions indignes…
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3.0 étoiles sur 5 4 Personnages dans le côté obscur, 1 novembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Morts pour Vichy : Pétain, Darlan, Pucheu, Laval (Broché)
Un livre qui retrace la fin de la vie de 4 personnalités qui ont incarné Vichy. Un militaire élevé par un peuple au rang de demi-dieu, un amiral de flotte plus politicien que marin, un bureaucrate opportuniste et un socialiste reconverti a l'antisémitisme et au fascisme pour la circonstance. 4 personnages dans le coté obscur et dont l'action nous dépasse. Alain Decaux tente de répondre a cette question: Sont-ils mort pour la voie qu'ils avaient choisie alors qu'ils auraient pu échapper a leur sort?
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Morts pour Vichy
Morts pour Vichy de Alain DECAUX
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